NN
70 — « Autre chapitre. » Sans vignette.
21 — « De la manifestation au jour, de repousser les maux; qué « celui qui est dans Ker-néter ne soit pas saisi.»
La vignette représente une vache nommée Méhur, qui désigne le point du ciel où le soleil était censé renouveler sa naissance. Un épervier embaumé déploie ses ailes; c’est un nouveau symbole de la vie renaissant de la mort.
72 — « De la manifestation au jour, d'éviter Ammah. »
Vignette : Le défunt invoquant deux divinités à tête humaine. Ce chapitre se trouve fréquemment gravé sur les sarcophages, conformément à une prescription contenue dans la rubrique qui le termine.
73 — « D’éviter Ammah, dans le jour de quitter l’Amenti (4). »
Vignette : L'homme en marche.
74 — « D'ouvrir les jambes et d’être manifesté dans le monde. »
Vignette : L'homme suit un serpent posé sur deux jambes humaines.
75 — « De marcher vers An et d'y prendre demeure. »
Vignette : L'homme marchant vers le symbole | de la ville d’An ou Héliopolis.
Ce chapitre, dans lequel l'âme arrive à Héliopolis, comme le phénix, symbole du soleil, à l’accomplissement de sa période, me paraît terminer l'ensemble des textes plus spécialement consacrés à la manifestation au jour, c'est-à-dire au plérôme de l’âme qui devait couronner ses courses dans le ciel nocturne par une transfiguration lumineuse.
Les chapitres 76-88 réunissent les divers types ou transformations que l’âme vertueuse pouvait choisir à son gré pendant le cours de son voyage infernal.
76 — « De prendre toutes les formes qu'il peut désirer. » Vignette : L'homme en marche.
77 — « De prendre la forme de l’épervier d’or. » Vignette : L’épervier portant le fouet sacré. 78 — « De prendre la forme de l’épervier divin. »
Vignette : L’épervier perché sur un œuf; l'emblème Î pend
sur son dos.
79 — « De prendre la forme du chef des princes. » Vignette : L'homme en marche, en face de trois personnages portant des sceptres.
80 — « De prendre la forme du dieu; de prendre l'heure, autre- « ment dit, le chemin des ténèbres. »
(1) Les défunts étaient censés entrer dans les enfers par l'occident, à la suite du soleil ; de Ià le nom d’Amenti, occident, donné au séjour des âmes.
Vignette : L'homme et Osiris, séparés par un disque rayonnant. | 81 — « De prendre la forme du lotus. »
Vignette : Une tête humaine sortant d’une fleur de lotus: 82 — « De prendre la forme de Ptah, de manger les pains, de boire « les liqueurs, de... étant vivant dans An (Héliopolis). » Vignette : Le dieu Ptah, sous ses emblèmes ordinaires. 83 — « De prendre la forme du Vennou. »
L'oiseau peint dans la vignette a exactement la ressemblance d'un vanneau et la ressemblance des noms n’est peut-être pas fortuite. Nous aurons souvent occasion de revenir sur le symbolisme attaché au Vennou, qui paraît être le type de la légende du phénix.
84 — « De prendre la forme du Schenschen. »
Vignette : Un oiseau de la famille des échassiers. 85 — « De prendre la forme de l’âme, de ne pas entrer dans (la « prison?) : il n’arrivera aucun mal à celui qui en est « instruit. »
La forme. de l’âme est ici celle d’un épervier à tête humaine. 86 — « De prendre la forme d’une hirondelle. » Vignette : Une hirondelle.
87 — « De prendre la forme de Sata. »
Vignette : Une vipère à tête humaine.
88 — « De prendre la forme de Sevek. »
Vignette : Un dieu de forme humaine avec la tête d’un crocodile.
La série des chapitres suivants me semble comprendre des sujets variés, et je ne vois pas clairement quel lien les rassemble en cet endroit du livre.
89 — « Chapitre de réunir l’âme à son corps, dans Ker-neter.» La vignette représente l'épervier à tête humaine (âme), volant vers sa momie, qui repose sur le lit funèbre; elle lui
apporte le signe de la vie £ CE}
90 — « De donner la parole à celui qui est dans Ker-neler.»
