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lion; et à ceux qui n’acl mettraient pas les conséquences que nous en avons tirées, nous pourrons dire qu’ils n’ont pas bien apprécié la portée d’une expérience bien faite. Pour qu’une expérience ait quelque valeur, il faut quelle se répète plusieurs fois dans les memes conditions, en y apportant toujours le même soin et la même exactitude : il faut que les conséquences que l’on en tire suivent l’interprétation rigoureuse des faits, et non le résultat, d idees préconçues. Si ces conditions sont remplies, je dis que l’expérience est alors l’expression d'une vérité. En effet, dans le chien comme dans l’homme, le sang circule, les séreuses exhalent; dans l’un comme dans l’autre, la nature emploie le même mécanisme pour la guérison des luxations ou des fractures. Aussi, quels services l’expérimentation n’a-t-elle pas rendus a la physiologie, à la thérapeutique chirurgicale et à la médecine légale? Il suffit, pour s’en convaincre, de lire 1 ouvrage de toxicologie de M. le professeur Orfila. Mais il faut savoir s’en servir, et ne pas accuser l’expérimentation de fautes qui ne sont que trop souvent celles de l’observateur. Dois-je répondre a cet étrange reproche de cruauté que les gens du monde et
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quelques médecins eux- mêmes adressent à celui qui, recherchant la vérité, se sentie courage et la force d’affronter les plus pénibles émotions? L’amour de l’humanité et le désir de découvrir des choses inconnues font oublier l’animal qui souffre. La chirurgie n’impose-telle pas des obligations plus terribles à l’opérateur, qui a besoin de tant de force de volonté et de courage, pour ne pas trahir les sensations poignantes qu’il éprouve, et épargner ainsi au malade les inquiétudes qu’il devrait éprouver en voyant le chirurgien dans des dispositions contraires ?
Je croirais mon travail incomplet, si je ne rendais pas ici l’hommage qui leur est dû aux physiologistes qui, avant moi, se sont occupés de cette partie de la science, et ont parlé des fonctions du système nerveux.
Haller a fait sur les animaux de nombreuses expériences, toutes de la plus grande exactitude. Ce grand homme avait même localisé les fonctions du système nerveux ; mais, pénétré de l’invraisemblance de ces circonscriptions fautives , il a renoncé sans peine à cette théorie, qui devait trouver tant d’adeptes de nos jours. Le grand Bichat, le célèbre écrivain M. Richerand, le
consciencieux M. Adelon, MM. Magendie, Flourens, Desmoulins, Charles Bell, Brodie,Breschet, Brachet, Bouillaud, Heurteloup, Pinel-Granchamp, Blandin, Foville, Bérard aîné,E. Lacroix, en s’occupant du système nerveux, ont enrichi la science soit par leurs travaux physiologiques, soit par l’expérimentation , soit par le raisonnement, soit par l’anatomie comparée. Parmi les savans dont les observations et les expériences ont jeté une vive lumière sur les fonctions des nerfs et des centres nerveux, nous citerons encore MM. Andral, Rostan, Lallemand de Montpellier, les savans et consciencieux MM. Cruveilhier, Chomel, et Olivier d’Angers, pour ses intéressans travaux sur la moelle épinière.
En abordant une tâche qui avait appelé déjà les travaux de tant d’hommes illustres, je ne me suis pas dissimulé les difficultés d’une telle entreprise, aussi ai-je apporté dans mon œuvre une patience infatigable, et ai-je multiplié mes expériences , aussi pénibles que variées , aussi consciencieuses que fatigantes. Bien des fois le courage m’a manqué dans ce laborieux travail, mais j’ai trouvé la force d’aller jusqu’au bout dans les bienveillans encouragemens qui m’ont
été prodigués par un ami qui tant de fois m’a prouvé sa chaleureuse amitié, et aussi dans le désir d’apporter une part de lumière dans cette partie de la science. Je ne prétends pas avoir réussi, mais je crois avoir osé avec conviction , et souvent avec certitude de 11’être pas agréable à tous ceux qui cultivent les sciences. Si l’approbation me manque, je ne regretterai pas du moins de m’être occupé d’un travail dontl’étude offre tant d’intérêt et de charme.