‹ Études sur le rituel funéraire des anciens ÉgyptiensChapitre 9 sur 12 · GA ÉTUDES SUR LÉ RITUEL FUNÉRAIRE · texte numérisé non relu

GA ÉTUDES SUR LÉ RITUEL FUNÉRAIRE

« c’est Horus, fils d’Osiris, qui a pris le gouvernement à la place de « son père Osiris. Le jour de constituer les deux mondes, c’est le « complément des mondes, à l’ensevelissement d’Osiris, l’âme bien- « faisante, dans la royale demeure de l'enfant. »

La formule précédente ne fixe pas d'époque pour le règne d’Osiris; celui d'Horus, son fils, commence à la constitution définitive du monde. Dans le premier verset, c'était Ra, le soleil, qui remplissait exactement la même fonction, à son premier lever. Horus est donc le mème personnage, avec un simple changement de nom. La dernière phrase nous révèle clairement un des sens mystiques attachés à la mort et aux cérémonies de l’ensevelissement d’Osiris. Au point de vue cosmogonique, leur entier accomplissement marquait la fin de la nuit éternelle et des temps du chaos, ainsi que l'introduction des lois nouvelles qui devaient conserver l'harmonie des mondes définitivement constitués. C’est toujours la demeure

«à MMM, royale de l'enfant | [d De (Suten-ha Senen?), à la- | panne (de

quelle on rattache ces faits primordiaux. Nous avons dit que M. Brugsch pense que la localité terrestre assimilée à ce lieu céleste était l’oasis de Siouah ou d’Ammon: rien ne nous indique jusqu'ici ce qui pourrait avoir amené à donner un rôle cosmogonique aussi important à cette localité si éloignée de la vallée du Nil. Les preuves de M. Brugsch ne nous paraissent pas d’ailleurs être complètes en ce qui concerne cette identification, qui serait de la plus grande importance.

Le vieux manuscrit à l'encre blanche a, pour ces deux versets, un texte beaucoup plus court; on y lit seulement : « Celui qui a reçu la « double couronne, dans l’allégresse, à son entrée dans Ha-suten- « senen, c'est Osiris, quand il lui a été ordonné de réunir les deux «mondes par le seigneur universel. Le jour de la réunion des deux « mondes, c'est l’action de compléter les deux mondes, c’est l’ense- « velissement d’Osiris, etc. »

Ce manuscrit supprime ainsi une rubrique; malgré l’autorité que lui assure son antiquité, je pense qu'ici il est incomplet; l’autre texte se concilie mieux avec l’ensemble du chapitre, en distinguant les deux règnes d’Osiris et d'Horus.

V. 32. — « Celui qui donne {les existences?) et qui détruit les « maux, qui dispose le cours du temps ! »

€ Il l'explique : C’est le dieu Ra lui-même. »

Le terme que je traduis par existences re (Ka-u) est trèsdifficile à définir; paraît souvent désigner le type d’un personnage, son essence ou son modèle idéal. C’est sous ce nom que certains rois ont fait adorer leur type déifié. Au pluriel, il se prend aussi pour les vivres, les moyens de l'existence. Dans ce passage, où il est opposé aux défectuosités (asew-u), il peut signifier tous les dons heureux ou les principes de fa vie.

IL est à remarquer que les versets 29, 30, 31 et 32 paraissent indiquer le même personnage sous diverses attributions. En effet cette portion commence par l’allocution : Ah! seigneur de la victoire, etc., et se termine au verset 33 par la prière : Sauves l’osiris N., etc. au singulier.

C'est donc bien certainement un même dieu qui est invoqué sous des appellations que la glose applique successivement aux trois personnes d'Osiris, d’Horus et de Ra. On ne saurait sans cela saisir l’enchaînement de ces diverses fractions de la formule sacrée, et je ne doute pas que tel ne soit l’ordre des idées qu’on doit y recon-

naître. Ainsi réunis, ces cinq versets forment au contraire Ja suite naturelle du verset 28.

