III. — CmiTPTOttAHES TASCUIiAlliES
Plantes dépourvues de fleurs, mais munies de racines, difTérenciées aussi bien dans leur structure interne que dans leur forme extérieure, ayant une tige, des feuilles et des racines distinctes, et à tissus cens* tituéspar des éléments différents, comprenant notamment des tubes ou vaisseaux^ qui servent à la circulation des liquides nourriciers puisés dans le sol par les racines. La reproduction se fait par l'intermédiaire de sporeSy corps unicellulaires généralement très petits, renfermées dans des sacs spéciaux ou sporangeSj qui naissent sur les feuilles de la plante adulte et sont des dépendances de celles-ci.
Les spores, en se développant, ne donnent pas directement naissance à des plantes semblables à celle dont elles sont issues, mais elles produisent un appareil végétatif rudimentaire , appelé prothalle, qui porte les organes mâles et les organes femelles ; ce n'est qu'à la suite de la fécondation de Tun de ces organes par l'autre qu'il se forme un embryon, et ensuite, par le développement de ce dernier, une plante semblable à la plante mère. Ces spores, chez certains groupes de Cryptogames vasculaires, dites hétérosporées , sont de deux sortes, les unes très petites, ou microspores ^ dont les prothalles ne portent que des organes mftles, les autres sensiblement plus grandes, appelées macrospores, qui produisent des prothalles sur lesquels il n'y aura que des organes femelles. Chez les autres Cryptogames vasculaires, dites isosporées, les spores sont toutes semblables, et en général très petites; les prothalles auxquels elles donnent naissance sont indifféremment pourvus d'organes mâles et d'organes femelles, ou portent à la fois ces deux sortes d'organes.
Les Cryptogames vasculaires actuellement vivantes se divisent en quatre classes : FougèreSj Equisétinées^ Rhizocarpées et Lycopodinées^ dont la dernière et les deux premières sont richement représentées dans le terrain houiller ; quant à la troisième, qui ne compte d'ailleurs dans le monde actuel qu'un nombre très restreint de genres et d'espèces, sa présence y est moins sûrement établie.
Fougères.
Plantes herbacées ou arborescentes, à tige tantôt rampante, tantôt dressée verticalement, à feuilles d'ordinaire profondément découpées, enroulées en crosse dans le bourgeon. Sporanges naissant en grand nombre sur la face inférieure de feuilles tantôt complètement semblables aux autres, tantôt plus ou moins modifiées.
Les feuilles des Fougères, désignées sous le nom de frondes y ont des dimensions, des formes, un port et un mode de découpure extrêmement variables d'une espèce à l'autre. On trouve en général sur chaque pied deux sortes de frondes, les unes stériles, et les autres fertiles : chez les premières, la surface du limbe est nue en dessous comme en dessus, ou munie d'écaillés ou de poils plus ou moins abondants, mais ne remplissant aucune fonction spéciale ; chez les frondes fertiles, qui parfois diffèrent sensiblement des autres par leur forme et surtout par la réduction de leur limbe, la face inférieure de celui-ci pocte de petits sacs globuleux ou piriformes, les sporanges , qui ne sont autre chose que des poils transformés, et dans lesquels sont renfermées les spores, lesquelles sont toutes semblables. Tantôt ces sporanges sont irrégulièrement répartis sur la surface du limbe ou la couvrent entiè-
rement, tantôt et plus souvent ils sont réunis par groupes ou sores, à contour bien limité, de forme et de position très variables, nus ou protégés par une excroissance membraneuse do Tépiderme appelée involucre ou indtisie.
C'est d'après le mode do constitution de ces sporanges que sont classées les Fougères vivantes. Chez les unes, les plus nombreuses aujourd'hui, la paroi du sporange ne comprend qu'une seule assise de cellules, et un certain nombre de ces cellules, généralement alignées en file, se montrent plus développées et plus fortement épaissies que les autres, constituant un anneau, complet ou incomplet, transversal, oblique ou longitudinal, dont la contraction détermine la rupture du sporange ; la distinction en familles diverses des Fougères à sporanges annelés est fondée sur la disposition de cet anneau et, subsidiairement, sur le mode de groupement des sporanges. Chez les autres, les sporanges ont une paroi assez coriace, formée de plusieurs assises de cellules et dépourvue d'anneau ; à cette catégorie appartient la famille des Marattiacécs, qui ne comprend plus aujourd'hui qu'un petit nombre de genres et d'espèces, mais qui parait avoir été beaucoup plus richement représentée à l'époque houillère. Chez les Marattiacécs, les sporanges sont, d'ailleurs, comme chez les Fougères à sporanges annelés, fixés à la face inférieure de feuilles, tantôt semblables aux feuilles stériles, tantôt de forme plus ou moins différente et à limbe plus ou moins réduit : ils sont tantôt indépendants, tantôt réunis et soudés les uns aux autres plus ou moins étroitement en groupes ou synangium diversement constitués, dispositions qui se retrouvent et dont on verra des exemples chez plusieurs des espèces qui vont être décrites.
Comme on ne rencontre qu'assez rarement, parmi
les empreintes de Fougères fossiles, des frondes portant des fructifications, ni surtout assez bien conservées pour qu'on puisse reconnaître le mode de constitution des sporanges, il a fallu adopter pour les espèces fossiles un système de classification différent de celui des Fougères vivantes, tout au moins à titre provisoire et en attendant que d'heureuses découvertes aient permis d'étudier le mode de fructification de chacune d'elles. On les a donc classées d'après le mode de découpure de leurs frondes stériles et d'après la disposition des nervures qui en parcourent le limbe.
Ce mode de découpure, ainsi qu'il a été dit, est extrêmement variable; mais, en général, les frondes de Fougères sont très profondément divisées, et c'est Tun des caractères d'après lesquels les personnes les moins familières avec la botanique les reconnaissent au premier coup d'œil pour des Fougères, soit à l'état vivant, soit même en empreintes.
Le plus habituellement, ces frondes sont découpées suivant le mode penné, c'est-à-dire que les divisions de même ordre sont attachées le long et de part et d'autre d'un axe commun, et disposées à peu près comme les barbes d'une plume. Les axes de ces divisions de divers ordres sont désignés sous le nom de rachis, le rachis primaire étant l'axe principal de la fronde, ses ramifications de premier ordre les rachis secondaires, les ramifications de ceux-ci les rachis de troisième ordre, et ainsi de suite. Quant aux divisions successives do la fronde, elles portent le nom de pennes ^ les pennes primaires étant portées par le rachis primaire et ayant pour axes les rachis secondaires, les pennes secondaires étant les subdivisions des pennes primaires, etc. Enfin les derniers éléments de la fronde sont appelés pinnules, et peuvent avoir les bords soit entiers, soit dentelés ou plus ou moins profondément
îhciBéB ; tantôt ils sont fixés au rachis par un seul point, tantôt soudés à lui par touto la largeur de leur limbe.
Une penne ou portion de fronde garnie à droite et à gauche de pinnules libres jusqu'à leur base est dite simplement pinnée ; si les pinnules sont soudées les unes aux autres sur une partie de leur hauteur et qu'ainsi les sinus ou échancrures qui les séparent ne descendent pas jusqu'au rachis, la penne est dite non plus pinnée, mais pinnatifide ; si les pinnules sont attachées directement sur le rachis primaire de la fronde, celle-ci est simplement pinnée ou simplement pinnatiOde ; si elles sont attachées sur les rachis secondaires, ce sont les pennes primaires qui sont simplement pinnées ou pinnatifides, et la fronde est dite bipinnée ou bipinnatifide ; de même elle sera dite tripinnée ou tripinnatifidc, quadripinnée ou quadripinnatifide, si les pinnules sont portées seulement par les rachis de troisième ou de quatrième ordre. Le degré de division des frondes d'une même espèce dépend d'ailleurs souvent de leur développement, les pieds les plus forts ayant, par exemple, des frondes tripinnées, alors que des individus moins robustes ne porteront que des frondes moins grandes et seulement bipinnées. Enfin, mais rarement, la fronde peut être tout à fait simple, c'est-à-dire non découpée en pennes ou en pinnules distinctes, et formée seulement d'un limbe non divisé, à bord entier ou seulement peu profondément incisé, dont le rachis primaire constitue la nervure médiane.
C'est sur la forme des derniers éléments de la fronde, c'est-à-dire des pinnules, et sur leur mode de nervation qu'est fondée la division des Fougères fossiles en groupes distincts, ce qui permet de les déterminer généri-t quement et même spécifiquement sur des fragments le plus souvent très incomplets, tels que ceux qu'on re«
cueille généralement ; les principaux de ces groupes sont : les Sphénoptéridées, comprenant les Fougères i pinnules finement découpées et rétrécies en coin vers leur base ; les Pécoptéridées et Aléthoptéridées, à pinnules attachées par toute leur largeur et munies d*une nervure médiane nette, à nervures latérales pennées ; les Odontoptéridées, à pinnules attachées par toute leur largeur, mais dépourvues, ou à peu près, de nervure médiane, et à nervures secondaires naissant direcr tement du rachis ; les Névroptéridées, à pinnules arrondies et plus ou moins en cœur à la base, attachées par un seul point, à nervures secondaires nombreuses partant du point d'attache ou se détachant de la nervure médiane sous des angles aigus, et plusieurs fois dichotomes ; et les Ténioptéridées, à frondes ou à pennes simples, rubanées, munies sur toute leur longueur d'une nervure médiane nette, à nervures secondaires plus ou moins étalées, simples ou divisées.
Si l'on appliquait aux Fougères vivantes cette classification purement artificielle, on serait conduit à réunir les unes à côté des autres, dans un même groupe, des espèces dont les frondes stériles seraient, sans doute, très analogues, mais dont les organes de fructification pourraient affecter des modes de groupemont très différents et même n'avoir pas une constitution identique. La même chose arrive nécessairement pour les Fougères fossiles et, en particulier, pour celles du terrain houiller, de telle sorte que la plupart des genres sont très hétérogènes et comprennent dos espèces appartenant, par leur mode de fructification, à des types très distincts.
Bien que ce système de classement ne doive être considéré que comme provisoire, il est le seul qui permette de déterminer les empreintes qu'on rencontre, puisqu'on n'a pas la possibilité, comme pour les Fou-
gères vivantes, de recueillir à volonté les frondes fertiles en mémo temps que les frondes stériles de chaque espèce. On est arrivé, il est vrai, aujourd'hui, grâce à des recherches plus attentives et à l'étude des échantillons siliciilés, à reconnaître le mode do fructification d'un nombre relativement considérable d'espèces de Fougères du terrain houiller, et j'ai donné ailleurs (1) des détails, que je n'ai pas à rappeler ici, sur les divers types qu'on a pu, jusqu'à présent, distinguer parmi elles.
J'indiquerai d'ailleurs, chaque fois que l'occasion s'en présentera, pour les espèces qui vont être passées en revue, ce que l'on sait de la constitution et de la disposition de leurs organes fructificateurs. Mais ces espèces, dont on est parvenu à rencontrer et à étudier la forme fertile, ne constituent encore, dans l'ensemble, qu'une infime minorité, et il faudrait, pour pouvoir appliquer aux Fougères houillères la même classification qu'aux Fougères vivantes, que toutes eussent été trouvées à l'état fructifié et suffisamment bien conservées pour se prêter à l'étude. 11 n'est guère permis d'espérer qu*on arrive jamais à un pareil résultat, mais il est du moins à désirer que les personnes qui s'intéressent à ces recherches et qui sont à même de recueillir des empreintes, portent de ce côté leur attention et s'attachent à découvrir et à récolter des échantillons fructifies : elles réussiront assurément ainsi à fournir, pour un bon nombre d'espèces sur le classement desquelles on est encore dans l'incertitude la plus complète^ les éléments nécessaires à la solution de la question.
(1) Bass. houill. de Valenciennes ; Flore fossile, p. 27-63.
Sphénoptéridées.
Frondes régulièrement pennées, profondément et d'ordinaire finement découpées, à pinnules généralement assez petites, rétrécies et souvent en coin à leur base, fréquemment divisées elles-mêmes en lobes plus ou moins profonds, habituellement pourvues d*une nervure médiane plus ou moins abondamment ramifiée ; nervures secondaires simples ou ramifiées à leur tour, se divisant sous des angles aigus.