(1) Cette scène est souvent reproduite dans de jolis groupes de serpentine- verteoù le défunt, reposant ä côté de sa femme, est visité par son âme.
ÉTUDES SUR LE RITUEL FUNÉRAIRE Vignette : L'homme est debout devant le dieu Thoth, « le « seigneur des paroles divines. »
« De ne pas renfermer l'âme de celui qui est dans Ker-neler.»
Vignette : Le défunt marche à côté de son âme, qui vole librement.
« D'ouvrir à son âme, à son ombre; de sortir au jour, d'être « maître de ses jambes. »
Vignette : Le défunt ouvre une cellule d’où son âme s'envole.
« De n'être pas amené vers l’orient dans Ker-neler. »
Vignette : L'homme invoque un dieu qui vogue vers le symbole de l’orient, en retournant la tête.
« De demander à Thoth la palette et l’écritoire. »
Vignette : Thoth reçoit l'hommage du personnage qui porte ces deux objets.
« D’ouvrir le lieu où est Thoth. »
Vignette : L'homme devant le dieu Thoth.
«D'ouvrir le lieu où est Thoth, de devenir un esprit lumi- « neux dans Ker-neter. »
Sans vignette. Le chapitre suivant lui est sfuvent joint sans interruption.
Sans titre; le texte commence par ces mots : « Paroles pour « la barque. »
Sans vignette.
€ D’arriver à la barque dans Ker-neter. »
Vignette : Une barque simple avec un personnage assis; le défunt, la main levée, l’interpelle.
« D’arriver à la barque dans Ker-neter. »
Sans vignette. Chaque partie de la barque somme le défunt de réciter son nom; il répond en prononçant le nom mystique de l’objet qui l’interroge et termine par une invocation générale. Instruit par ces trois chapitres, l’homme va être admis à naviguer avec le soleil, c’est l’objet des divisions suivantes :
100 — « Que l’âme du défunt est reçue; qu'il lui est accordé d’ar-
« river à la barque du soleil avec les dieux qui l’accom- « pagnent. »
Vignette : Le défunt conduit avec une perche la barque où le dieu Ra est assis et qui vogue sur les eaux célestes. Derrière le dieu est l'oiseau Vennou, symbole du retour
périodique du soleil. Devant la barque est dressé l’enseigne de l'orient, but du voyage nocturne. Le dieu
Ptah est auprès du symbole fat jé
101 — « (Des qualités ?) de la barque du soleil. » Vignette : Barque semblable à la précédente.
102 — « D'arriver à la barque du soleil. »
Vignette : Le dieu Ra assis dans sa barque: il est séparé par un autel (le l’homme à genoux, qui lève les bras vers lui. 103 — « D'ouvrir le lieu où est Hathor. »
Vignette : Le défunt ouvre un naos où réside la déesse. 10% — « De s'asseoir parmi les grands dieux. » Vignette : L'homme assis en face de trois personnages qui reposent sur un piédestal.
105 — « Que celui qui est dans Ker-neter (consacre son type ?). »
Vignette : Le personnage vénère le signe | l chargé de
vivres de toutes sortes.
106 — « De recevoir le bonheur dans la demeure de Ptah. »
Vignette : Le défunt présente à Ptah les signes À qui se
traduisent par la dilatation du cœur, métaphore usuelle pour indiquer la joie.
107 — « D’avancer dans la manifestation, dans la porte des dieux « de l'occident, parmi les serviteurs de Ra; de connaitre les «esprits de loccident. »
Vignette : Une montagne sur laquelle reposent Ra, Sevek et Hathor, suivis d’un grand serpent. La description de cette figure se trouve néanmoins dans le chapitre suivant :
108 — « De connaître les esprits de l’occident. » Vignette : L'homme debout invoque les dieux Atoum, Sevek et Hathor.
109 — « De connaître les esprits de lorient. »
Vignette : Le dieu Ra dans une barque; un jeune veau, surmonté d’une étoile, vogue avec lui vers deux arbres près desquels se tient le défunt. Le veau figure le netertiau ou dieu du matin, nom de la planète Vénus.