V. 33. — « Sauves l’osiris N. de ce dieu qui saisit les âmes, « qui avale les cœurs, qui se repaît de cadavres. . ... €... ... (1), qui terrifie les faibles. »

« I l'explique : C’est Set. Autrement l’exécuteur, c’est Horus, fils « de Sev. »

Cette prière relie les derniers versets aux précédents; il s’agit toujours du sort de l’âme après la mort. Le dieu suprême, dans ses diverses formes, est invoqué contre ies terribles effets du jugement. La glose varie toujours sur l’exécuteur, dont le pouvoir repose tantôt entre les mains de Set et de ses démons, et tantôt entre les mains d’'Horus. Ce dieu, considéré comme fils de Sev et frère d’Osiris, recevait le nom d’Horus l’aîné, Harouëri.

V. 34. — « O! (dieu) scarabée dans sa barque ! celui dont la «substance existe par elle-même, autrement dit, « éternellement! sauves losiris N. de ces gardiens

{)Iyaiciun membre de phrase inintelligible pour moi, et pour lequel les manuscrits varient singulièrement.

« sagaces à qui le seigneur des esprits a confié la sur- « veillance de ses ennemis, qu’il leur a livré pour les «immoler (dans la place de l’annihilation?); à la « garde desquels personne ne peut échapper. Que je « ne tombe pas sous leurs glaives, que je n'entre pas « dans leur boucherie, que je ne m'arrête pas dans « (leurs demeures ?), que je netombe pas sur leurs bil- «lots, que je ne me pose pas dans leurs (réseaux ?), « qu’il ne me soit rien fait de ce que détestent les « dieux. Car je suis un prince dans la grande salle, « l’osiris N. le justifié. Celui qui a passé pur dans le « Mesek; celui (qui a donné la matière? de la nuée ?) « dans Za-nen. »

« I l'explique : Le dieu scarabée qui est dans sa barque, c’est le dieu Ra, Har-em-achou lui-même. Les gardiens habiles, ce sont les (singes) Benne; c'est Isis, c’est Nephthys. Les choses que détestent les dieux, c'est le compte de sa malice. Celui qui a passé pur dans le Mesek, c’est Anubis, qui est derrière le coffret qui renferme les entrailles d'Osiris. Celui (qui a donné la matière de la nuée?) dans Ta-nen, c’est Osiris. Autrement dit, (la matière de la nuée ?) dans Ta-nen, c'est le ciel, c’est Ia terre. Autrement, c’est Ia victoire de Schou sur les deux mondes dans Ha-souten-senen. La nuée, c’est l'œil d’'Horus. (Le lieu) de Ta-nen, c’est le lieu (de réunion?) d'Osiris.

Dans la partie de la vignette qui répond à ce verset (L), on voit

une barque où siège ün dieu à tête de scarabée. [Il est adoré par le défunt et par quatre génies sous la forme de singes cynocéphales, suivis d'Isis et de Nephthys. Aïnsi que la glose nous l’apprend, ce sont les personnages désignés dans la formule comme les gardiens habiles.

La vignette contient également la figure d’Anubis, sous sa

forme ordinaire, marchant derrière le personnage qui porte le coffret (2).

Le mot chepera, scarabée, signifie, au figuré, étre et générateur,

(1) Nos 40-45 de la vignette, dans le papyrus Cadet, (2) Nos 54-5 de la même vignette.

d’après le symbolisme bien connu que la doctrine ég\ptienne attachait à cet insecte. Cette formule, d’une haute importance, est rendue un peu différemment dans le manuscrit blanc du Louvre: « Celui dont la substance est un être double, éternellement. » pau-ti ta-w tela. Cest une expression nouvelle de la génération éternelle

en dieu; À Ta, que je traduis d'une manière générale par

substance, S se Pr aussi quelquefois dans l’acception restreinte de corps. Suivant la glose, cetle substance, source éternelle de son propre être, ne serait autre que Ra, le soleil. Le nom d'Har-emachou, où « Horus dans les deux horizons » (du levant et du couchant), était un surnom solaire dont le grand sphinx de Gizeh était spécialement doté et qu’une Et O grecque à transcrit par Apuoyrs.

