‹ Études sur le système pénitentiaire et les sociétiés de patronageChapitre 12 sur 14 · SM · texte numérisé non relu

SM

Tieomte de Brétignère» vint à ftuns ; il mittibe si aimable et si affectueuse insistaiice pour nous dé<eider à allor visiter sa colonie , que nous ne crûmes pas devoir résister plus longtemps. Déjà M. Demetz BOUS m avait aussi plusieurs fois prié de la maniée la plus gracieuse, mais toujours nous avions éloigné oevoyageV tantôt sous un prétexte , tantAt sous im autre , parce qu'en vérité, nous ne concevions pas mi quoi ni^somm^it ce que nous pmirrions voir à la e(d<Mib (diang^mt ou mo^Ufiorait notre opinion sur les dangers de la communauté ; en qum nit^mmsmt le Uen-é^ matérid des jeunes ^déteiHis, comparé à ceàd des en£mts pauvres , -cesserait pour nous d'avoir ses dangers. '

Avant de nous décider, nous fimes psfft de nos observations à M. de Arétignères , qui redouMa d'instances et parvint à avoir notre parole.^

Nûus^partimes donc. Nous vîmes tout ee que noua avions {ffé vu, pluaque nous n'avicms prévu.

Que ce plus ne vous alarme pas , car il abrita un éloge et amortira les griffes du critique.

' Oui » nous avons vu à Mettray la communattté , parce qu'il n'est pas possible de faire une.cokmie 9gricole sans communauté; mais nous avoirs vu en même temps tout ce qu'on peut imagkier de sage, de pr^oyant pour m cond)aitre les dangers et en attàiu» les eieti.

. NoiiOs avons vu, '^t nous nèu» sommes prost^^ la haute moralité qtii préside à Tensemble comike aux moindres détails. . ■ ■ .—

Nous avons vu jusqu'où peut aller TinteHi'* gence profonde et élevée de deux hommes de biai.

Nous stvons vu jusqu'où peuvent aller le courage et le dévouement d'une faible femme qui oublie ses propres scMiffirances , en soulageant celles d'autrui , qui retrouve ses forces «dès qu'un malheui'eux les réclame à son lit de mort ^ préférant ainsi les béné*' dictions du pauvre à tous les triomphes que la grftce/ l'ei^rit , le talent et le cœur lui avaient assurés dans la haute société»

Nous avons vu jusqu'où la religion enseignée dsois toute sa sublime naïveté, peut émouvoir de jwnes âmes , et rallumer la foi éteinte.

Nous avons vu jusqu'où l'ordre et la discipiine, jusqu'où le travail et les jeux dirigé»par des hommes d'élite , et qui ont foi dans leur sainte mission, pavent, servir à la régénération de jeunes ccsurs encore plus endurcis que corrompus.

Nous avons vu tant et tant de belles et bonnes choses que nous renonçons, quoiqu'à regret, au Ixaiheur de vous les détailler,

NottS: avons vu aussr, et nous le disons ici avec des Imnes amères dans le cœur, tant nous voudric»» que cela ne ftt pas et imp<te«r mïmce à

iu>l3*e critique , quelque bienveillante qu elle Mit , aousavoQS vu ce biea-étrematérîel qui nous alSige» et qui affligerait bien autrement mcore la vertu qui chancelé , Tindigence qui souffre , la misère qui se meurt;

Clonune d'autre voyageurs , «nous poumons» si nous le voûtions» vous pesai* la Uiouiriture de chaque repas , vous dire ce qu'ils ont et ce qu'ils n'imt pas , œ qu'iU fQut et ce qu'ils ne font pas du matin m.Mijujp^* j • • • . malhwr^xen&ntslNmis allions dire ces bienheureux. s.