110 — « Chapitre des canaux (d’Atour; leur longueur est très- « grande?), leur largeur est inconnue; ils ne contiennent « aucun poisson, aucun...…, aucun reptile »
Ce titre est écrit au milieu de scènes qui composent un grand tableau, occupant toute la hauteur des manuscrits. Les eaux du canal entourent toute une région où le défunt laboure, sème, moissonne, navigue et vénère diverses divinités. Le Nil céleste préside à la scène et reçoit l'hommage des moissons.
Après le texte du chapitre 410, on trouve de nouveau une vignette verticale interrompant les manuscrits; elle est composée de quatre scènes, couronnées par le signe du ciel. Premier et deuxième compartiment inférieur, le défunt à genoux devant deux personnages de forme humaine, auxquels il semble présenter des offrandes accumulées sur l'autel. Troisième, le défunt, suivant un personnage qui le conduit, vient adorer Osiris et Isis. Quatrième, une barque vogue sur l’eau céleste, elle porte un naos où repose le dieu (générateur) ayant pour tête un scarabée. Isis et Nephthys suivent la barque.
A11 — « De connaître les esprits de (la région) Pa. » Sans vignette.
112 — « Autre chapitre de la connaissance des esprits de Pa. » Vignette : L'homme adorant les dieux Horus, Amset et Hay. 413 — « De connaître les esprits de (Man?). » Vignette : Le défunt adorant Horus suivi de deux génies. 11% — « De connaître les esprits de Sésoun (1). » Vignette : Le défunt devant Thoth, Sau et Atoum. 115 — « D'être manifesté au ciel, d'éviter Arimah, de connaître les «esprits d’An (Héliopolis). »
Vignette : Il invoque Ra, Schou et Tewnou. 4116 — « De connaître les esprits d’An. »
Vignette : Les dieux invoqués sont ici Thoth, Sau et Atoum. An ou Héliopolis désigne le terme du voyage. Les chapitres suivants font donc un pas en arrière en s’occupant de la porte Sta, placée à l'occident.
117 — « De prendre le chemin de la porte S£a. » Vignette : Une porte de la forme des portes de temples, est placée sur une montagne; Anubis y conduit le défunt. 118 — « D’arriver à la porte Sta, »
Sans vignette dans le Rituel de Turin; celle que nous donnons est tirée du musée du Louvre, papyrus N° 3079; le
(1) Sésun-nu ou la ville de Huit, nom sacré d'Hermopolis.
défunt tenant en main la voile enflée, s'approche d’un édifice dont la porte est ouverte.
119 — « De sortir de la porte Sta. »
Vignette : L’homme tourne le dos à cette même porte.
120 — « D’avancer dans la manifestation. »
Sans vignette.
121 — « D'avancer pendant la manifestation. » Sans vignette.
122 — « Que celui qui est dans Ker-neter avance après la manifestation. »
Vignette : Le défunt salue la porte.
4235 — « Autre chapitre. »
Sans vignette.
124 — « De pénétrer auprès des princes d’'Osiris. » Vignette : L'homme en présence des quatre génies protecteurs des viscères.
125 — « Livre de l’entrée dans la salle de la double justice; l’homme « y repousse les péchés qu’il a commis, pour voir la face « des dieux. »
Ce livre est accompagné du fameux tableau de la Psychostasie el du jugement. Nous donnerons à nos lecteurs une explication détaillée de ces figures avec la traduction du texte entier, qui contient toutes les bases du droit moral et civil des Égyptiens.
126 — Sans titre. La vignette représente un bassin entouré de flammes et gardé par quatre singes. Champollion nommait ce bassin le purgatoire égyptien, ce qui prouve que notre savant maître avait compris le sens général du texte. On y trouve en effet une invocation aux esprits chargés d'effacer
la souilluré des péchés et la réponse favorable de ces personnages. Suivant la division de Champollion, la seconde partie du Rituel se terminerait avec le chapitre 125. Dans l'esprit de cette division on devrait y ajouter le chapitre 126; car les quatre chapitres 123, 124, 125 et 126, semblent avoir trait plus directement que les autres à la justification de l'âme et pourraient former une section.