Les manuscrits offrent quelques variantes de rédaction dans ce verset. Ainsi on lit, après « la surveillance de ses ennemis, » ceux « qu'il livre à l’immolation dans la demeure de la destruction, » et plus loin, « qu'ils ne poussent pas leurs glaives contre moi! » une autre variante porte : « que je n'entre pas dans la demeure d’annihi- « lation! .... que je ne me repose pas sur leurs lits (4). »

Après l’invocation où le défunt énumère les peines qu'il veut éviter, grâce à l'intervention divine, il termine sa prière par une dernière phrase qui reste extrêmement obscure, quoique chaque mot ait donné lieu à une glose particulière.

Le mot nl mesi, que je traduis conjecturalement par #%ateère \ première, est determiné tantôt par les ténèbres Ï , tantôt par un

pain =, symbole des aliments (ou pâtes?). Osiris est indiqué ici

dans son action co mogonique, puisque la glose explique ces mots par la victoire de Schou, qui consistait, comme nous l’avons dit, dans le soulèvement de la voûte liquide du ciel. C'était la fin du chaos; aussi cet événement est- il placé au mème lieu céleste que la première

naissance du soleil, Ha-souten-senen. E—0 ® | Jen Ta-nen est un

nom de lieu qui peut s’interpréter les pains de la forme. Osiris serait donc considéré comme ayant donné la matière première du ciel et de

(1) J'entends ces mots de certains lits représentés dans les tombeaux des rois Qt qui me paraissent destinés à des supplices.

la terre. Le lieu (de la réunion?) d'Osiris peut indiquer l'endroit où le corps d'Osiris avait été reconstitué, après le succès des recherches d'Isis; nous avons déjà vu en effet que l'accomplissement des funérailles d’Osiris était le symbole de la constitution définitive du monde. Osiris, assis sur un trône et adoré par le défunt, termine la partie de la vignette qui se rapporte à ce verset. Certains papyrus ont au contraire la figure d’Atoum (4).

V.35.— « Atoum construit ta maison, les deux lions fondent « ta demeure. Ils accourent, ils accourent; Horus te pu- « rifie, Set (te renouvelle ?), tour à tour. L’osiris N. vient « dans ce monde, il a repris ses jambes. Il est Zoum et “ilest dans son pays. Arrière, lion lumineux qui est à «l'extrémité! Recule devant la valeur de losiris N. le « justifié, recule devant la valeur d’Osiris ; il se garde « avec soin et n’est pas aperçu des gardiens. L’osiris N. « est lui-même Isis, tu observes qu’il a déployé ses che- « veux sur lui. Il a (atteint la fin de ?) sa route, autre- «ment dit, son but. Isis l’a conçu, Nephthys (Pa «nourri?), Isis a effacé ses souillures, Nephthys a re- « tranché ses péchés. La victoire est à moi, la vaillance «est dans mes mains (je touche ceux dont les bras sont « multiples?). Je m’approche des hommes pieux et je « repousse les fils de tes ennemis. Je chasse ceux qui «ont noirci leurs bras. Je reçois (les deux frères?) de la « palme. (Je produis?) les habitants de Ker et d’An « (Héliopolis). Tous les dieux sont saisis de crainte de- « vant ina vaillance et mes grandes ardeurs. Je venge « chaque dieu de celui qui l’insulte, mes traits le frap- « pent aussitôt qu'il apparaît. Je vis suivant mes désirs. «Je suis Ouali, seigneur du feu : quiconque s’élèvera « contre moi, malheur à lui! »

« 11 l'explique : Le mystère de la formation (donné par Amon ?), « c’est le nom du (réseau ?). (Celui qui voit à l'instant ce qui estap- « porté?), est le nom du coffret. Autrement, c’est le nom. . . .. (2).