Genre 8PHEN0PTERIS. Brongniart.
1822. Filicites (Sect. Sphenopteris). Brongniart, Ctass. végë^ /b.s«., p. 35.
1826. Sphaanopteris. Sternberg, Ess. FI. monde prim., I, fasc. 4, p. XV. Brongniart, Prodr., p. 50.
Frondes bipinnées, plus souvent même tripinnées ou quadripinnées, profondément découpées. Pinnules en général assez petites, contractées à leur base en un pédicello plus ou moins étroit, généralement divisées en lobes aigus ou arrondis, souvent euor-mémes rétrécis en coin ver» leur base. Nervules simples ou ramifiées, naissant et se divisant sous des angles habituellement assez aigus.
Parmi les espèces do Fougères du terrain houiller qui, d'après le mode de découpure de leurs frondes ^ appartiennent à ce genre, quelques-unes ont été trouvées à l'état de frondes fertiles, et Ton a reconnu parmi elles des types de fructification très divers. Chez les unes, les sporanges paraissent avoir eu une enveloppe coriace et avoir été dépourvus d'anneau, caractères qui sont ceux de la famille actuelle des Marattiacées ; mais ces sporanges peuvent être disposés de façons très différentes : tantôt ils sont rapprochés en très petit nom«
bro ou même isolés à l'extrémité des nervules (genre Renaultia Zeiller), tantôt au contraire réunis en grande quantité soit sur toute la surface inférieure du limbe (genre Myriotheca Zeiller), soit seulement sur certains lobes ou sur certaines parties d*entre eux (genre Discopteris Stur) ; d*autre part, les frondes fertiles sont quelquefois dépourvues de limbe, et les sporanges, libres ou soudés entre eux à leur base, sont alors groupés soit le long, soit à l'extrémité des ramiiications du rachis (genres Umatopteris Kidston, Crossotheca Zeiller, Calymmatotheca Stur). Chez d'autres espèces, les sporanges avaient une enveloppe plus mince, et étaient munis d'un anneau à un seul rang de cellules, semblable à celui des sporanges de la plus grande partie des Fougères actuelles (genres Oligoca^'pia Gœp- ^^ertj Hymenophyllites Gœppert). D'autres enfin avaient des sporanges pourvus d'un anneau à plusieurs rangs de cellules (genre Corynepteris Baily), disposition qui n'existe plus chez aucune espèce vivante.
On voit par là que le genre Sphenopteris est fort peu homogène, et que si l'on parvenait à connaître le mode de fructification dos espèces qui en font partie, et à les classer d'après le système adopté pour les Fougères vivantes, elles se répartiraient dans un grand nombre de genres très divers, appartenant eux-mêmes à des familles bien distinctes. Malheureusement les échantillons fructifies de Sphenopteris sont particulièrement rares, et il n'en a même été rencontré aucun à Commentry, ou du moins aucun assez bien conservé pour se prêter à une étude efficace, malgré l'attention et le soin incessants apportés à la récolte des empreintes.
SPHENOPTERIS BITURICA. n. sp.
(Pl. I, FiG. 2.)
Description de V espèce. — Fronde tripinnée, et peut-être quadripinnée. Rachis lisses. Pennes primaires (ou peut-être secondaires) alternes, se détachant du rachis sous des angles de 40* à 60**, espacées d'un même côté de 3 à 4 centimètres, à contour étroitement triangulaire, longues de 6 à 12 centimètres, larges à la base de 25 à 35 millimètres, effilées en pointe vers le sommet et se touchant à peine par leurs bords. Pennes secondaires alternes, étalées-dressées, longues de 10 à 25 millimètres, larges à la base de 4 à 8 millimètres, effilées en pointe vers le sommet. Pinnules alternes, dressées, à contour elliptique, longues de 3 à 6 millimètres, larges de l^^jS à 3 millimètres, légèrement contractées à la base et décurrentes le long du rachis, séparées les unes des autres par d'étroits si^ nus aigus, obtusément aiguës au sommet, munies de 3 à 6 dents obtusément aiguës et séparées par des sinus peu profonds. Dans chaque penne, la pinnule la plus basse est placée du côté inférieur, presque à l'angle des deux rachis, et est un peu plus courte que celles qui la suivent ; la pinnule basilaire du côté opposé est au contraire plus longue et plus découpée que toutes les autres.
Nervure médiane de chaque pinnule partant du rachis sous un angle aigu et parfois un pou décurrento à la base, se prolongeant jusqu'au sommet, émettant de chaque côté de une à trois neii^ules simples, naissant sous des angles plus ou moins aigus et aboutissant au sommet des dents. Nervation assez peu distincte.
Remarques paléontologiques. — A en juger par la faible épaisseur de la lame charbonneuse qui repré-
sente le limbe, les frondes de cette fougère devaient avoir une consistance très délicate. Quant à leur constitution, il est difficile de savoir au juste si elles étaient tripinnées ou quadripinnées ; on peut se demander, en effet, si Féchantillon de la Fig. 2, Pl. I, représente un fragment de fronde avec son rachis primaire, ou seu* lement une portion de penne primaire détachée; j'ai, dans la description qui précède, admis la première de ces hypothèses; mais peut-être la légère différence qu'on peut remarquer d'un côté à Tautre dans Tinclinaison des pennes sur le rachis indiquerait-elle qu'on n'a affaire ici qu'à une penne primaire, et les pennes qui, vers le bas de l'échantillon, croisent celles de l'empreinte principale, appartiendraient-elles, non à une autre fronde, mais à une autre penne primaire de la même fronde.
Rapports et différences. — Parmi les espèces de Sphenopteris actuellement connues, c'est avec le Sph. lebachensis Weiss du permien de la Sarre que l'espèce qui vient d'être décrite offre le plus d'analogies : elle en diffère toutefois par les dimensions notablement plus grandes de toutes ses parties, par la forme plus effilée de ses pennes de divers ordres, plus étroitement dressées contre les rachis qui les portent, enfin par ses pinnulcs moins largement ovales. Aussi, malgré la ressemblance qu'elle présente, à beaucoup d'égards, avec le Sp/i. lebachensis ^ n'ai-je pas cru pouvoir l'identifier avec celui-ci, et lui ai-je imposé un nom nouveau, tiré de celui do la région où elle a été rencontrée.
Provennnce. — Tranchée de l'Ouest, bancs de schistes intercalés dans la 2"* couche.
SPHENOPTERIS FAYOLI. n. sp.
(PL. I, FiG. i.)
Description de Vespèce. — Fronde quadripinnatiOde. Rachis lisses, assez épais. Pennes primaires alternes, assez étalées, espacées d'un même côté de 3 à 4 centimètres, empiétant fortement les unes sur les autres, larges à la base de 5 à 6 centimètres, à contour triangulaire. Pennes secondaires alternes, étalées ou étalées-dressées, empiétant les unes sur les autres, larges à la base de 10 à 12 millimètres, longues de 2 à 4 centimètres, à contour triangulaire. Pinnules alternes, étalées-dressées, à contour ovale-triajigulaire, pinnatifîdes, longues de 3 à 8 millimètres, larges de 2 à 4 millimètres, empiétant un peu les unes sur les autres, contractées en coin à la base et décurrentes sur le rachis, séparées par de profonds sinus aigus, divisées en 3 à 7 segments ovales, légèrement contractés à la base, séparés par des sinus aigus plus ou moins profonds, ceux du sommet entiers, obtus ou obtusément aigus, les plus inférieurs inunis de 3 à5 dents obtu» sèment aiguës et sépares par des sinus peu profonds. Pinnule la plus basse de chaque penne placée du côté inférieur, presque dans Tangle des deux rachis, et un peu moins longue et moins divisée que les suivantes, tandis que celle qui lui fait suite du côté opposé est plus longue que toutes les autres.
Nervation très nette, les neirvures étant très fortes et saillantes. Nervure médiane de chaque pinnule légèrement décurrente à la base ; nervures secondaires, correspondant à chaque lobe, naissant sous des angles aigus, et émettant, sous des angles également aigus, de une à quatre nervules qui aboutissent au sommet des dents.
Remarques paléontologiques, — Cette fougère paraît avoir eu un limbe assez épais et coriace, parcouru par de très fortes nervures ; les rachis de divers ordres sont d'ailleurs très épais, comme on le voit sur la Fig. 1 de la Pl. I ; la grosseur du rachis principal et la symétrie qu'on observe à droite et à gauche dans l'inclinaison des pennes donnent à penser que cette empreinte représente un fragment de fronde avec ses pennes primaires ; malheureusement celles-ci sont incomplètes, et Ton ne peut juger e?cactement ni de leur longueur ni de leur forme générale.
Rapports et différences. — Cette espèce se distingue facilement de la précédente, comme de celles qui vont suivre immédiatement, par la consistance plus coriace de sa fronde, et par ses nervures fortes et saillantes. Elle diffère surtout du Sph. bituHca par ses pennes de divers ordres beaucoup plus rapprochées et empiétant nettement les unes sur les autres ; elle a, de plus, les pinnules plus profondément découpées, ainsi que le montre la comparaison des figures grossies 1 A et 1 B avec la figure 2 A.
Elle ne m'a paru pouvoir être rapportée à aucune des espèces déjà décrites, et j'ai été heureux de la dédier à M. Fayol, directeur des houillères de Commentry, à l'initiative et aux soins persévérants de qui la science paléontologique est redevable de tant d'observations nouvelles et intéressantes.
Provenance. — Puits Forêt, banc des Roseaux.
SPHENOPTERIS MATHETI. n. sp.
(Pl. I, Fig. 3 à 6.)
Description de V espèce, — Fronde de grande taille, quadripinnée. Rachis lisses ; rachis primaires larges de 3 à 10 millimètres; rachis secondaires atteignant 3 ou 4
millimètres de largeur. Pennes primaires alternes, étalées-dressées, espacées d*un même côté de 3 à 10 centimètres, empiétant les unes sur les autres^ longues de 10 à 40 centimètres et peut-être davantage, à co7itour étroitement triangulaire et presque linéaire, ne se rétrécissant que vers le sommet, les supérieures bipinnées, celles de la région moyenne tripinnatifides, les inférieures tripinnées. Pennes secondaires alternes, étalées-dressées, empiétant légèrement les unes sur les autres ou se touchant par leurs bords^ à contour étroitement triangulaire, longues de 2 à 10 centimètres. Pennes de troisième ordre alternes, étalées-dressées, empiétant légèrement les unes sur les autres ou se touchant par leurs bords ^ à contour étroitement triangulaire, longues de 8 à 30 millimètres, eflîlées en pointe à leur sommet, remplacées sur les pennes primaires supérieures par de simples pinnules pinnatiQdes. Pinnules alternes, étalées-dressées, à contour ovale^linéaire, pinnatifides, longues de 3 à 6 millimètres, larges de 1™",5 à 3 millimètres, empiétant un peu les unes sur les autres^ contractées en coin à la base et décurrenles sur le rachis, séparées par de profonds sinus aigus, et profondément divisées en 3 à9 lobes linéaires, dressés, presque toujoui^s simples^ ai^'vndis au sommet et séparés par des sinus aigus. Pinnule la plus basse de chaque penne placée du côté inférieur, presque dans l'angle des deux rachis, à peine plus longue et parfois un peu plus courte que les suivantes, tandis que la pinnule basilaire du côté opposé est toujours plus longue que toutes les autres.
Sur les pennes primaires moyennes, les pinnules sont plus courtes, plus fortement soudées et ne constituent guère que des segments des pennes de troisième ordre, qui sont alors bipinnatiOdes, mais à segments eux-, mêmes lobés.
Nervation très nette, les neTX>ure^ se dét&chant sur le limbe, d'ordinaire presque translucide et évidemment très mince. Nervure médiane de chaque pinnule légèrement décurrente à la base ; nervures secondaires, correspondant à chaque lobe, naissant sous des angles aigus, et aboutissant au sommet des lobes, presque toujours simples. Le limbe se réduit à une bande membraneuse de 1/2 à 1 millimètre de largeur, bordant les nervures et les rachis de quatrième, parfois même do troisième ordre.