Chacune des parties qui vont suivre sont intitulées Scha-t, livre. Elles ont pour but d’instruire l’âme sur la nature et les habitants des diverses régions célestes qu’elle doit parcourir; leur sujet présente donc de l’analogie avec celui des chapitres 107-116.
197 — « Livre de l'invocation aux dieux des deux zones; il est
« prononcé par celui qui s’en approche pour voir ce dieu (4) « dans le ciel. »
Vignette: L'homme invoquant deux triades de divinités.
428 — « Adoration d'Osiris. »
Vignette : L'homme invoquant Osiris, Isis, Horus et Nephthys.
129 — « Livre de l'instruction de celui qui entre dans la barque du
« soleil avec ses compagnons. »
Vignette : Le défunt conduit avec la perche une barque qui
vogue vers une figure d'Osiris. Une tête d'épervier sortant du fond de la barque désigne le soleil qui va émerger de l'horizon. A la proue, l'oiseau Vennou (phénix), accomplit avec l’âme de l’homme la révolution qui va le ramener à l'orient, comme le soleil, dont il est un symbole.
Livre de donner à l’âme la vie éternelle. Qu'il lui est ac- « cordé d'arriver à la barque du soleil, pour traverser les « princes de la sphère céleste. Il est fait le jour de la nais- « sance d’Osiris (2). »
Vignette : L'homme vogue dans une barque où il est placé
derrière le soleil et deux autres personnages divins.
131 — « Chapitre de passer au ciel. »
Sans vignette dans le manuserit de Turin; nous tirons la
suivante du musée du Louvre, papyrus N° 3079. Le dé-
(1) Désignation mystérieuse d'Osiris.
, s . . . . 4 à] 2) C'est-à-dire le premier des cinq Jours épagomènes.
funt s'approche dun disque du soleil rasonnant, placé sous Le signe du ciel.
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132 — « Que celui qui est dans Ker-neter vient visiter sa demeure. » Vignette : L'homme arrive près d'un petit édifice.
133 — « Livre de l'instruction des esprits (4) au sujet du dieu R«. | « On le fait le jour du mois. »
Vignette : L'homme conduit à la perche une barque où le dieu Ra est figuré assis sous un naos.
13% — « Adoration au soleil au jour du mois; de venir dans sa « barque. »
Vignette : L'homme est debout à la proue de la barque, qui est occupée par un épervier portant le diadème, suivi de neuf divinités solaires.
435 — « Autre chapitre que l’on dit quand la lune croît en jeunesse, «au jour du mois (2). »
Sans vignette. (Le manuscrit du musée du Louvre, N° 3089,
(4) Chu, esprit, l’un des noms donnés aux mânes.
© (2) I semble, d’après ce titre, que le jour dit du mois © %k ne serait à | => |
montre ici le défunt invoquant un dieu qui porte sur [x tête le disque lunaire.) 136 — « Autre chapitre, à faire dans la fête du sixième jour, au « jour de naviguer dans la barque de Ra.»
Vignette : L'homme conduisant la barque du soleil.
437 — « Chapitre d'enlever l’étincelle. »
Vignette : Le défunt assis sur un fauteuil entre quatre objets d’une forme indécise. 138 — « Chapitre d’entrer dans Abydos. »
| Vignette : Le défunt vénérant les insignes du nôme d'Abydos.
139 — « Adoration à Toum. »
Sans vignette.
140 — « Livre des cérémonies du dernier jour du mois de méchir, « quand l’Outa est accomplie au dernier jour de méchir. »
La vignette représente l’homme à genoux devant plusieurs personnages divins. Le premier est le chacal noir orné du
sceptre 1: c’est le dieu protecteur du mois de méchir, le sixième de l’année; il est monté sur un pylône qui indique une station. L’œil d'Horus, nommé outa 3. porté par
un dieu, est également le symbole d’un des points fixes d'une période. Ra, ou le soleil, termine le tableau. Il s'agit donc ici d’une des stations du soleil et non de la pleine lune, comme Champollion l'avait d’abord pensé; le texte s'explique d’ailleurs formellement sur le caractère solaire du mythe, indiqué dans ce chapitre à un jour qui partage l’année égyptienne en deux parties presque égales (cent quatre-vingts jours après le premier de Thoth).