^ I^ous n'en ferons xiea pourtant; «nous aimons mieux nous tenir à une certaine haùteinp» fikmer dans 1^ nues, et voir la manne tomber du eid. Car le , critique est un ois^u de proie à qui » lonsk qu'il descend sur son rocher» il:faut toujours don^ner (pielque chose à déchirer» à dévorer*

Oui » sonune toute » et nous le disons avec con* viction , malgré la communauté» malgi'é le bien- $tr^, il doit sortir du creuset de ce magnifique laboratoire humanitaire » qu'on appelle Mettray » quelques lingots dégagés pour toujours de l'alliage iiçipm* des piâsons» ces laboratoires du vice. • • « S'il n'en était point ainsi » à quoi serviraiait» nais vous le demandons » mon.Dieu » la science «t le dévouementl * .^

' Mws. malheur m% ignorants et aui^ merien^ms

qui voudront , sur cet exempte , mettre la main à rœuvre! .... Les lingots d'or se "changeront en vils et dangereux métaux qui s'oxideront , et porteront la misëre et la mort partout où les autres laisseront la richesse et la vie.

Avant de clore ce chapitre, nous dirons quelques mots d'uiie colonie agricole que nous n'avons pas visitée, et dont les détails qui suivent sont dus à l'obligeance du digne ecclésiastique qui la dirige avec autant de zèle, d'intelligâQce.4iue 4^ désinté* ressèment.

Cette colonie, qui a été fondée par la société des Aims de TEn&nce , est située dana le département deFCMse.

Voici ce que nous écrivait , les 15 décembre et janvier derniers , M. Tabbé CauUe , directeur de rétablissement:

V Monsieur ,

« C'est avec bien du plaisir que je vous adresse les renseignements que vous me demandez sur notre petite colonie.

« Le but da notre œuvre est d'élever des enfants pan^ vres , orphelins ou abandonnés ; de leur donner une éducation chrétienne-; de les appliquer aux travaux de l'agriculture et de leur apprendre un* état. Mais , avant tout, nous voulons foire des agriculteurs. GTest pourquoi vous verrez que , pour la nourriture et Tha-

biUementy nous nous rapprochons autant que .possible des usages de la campagne. Nous tendons à ce que nos enfants soient mieux instruits, qu'ils aient une meilleure tenue » mai]» qu ils conservent la simplicité des villageois. Pour arriver à ce but , nous désirerions trouver des hommes capables et dévoués qui voulussent se consacrer à Téducation de Fenfance ; mais ces hommes sont rares ; nous n espérons les trouver en nombre sufisant que dans quelque ordre religieux, qui aurait pour mission l'éducation des enfonts » et qui pourrait aussi Voccuper d'agriculture et d'industrie. f

« Je n'ai avec moi que deux hommes, mais deux hom« mes d'un vrai dévouement et sur lesquels je puis compl0r« Nous sommes donc encore, vous le voyez, Monsieur, dans un provisoire qui , je l'espère , ne doit pas durer. . •

«Les occupations de nos enfants sont, autant que possible, les travaux agricoles; ils ne font d'horticulture que juste ce qu'il en faut pour les besoins de la maison.

« Nous recevons des enfants depuis Tâge de sept ans jusqu'à douze. . .

«Dans la colonie, ils apprennent à lire et à écrire. On leur enseigne la grammaire , le calcul , l'arpentage , un peu de géographie et d'histoire. On leur donne quelques notions de musique ^ et on les exerce à chanter.

« Nous consacrons à l'étude deux heures le matin et deux le soir. Les dasses sont plus multipliées les dimanches et les jours de fêtes* Ce temps réservé à l'étude est bien suffisant pour nos enfants qjiii , pour la

Ifl

plapart i doivent rester chez nous jusqu'à dix-huit ou ▼ingt ans. |

•' « Jusqu'ici nous avons eu de la peine à introduire dans I)

la nniiioft dés industries pour le temps où Ton ne peut pas travailler aux cliamps , parce que nous n'avons pas vottlff pi*endre des contre-mattres capables que nous 1

n'aurions pu conserver, ayant l'espoir de voir bientôt verar à nous des frères qui ont eux-mêmes des industries.. En attendant , nous nous bornons à occuper quelques enfants avec le tailleur et le cordonnier de la mai» son. Nous faisons tresser des nattes pour paillassons et préparer et filer le chanvre à quelques uns, tandis que d'autres tissant la toile. î

- €Les vêtements de nos enfants sont : pour Tété , un «^

pantalon et uno blouse de toile bleue. L'hiver, ils ont, avec la blouse , une veste ronde fermée par devant , à collet droit , et un pantalon de laine. Us portent pour

cliaussure , Tété , des brodequins-souliers , et l'hiver, i^

des brodequins-galoches. ,;;

« Us font quatre repas par jour : ;:!