Remarques paléontologiques. — Les frondes de cette espèce devaient atteindre une taille assez considérable, à en juger par les échantillons recueillis par M. Mathet, ingénieur en chef des mines de Blanzy ; l'un de ces échantillons, donné par lui au Muséum d'histoire naturelle de Paris, montre la région supérieure d'une fronde, à rachis primaire large de 5 millimètres, et à pennes primaires seulement bipinnées, symétriquement inclinées de part et d'autre du rachis et longues d'environ 20 centimètres. Un autre fragment de la même provenance, donné à l'Ecole nationale des mines, montre des pennes également bipinnées, semblables à celles de la Fio. 4, Pl. 1, attachées sur un rachis de 2 millimètres seulement de largeur, mais sous des inclinaisons très différentes d'un côté à l'autre, ce qui ne permet pas de douter qu'on ait affaire à une portion de penne primaire, appartenant sans doute à la région inférieure d'une fronde. L'empreinte représentée sur la PiG. 5 de la Pl. I représente évidemment un fragment d'une penne primaire placée plus haut, avec ses pennes de troisième ordre ne portant plus que de très petites pinnules plus soudées et moins abondamment lobées. Dans la région supérieure de la fronde, telle que la montre l'empreinte de Blanzy dont j'ai parlé tout d'abord, les pennes primaires sont semblables aux pennes secondaires de la région inférieure.
Rapports et différences. — Cette belle espèce diffère des deux précédentes par ses pinnules plus profondément découpées, et par la forme de leurs lobeS) nettement arrondis à leur sommet. Considérées isolée ment, ces pinnules rappellent par leur forme celles de quelques espèces du terrain houiller moyen, notamment du Sph. (HymenophyllitesJ herbacesi Boulay et du Sph, (Hymenophyllites) quadridactylites Gutbier ; elles sont cependant plus fortement contractées en coin à leur base et aussi plus profondément découpées; le Sph. Matheti se distingue d'ailleurs facilement de Tun et de Tautre par le rapprochement plus grand de ses pinnules et pennes de divers ordres, et par la forme plus linéaire de ses pennes, ce qui lui donne un aspect général nettement différent. Il se rapproche aussi de la dernière de ces deux espèces par Textrême minceur de son limbe, et peut-être appartiendrait-il, comme elle, à la famille des Hyménophyllées, dont les représentants vivants ont précisément leur limbe constitué par une seule assise de cellules et par conséquent fort délicat.
Cette espèce n'ayant pas encore été décrite, je me suis fait un plaisir de lui donner le nom de M. Mathet, à qui l'Ecole des mines doit une fort belle série d'empreintes des couches houillères de Blanzy.
Provenance. — Puits Forêt, 8"** étage, banc des Roseaux. Tranchée des Chavais, banc des Roseaux. Tranchée de TEspérance, banc des Roseaux. Tranchée Saint-Edmond, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche.
Le Sph. Matheti a été trouvé, en outre, comme je l'ai dit, à Blanzy, dans la carrière Sainte-Hélène.
SPHEN0PTERI8 PICANDETI. n. sp, (PL. II, FiG. 10 à 12).
Description de Vespèce. — Fragments de frondes (pennes primaires, ou secondaires) tripinnatifides. Hachis lisses. Pennes de dernier ordre (secondaires ou ttertiaires) alternes, étalées-dressées, parfois un peu flexueuses, espacées d'un même côté de 5 à 10 milli^ mètres, empiétant légèrement les unes sur les autres ^ à contour étroitement triangulaire ou même presque linéaire, longues de 3 à 5 centimètres, larges de 7 à 15 millimètres à la base, effilées en pointe vers le sommet. Pinnules alternes, étalées-dressées, à contour ovaleMnéaire, pinnatifides, longues de 4 à 10 milli- ^mètres, larges de 2 à 5 millimètres, se touchant par fleurs bords ou empiétant un peu les unes sur les -autres, légèrement contractées a la base et décurrentes sur le rachis, séparées par des sinus aigus très étroits, et plu^ ou moinn profondément divisées en 5 à H lobes triangulaires, dressés, très aigus au sommet, simples ou munis eux-^mêmes de deux à trois dents aiguës, et séparés par des sinus aigus. Pinnule la plus basse de chaque penne placée du côté inférieur, presque dans Tangle des deux rachis.
Nervure médiane de chaque pinnule. frès nette, décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous 4^68 angles aigus et aboutissant au sommet des lobes, démettant, lorsque ceux-ci sont dentés, des nervules qui aboutissent au sommet des dents.
Rem^arques paléontologiques. — Il n*a été recueilli de cette espèce que des fragments de pennes peu étendus, comme on le voit sur les Fig. 10 à 12 de la Pl. II ; peut-être T échantillon de la Fig. 10 ne représente-t-il qu^une portion de penne secondaire, analogue à celles
qu'on voit sur la Fig. 4 de la Pl. I ; dans tous les cas, la comparaison des empreintes Fio. 10 et il avec celle de la FiG. 12 montre que les pinnules étaient susceptibles de variations assez notables au point de vue de la taille comme du degré de découpure ; sur les pennes de la Fig. 12, et déjà à la partie inférieure de la Fig. il, on les voit en effet augmenter de dimensions, en même temps que leurs lobes, d'abord simples, deviennent dentelés et tendent à se transformer eux-mêmes en pinnules distinctes, dentées ou lobées.
Rapports et différences. — Autant qu'on en peut juger sur des fragments aussi incomplets, cette espèce n'est pas sans analogie avec la précédente, mais elle s'en distingue nettement, de même que des suivantes, par la terminaison des lobes de ses pinnules en pointe extrêmement aiguë ; comparée au Sph. Afathetiy elle parait en outre avoir eu une texture sensiblement moins délicate. Par l'acuité de ses lobes elle ressemble beaucoup au Sph. sarana Weiss du terrain houiller de SaarbrOck, mais elle a les pinnules plus étroites par rapport à leur largeur, plus nettement contractées à la base, et bien plus décurrentes; enfin, le rachis qui porte les pennes de dernier ordre est luimême bordé d'une étroite aile membraneuse, dont on discerne les traces vers le haut de la Fig. 10, et qui n'existe pas chez Tespèce de Saarbrilck. L'espèce de Commentry ne saurait donc être identifiée au Sph. sarana et doit être considérée comme nouvelle; je l'ai dédiée à M. Picandet, géomètre aux mines de Commentry.
Provenance. — Tranchée de Forêt, banc de grès au mur de la Grande Couche. Tranchée de l'Ouest, au mur de la Grande Couche.
SPHENOPTERIS KIDSTONI. n. sp.
(Pl. I. Fia. 9, 10).
Fronde quadripinnatifido. Hachis lisses, légèrement canaliculés, o*cst«à-diro creusés d'une étroite gouttière longitudinale sur leur face supérieure. Pennes primaires alternes, étalées-dressées, espacées d'un même côté de 15 à 20 millimètres, empiétant légèrement les unes sur les autres^ larges de 12 à 18 millimètres, longues d'au moins 8 à 10 centimètres, à bords presque parallèles. Pennes secondaires alternes, étaléesdressées, empiétant très légèrement les unes sur les autres ou se touchant par leurs bords, longues de 8 à 10 millimètres, à contour triangulaire^ obtusément atténué au sommet. Pinnules alternes , étalées-dressées , à contour ovale, longues de 2 à 4 millimètres, larges de 1 à 3 millimètres, contractées en coin à la base^décurrentes le long durachis et séparées par d'étroits sinus aigus, les supérieures émarginées au sommet, les inférieures divisées en 3 à 5 segments linéaires an^ondis ausomm^et, simples ou eux-mêmes bilobés ou trilobés j et séparés par des sinus aigus. Pinnule la plus basse de chaque penne placée du côté inférieur, presque dans l'angle des deux rachis, plus grande et plus divisée que toutes les autres, et décurrente le long du rachis secondaire, qui se trouve ainsi bordé d*une aile membraneuse très étroite.
Nervation très nette : nervures assez fines, mais saillantes. Nervure médiane de chaque pinnule légèrement décurrente à la base; nervures secondaires naissant sous des angles aigus, simples ou divisées, chaque nervule aboutissant au sommet d'un lobe.
Remarques paléontologiques . — Cette espèce n'est connue que par des fragments assez incomplets, de
sorte qu*il est diflicile de juger exactement comment les frondes en étaient constituées ; cependant la symétrie parfaite que présentent dans leur inclinaison sur le rachis les pennes de Téchantillon Fie. 9, donne lieu de les regarder comme des pennes primaires ; la penne détachée de la Fia. 10 serait également une penne primaire appartenant à une région un peu plus basse de la fronde, qui, sans doute, n*avait pas de très grandes dimensions.
L'empreinte de la Fig. 9 présente une singularité assez remarquable : sur Taxe de plusieurs des pennes secondaires, on remarque des dépressions à contour ovale, de 1 à 2 millimètres de diamètre, qui, au premier abord, font TefFetde fructifications; mais en examinant Téchantillon avec plus d'attention, on reconnaît que, sur les pennes ainsi modifiées, les pinnules sont plus ou moins repliées en-dessous, d'une façon assez irrégulière, et que la dépression centrale s'étend en dehors du limbe, passant d'une pinnule à l'autre à travers les sinus qui les séparent (Fio. 9 A). Ce ne sont donc pas des fructifications, puisque des organes fructificateurs seraient nécessairement attachés sous les feuilles et ne dépasseraient pas leur contour ; le reploiement des pinnules en dessous rappelle d'ailleurs tout à fait celui qu'on observe assez souvent sur les plantes vivantes lorsque certains insectes y ont tissé une trame pour y déposer leurs œufs, ou, s'il s'agit de plantes aquatiques, lorsque certains crustacés se sont fixés sur leur face inférieure. Je crois que c'est à une cause du même genre que doit être attribuée la déformation singulière des pennes secondaires de l'échantillon Fio. 9.
Rapports et différences. — Cette espèce diffère des précédentes par ses^pennes secondaires plus courtes et plus larges à la base proportionnellement à leur longueur. Par ses lobes arrondis elle ne se rapproche
d'ailleurs que du Sph. Afat/ieti, dont les pinnules, plus
longues et plus linéaires, ont des lobes presque toujours
simples et ont le limbe beaucoup plus délicat. En outre,
dans l'espèce que je viens de décrire^la pinnulela plus
basse du côté inférieur est plus grande que toutes les
autres, ce qui n'a pas lieu chez le Sph. Matheti. Cette
espèce ne peut être, en somme, identifiée à aucune de
celles qui ont été jusqu'à présent décrites, et j'ai été
heureux de pouvoir lui donner le nom de mon ami M.
R. Kidston, de Stirling, à qui l'on doit de si précieuses
observations sur le mode de fructification des Fougères
et particulièrement des Sphénoptéridées du terrain
houiller.
Provenance. — Tranchée de Forêt. Tranchée de Longeroux, dans les schistes à 5 ou 6 mètres au toit de la Grande Couche.
SPHENOPTERIS LENIS. n. sp.
(PL. I, FiG. 7, 8.)
Description de Vespèce. — Fronde probablement quadripinnatifide. Rachis marqués de stries longitudi^ nales très fines et très courtes, assez épais. Pennes primaires larges de 5 à 12 centimètres, empiétant les unes sur les autres. Pennes secondaires alternes ou subopposées, très étalées^ se touchant par leurs bords ou empiétant légèrement les unes sur les autres, longues de 25 à 60 millimètres, à contour linéaire^ largos de 5 à 15 millimètres, atténuées en pointe obtuse à l'extrémité. Pinnules alternes, dressées ou étaléesdressées, à contour ovale-linéaire^ longues de 4 à 10 millimètres, larges de l'°'°,5 à 3 millimètres, légère'^ ment contractées à la base, décurrentes le long d\^ rachis et séparées par d'étroits sinus aigus, pinnati-^ fideSy divisées en 3 k 9 segments linéaires, dressés^
arrondis au sommet, sim^ples, séparés par d'étroits sinus aigus plus ou moins profonds, à surface cou-' verte de très fines et courtes stries parallèles paraissant correspondre à des poils très courts appliqués sur le limbe. Pinnule la plus basse de chaque penne située du côté inférieur, presque dans Tangle des deux rachis, un peu plus longue que les suivantes.
Nervation habituellement peu distincte^ masquée par les poils de la surface. Nervure médiane de chaque pinnule arquée et nettem,ent décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles aigus, toujours simples, aboutissant au sommet des lobes.
