‹ Études sur le PéloponnèseChapitre 23 sur 40 · HISTOIRE DES ÉLÉENS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES ÉLÉENS

et ses fils , souverains de l'Élide. Après sa mort, le pouvoir, ou plutôt le pays, est partagé entre quatre rois que l'on retrouve cités par Homère. Des quarante vaisseaux qui composaient la flotte des Éléens, vingt suivaient Amphimachus et Thalpius, dix suivaient Diorès, fils d'Amaryncée, dix Polyxénus, fils d'Agasthène et petit-fils d'Augias.

Dius fut le dernier roi aborigène : le contrecoup de l'invasion dorienne le fit tomber du trône. L'histoire de l'usurpateur qui prit sa place est singulière.

Les Héraclides, qui se souvenaient de leur défaite à l'Isthme cinquante ans auparavant, ne savaient comment pénétrer dans le Péloponnèse. L'oracle leur avait conseillé de prendre pour guide de leur entreprise celui qui avait trois yeux. ^ Naturellement , leur embarras allait croissant, lorsque le hasard leur fit rencontrer un homme qui conduisait un mulet borgne. Cet homme, nommé Oocylus , leur conseilla de rentrer par mer dans le Péloponnèse, conduisit leurs vaisseaux de Naupacte à Molycrium, et obtint en récompense le pays des Éléens qu'il avait habité un an et dont il connaissait la fertilité. Mais , craignant que les Doriens , s'ils voyaient l'Élide , ne voulussent plus la lui donner, Oxylus

les conduisit à travers les montagnes de l'Arcadie. Après leur établissement en Messénie, en Laconie, en Argolide, il alla prendre possession de ses États à la tête d'un corps d'Étoliens, convint avec Dius d'éviter une bataille générale et de choisir de cbaqne côté un combattant qui déciderait de leurs droits. Son champion fut vainqueur, et il monta sans obstacle sur le trône. Il eut l'esprit de respecter les coutumes du pays et de combler Dius d'honneurs ; la ville d'Élis , accrue par les Étoliens qui l'avaient suivi , par les habitants des bourgs qu'il eut l'art d'attirer dans ses murs , devint bientôt peuplée et florissante.

Parmi les descendants d'Oxylus. le seul Iphitua mérite d'être nommé. Contempoi^ain de Lycurgue, il remit en vigueur, d'après ses conseils, les jeux Olympiques. Un siècle après, en 780, nous trouvons la dignité royale abolie chez les Éléens, sans que l'histoire explique cette révolution. Us choisirent deux magistrats suprêmes, qui étaient en même temps présidents des jeux : c'est pourquoi on leur donna le nom A^ HeUanodices. Il y en eut d'abord deux, ensuite dix, un par tribu. Ce nombre varia encore, suivant les changements que subit la division en tribus. On élut aussi un sénat composé de quatre-vingt-dix membres,

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