« Le matin, ils ont une soupe; à midi, la soupe encore, i]i

le bouilli et les légumes ; pour la collation, du pain seulement , et le soir, un plat de légumes.

«Us boivent du cidre , qui est la boisson ordinaire du pays ; ils mangent du pain de froment mêlé de seigle tel que le produit la teri*e que nous cultivons. Us ont de la viande quatre fois par semaine : vingt kilog. chaque semaine pour quarante personnes.

« T4>at .enfant coAte ù la maison 250 fr . par an, d'entinetien et de nourriture.

f-Non» avons maintenant à la colonie trente-dnq enfants , et nous ne voulons pas dépasser ce nenbpe de beaucoup» josqu'à^ce que nous ayons des fràres.

« Ce que les protecteurs doivent donner a la colonie pour les enfants qu'ils y font, entrer, est réglé clttqtte année par le conseil d'administration de Tosuvre « purce ^pie nous tendons a diminuer les pensions autant que possible , c*^trfiHlire an fur et ^mesure que les moyens de la maison le permettront , et cela , en raison de Vàge de charte enfant et du produit de son travail*

« Cette année , la pension d'un enfant est de 200 fr.

« Noâs n'avoiv» d'autres frais d'administration que la nourriture et l'entretien des personnes qui se dévouent à l'œuvre.

« Je désire , Monsieur, que ces reoseignem^ts \ws paraissent suffisants et vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments respectueux.

Cauus*

15 décembre 1B41.

Monsieur, - •

(lEn vous indiquant le chiffre de la dépense de chacun de nos enfants , je n'ai pas compris le logement. Notre maisoo est située au milieu d'une terre contenant environ 74 hectares. Nous avons dans la maison 20 vaches, avec lesquelles les plus grands de nos enfants labourent cette

— àk:\ —

terre : les autres, qui t'ont les plus jeunes, sont occupés aux soins d'ensemencement , de sarclage , de binage et de récolte. Nos enfimts travaillent aux champs autant que possible ; nous n'employons aux industries que le temps où fl est impossible de travailler dehors.

«Lorsque la culture de nos terres laisse du temps libre à nos enfimts» nousjes envoyons , accompagnés d'une personne sûre , travailler en journée dans la grande fémie de M. Bazin , qui est prés de la colonie. — Là ils apprennent à cultiver beaucoup de choses que nous ne pouvons pas cultiver chez nous , et leur travail est rétribué selon Tâge et la force de chaque enfant.

«D peut y avoir plus ou moins de temps employé à la culture des terres de la maison , ou aux journées chez M. Bazin, selon que nous cultivons chez nous des choses qui demandent plus ou moins de soins. Nous consacrons aussi plus ou moins de temps aux industriel , selon que le temps est plus ou moins mauvais. Vous voyez d'après cela qu'il est difficile d'évaluer séparément le produit agricole , le produit des journées et le produit industriel de chaque année. Je ne pourrais vous indiquer que le chiffre des produits de journées précédentes ; mais alors je ne m'occupais que indirectement de cette œuvre , j'habitais mon presbytère , qui est à une lieue de la colonie. Il n'y a que quelques mois que je suis tout à fait résidant dans la colonie , m'occupant de ses comptes et de tout ce qui concerne sa petite administration. Jusque ici, la différence qui a existé entre la dépense de Tentretien des enfants et leur pension , a élé

comblée par le travail des colons et par le produit de la ferme; je crois que, jusqu'à présent^ nos enfants n'ont pas assez travaillé , parce qu'on ne peut pas arriver tout à coup à une bonne organisation. Mais il est certain qu'ils peuvent , avec une bonne organisation de choses, compenser, par leur travail, le déficit qui existe entre la pension de 200 fr. et la dépense d'entretien qui s'élève à 290 fr. , pourvu , toutefois, que nous ayons des orphelins et non pas des enfants de parents pauvres , qui nous les enlèveront dès qu'ils les croiront capables de gagner quelques sous.