Remarques paléontologiques. — Les deux pennes que montre l'empreinte de 1^ FiG. 8 me paraissent devoir être regardées comme deux pennes primaires parallèles ayant appartenu à une même fronde, celle du bas ou de gauche un peu plus développée et plus divisée que la suivante. L'échantillon de la Fig. 7 représenterait également un fragment d'une penne primaire, provenant d'une région un peu plus élevée de la fronde.
Rapports et différences. — Les pinnules do cette espèce, considérées isolément, ressemblent beaucoup par leur forme et leur mode de découpure à celles du Sph. Matheti ; mais elles en diffèrent par la texture évidemment plus épaisse do leur limbe et par les lins poils dont est couvert celui-ci, sur la face inférieure aussi bien, à ce qu'il semble, que sur la face supérieure ; en outre, les pennes de dernier ordre sont plus linéaires et plus serrées les unes contre les autres, et se terminent en pointe plus obtuse.
Provenance. — Puits Forêt, 8"** étage, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche. Puits du Bourg, à 150 mètres de profondeur.
SPHENOPTERIS CAST^ILI. n, sp.
(Pl. II, FiG. 1 à 5.)
Description de l'espèce. — Fronde quadripinnée, probablement de très grande taille. Kachis épais, marqués de courtes stries longitudinales irréguliëres ; rachis secondaires atteignant 6 à 10 millimètres de largeur. Pennes primaires étalées-dressées, les inférieures tripinnées, celles de la région moyenne tripinnatifides seulement, et les supérieures probablement bipinnées, puis bipinnatifides. Pennes secondaires alternes, étalées ou étalées-dressées, se touchant à peine par leurs bords ^ à contour linéaire-lancéoléy atténtiées en pointe au sommet, larges de 15 à 35 millimètres, longues de 6 à 12 centimètres.
Pe7ines de troisième ordre alternes, d'ordinaire très étalées, se touchant par leurs bords, à contour linéaire^ atténuées au sommet en pointe obtuse ou obtusément aiguë, longues de 10 à 25 millimètres, larges de 2"", 5 à 6 millimètres. Pinnules alternes ou subopposées, à contour ovale^ entières^ contractées à la base et décurrentes sur le rachis, de grandeur variable suivant la région qu'elles occupent ; celles des pennes inférieures longues de 3 à 4 millimètres, larges de 1™"',5 à 2 millimètres, à bord souvent un peu ondulé, présentant même parfois 3 lobes ai^rondis peu sensibles, et séparées par des sinus aigus très . étroits et profonds ; plus haut les pinnules n'ont plus que V^fi à 2 millimètres de longueur sur 0"™,75 à 1 millimètre de largeur et sont absolument entières ; puis elles se soudent les unes aux autres, les pennes secondaires devenant alors seulement bipinnatifides, les pennes do troisième ordre, longues do 5 à 8 millimètres, étant divisées en lobes arrondis, dressés, séparés par d'étroits sinus plus
ou moins profonds ; enfin, plus haut, les pennes de troisième ordre sont vraisemblablement remplacées par des pinnules simples. Surface du limbe marquée en 'dessus comme en dessous, mais surtout en dessus, de très fines et courtes stries parallèles, indiquant la présence de poils courts appliqués sur les pinnules.
Nervation presque indistincte sur la face supérieure du limbe, plus visible sur la face inférieure, les nervures y étant un peu saillantes ; nervures plates et -assez larges. Nervure m,édiane de chaque pinnula arquée et décurrente à la base, simple pour les pinnules les plus petites, émettant, chez les plus grandes, 3 à 5 nervules sim^ples ou dichotomes, arquées et décurrentes à leur base.
Remarques paléontologiques. — Malgré les variations de forme et de dimension des pinnules d'un échantillon à Tautre^ il est facile de se convaincre que les diverses empreintes représentées sur les Fig. 1 à 5 de la Pl. II appartiennent à une seule et même es* pëce ; celle de la Fio. 5 réunit en effet sur la même plaque des fragments de pennes parmi lesquels on trouve tous les passages entre les pinnules les plus grandes, à contour ondulé ou même trilobé, telles qu'on les voit sur les Fig. 2 et 3, et les petites pinnules tout à fait simples de la Fig. 1 ; enfin, à la base des pennes de la Fig. 4, on retrouve les petites pinnules nettement distinctes de la Fig. 5, tandis que vers le sommet les pennes de troisième ordre sont réduites à des pinnules semblables à celles des Fig. 3 et 3 â,
A la partie inférieure de l'échantillon Fig. 2, on voit le rachis qui porte les pennes bipinnées venir s'attacher à un fragment de rachis très épais et très charbonneux, qui devait être le rachis primaire de la fronde. Les frondes étaient donc quadripinnées, et le fragment de la Fig. 2 n*est qu'une penne primaire, provenant vrai^
semblablement de la régteh inférieure. La Pig. 3 représente sans doute une peâhie secondaire provenant de la base de la fronde, ou peut-être encore une penne primaire de la région supérieure ; quant aux fragments FiG. 1 et 4 , ils me paraissent devoir être regardés comme des portions de pennes primaires provenant de la région moyenne de la fronde, celle de la Fig. 4 un peu plus éloignée de la base que celle de la Fie. 1 .
Rapports et différences. — Cette espèce rappelle la précédente par les fins poils appliqués dont est couvert le limbe des pinnules ; mais elle en diffère par la forme même de ses pinnules, toujours simples, à contour ovale à peine lobé, et non divisées en segments linéaires. Ses pinnules simples, ovales, légèrement contractées à la base, et à nervation presque indistincte, rappellent un peu celles du Sp/ien. lyratifolia Gœppert-y mais chez ce dernier les pinnules sont très espacées ^ les pennes de dernier ordre sont terminées par une grande pinnule ovale; enfin, le rachis est garni, entre les pennes bipinnées, de petites pennes simplement pînnées, caractères qui différencient absolument les deux espèces et ne permettent même pas de les rapprocher Tune de l'autre.
Parmi les espèces décrites, celle avec laquelle le Sphen. Casteli me parait avoir le plus d'analogies est celle qui a été figurée sous le nom de Pecopteris Germari par MM. Fontaine et White dans leur Flore permienne (1) ; mais celle-ci en diffère toutefois par ses pinnules plus rondes, plus contractées à la base, moins nettement décurrentes, ainsi que par ses pennes de dernier ordre moins longues proportionnellement à
(1) Permian or Upper carboniferous Flora of West Virginia and S. W. Pennsylvania, p. 69, pi. XIX, fig. 1-7.
leur largeur, de sorte qu'il n*est pas possible de les identifier l'une à Tautre.
L'espèce de Commentry me parait, d'ailleurs, par ses pinnules nettement contractées à la base, devoir être, au même titre que le Sphenopleris lyratifolia, rangée parmi les Sphénoptéridées plutôt que parmi les Pécoptéridées.
Je suis heureux de pouvoir la dédier à M. Castel, inspecteur général des mines, président de la Société de rindustrie minérale.
Provenance. — Tranchée de Forêt, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche.
SPHENOPTERIS FOSSORUM. n. sp.
(PL. II, FiG. 8, 9.)
Description de Vespèce, — Fronde probablement tripinnée. Rachis marqués de stries longitudinales peu régulières. Pennes primaires assez étalées, à contour probablement triangulaire ou lancéolé. Pennes secondaires alternes, assez étalées, se touchant par leurs bordSy à contour étroitement triangulaire^ atténuées en pointe obtuse au sommet, longues do 15 à 50 millimètres, larges de 7 à 12 millimètres. Pinnules alternes, étalées ou étalées-dressées, à contour ovale-tri&n^ gulaire^ plus ou moins contractées à la baseetdécurrentes sur le rachis, divisées en 3 à 9 lobes arrondis^ assez saillants et séparés par des sinus atteignant jusqu'à moitié environ de la largeur du limbe, obtuses au sommet y longues de 4 à 6 millimètres, larges de 2 à 3 millimètres. Pinnule la plus basse de chaque penne située presque dans Tangle des deux rachis, et un peu plus grande que toutes les autres.
Nervation souvent presque indistincte, le limbe étant assez épais. Nervure médiane de chaque pinnule
légèrement décurrente à la base ; nerimres secondai" reSj correspondant à chaque lobe, naissant sous des angles plus ou moins aigus, simples ou bifurquées.
Pinnules fertiles occupant Textrémité des pennes de dernier ordre, à limbe paraissant un peu contracté.
Remarques paléontologiques. — Les deux fragments de pennes des Fig. 8 et 9 paraissent être des pennes de même ordre, et probablement des pennes primaires ; celle de la Fig. 8, encore attachée sur lo rachis primaire, serait plus éloignée de la base de la fronde que celle de la Fig. 9, qui a les pinnules plus longues et plus divisées. A rextrémito de quatre des pennes de dernier ordre de ce dernier échantillon, savoir la plus élevée et les trois du milieu, on remarque des pinnules évidemment fructifiées, à limbe plus ou moins contracté, qui n'ont malheureusement laissé sur le schiste qu'une empreinte assez vague ; il est impossible d'y reconnaître la forme et même la disposition des sporanges ; il semble cependant que ceux-ci aient été assez nombreux, et que le groupe ou les groupes qu'ils formaient couvraient toute la face inférieure des pinnules, mais on ne saurait déterminer à quel type générique de fructification appartenait cette espèce.
Rapports et différences. — Le Sph. fossorum diffère de toutes les espèces qui précèdent par la forme de ses pinnules, à lobes largement arrondis et afîectant un contour presque demi-circulaire. Il n'est pas sans quelque analogie avec le Sph, nummularia Gutbier, du terrain houiller do la Saxe ; mais, chez ce dernier, les pinnules ont le limbe moins épais ; leurs lobes sont plus inclinés sur la nervure médiane ; de plus les pinnules sont moins nettement décurrentes sur le rachis, et les pennes de dernier ordre sont moins allongées par rapport à leur largeur.
Je ne crois pas, en résumé, que l'espèce que je viens
de décrire puisse être identifiée avec aucune autre, et le nom que je lui donne a pour but de rappeler la part active et importante prise par tous les ouvriers mineurs de Commentry à la récolte des empreintes.
Provenance. — Tranchée de Forêt, à 15 mètres au toit de la Grande Couche. Puits Sainte-Aline, dans le banc des Roseaux.
SPHENOPTERIS CRISTATA. Brongniart (sp!).
(PL. III, FiG. 1, 2).
1835 ou 4836. Pecopteria cristata. Brongniart, Hist. v^gél.
foss. I, p. 356, pi. 425, fig. 4 ; an fig. 5? 1838. 8phenopteris orlirtata. Presl, in Sternberg, Ess. FL
monde prim., II, fasc. 7-8, p. 431. Schiiuper, Handb,
d. Palàont., II, p. 109, fig. 80.
Description de l'espèce. — Fronde de grande taille, quadripinnatifîde, et probablement quadripinnée dans sa région inférieure. Hachis lisses; rachis primaire large de 6 à 10 millimètres ; rachis secondaires larges de 2 à 4 millimètres.
Pennes primaires alternes, étalées-dressées, souvent un peu flexueuses, espacée3 d'un même côté de 6 à 20 centimètres, empiétant les unes sur les autres, à contour triangulaire^ larges de 6 à 20 centimètres et davantage, longues de 15 à 50 centimètres. Pennes secondaires alternes, étalées ou étalées-dressées, légè» rement flexueuses, se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour linéaire-lancéolé ow étroitement triangulaire, effilées en pointe vers le sommet, longues de 3 à 20 centimètres, larges à la base de 15 à 50 millimètres, garnies dans la région supérieure de la fronde de pinnule.s simples, dentées, et dans la région moyenne de pinnules découpées en profonds segments et passant peu
à peu à de véritables pennes de troisième ordre. Pinnules alternes, étalées ou étalées-dressées, se touchant par leurs bords ou faiblement espacées» à contour ovale-triangulaire j plus ou moins contractées à la base et très légèrement décurrentes sur le rachiSy atténuées en pointe au sommet, à limbe frès développé j longues, dans la région supérieure de la fronde, de 5 à 15 millimètres sur 2™", 5 & 6 millimètres de largeur, les plus petites munies sur leurs bords de dents aiguëSy les plus grandes présentant 5 à 9 lobes faiblement saillantSy séparés par des sinus aigus, et à bord dentelé ; pinnules de la région moyenne de la fronde longues de 15 à 25 millimètres, larges de 6 à 12 millimètres, étroitement contractées à la base et profondément pinnatifides, divisées en 7 à 15 lobes étalésdressés, séparés par de profonds sinus aigus, euxmêmes lobules et à bord dentelé, et passant graduellement à de véritables pinnules portées sur des pennes de troisième ordre. Pinnule la plus basse de chaque penne placée du côté inférieur, presque dans Tangle des deux rachis, généralement un peu plus grande et plus profondément lobée que les suivantes.