141 — « Livre de l'instruction des esprits; de la connaissance des « noms des dieux du ciel du midi et du nord, des dieux « habitant les deux zones, des dieux rangés dans le « Tiaou (4). Ce chapitre est dit par chacun pour son père «et sa mère, dans les panégyries de l’Amenti. Il sera ainsi <instruit sur le soleil et sur les dieux, parmi lesquels il
que le second jour; en effet, suivant M. Brugsch, la néoménie serait indiquée par le groupe (an | D. + d
(1) Une des sphères célestes, celle où voguaient les âmes.
« doit se trouver. L'Osiris AN. dit ces paroles au jour de la « néoménie (1), avec les offrandes de pains, de liqueurs, « d'oies, de pièces de viande et de parfums à brüler. Hom- « mages adressés à Osiris dans tous ses noms, de la part « de l’Osiris N. le justifié. »
Sans vignette. Le texte est une liste de cinquante-huit noms divins.
442 — « Livre de l'instruction des esprits; qu’il lui est accordé (au « défunt) d'avancer à grands pas; d’être manifesté au jour « dans toutes les formes qui lui plaisent. De la connaissance « de tous les noms d’Osiris dans toutes les demeures où il « aime à résider. »
Sans vignette. Grande litanie composée de cent cinquante invocations adressées soit à Osiris, soit à d’autres divinités. Elle est suivie d’une nouvelle vignette verticale coupant le manuscrit et composée de cinq scènes superposées : 1° dans la partie inférieure le défunt est dessiné dans l’attitude de l’adoration; 2° une barque contenant deux éperviers sur leurs perchoirs, suivis de l'emblème du service
religieux Le. 3° l’homme vogue dans une barque avec deux
disques de grandeur inégale (le soleil et la lune), qu'il semble invoquer; 4° une nouvelle barque avec un seul épervier; 5° une femme, c'est ordinairement la femme ou la sœur du défunt qu'on associe à ses invocations dans plusieurs endroits du fituel.
Les chapitres 144 à 150, qui suivent ces tableaux, forment une nouvelle division que l’on trouve constamment placée vers la fin du livre, dès les plus anciens manuscrits; elle renferme la description de plusieurs séries de portes et de demeures célestes que l’âme devait rencontrer. La connaissance des noms mystiques de ces lieux et de leurs gardiens devait la garantir contre les atteintes de ces génies redoutés.
A%%4 — « De la connaissance des noms des gardiens des sept Aris (sortes d’édifices). »
Chaque Ari est pourvue d’une vignette qui contient le profil d’une salle avec trois personnages. Le premier est le portier (ari), le second
(1) © Voyez la note au chapitre 135. , + À
est le défenseur (saw), le troisième est celui qui y commande (sechauem-es). Le texte apprend à l’homme leurs noms mystérieux. Le chapitre comprend en outre une invocation générale adressée à ces personnages et intitulée : « Rites pour le lendemain matin de la « panégyrie. »
145 — « Commencement des pylônes des champs d'Anrouw (L) de la demeure d'Osiris. » | Ces pylônes, ou grandes portes décorées, sont au nombre de vingt etun; chacun a sa vignette où l'on voit le défunt s'approcher et conjurer le gardien du lieu, en lui récitant les noms mystiques dont le texte lui donne la connaissance.
146 — « Commencement des pylônes de la demeure d'Osiris, dans les champs d’Anrou. »
C’est une autre rédaction du même livre pour quatorze pylônes; les mêmes noms mystiques y sont répétés sous chaque vignette; mais il contient un nouveau texte, comme invocation générale.
447 — « Chapitres des Aris de la demeure d’Osiris, résidant dans « l’Amenti; des dieux dans leurs deux zones, auxquels on « adresse les offrandes sur la terre. »
Nouvelle rédaction du sujet traité au chapitre 14%; dans les vignettes, l’homme est simplement mis en face de chaque gardien.