«Nos enfants couchent sur des hamacs, ou plutôt sur une espèce de lits de sangles sans pieds , qui sont suspendus, et qui s'enlèvent , au moyen de poulies, aussitôt que les enfants sont levés. Ces lits nous ont paru préférables, lis sont moins coûteux ; ils favorisent la propreté ; ils donnent une garantie pour la moralité. Nos hamacs sont garnis comme les autres lits ; — Au lieu de matelas , nous avons des paillasses remplies en petite paille d'avoine.

«Nous ne faisons que de l'agriculture à la charrue. Nos enfants commencent à labourer dès l'âge de douze à quatorze ans , lorsqu'ils ont assez de forces. • « La nourriture des garçons de ferme varie selon les localités ; il est des endroits où elle est au moins aussi bonne que chez nous ; dans d'autres , elle est moins bonne ; je ne réponds pas à la question de propriété , parce qu'il y aurait trop à dire pour s'entendre par correspondance à ce sujet. M. Bazin, à qui j'ai fait part de

votre lettre, aura le plaisir de vous voir la première fois qu'il ira à Paris ; il vous donnera là-dessus tous les détails que vous voudrez.

« Nous avons quelquefois reçu des enfants non orphelins, et. toujours no;is avons eu à nous en repentir. D'ailleurs , vous pourrez encore traiter cette question avec M. Bazin.

<c J'ai engagé M. Bazin à aller vous voir, parce qu'il peut vous donner mieux que personne , tous les renseignements que vous désirerez ; car c'est lui qui a conçu le projet de notre colonie et qui a donné les moyens de réiàblir.

«Je vous prie de croire, Monsieur, i(ue vous me ferez toujours plaisir en me demandant totit ce dont vous pourriez avoir besoin; je suis tout à votre disposition.

« Daignez agréer, Monsieur, Tassurance de mes sentiments bien respectueux. »

Caulle.

15 janvier 1842.

Ces faits si simplement racontés en disent pourtant plus que tous les raisonnements ; ils nous inspirent une grande confiance pour l'avenir des colonies. Un jour viendra certainement où elles se suffiront , il ne faudra que le vouloir bien ferme, ment.

Que M. Tabbé Caulle nou^ permette de lui expri^ mer ici tous nos remerclments pour les intéressantes lettres dont il a bien voulu nous honorer , et

qu'en raison du bien qu'elles doivent produire , il nous pardonne de les avoir publiées sans sa p^« mission.

On nous loue également beaucoup la colonie de Marseille , fondée par M. Tabbé Fissiaux. Nous regrettons que le défaut de temps ne nous ait pas permis de prendre auprès de ce digne ecclésiastique des détails précis , que nous aurions été heureux de joipdre à ceux-ci.

Nous terminerons, enfin, par quelques lignes sur la colonie agricole de Dausaz (Suisse, canton de Lausanne) dont nous recevons à l'instant le dernier compte-rendu.

Cette colonie a été fondée en 1851 par M. Jayet, minis^ protestant, qui en est le présidât.

Le but de l'établissement , dit At. Jayet , c est de recueillir des enfmts [pauvres , des orphelins , des enfants qui , dans les communes, sont en général misés à la folle enchère , et qui tombent ordinairement dans les plus mauvaises mains, pour leur donner une éducation chrétienne , et les former pour fagriculture , pour l'état de régent, et, 'si possible, pour quelque profession utile, suivant la capacité et les dispositions de chacun d'eux ; Uà est, eh deux mots, le but de cet établissement, qui se recommande de hri-ihéme à toute personne qui petit apprécier , pour le temps et pour Tétemîté ,

rftvantage d*ime telle éducation , comparée à oeDe qae ces malhecireux en&nts reçoivent en général dttisnotre pays. »

€ Ponr obtmir ce but, placer ces a:ifants dttos la maison et sous les soins d'un homme qui habité la campi^e» et qui , à une piété éclairée, joigne les connaissances requises et de Texpérience dans la direction et l'instruction des en&nts ; trouvor qu^ ques fionilles pieuses qui pourraient recevoir pour une pension modique , les en&nts trop jeunes encore pour être admis immédiatement dans Tinstitat; telascmt les moyens qui ont été conçus par le comité, et qui, par labonté de IMeu, ont été, 'du moins en partie, mis à exécution.