Nervation très nette; nervure médiane de chaque pinnule légèrement flexueuse, un peu décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles plus ou moins ouverts, les supérieures simples, les inférieures bifurquées ou ramifiées en neirvules simples ou elles-mêmes dichotomeSy aboutissant au somm^et des dents, et généralement plus nombreuses du côté inférieur que du côté supérieur do la nervure secondaire.
Remarques paléontologiques, — L'échantillon de laPiG. 2, Pl. III, montre une série de pennes primaires parallèles de plus on plus divisées à mesure qu'on descend vers le bas et qui faisaient évidemment partie
d*une même fronde ; les plus élevées sont encore, du reste, attachées au rachis primaire. On peut suivre d'une penne à Tautre la transformation des pinnules, de plus en plus profondément lobées, et remplacées vers le bas par des pennes de troisième ordre garnies à leur tour de pinnulos semblables à celles des pennes secondaires supérieures. La Fig. 1 représente une autre penne primaire de la même espèce, à pinnules seulement un peu plus serrées, et à pennes secondaires un peu plus linéaires ; mais on peut voir, en comparant les dernières pennes secondaires à droite de cette (igure avec les plus basses de la deuxième penne primaire en partant du bas do la Fig. 1, qu'il n'y a entre elles que des différences insensibles ; la forme générale des pinnules, leur mode de division et de dentelure sont d'ailleurs exactement les mêmes, et Ton retrouve sur les unes comme sur les autres le même caractère de nervation, c*est-à-dire les nervules plus nombreuses sur le bord inférieur de la plupart des pinnules que sur leur bord supérieur. Aussi je n*hésite pas à rapporter ces deux échantillons à une seule et même espèce.
Rapports et différences. — Le Sp/i. cristata diffère de toutes les espèces qui précèdent par la grande dimension de ses pinnules, à limbe beaucoup plus largement développé, ainsi que par les dents aiguës dont elles sont munies tout le long de leurs bords, en outre de leur division en lobes plus ou moins saillantes. Elle ressemble beaucoup au Sph. chaerophylloides Brongniart (sp.) du haut de l'étage houiller moyen et de la base de Tétage houiller supérieur; mais elle en diffère par ses pinnules plus grandes, à limbe plus développé, à nervures moins fines, divisées, eu égard à leur taille, en segments moins nombreux et moins accentués, munis de dents plus marquées. En tout cas les rapports qu'elles présentent l'une avec l'autre sont
assez étroits pour qu'on puisse se demander si le Sph. cristata, qui malheureusement n*a jamais été rencontré à l'état fertile, n'appartiendrait pas au même type de fructification que le Sph. (Renaultia) chserophylloides; chez ce dernier, ou, plus généralement, dans le
genre Renaultia, les sporanges, à paroi coriace et sans anneau, sont situés sur le bord du limbe, isolés ou groupés par deux ou par trois, mais non soudés entre eux, à l'extrémité des nervules. Peut-être d'heureuses découvertes permettront-elles de s'assurer si le Sph. cristata doit être classé dans ce même genre.
Synonymie. — Brongniart a publié, sous le nom de Pec. crisiata, deux échantillons différents, provenant, l'un de SaarbrUck (fig. 4), l'autre de Ronchamp (fig. 5) ; ce dernier se trouve seul dans les collections du Muséum d'histoire naturelle, et l'examen que j'en ai fait m'a conduit à douter qu'il appartînt réellement à la même espèce que l'autre, les dents des pinnules paraissant beaucoup moins aiguës ; aussi ne l'ai-je indiqué qu'avec hésitation dans la synonymie. Il se peut toutefois, cet échantillon de Ronchamp étant fort mal conservé, que les dents des pinnules aient disparu de l'empreinte et que la fig. 5, pi. 125, de VHistoire des 'oégétaux fossiles appartienne vraiment au Sph. cristata et représente, soit une penne primaire voisine du sommet, soit une penne secondaire de la région inférieure de la fronde.
En tout cas, j'ai cru devoir écarter absolument de la liste synonymique les figures qui ont été publiées sous ce même nom de Sph. cristata par M. Geinitz dans sa flore houillère de la Saxe (1), et qui me paraissent appartenir à une espèce différente.
Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux.
(1) Verst. d. Steinhohlenform. in Sachsen, pi. XXIV, fig. 1,2.
SPHENOPTERIS DECORPSI. n. sp.
iPi,. V, FiG. 3, 4.)
Description de V espèce. — Fronde trlpinnée. Rachis épais, marqués de fortes stries longitudinales assez régulières; rachis primaire large de 5 à 15 millimètres; rachîs secondaires larges de 1°"",5 à 4 millimiitres.
Pennes primaires alternes, étalées presque à angle d'Toity quelquefois même un peu réfléchies en arrière, espacées d'un même côté de 25 à 40 millimètres, se touchant par leurs bords ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour linéaire-lancéolé ^ conservant la même largeur sur les trois quarts environ de leur longueur, puis effilées en pointe vers le sommet, longues do 10 à 25 centimètres, larges de 3 à 5 centimètres. Pennes secondaires alternes ou subopposées, étalées ou étalées-dressées, souvent un peu arquées en avant, se touchant par leurs bords ou empiétant très légèrement les unes sur les autres, à contour étroitement triangulaire, graduellement rétrécies en pointe obtuse vers leur sommet, larges do 5 à 12 millimètres, longues de 1 à 3 centimètres, profondément pinnatifides ou même pinnées. Segments de dernier ordre ou pinnules étalés-dressés, se touchant presque par leurs bords, à contour ovale, plus ou moins contractés à la base et décurrents le long du rachis, séparés par des sinus aigus, longs de 3 à 7 millimètres sur 2 à 5 millimètres do largeur, tantôt tout à fait entiers, tantôt ondulés sur leur bord, et enfin divisés, sur les pennes inférieures, en 3 à 5 lobes arrondis séparés par des sinus plus ou moins profonds. Penne secondaire la plus basse de chaque penne primaire située du côté inférieur, un peu au-dessus de l'insertion du rachis se-
condaire sur le rachis primaire, et un peu plus courte que les suivantes ; au contraire, la penne basilaire du côté supérieur est plus grande et plus divisée que toutes les autres^ et sa pinnule basifaire inférieure est souvent presque aussi grande et aussi profondement lobée que le reste de la penne^ qui semble alors presque bifurquée dès sa base.
Surface des pinnules très légèrement bombéej à nervation à peine distincte^ le limbe paraissant avoir été assez épais. Nervure médiane de chaque pinnule ou segment légèrement décurrente à la base ; nervures secondaires arquées, d'ordinaire une ou deux fois bifurquées.
Remarques paléontologiques. — La Fig. 3 de la Pl. V ne représente qu'une portion d'une grande plaque de grès schisteux portant 15 pennes, 6 du côté inférieur de la figure et 9 du côté supérieur, attachées sur un rachis commun : la grosseur de celui-ci me porte à le considérer comme un rachis primaire, et à regarder les pennes dont il est garni comme les pennes primaires do la fronde. L'échantillon Fig. 4 représenterait alors un fragment de la région supérieure d'une fronde, à moins qu'on n'admette que vers la base les pennes primaires pouvaient devenir elles-mêmes tripinnées, et qu'on ne regarde cet échantillon comme une portion d'une de ces pennes primaires tripinnées, ce qui expliquerait l'inégalité que présentent d'un côté à l'autre les pennes de cette empreinte au point de vue de leur inclinaison sur le rachis. On peut remarquer d'ailleurs sur la grande plaque de la Fig. 3, que les pent^es de droite et de gauche ne sont pas tout à fait symétriquement étalées par rapport à Taxe du rachis commun, et Ton pourrait se demander d'après cela si, maigre son diamètre considérable, ce rachis commun ne serait pas simplement un rachis secondaire ; il n'est pas fmpos-
sible qu'il en soit ainsi, mais je suis plutôt porté à croire que cette légère dyssymétrie vient de ce que le rachis commun, que je regarde comme un rachis primaire, a été légèrement arqué, par suite peut-être de l'action du courant qui Ta transporté dans le bassin de dépôt, et que cette courbure accidentelle aura rapproché les unes des autres les pennes situées du côté concave et écarté celles du côté convexe. Enfin, je dois ajouter que, sur un autre fragment de la même espèce, le rachis commun semble, au bord même de la plaque qui porte l'empreinte, se bifurquer sous un angle très ouvert, sans cependant qu'on puisse s'assurer positivement de ce fait, puisque l'échantillon est brisé justement en ce point ; si le rachis primaire de Tempreinte FiG. 3 représentait une des branches d'une semblable bifurcation, la dyssymétrie légère que présentent les pennes dont il est garni n'aurait rien que de tout à fait naturel.
Sur presque tous les échantillons de cette belle espèce recueillis à Commentry, le limbe des pinnules est semé de petites verrues sphéroîdales, irrégulièrement réparties, comme le montre la Fio. 3 A, et mesurant de 1/8 à 1/4 ou même 1/3 de millimètre de diamètre ; tantôt elles sont placées en dehors des nervures, tantôt sur elles, tantôt sur le rachis lui-même, ce qui ne permet pas de supposer qu'elles puissent représenter des organes de fructification ; elles font d'ailleurs la même saillie sur l'une et sur l'autre face des pinnules, ainsi qu'on peut s'en assurer sur les points où la lame charbonneuse du limbe a disparu, et où la roche présente alors leur empreinte en creux. Ce sont évidemment des Champignons parasites, qui se développaient à Tintérieur du parenchyme, car l'examen microscopique montre que, sur ces verrues, le tissu opidermique est parfaitement continu. Ces Champignons rappellent
beaucoup ceux qu# Gœppert a figurés sous le nom d' Excipulites Neesi (1), mais ils n'offrent pas la petite dépression centrale, correspondant sans douto à un ostiole, qu'on voit sur ces derniers.
Rapports et différences. — Par ses pinnules à limbe très développé, assez épais , souvent assez faiblement contracté à la base, et divisé en lobes arrondis, le Sph. Decorpsi rappelle un peu certains Sp/ienopte>'îs de Tétage houiller moyen que j'ai groupés sous le nom de Sphenopteris névroptéroides (2), et particulièrement le Sph. névroptéroides Boulay (sp.) ; mais il se distingue de celui-ci par ses pennes primaires plus étroites, beaucoup plus linéaires, par ses pinnules plus largement soudées I^h unes aux autres et de forme sionsiblement difTérente, entin par ses nervures moins nombreuses et moins divisées.
Il n'est pas sans analogie non plus avec le Pecopteris Slei'zeli qui sera décrit plus loin et qui est représenté Pl. V, Fie. 1 et 2, Pl. VI et Pl. VII, et avec le Pec, Plucheneti ; mais chez ces deux espèces, les pinnules, au lieu de se rétrécir, s'élargissent à leur basa et sont attachées au rachis par toute leur largeur, ca-' ractère qui les fait classer parmi les PecopteriSy tandis que Tespèce qui vient d'être décrite appartient aux Sphénoptéridées par ses pinnules toujours plus ou moins contractées à leur base.
Elle est dédiée à M. Decorps, géomètre aux mines de Commentry, l'un do ceux, parmi les collaborateurs de M. Fayol, qui ont pris la part la plus active à la récolte et au classement des richesses paléontologiques de la région.
(1) Syst fîL foss., pl. XXXVI, fig. 4.
(2) Bull. Soc. GéoL, 3» sér., XII, p. 191.
Provenance. — Tranchée de T Espérance, dans le })anc des Roseaux. Tranchée des Ghavais, dans le banc des Roseaux. Tranchée de Forêt dans un banc de grès au mur de la Grande Couche.