(1) V. papyrus Cadet, nos 56-58 de la vignette. (2) Ge passage est corrompu et diffère dans chaque manuscrit, je n’oserais pas en hasarder la traduction.

« Le lion lumineux qui est à l'extrémité, c’est le phallus d’Osiris; « ou bien, cest le phallus de Ra. Celui qui a déployé les cheveux € Sur lui et qui (a termiré sa route ?), c’est Isis lorsqu'elle se voile: « alors elle ramène ses cheveux sur elle. Ouati en flammes, c'est

« l'œil de Ra. Ceux qui s’élèveront contre moi, malheur à eux! Ce « sont les compagnons de Set (quand il les approche?). En effet « (puisqu'il amène le feu?), il lui sera accordé par le jugement des « habitants de Tatou de détruire les âmes de ses ennemis. »

Ce dernier verset est consacré à la transformation définitive de l’homme justifié et à la nouvelle demeure qu’il doit occuper. C'est Atoum qui se charge de l’établir, le premier verset nous l’a montré comme l’auteur du ciel. Les dieux qui coopèrent à cette œuvre sont le couple divin de Schou et Tewnu. Nous savons en effet que Schow représente les forces célestes.

Je traduis par « renouveler » le mot ] © {4 NuTeR. Comme substantif, nouter signifie « dieu ; » comme verbe, au sens propre, il reçoit pour déterminatif la pousse du palmier { . déterminatif de la

germination, de la jeunesse, et le volume — quis’applique,entre autres choses, aux idées de calcul. Je pense que l’idée qui a présidé au choix de ce mot pour désigner un dieu est l’éternelle jeunesse renouvelée périodiquement. Les rois sont représentés au milieu d'une scène où les dieux Horus et Set leur versent sur la tête les symboles de la purification € et de la divinité ou du rajeunissement je Ce doit être la représentation de quelque rite d'initiation, enseignant la transfiguration de l’âme.

En disant de l’homme ressuscité qu'il est Toum, le texte joue sur

“ri

TeMu, comme un des noms des hommes, de la race humaine (en

copte T3RSE homo).

Quoique les premiers mots ne soient pas suivis d’une rubrique, je pense qu'on pourrait commencer un nouveau verset avec les mots : « Arrière, lion lumineux, » qui se retrouvent au commencement de la glose; ils n’y sont précédés que par l'explication des noms sym- . boliques donnés au (réseau ?) (4) et au coffret. La formule ne par-

an {1} C’est le mot hat \ déterminé par un paquet & et quelquefois Î : Ô

à le nom de ce dieu; on trouve en effet le groupe

lant pas de ces oojets, la glose peut être déplacée et avoir trait au verset précédent en ce qui touche le réseau. On voit, dans la vignette, le coffret funéraire porté devant Anubis. La mention d’Ammon, dans cette partie de la glose, me paraît une altération d'époque récente. Le manuscrit blanc du Louvre nomme, à la place de ce dieu, Hémen, divinité d’un nom voisin, mais qu’on trouve sur des monuments appartenant aux plus anciennes époques. La dernière scène de la vigneite se compose de divers personnages nommés dans notre verset (1). Isis et Nephthys président à ce groupe : sous la déesse du ciel, étendue en forme de voûte, on voit un scarabée, symbole de la génération nouvelle, par laquelle l’homme justifié va revivre dans le sein d’Isis. C’est donc dans le ciel qu'est placé le siége de cette gestation divine. L’osiris en ressortira comme un Être entièrement pur et doué d’un valeur invincible pour combattre les ennemis des dieux. La chevelure dénouée dont Isis se voile a pour but de mieux couviir les mystères de cette conception. Le « lion lumineux » de la formule est couché dans la vignette au-devant d’Isis et semble en défendre l'approche; mais les gloses ne nous aident pas à éclaircir son véritable caractère.