148 — « Livre de l'instruction des esprits touchant le dieu Ra, etc. « (Très-long titre qui forme une partie du chapitre). »
Le tableau expliqué par ce chapitre se divise en trois sujets principaux : Dans le premier, le défunt (suivi ordinairement de sa sœur ou de sa femme) adore Osiris, qualifié « générateur dans l’Amenti, roi éternel, etc. » Le dieu a la forme de sokari, c'est-àdire la tête d’un épervier, coiffée d’un triple diadème; la déesse de l’Amenti le tient dans ses bras.
Le second sujet se compose du taureau mystique que la légende précédente identifie avec Osiris et qui porte le nom de « générateur « des mâles et des femelles. » Il est accompagné des sept vaches ses épouses (2).
La troisième partie réunit les emblèmes des quatre points cardi-
(1) Anrou et Arou sont deux formes du nom des champs Élyséens de l'enfer égyptien.
(2) Les sept vaches du. songe de Joseph sont un singulier trait de couleu” locale, qui a rapport au mythe de ce chapitre.
DES ANCIENS ÉGYPTIENS. 31 … naux. Chacun d’eux est figuré par un gouvernail it par l'œil
mystique #3, emblème d’une station. Les quatre génies protec-
teurs des viscères de l’homme sont mis en rapport avec ces premiers symboles. Ce tableau, qui interrompt encore le texte, semble marquer une division dans la composition égyptienne.
149 — Sans-titre. Il se compose des invocations adressées à quatorze iles ou demeures de la sphère céleste, dont les vignettes représentent les habitants aux formes monstrueuses ou symboliques.
150 — Je ne crois pas qu'on doive le considérer Comme un chapitre ; ce n’est qu'une sorte de tableau réunissant la configuration supposée des contrées décrites dans le Chapitre précédent. Il interrompt de nouveau le texte, peut-être pour marquer une nouvelle division.
151 — Sans titre. C’est un tableau mêlé de légendes. a, b (1), Anubis, sous la forme du chacal, monté sur un pylône et placé entre deux momies debout; il invite le défunt à se réveiller. c, Isis et Nephthys veillent sur la momie qui est étendue sur son lit funéraire. Elles prononcent les paroles de l'évocation qui doit lui rendre la vie. d, e, scènes semblables à «, b.
152 — « Chapitre de la construction d’une demeure sur la terre. »
Vignette : Une femme agenouillée verse la libation dans la main de l’homme qui est assis sur un fauteuil; elle lui présente aussi des vivres sur un plateau.
453 — « Chapitre d'échapper aux filets. »
Le Rituel de Turin n'a pas de vignette pour ce chapitre; la planche If, N° 4, montre la figure du filet tendu, copiée sur le beau manuscrit hiératique de M. le duc de Luynes. Dans le N°2, planche I, copié par M. Devéria, sur le Rituel de Nev-seni, à Londres, on voit de plus le défunt échappé au filet. La variante que
(1) Je suis toujours les chiffres et les lettres qui marquent les divisions dans le Todtenbuch, thographié par M. Lepsius.
j'ajoute ici esttirée du manuscrit du Louvre, N° 3084: elle démontre qu'il s’agit de la chasse aux oiseaux d'eau.
154 — « Qu'il est accordé que le corps ne se dissoudra pas. » Vignette : La momie reposant sur son lit; un soleil placé sous la voute céleste déverse ses rayons sur elle.
Les chapitres 153-160 sont relatifs aux rites propres à certains objets qui devaient être déposés avec la momie. On trouve quelques autres petits chapitres analogues répandus dans d'autres manuscrits.
455 — « Chapitre du Tat d'or que l’on place au col du défunt. » Vignette : La figure du Tat Î symbole peu expliqué jusqu'ici.
156 — « Chapitre du Ta de chenem (quartz rouge) que l’on place « au Col du défunt. »
Vignette : La boucle de ceinture
157 — « Chapitre du vautour d’or qu’on place au col du défunt. » Vignette : Un vautour, les ailes étendues, tenant dans ses
serres le signe de la vie Ÿ.