Genre EREMOPTERIS. Schimpbr.
1869. Bremopteris. Schimper, Trait. depaLvég.,1, p. 416.
Frondes généralement bipinnées ou bipinnatifides. Pinnulea ou segments de dernier ordre obovés-linéaire$, ou cunéiformeSy plus ou moins décurrents à leur base, généralement simples y à bord entier ou dentelé, les inférieurs, seuls laciniés et divisés en lobes souvent diohotomes. Nervures peu nombreuses, décurrentes à leur base, plusieurs fois divisées par dichotomie.
Chez plusieurs des espèces comprises dans ce genre, la fronde parait se bifurquer normalement, mais à une hauteur variable, en deux sections légèrement divergentes. Le principal caractère qui distingue les £remopteris des Sphenopteris consiste en ce que leurs pinnules sont simples et non lobées, et affectent la forme de lanières, rétrécies en coin et décurrentes à leur base, arrondies ou tronquées plus ou moins obliquement à leur sommet.
Aucune espèce d' Eremopteris n'a encore été rencontrée à Tétat fructifié.
EREMOPTERIS COURTINI. n. sp.
(PL. II, FiG. 6. 7.)
Description de Vespèce. — Fronde bipinnée ; rachis primaire lisse, ou à peine marqué de quelques stries longitudinales très courtes et excessivement fines, large de l^^jb à 2"°',5, creusé en dessus d'une étroite gouttière.
Pennes primaires alternes, dressées ou étaléesdressées, distantes d'un même côté de 7 à 12 millimètres, empiétant fortement les unes sur les autres^ à contour linéaire-lancéolé ou très étroitement triangulaire, graduellement effilées vers le sommet, larges à leur base de 5 à 15 millimètres, longues de 20 à 45 nnillimètres, diminuant peu à peu de longueur vers le sommet de la fronde. Pinnules alternes, dressées, se touchant par leurs bords . ou empiétant un peu les unes sur les autres, à contour obovale presque linéaire, rétrécies en coin à la base et légèrement décurrentes sur le rachis, à sommet obtus et muni de quelques dents faiblement saillantes, à bord antérieur semi-elliptique, à bord poste rîouf presque droit ou à peine infléchi en S, longues de 10 à 15 millimètres, larges de 1 à 3 millimètres. Pinnule basilaire supérieure de chaque penne un peu plus grande que les autres, cunéiforme, divisée par une échancruro médiane plus ou moins profonde en deux lobes tronqués et légèrement dentelés, souvent subdivisés à leur tour en deux lobules.
Nervure décurrente à la base et divisée dès son origine en deux branches deux ou trois fois bifurquées ; nervules aboutissant aux dents des pinnules.
Remarques paléontologiques. — La symétrie parfaite que présentent dans leur disposition, à droite et à gauche de Taxe qui les porte, les pennes des deux échantillons Fro. 6 et Fig. 7, Pl. II, me porte à les regarder comme des fragments de frondes plutôt que comme des pennes primaires détachées, ce que confirme aussi leur analogie avec quelques espèces déjà connues, dont les frondes sont seulement bipinnées ou même simplement pinnées.
Rapports et différences. — Je signalerai d'abord comme offrant une assez grande ressemblance aveo
cette espèce, \e Sphenopteris Asplenitea Gutbier (1) du terrain houiller de la Saxe ; mais chez celui-ci, rangé plus tard dans le genre RhacopteHs Schimper, les pennes primaires semblent plutôt divisées par lacération en lanières plus ou moins régulières que véritablement pinnées ; de plus elles sont inéquilatérales, les segments de leur bord supérieur étant plus développés que ceux de leur bord inférieur ; enfin elles sont beaucoup plus larges et à contour plus ovale que celles de l'espèce de Commentry, de telle sorte qu'il n'y a pas d'identification possible.
M. Lesquereux, d'autre part, a décrit et figuré sous le nom iV Eremopteris elegans (2), l'assimilant à tort à r Asplenites elegans Ettingshau.Hen, une fougère extrêmement analogue d'aspect à celle que je viens de décrire, mais qui en diflère cependant par la forme de ses pinnules, tronquées à leur sommet parallèlement à l'axe des pennes primaires et munies le long do cette troncature de dents tout à fait obtuses.
Le Rhacopteris Busseana Stur (3) présente également une assez grande ressemblance, comme port et comme aspect général, avec VEremoptens Courtini^ bien qu'il ait dans toutes ses parties des dimensions notablement plus grandes ; mais il a les pennes primaires plus triangulaires, et ses pinnules, au lieu d'être obovalcs-cunéiformes, sont simplement cunéiformes et divisées à leur sommet en deux ou trois lobes divergents, afTectant toutes par conséquent une forme voisine de celle que présente, dans les échantillons de Commentry, la seule pinnule basilaire supérieure de chaque penne.
(1) Geinitz, Verst. d. Steinkohlenform. in Sachsen, p. 17, pi. XXIV, fig. 6.
(2) Coal-Flora, p. 294, pi. LUI, fig. 7.
(3) Carbon-Flora, I, p. 7, pi. LXII, fig. 1, 2.
Enfin les formes les plus petite» de VArchmopteris minor Lesquereux (1), du terrain dovonien ou de Tétage houiller inférieur des Etats-Unis, ressemblent aussi quelque peu à VEremopteris do Commentry, mais toutes les pinnules ont le bord absolument entier et non dentelé, les pinnules basilaires comme les autres, et les nervures sont beaucoup plus nombreuses.
On voit, par ces comparaisons, que la fougère dont je viens de parler ressemble à la fois à plusieurs espèces, classées dans trois ou quatre genres différents, do telle sorte que son classement générique ne laisse pas d'offrir quelques difficultés. Elle ne me semble pas pouvoir être rangée dans le genre Archseopteris, qui, avec ses pinnules habituellement très développées, parcourues par un grand nombre de nervures plusieurs fois dichotomes, appartient aux Névroptéridées «et non aux Sphénoptéridées. D'autre part, le genre Rhacopterisy tel que l'a défini Schîmper, comprend essentiellement des Fougères à frondes simplement pinnées, à pinnules plus ou moins divisées, il est vrai, par lacération, mais ne passant jamais à des pennes nettement formées de pinnules distinctes. Enfin les vrais Sphenopteris ont toujours les pinnules plus ou moins profondément lobées, ce qui n'est pas le cas ici, où toutes les pinnules, sauf celle de la base, sont parfaitement simples et munies seulement de quelques dents à leur sommet.
Par contre, le genre Eremopteris me parait, par la définition qu'en a donnée son auteur, comprendre parfaitement l'espèce de Commentry : Schimper indique en effet les Fougères qui forment ce genre comme ayant des pennes étalées-dressées, à segments obovales ou cunéiformes plus ou moins allongés, les supérieurs
(1) Coamora,p. 302, pL XLIX, fig. 5, 8; pi L, fig, l.
entiers ou presque entiers, les inférieurs seuls laciniés, caractères qui sont précisément ceux de respècc en question. Je crois donc devoir la placer dans ce genre, ainsi que Ta fait M. Lesquereux pour l'espèce analogue que j'ai mentionnée tout à l'heure.
Elle est dédiée, quant à son nom spécifique, à M. Courtin, ingénieur principal des mines de Commentry.
Provenance. — Tranchée de Forêt, à 15 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée Saint-Edmond, à 15 mètres au toit de la Grande Couche. Tranchée de l'Espérance, dans le banc des Roseaux.
Genre ZYGOPTERIS. Corda.
1845. Zygoptéris. Corda, Beitr. z. FI. d. Vorw., p. 81. Renault^ Comptes rendus Acad, se, LXXXII, p. 992; Ann. se. nai., 6« sér.. Bot., III, p. 5.
Pétioles ou rachis parcourus par un faisceau vasculaire offrant en coupe transversale la forme d'un h. Pennes fertiles dépourvues de limbe. Sporanges de grande taille, ovoïdes, rétrécis vers la base, munis d'un anneau élastique longitudinal à plusieurs rangs de celluleSy et réunis en bouquets brièvement pédicellés.
Ce genre a été établi primitivement sur des fragments de rachis étudiés anatomiquement, mais dont on ne connaissait ni les frondes stériles ni les frondes fertiles ; c'est seulement il y a peu d'années que M. Renault a reconnu, sur des échantillons silicifiés, la forme caractéristique du faisceau vasculaire des Zygopteris sur des fragments de rachis portant des groupes de capsules munies, tout le long d'un plan diamétral, d*une bande de cellules différenciées, à parois épaissies, qui devait jouer dans la déhiscence de ces capsules le même rôle que l'anneau élastique des sporanges des Fougères
actuellement vivantes. Il a indiqué en même temps à quelle forme stérile paraissaient se rapporter ces fragments de frondes fructifiées, et c'est d'après les caractères de ces frondes stériles que je crois devoir placer ici le genre Zygopteins à la fm des Sphénoptéridées.
Le Zygopteins pinnata, la seule espèce de ce genre qui soit connue en empreintes, semble en effet pouvoir être rapporté aux Sphénoptéridées par la profonde découpure de ses frondes stériles, divisées en pinnules lobées à dents aiguës, qui ne sont pas sans quelque analogie avec celles de certains Sphenopteris ; mais sa nervation toute particulière, formée de nervures irrégulièrement anastomosées, no permet pas de placer ces frondes^ considérées indépendamment de leur mode de fructification, dans le genre Sphenopteris, toutes les espèces de ce genre ayant des nervures à branches libres et très régulièrement ramifiées.
ZYGOPTERIS PINNATA. Grand'Eury. (sp.) (PL. XXXII, FiG. 5 à 7).
4876. Sohizopteris pinnata. Grand'Eury, in Renault, Ann.
se. naf., 6« sér.. Bot., lïl, p. 8, p. 23. pi. 1, fig. 12, 43.
Grand*Eury, Flore carb. du dép, de la Loire, p. 200,
pi. XVII, fig. 4. Renault, Recherches sur la struct. et
les aff.bot. des vég. silicif,, p. 85, p. 94^ pi. XIII, fig.
42, 43; Cours bot. foss., III, p. 403, pi. XV, fig. 6. 4879. Aphlebia pinnata. Zeiller. Expl. Carie géol. Fr., IV,
4879. Zygopteri8(Sohizopteri8 pinnata). Bchimper, Handb.
der Palaont.y II, p. 444, Ûg. 442 (4-4).
4876. AndrofltaoliyB. Grand'Eury, in Renault, Ann. se. nat.,
6* sér.. Bot., III, p. 8, p. 23, 24, pi. 4, fig. 44-17 ; Recherches sur la 8lruct. et les aff. bot, des vég, silicif., p. 85, p. 94, pi. XIII, fig. 44-47.
4877. ▲ndrostachys frondosus. Grand'Eury, Flore carb, du
dép, de la Loire^ pi. .XVII, fig. 3.
1877. Sohisostaohys Ironâosns. Grand'Eury, t6id.,p.20!.
i883. Zygopteris trondosa. Zciller, Ann. se, nat., 6« sér. Bot., XVÏ, p. 204, 209, pi. 12, fig. 9.
1888. Zygopteris pinnata. Zeiller, Flore foss. du bass. houill de Valencieiines, p. 46, fig. 30.
1877. Scbisopteria oycacUna. Grand'Eury, ibid,, p. 20O, pi XVII, fig. 2.
Description de Vespèce. — Frondes (ou pennes primaires ?) tripinnatifides, à contour triangulaire ou ovale-triangulaire, à rachis large de 5 à 10 millimètres, marqué de stries longitudinales se^^ées^ souvent très fortes^ plus ou moins régulières, et quelquefois entrecroisées. Pennes primaires (ou secondaires ?) alternes ou subopposées, étalées ou étalées-dressées, souvent arquées en dehors, légèrement décurrentes à la base, espacées d'un même côté de 10 à 15 millimètres, empiétant les unes sur les autres par leurs bords, longues de 3 à 10 centimètres sur 1 à 3 centimètres de largeur, à bords presque parallèles ou du moins convergeant très lentement vers le sommet, à rachis large de 2 à 5 millimètres, parcouru par de fortes stries longitudinales plus ou moins irrégulières. Pinnules ou segments de dernier ordre alternes ou subopposés, d'ordinaire divisés seulement sur leurs bords en lobes peu réguliers^ plus ou moins profonds, mais passant quelquefois par suite d'un développement plus considérable à des pennes profondément pinnatifidesoumêmebipinnatifides; habituellement ces pinnuZes sont longues de 3 à 10 millimètres, larges à la base de l"™,5 à 3 millimètres, se touchant ou même empiétant les unes sur les autres par leurs bords, étalées-dressées y légèrement arquées en dehors, décuiTentes à leur base sur le rachis et parfois légèrement soudées entre elles, séparées par des sinus aigus, et d^côup<fes sur leurs bords en dents triangulaires plus oumoins saillantes, peu régulières, obtu-
Hument aiguës, à contour habituellement peu net . Plus développées, les pinnules passent à de véritables pennes, atteignant jusqu'à 2 centimètres de longueur, divisées en 5 à il segments alternes, dressés ou étalésdressés, longs de 3 à 5 millimètres, plus ou moins profondément déchiquetés en lobes linéaires irréguliers, aigus ou obtusément aigus au sommet.