< Pour un établissement de ce genre, C'est tenir déjà une condition essentielle de succès, que d'avoir trouvé, comme directeur de l'établissement, un homme qui possède les qualités diverses mentionnées plus haut.

« Sous ce rapport , nous avons sujet de rendre grâces à Dieu , de qui procède tout bon conseil et tout moyen d^exécution, de nous avoir présenté , pour commencer notre essai, M. Sonnay, ci-devant régent dans l'école d'enseignement mutuel à Nyon, bien avantageusement cmmu par ses connaissances et par ses dons pour l'éducation de la jeunesse. — M. Sonnay habite une maison assez grande poiu*

contenir une vingtaine (relèves ; il y a même moyen, si le nombre des enfants allait au-delà et que les an*angements du comité avec M. Sonnay demeurassent, de porter ce nomine à 50 ou 60, en Suivant quelques réparations aux vastes bâtiments de la Dausaz. Les bâtiments ruraux sont bien distribués, et le domaine, dont une partie est autour de la maison, et Fautre à quelque distance, est ^'une étendue assez considérable pour .comporter les difiOérentes cultures et l'entretien des bestiaux qui entrent dans Texploitation d'une ferme bien entendue , en sorte que sous le rapport agricole , aussi bien que sous celui de l'éducation^ les enfants y sont ti'ès-avantageusement placés. — Ajoutez à cela que M. Sonnay est aidé par son fils, lequel a séjourné plusieurs années à Hofv^yU <l*où il a rapporté des connaissances précieu^s pour un établissement du genre du nôtre. »

La colonie a commencé avec 9 eniants , et elle en a maintenant 93, en y comprenant ceux qui sont envoyés à l'asile agricole de la tour de Gourze, dirigé par M. Cuénod , et ceux qui sont placés dans des fermes particulières.

. La dépense pour ces 93 enfants pendant l'année 1840 a été, tout compris, de . 11,472 fr. 70 c.

Pour firad^ divei*s, impressions»

inspecti(ms, etc 503 80

Total. . . li;976 . 50

Soit 12& fr. 77 cent, par enfant; et c'est avec d'aussi feibles dépenses que cette société obtient 4^endant de beaux résultats ! Non pas qu'elle n'ait point, comme d'autres, à compter quelques revers, tant s'en faut, mais ceux qui rêvent la perfection ne la trouveront jamais nulle part.

Une chose nous afflige cependant profondément dans les colonies agricoles : c'est que tous les efforts que l'on fait pour maintenir les enfants dans les campagnes et les éloigner des villes, sont à peu près stériles, à Lausanne comme ailleurs.

i Huit des nos élèves, dit M. Jayet, dans son4ei^ nier rapport , ont atteint leur seizième année ( c'est Tâge où les colons cessent ordinairement d'appartenir à la société), mais deux sont restés néanmoins sous nos soins, étant entrés comme élèves à Técole normale. Les six restants ont été placés, l'un dans un bureau de procuration , un autre dans un magasin, trois dans des maisons de confiance, un dernier est rentré dans la maison de sa mère. >

Nous ne voyons pas, dans tout cela, un seul agriculteur}

— Dieu veuille que l'avenir nous en montre au moins les trois quarts ; sans cela , nous ne comprendrions presque plus les colonies agricoles , et nous dirions volontiers : faites des ateliers industriels.

Toutefois , nous désirons que les ccdôoies accoles françaises , qui se fonderont bientôt ^ nous n'en doutons pas , pour les enfistnts pauvres, puii^ sent cakpia* leurs dépenses sur ceDes de Lausanne.

Ce qu'il y a de remarquable et de rare dans l'administration de ces petites colonies , c'est qu'elles n'ont eu à supporter aucun de-ces frais générani et de fondation , ordinairement si ruineux.

Lesdépensesdelaprmiièreannée n'cmtétéf pour 9enfants, quede74i3 fr. 30 c. ,et jamais ceUes qui le* ont suivies n'ont dépassé 100 ou 120 fr . par âafimt; soiurent même elles ont été wKieisous de ce ohiffi'e, et la dernière année est la seule qui se soît élevée à 128 fr. 77 c* par colon.

••»i*aBi*"«*>^M*MaM««Mai«ii4Mi^

Page 1