158 — « Chapitre du collier d’or que l’on met au col du défunt. » Vignette : Le collier nommé ousech LÉ 159 — « Chapitre de la colonne de neschem (feld-spath vert) qu’on
« place au col du défunt. »
Vignette : L'amulette en forme de colonne ÎÏ
160 — « Chapitre de la colonne (offerte à Thoth?) dans son adora- « tion. »
Vignette : La même amulette tenant à un collier.
161 — Sans titre. Tableau contenant quatre figures du dieu Thoth, présidant aux quatre vents du ciel. Le texte explique l'orientation du cercueil et les figures qui doivent y présider. |
162 — « De produire la chaleur sous la tête du défunt. »
La vignette représente une génisse coiffée avec le disque et les plumes d’autruche, comme la déesse Hathor. La dernière colonne finit par les mots w-1w pu (1), c’est fini. On doit en conclure que le Rituel se terminait ici dans une première compilation. Il en est encore ainsi dans beaucoup d’exemplaires. Le style du morceau m'engage néanmoins à le considérer lui-même comme moins ancien que les autres parties essentielles du livre.
Les trois derniers chapitres sont certainement d’une époque postérieure; quoique je ne sois pas encore en mesure de préciser le moment de leur introduction. Le titre lui-même nous les signale comme une addition.
« Chapitres apportés pour (faire) un autre livre, ajouté au « livre de la manifestation au jour. »
Cette phrase nous montre que les mots chapitres de la manifestatation au jour, qui se trouvent en tête du premier titre, constituaient, dans l'intention du compilateur égyptien, le nom de tout le premier iivre, finissant avec le chapitre 162. Ces derniers textes sont hérissés de noms mystiques empruntés à des langues étrangères; on y reconnaît quelques mots sémitiques, mais le chapitre 164 en attribue d’autres à la langue des nègres de Nubie.
163 — « Chapitre d'éviter touté lésion au corps de celui qui est en « Ker-neter, de le sauver des atteintes de celui qui dévore « les âmes emprisonnées dans le Tiau. Que les fautes qu'il « a commises sur la terre ne soient pas élevées contre lui; « que la santé soit rendue à ses chairs et à ses os; qu’il « (revienne?) avec tous les dieux qui (s’échappent?) de
(4) Mot à mot : I] est venu.
ÉTUDES SUR LE RITUEL FUNÉRAIRE « Ker-neter ; qu'il lui soit accordé de sortir et d'entrer par- « tout où il lui plaira; qu’il accomplisse tous ses désirs et « ne soit jamais éconduit. »
Vignette : 1° Deux outas 3 posés sur des jambes et ornés d'ailes
déployées; 2 un serpent porté sur deux jambes, coiffé d'un disque avec deux cornes. Ces figures sont décrites dans le texte.
Autre chapitre. »
Vignette : Une figure de déesse étendant deux grandes ailes;
sa tôte est couronnée du double diadème, deux têtes de vautour sortent à droite et à gauche de son col. Devant elle et derrière elle sont deux figures de pygmées monstrueux, portant le fouet sacré sur leurs bras élevés. [ls ont double visage, une tête humaine et une tête d'épervier; leur coiffure est le disque et les deux plumes droites, ornement ordinaire du diadème d’Ammon. Le texte donne une description complète de ces trois figures. La déesse y est dépeinte comme ithyphallique et comme reposant sur des griffes de lionne. Plusieurs manuscrits m'ont en effet présenté ces
détails, qui n'existent pas dans le Rituel de Turin, où
les trois têtes de la déesse sont également différentes de celles qu'indiquerait la prescription contenue dans le texte. Chapitre de l’arrivée; qu'il ne soit pas...., que son corps « germe et qu'il boive leurs eaux. »
Vignette : 1° Ammon ithyphallique, ayant pour corps un sca-
Je me ditions,
rabée; ® un personnage à tête humaine, portant sur ses épaules deux têtes de bélier. Ce sont les symboles de la nouvelle génération qui doit donner à l'âme la vie éternelle, et le texte se termine en disant que le défunt glorifié brille au sommet du ciel, parmi les astres.