Axes de divers ordres parcourus par de nombreuses nervures contiguës, souvent très saillantes, qui donnent naissance aux stries longitudinales des rachis, s'incurvent à la base de chaque pinnule, et y pénètrent en s'y ramifiant d'une façon peu régulière, s'anastomosant les unes avec les autres, de manière à former de grandes mailles sinueuses, plus longues que larges, aiguës à leurs extrémités, les plus extérieures suivant presque exactement le contour du limbe, mais sans en atteindre tout à fait le bord.
Frondes ou pennes fertiles différant des frondes ou pennes stériles par l'absence de limbe : pinnules remplacées par des bouquets de capsules longues de i™",5 à 3 millimètres sur 0"^^,b à 1 millimètre de diamètre, obtuses au sommet, rétrécies graduellement vers la base, groupées au nombre de 3 k 10 et parfois davantage au sommet ou le long d'un court pédicelle, munies d'une bande élastique longitudinale formée de plu-sieurs rangs de cellules à parois épaissies.
Remarques paléontologiques. — On n'a signalé jusqu'à présent et je n'ai observé pour ma part, de cette singulière fougère, que des fragments de frondes semblables à ceux que montre la Fig. 7 de la Pl. XXXII, de sorte qu'il est impossible de savoir si ces fragments représentent les frondes elles-mêmes ou seulement les pennes primaires de celles-ci. Le fragment le plus inférieur de la Fig. 7 semble, il est vrai, venir s'attacher à sa base sur un rachis affectant une direction différente, et qui pourrait
êtro considéré comme un rachis principal ayant porté des pennes primaires tripinnatifîdes, et entre celles-ci de petites pennes bipinnatifides attachées directement sur lui ; mais il est fort possible que le changement de direction qu'on observe sur le bord de la cassure corresponde à une inflexion accidentelle d'un rachis non divisé et originairement rectiligne : la portion verticale ne serait dans ce cas que la continuation de la portion horizontale, et les pennes qui partent de Tune et de l'autre seraient toutes de même ordre ; la variation graduelle de grandeur qu'elles présentent, la façon dont elles sont, les plus inférieures du moins, arquées en arrière vers leur sommet, semblent venir plutôt à l'appui de cette deuxième hypothèse et indiquer que la fronde a été arîcidentellement pliée. Vers l'extrémité de ce fragment, à droite, on peut constater la diminution graduelle de taille des pinnules, qui se soudent de plus en plus les unes aux autres, comme le montre, sous un léger grossissement, la Fio. 7 C.
Au contraire, sur le fragment supérieur, les pinnules sont plus grandes, plus profondément découpées, et plus semblables à celles de l'échantillon figuré par M. Grand'Eury ; enfin, je les ai vues quelquefois, notamment sur un échantillon recueilli à Decize par M. Busquet, passer, comme je l'ai dit, à de véritables pennes, profondément déchiquetées en lobes presque linéaires.
Ces différences dans la dimension et le degré de découpure des pinnules ou pennes de dernier ordre peuvent tenir simplement à ce que les fragments sur lesquels on les constate appartiennent à des frondes de tailles différentes, les frondes les plus grandes étant naturellement plus profondément découpées, surtout dans leur région inférieure. D'autre part, si les fragments que je regarde comme des frondes représentaient seulement des pennes primaires, celles-ci seraient d'au-
tant plus divisées qu'elles seraient plus éloignées du sommet de la fronde, ainsi qu*on le voit chez toutes les Fougères, et les variations qu'on obsei^e s'expliqueraient alors par des différences de position.
Par leur aspect général et le mode de découpure de leurs pennes, munies de dents irrégulières, à contour un peu vague, ces feuilles rappellent à l'esprit celles de certaines chicorées ou salades frisées, bien qu'étant toutefois beaucoup plus divisées et bien plus régulièrement pinnées.
Les FiG. 7 A, 7 B, 7 C de la Pl. XXXII montrent la singulière nervation de ces feuilles, constituée par des cordons très saillants, se ramifiant dans les pinnules en nervures dicbotomes, accolées ou anastomosées les unes aux autres, les branches les plus extérieures suivant le bord du limbe parallèlement à son contour, tandis que celles de Tintérieur forment de grandes mailles sinueuses effilées en pointe aiguë à chacune de leurs extrémités. Je ne connais sur aucune autre fougère vivante ni fossile de nervation offrant avec celle-là la moindre analogie.
Dès 1876, M. B. Renault avait si&rnalé VAndrostachys frondosus et le Schizopteris pînnate, figurés par M. Grand'Eury sur une planche encore inédite à ce moment, comme représentant l'un la fronde fertile, l'autre la fronde stérile d'une seule et même fougère, qu'il avait reconnue d'autre part, par la constitution anatomique de ses pétioles, appartenir au genre Zygopteris de Corda. Depuis lors, cette réunion de la forme stérile et de la forme fertile a été confirmée par leur association presque constante dans les mêmes couches.
Les sporanges ou capsules qui contenaient les corps
reproducteurs devaient être assez coriaces, étant for-
niés, comme l'ont reconnu M. Renault et M. Grand'Eury,
de plusieurs assises de cellules, car ils ont laissé sur
les schistes des empreintes très fortement marquées, et sont souvent représentés par de petites lames charbonneuses, à la surface ou sur le moule desquelles on discerne nettement au microscope l'organisation de leur paroi ; il en est ainsi notamment sur réchantillon représenté Fia. 5, 5 À, 5 B, tandis que sur celui de la Fio. 6 on distingue à peine le contour des groupes de capsules sans pouvoir démêler aucun détail.
Rapports et différences. — Le Zygopteris ptnnafa s'écarte par sa nervation, ainsi que je l'ai fait remarquer, de toutes les autres Fougères connues ; mais il n'est pas sans quelque analogie, bien qu'assez lointaine, avec les Sphenopteris Essinghi Andrae et Sph. Stembergi Ettingshausen (sp.) du terrain houiller moyen; les pennes et pinnules de ces deux espèces sont, sans doute, beaucoup plus régulièrement découpées, mais le contour presque linéaire des pennes, la forme inéquilatère des pinnules, leur décurrence le long du rachis, la disposition de leurs dents, ne laissent pas de rappeler un peu les portions les moins irrégulières du Zyg. pinnata. D'autre part les sporanges du Sph. (Corynepteris) Essinghi^ avec leur bande élastique à plusieurs rangs de cellules, se rapprochent beaucoup par leur organisation de ceux de l'espèce que je viens do décrire; ils en diffèrent toutefois par leur mode de groupement, en même temps qu'ils sont fixés sur des pinnules à limbe à peine réduit et non sur des pennes entièrement dépourvues de limbe.
Synonymie. — J'ai conservé, pour désigner cette espèce, le nom attribué à la fronde stérile, lequel est le premier en date, ayant été publié par M. Renault dès 1876, et j'ai cru devoir réunir aux frondes fertiles le Schizopteris cycadina Grand'Eury, qui me parait identique à l'échantillon de Commentry figuré Pl. XXXII, Fio. 6, lequel appartient certainement au Zyg. pinnata^ mais n'est qu'assez imparfaitement conservé.
Peut-être, comme Va pensé M. Grand'Eury, VAraucarites spicœfoi^mis Germar (1) représente-t-il aussi des fragments de frondes fertiles de cette même espèce ; toutefois les figures qui en ont été publiées ne sont pas assez parfaites pour qu'on puisse Taffirmer, aussi n'aije pas inscrit ce nom dans la liste synonymique.
Provenance. — Commentry : tranchée Saint-Edmond, à 8 mètres au toit de la Grande Couche ; tranchée de rOueet, dans les bancs intercalés dans la2"' couche.
Houillère de Montvicq.
Diplotmémées.
Frondes non régulièrement pennées, constituées par un axe plus ou moins flexueux, émettant des rameaux alternes, nus, bifurques à leur sommet tantôt en deux pennes feuiUées divergentes, tantôt en deux courts ramules également nus portant chacun à leur sommet deux pennes fouillées divergentes légèrement inégales. Pennes primaires par conséquent tantôt bipartites, tantôt quadripartites, c'est-à-dire divisées soit en deux, soit en quatre sections régulièrement pennées. Pinnules sphénoptéroîdes, à limbe plus ou moins Hnement découpé, lobé ou dentelé, ou pécoptéroïdes, à limbe plus développé, entières ou faiblement lobées ou dentées.
Des deux genres compris dans ce groupe, le genre Diplotmemay à pennes primaires bipartites et à pinnules sphénoptéroîdes, et le genre Mariopteris^ à pennes primaires quadripartites et à pinnules pécoptéroïdes, le premier a seul été rencontré jusqu'à présent dans le terrain houiller de Commentry.
On ne connaît avec précision le mode de fructification d'aucune des espèces comprises dans le groupe des Diplotmémées.
(1) Germai-, Verst. d. Sleink, c. Weltin a. Ldbej'àn. p. 9i, pi. XXXIII, fig. 1, 2.
Genre DIPLOTMEMA. Stur.
1877. Diplothmema. Stur, Culm-Flora, II, p. 226, 233 (pars);
Zur Morph. u. Syst. d. Çulm u. Carb, Famé, p. 183
(pars); Carbon-Flora, I, p. 283 ^pars).
i879. IMplatmema. Schimper, Hand6. der Palaont., II, p. 110.
RothpletZy Flora u. Fauna d. Culmform. b. Hainichen,
Pennes primaires bipartites y constituées par un rachis secondaire nu sur une certaine longueur, portant à son sommet deux sections feuillées divergentes, bipinnées ou tripinnées. Pinnules sphénoptéroîdes, contractées à leur base, à bord plus ou moins profondément lobé ou dentelé.
DIPLOTMEMA PALEAUI. n. sp.
(PL. IV, FiG. 1, 2).
Description de Vespèce. — Rachis secondaires nus, laides de 3 à 6 millimètres, marqués de stries longitu* dinales peu régulières, bifurques à leur sommet sous un angle très ouvert en deux branches plus ou moins flexueuses, larges de 1 à 2 millimètres, également striées en long, qui constituent les axes des deux sections de chacune des pennes primaires, tripinnées dans leur région inférieure, tripinnatifides seulement dans leur région supérieure. Pennes secondaires alternes , étalées ou étalées-dressées , distantes d'un même côté de 15 à 20 millimètres, se touchant par leurs bords, à contour ovale-ty^iangulaire, faiblement rétrécies vers leur base, effilées vers le sommet en pointe obtusément aiguë, longues de 3 à 6 centimètres, larges de 10 à 20 millimètres ; la plus basse naissant du côté extérieur et à une distance de la bifurcation égale à 15 à 25 millimètres. Pennes de troisième ordre
alternes, distantes d'un même côté de 4 à 8 millimètres, se touchant par leurs bords, à contour étroitement triangulaire, obtusément aiguës au sommet, longues de 5 à 12 millimètres, larges de 4 à 8 millimètres, décurrentes à la base le long du rachis ; {a plu^ basse de chaque penne secondaire, du côté supérieury paraissant souvent bifiirquée dès la base, par suite du développement de son segment le plus inférieur. Segments de dernier ordre, ou pinnules, alternes, à contour ovale, à surface supérieure un peu bombée, longs de 3 à 5 millimètres sur 2 à 4 millimètres de largeur, obtusément aigus au sommet, légèrement contractés et décurrents sur le rachis à la base, séparés par des sinus aigus, les supérieurs tout à fait entiers et se soudant les uns aux autres, les inférieurs THunis sur leurs bords de 3 à 5 dents obtures ou obtusément aiguës et d'ordinaire très peu saillantes.
