‹ Etudes sur le système nerveuxChapitre 24 sur 28 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Nerf spinal.

Le nerf spinal serait destiné^ suivant Charles Bell, à animer les muscles supérieurs de la poitrine, et c’est pour cela qu’il l’a appelé nerf respirateur supérieur. Suivant ce physiologiste , il naîtrait du même cordon

que les autres nerfs respirateurs , et par conséquent sur la même ligne que le glosso-pharyngien et le pneumo-gastrique. Il ajoute qu’il naît de la moelle épinière par des racines qui ne dépassent pas la colonne respiratoire ; mais il est évident qu’il a été induit en erreur par des idées préconçues, puisque, comme je m’en suis assuré un grand nombre de fois, ce nerf naît de la face antérieure et de la face postérieure de la moelle par des filets nombreux qui sillonnent long-temps la surface du prolongement rachidien avant de se réunir pour donner naissance au cordon spinal. Souvent on rencontre dans son trajet un ganglion , et il sort du crâne par le même trou que les nerfs de la huitième paire, ce qui l’a fait regarder comme son accessoire, et se termine ensuite dans les muscles sterno-cléido-mastoïdien et trapèze.

Ce nerf blanc, dur, résistant , est enveloppé dès son origine par le névrilème.

11 sera facile de démontrer que, si le nerf spinal anime les muscles auxquels il vase distribuer, il leur donne aussi une sensibilité semblable à celle des autres nerfs et des tissus qui les reçoivent.

Etablissons que ce nerf est moteur et sensitif.

Le nerf spinal est douloureux dans les affections rhumatismales des muscles dans lesquels il se perd. Si sur un animal , après l’avoir mis à découvert, on l’irrite par des sections incomplètes, des piqûres, des contusions, celui-ci témoigne les plus vives douleurs.

D’un autre côté, lorsque l’on pince le nerf spinal, lorsqu’on l’irrite , les muscles trapèze et sterno-

cléido-mastoïdien entrent en convulsions, et on détermine au contraire leur paralysie par la section.

Le nerf spinal est donc, sans aucun doute, nerf de sensibilité et nerf de mouvement.

Ce résultat de l’expérimentation est d’ailleurs tout à fait en rapport avec l’opinion que l’on doit avoir sur la nature de ses fonctions , en considérant son origine. Il liait, en effet, de la partie postérieure de la moelle, aussi bien que de l’antérieure , et par conséquent il doit participer des propriétés de l’une et de l’autre de ces régions. Comme le nerf spinal envoie une longue branche anastomotique au pneumo-gastrique , et comme cette branche entre le plus ordinairement dans la formation du nerf pharyngien, on conçoit qu’elle concourt à animer les fibres musculaires du pharynx.

Quoi qu’en ait dit Scarpa , cependant il arrive quelquefois que celte branche anastomotique n’entre pour rien dans la formation du nerf phary ngien , et alors son action sur le pharynx n’est pas constante. Il est du reste difficile de la suivre dans les nerfs laryngé et récurrent , et partant de déterminer si elle a une influence réelle sur l’organe de la voix. Que penser de l’opinion de Bischoff qui veut que cette branche fasse partie intégrante du pneumo - gastrique, qu’il regarde comme nerf doué de la sensibilité, tandis que, suivant lui , le spinal serait destiné au mouvement?

Il est certain que d’après les théories actuellement admises sur le système nerveux , ce serait plutôt le nerf spinal qui serait le nerf sensitif, puisque ses

principaux rameaux naissent de la colonne principale de la moelle. Il est inutile d’ajouter que pour nous il est tout à la fois un organe de sensibilité et un organe de mouvement.

Le nerf spinal, absolument comme le nerf diaphragmatique, n’est pas constant dans tous les animaux; son existence est subordonnée à celle des muscles auxquels il se distribue.

Il manque , ainsi que le nerf diaphragmatique , chez les oiseaux , qui sont dépourvus des muscles sterno-cléido-mastoïdien et diaphragme.

Page 1