suis attaché, dans cette étüde générale, sauf de légères adau seul manuscrit de Turin, qui me suffisait pour une
première esquisse; j'ai seulement cherché à compléter les vignettes qui manquaient à quelques chapitres. Mais cet exemplaire, malgré . son étendue, ne contient pas tous les textes de ce genre, et les explorations que l'on pourra faire dans les manuscrits de diverses collections, amèneront certainement la découverte de nouveaux
chapitres intéressants; il y aura aussi de nombreuses variantes à | étudier dans les vignettes les plus anciennes. MM. Hincks, Leemans, |
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DES ANCIENS ÉGYPTIENS. f 3) Brugsch et Orcurti ont déjà donné des descriptions sommaires des parties que contenaient les manuscrits des musées de Dublin, de Leyde, de Berlin et de Turin. M. Th. Devéria prépare un catalogue détaillé où seront analysés tous les papyrus du musée du Louvre. Si de pareils travaux sont exécutés dans chacun des musées égyptiens, toutes les parties du Rituel seront bientôt signalées à l'attention des traducteurs. M. Lepsius a même indiqué, sous le N° 116 bis, un petit chapitre tiré du manuscrit Cadet. Parmi les morceaux nouveaux et assez nombreux qui me sont déjà connus, je crois utile d'attirer les regards des archéologues sur un texte très-considérable que j'ai rencontré dans deux manuscrits de style ancien. Je lui donnerai le N° 153 bis; il contient un chapitre des pêcheurs, qui m'a paru très-curieux.
153 bis. Titre. — « Chapitre d'échapper au filet du pêcheur, » Vignette : Trois personnages de forme humaine pêchant dans un bassin; leur filet a la forme d’une seine à moitié tirée ; les plombs sont rassemblés au milieu. (V. pl. IT, N°3, vignette tirée du manuscrit de M. le duc de Luynes.) Une variante extrèmement curieuse (V. pl. I, N° 4) est copiée sur le manuscrit No 3092, du musée du Louvre ; les trois génies qui manœuvrent le filet sont ici des singes; ils ont renfermé des poissons dans leur seine: le défunt, qui leur a échappé, est assis en dehors du filet.
Les difficultés que j'ai exposées au lecteur se sont présentées à mon esprit dès mes premiers efforts pour la traduction du Rituel funéraire, c'est-à-dire en 1846; j'ai pensé dés lors qu'un ensemble aussi étendu ne pouvait pas être attaqué par tous les côtés à Ja fois, et j'ai concentré mon travail sur les chapitres dont un premier examen m'avait fait soupçonner la plus grande valeur. Je me suis alors attaché à éclaircir le texte de ces chapitres, en collationnant les manuscrits; quelques-unes de mes traductions sont aujourd’hui assez avancées pour être offertes à l'étude des archéologues. Ce sont :
1° Les quatorze premiers chapitres du Rituel. hymnes funéraires pour le jour de l’ensevelissement;
2° Le chapitre 15; les hymnes au soleil dans ses deux formes s
3° Le chapitre 17, auquel j'accorderai la priorité dans cette publication, parce que les doctrines y tiennent plus de place que dans aucune autre partie du livre;
&° Le chapitre 64, hymne d’un style mystérieux sur la glorification dé l’âme justifiée;
5 425. Le livre de la confession et du jugement de l'âme, où nous trouverons les éléments de la morale;
Ge Nous ajouterons quelques morceaux moins étendus, choisis çà et là, et qui serviront à éclaircir divers points de la croyance religieuse. |
La forme que j'ai dû donner à ce travail, en vue du recueil dans lequel il est publié, ne me permet pas une démonstration philologique suivie et d'une étendue suffisante; la reproduction de ces textes, en hiéroglyphes, avec une traduction interlinéaire et leur analyse, est destinée à la chrestomathie égyptienne dont je prépare la publication. Les discussions nécessaires à ce point de vue y trouveront leur place naturelle. Nous nous contenterons d'ajouter à notre traduction soit des remarques utiles pour faire comprendre la cause de nos incertitudes, soit des explications nécessaires pour guider les archéologues qui voudraient pénétrer à notre suite dans les régions si peu connues jusqu'ici de la mythologie pharaonique.