Le sens le plus naturel du texte semblerait indiquer une constellation caractérisée par la figure du Hion, et qui paraîtrait préposée à la garde du point mystérieux où devait s’accomplir le renouvellement de l’existence. On peut rapprocher ce passage et la vignette qui lui est propre, du groupe qui symbolise le renouvellement de l’année, au centre des plafonds du Ramesséum et du monument de Séti Is. Le lion céleste y semble présider à la scène centrale du calendrier que la légende nomme la naissance du dieu. D'après notre commentaire égyptien, ce lion serait l'emblème de la force génératrice d'Osiris ou de Ra (2). L’osiris justifié le conjure en s’identifiant à [sis elle-même, dans le sein de laquelle ik va revivre. Cette nouvelle nature, où rien n’altère plus sa pureté, Tui communique la force des esprits célestes; il va désormais les assister dans leur combat perpétuel contre les mauvaises puissances. Il est assimilé aux divinités d’'Héliopolis, c’est-à-dire aux dieux solaires dont Atoum paraît avoir été le principal type dans cette ville. Je ne sais pas ce que

on par (un filet ou une cage?) pl , Son véritable sens reste douteux.

(1) Voyez les n°s 59-63, dans la vignette du papyrus Cadet.

(2) Le phallus du soleil est aussi conjuré par le défunt au chapitre 93 du Rituei.

DES ANCIENS ÉGYPTIENS. 71 signifient les deux frères ou les deux pousses de la palme (1), sur lesquels la glose reste muette. Mon savant confrère, M. Vincent, me propose, comme une conjecture tirée des circonstances locales, de reconnaître un symbole de génération dans la réunion des deux fleurs distinctes du dattier, mâles et femelles. Le sens exact de toutes ces allégories ne pourra être déterminé qu’à l’aide des textes sacrés successivement traduits et comparés aux figures des monuments.

L'osiris, après avoir célébré ses forces nouvelles, termine son hymne par une expression qui doit le faire considérer comme un astre, source de lumière et de feu. Il est, dit-il, « Ouati en feu, » ce

que la glose explique par l'œil du soleil; nous savons que la puissance destructive a déjà été nommée ainsi. En effet, la glose ajoute qu'il est armé d’une flamme capable de détruire les compagnons de Set qui s’approcheraient de lui. Les âmes divinisées étaient placées par les Égyptiens dans la sphère des étoiles fixes, sources de lumière, où elles étaient censées rangées à la suite de Sahou (Orion), dans lequel résidait l’âme d’Osiris.

Il nous reste à chercher pourquoi le défunt prend, dans cette formule, le nom de % pN Ouai. Cette appellation, sous laquelle on

désigne fréquemment la déesse du nord, par opposition avec Souvan, déesse du midi, me suggère une dernière conjecture : Le feu dans Ouati me paraît pouvoir s’interpréter très-raisonnablement par le solstice d'hiver, où le soleil va prendre une nouvelle naissance. Ainsi se couronne l’allégorie perpétuelle que l’on établissait entre la vie, la mort et la résurrection de l’homme, et les périodes diurnes et annuelles qui ramenaient le soleil au même point de l’horizon. L’osiris termine son discours par une conjuration, sous forme de menace, contre les ennemis de son âme. Ce sont, dit la glose, les compagnons de Set, véritables démons, les ennemis perpéluels des âmes divinisées. Celles-ci ont cependant le pouvoir de les éloigner, armées qu’elles sont d'une flamme capable de détruire les âmes de ces êtres malfaisants (2).

Les enseignements répandus dans ces versets et dans leurs commentaires doivent être groupés par ordre de matière, pour qu’on

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