Nei^vation peu visible sur la face supérieure, plus nette sur la face inférieure ; nervure médiane légèrement décurrente à la base, émettant de 1 à 5 nervures secondaires, simples ou bifurquées, qui aboutissent aux sommets des dents.
Remarques paléontologiques. — On voit sur la FiG. 1 de la Pl. IV la bifurcation du rachis secondaire qui portait à son sommet les deux sections opposées de la penne primaire, plus ou moins arquées en croissant; la plupart des pennes secondaires de cet échantillon montrent le développement de la pinnule inférieure de leur penne tertiaire la plus basse, pinnule profondément lobée et passant presque à une véritable penne, de sorte que cette penne tertiaire semble divisée dès la base en deux sections presque équivalentes (Fio. 1 Â). On observe d'ailleurs la même chose à la base des pennes de la F|g, 2 (Fig, 2 B),
Les pinnules de cette fougère avaient, suivant toute apparence, un limbe très épais, car elles sont représentées par une assez forte lame charbonneuse sur laquelle la nervation est presque indiscernable.
Rapports et différences. — Cette espèce rappelle un peu, à certains égards, le DipL J&cqxwti Zeiller (1) du terrain houiller moyen ; mais elle s'en distingue par les dimensions environ moitié moindres de toutes ses parties, par ses pinnules plus rapprochées^ moins contractées à la base, dentées plutôt que lobées, et non repliées en dessous sur leurs bords. Elle a également quelque analogie d'aspect avec le Sphenopteris Oravenhorstii Brongniart (2) ; mais celui-ci a les pennes de dernier ordre plus effilées, plus finement découpées, et les pinnules plus fortement contractées à la base, nettement lobées et munies de dents bien plus marquées.
Comparé aux deux espèces qui vont suivre, le Dipl. P&leaui se distingue par la découpure beaucoup plus profonde de ses frondes, à pennes primaires divisées en deux sections tripinnées, et non bipinnées, à pinnules munies de dents plus ou moins accentuées, mais bien visibles.
L'espèce étant nouvelle, je Tai dédiée à M. Paleau, ouvrier à Commentry, qui a pris à la recherche et à la récolte des échantillons de végétaux fossiles une part des plus actives et des plus intelligentes.
Provenance. — Puits Sainte-Âline, 8"* étage, dans le banc des Roseaux.
(1) Flore foss. du bass, houill. de Valenciennes, p. 157, pi. XVIII. fig. 3-6.
(2) Hist, végéL foss., I, p. 491, pi. 55, fig. 3.
DIPLOTMBMA BUBQUËTI. n. sp.
(PL. IV, FiG. 6 à 8.)
Description de V espèce. — Rachis primsiire large de 8 à 10 millimètres, plus ou moins flexueux, lissé ou marqué seulement, ainsi que les rachis secondaires, de quelques stries longitudinales peu régulières et faiblement accentuées. Rachis secondaires alternes, étalés à angle droit, distants, d'un côté à l'autre du rachis primaire, de 8 à 12 centimètres, larges de 5 à 8 millimètres, nvs sur 8 à 12 centimètres de longueur, bifurques à leur sommet sov^ un angle de 45'' à 80* en deux branches droites ou très légèrement flexueuses, larges de 2 à 3 millimètres, longues de 10 à 20 centimètres, qui constituent les axes des deux sections de la penne primaire : celles-ci 6ipinnées^ à contour ovale-lancéolé, légèrement dyssy^ métriques à leur base^ les pennes inférieures étant beaucoup plus réduites en dedans de la bifurcation qu'en dehors.
Pennes secondaires alternes, étalées ou étaléesdressées, à rachis légèrement canaliculé en dessus, distantes d'un même côté de 1 à 2 centimètres^ empié^ tant faiblement les unes sur les autres par leurs bords, à contour linéaire-lancéolé y longues de 4 à 8 ou 10 centimètres, larges à leur base de 8 à 15 millimètres, lentement effilées en pointe vers le sommet et souvent terminées par une pointe nue très aiguë, formée par le prolongement du rachis ; penne secondaire la plus basse naissant du côté extérieur et à 1 millimètre à peine de la bifurcation ; la plus basse du côté intérieur habituellement réduite à une simple pinnule plus ou moins profondément lobée.
Pinnules alternes, étalées-dressées , se touchant
par leurs bords, longues de 4 à 10 millimètres, larges à leur base de 3 à 6 millimètres, à contour ovsile ou ovale-triangulaire^ nettement contractées à la base et souvent un peu décurrentes sur le rachis, obtusement aiguës ou obtuses au sommet^ quelquefois même tout à fait arrondies, tantôt tout à fait entières^ et à bord seulement un peu sinueux, tantôt divisées en 3 k 5 lobes arrondiSy faiblement saillants, Us plus acoen* tués séparés par des sinus aigus.
Nervation souvent assez difficile à discerner, surtout sur la face supérieure, les nervures étant noyées dans le parenchyme et ne faisant qu'une faible saillie à la surface. Nervure médiane de chaque pinnule assez forte, plus ou moins flexueuse, décurrenteà la base^ se divisant au-dessous du sommet en nervules dichotomes; nervures secondaires se détachant sous des angles aigus, arquées, et divisées par une ou plusieurs bifurcations successives en nervules, simples ou dichotomes, atteignant le bord du limbe sous des angles assez ouverts.
Remarques paléontologiques. — L'échantillon représenté sur la FiG. 7 de la Pl. IV montre bien la division des pennes primaires de cette espèce en deux sections divergentes, seulement bipinnées, ot fouillées dès leur base ; malheureusement le rachis secondaire qui leur sert de pétiole ne se prolonge pas vers le bas jusqu'au point où il devait s'insérer sur le rachis primaire de la fronde. Je n'ai pu observer cette insertion dos rachis secondaires que sur un autre échantillon de Dipl. Busqueti, recueilli à Blanzy dans la carrière S**-Hélène et donné par M. Mathet à l'Ecole des Mines; j'ai réussi, en le dégageant au burin, à mettre à nu le rachis primaire sur une longueur de près de 30 centimètres : il est très nettement flexueux ou plutôt courbé en arçdç cercle, de telle façon que ses deux extrémités
sont dirigées presque à angle droit Tune par rapport à l'autre ; il passe d'une face à l'autre de la plaque de schiste et porte deux pennes primaires, insérées à une dizaine de centimètres de distance sur ses deux bords opposés, mais repliées toutes deux du mémo côté. Ces deux pennes sont constituées Tune comme Tautre par un rachis nu sur 8 centimètres de longueur, bifurqué à son sommet sous un angle de 45^ seulement en deux sections fouillées bipinnées, un pcyu plus petites que celles de la Fig. 7. Le rachis secondaire, simulant un pétiole, est d'ailleurs nettement continu à sa base avec le rachis primaire, lequel est parfaitement lisse et ne présente aucun des caractères d'une tige ou d'un rhizome. La flexion très forte qu*a subie ce rachis primaire donne seulement à penser qu'il s'appuyait peutêtre, à l'état vivant, sur des plantes voisines, ayant besoin d'un support étranger, comme on l'observe chez lesLygrodzum, dans lesquels les frondes sont réellement grimpantes, grâce à leur rachis primaire volubile.
Les pinnules de cette espèce sont tantôt plus ou moins lobées, comme on le voit sur les Fig. 6, 6 â, 7 et 7 Â, tantôt presque tout à fait entières comme le montrent les Fig. 8 et 8 A ; dans ce dernier cas, la pinnule inférieure de chaque penne secondaire est très élargie et souvent nettement bilobée. Â leur sommet les pennes secondaires se prolongent le plus ordinairement en une étroite pointe nue très aiguë, conservée seulement sur quelques points des échantillons Fig. 7 et 8, mais bien visible sur l'échantillon de Blanzy dont j'ai parlé tout à l'heure. Ce prolongement des rachis au-delà de la portion fouillée des pennes est d'ailleurs très fréquent chez les Diplotmémées, tant dans le genre Diplotmema que dans le genre Mariopteris.
Papports et différences. — Le DipL Busqueti se distingue au premier coup d'œil de l'espèce précédente
par la disposition des deux sections de ses pennes primaires , seulement bipinnées et feuillées dès la base, à pinnules plus grandes, munies de lobes arrondis et non dentelées. Considérées isolément, ces pinnules ont une analogie assez marquée avec celles de certains Sphenopteris de Tétage houiller moyen, notamment du Sph. obtrisiloba Brongniart et surtout du Sph. nevropteroides Boulay (sp.) ; mais outre que chez ce dernier les pennes bipinnées sont attachées les unes à la suite des autres en disposition régulièrement pennée le long d'un rachis commun et non point opposées deux à deux au sommet d'un rachis nu, les pinnules diffèrent encore assez sensiblement par leur forme, ayant le sommet plus arrondi et n'offrant jamais ce contour presque triangulaire à sommet obtusément aigu qud présentent les pinnules du DipL Busqueti dès qu'elles diminuent de taille et tendent à devenir tout à fait entières.
On peut encore signaler comme analogues à certains égards, notamment au point de vue de la nervation, les pennes de dernier ordre du M&riopteris Soubeirani Zeiller (1) ; mais la fronde de ce dernier paraît être divisée en quatre sections tripinnées ou même quadripinnatifides, et les pennes de dernier ordre, dont les plus petites ressemblent un peu aux pinnules les plus grandes du DipL Busqueti, sont toujours plus grandes et plus profondément découpées que ces dei^ nières, et beaucoup plus arrondies à leur sommet.
L'espèce étant nouvelle, j'ai été heureux de pouvoir la dédier à M. Busquet, directeur des mines de Decize, qui en a recueilli dans ces houillères et en a envoyé à TEcole des Mines, parmi d'autres beaux et intéres-
(1) Flore foss. du bass, houilL de Valenciennes, p, 167, pl.XlX, fig. 1.
sants échantillons, des empreintes parfaitement caractérisées.
Provenance. — Commentry : tranchée de l'Ouest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2*°* couche ; tranchée des Chavais, dans le banc des Roseaux.
Houillère de Doyet.
DIPLOTMEMA RIBEYRONI. n. sp.
(PL. IV, FiG. 3 à 5.)
Description de V espèce. — Sections de la penne primaire bipinnées, rétrécies en pointe vers leur sommet, à rachis large de 1 à 3 millimètres, marqué de très fines stries longitudinales, et parfois prolongé en une pointe nue au-delà de la portion fouillée.
Pennes secondaires alternes ou subopposées, ëteléeS'dresséeSy distantes d'un même côté de 8 à 15 millimètres, se touchant par leurs bords, à contour linéaire^lancéoléj longues de 15 à 45 millimètres, larges à leur base de 5 à 10 millimètres, lentement rétrécies vers le sommet et souvent terminées par une pointe nue très aiguë formée par le prolongement du rachis. Pennes secondaires supérieures passant à des pinnules simples d'abord pinnatifides, puis seulement lobées
Pinnules alternes, étalées^dressées ^ em^piétant légèrement les unes sur les autres, longues de 3 à 6 millimètres, larges de 1""°,5 à 3 ou 4 millimètres, à contour ovale^triangulaire^ contractées en pédicelle à la base et très légèrement décurrentes sur le rachis du côté inférieur, ohtusém^ent aiguës au sommet, d*ordinaire tout à fait entières, parfois munies de i k 3 lobes arrondis peu saillants; pinnule la plus basse de chaque penne secondaire naissant du côté
inférieur, généralement bilobée, ou, si elle est plus divisée^ à lobe inférieur prédominant.
Nervation souvent presque indistincte^ le limbe étant très épais. Nervure médiane de chaque pinnule droite ou légèrement flexueuse, se divisant un peu audessous du sommet en nervules dichotomes ; nervure secondaires naissant sous des angles aigus, se divisant par une ou deux dichotomies en nervules fines, assez serrées, atteignant le bord du limbe sou^ des angles assez aigus.
Remarques paléontoLogiques. — Je n'ai observé de cette espèce que des fragments incomplets et n'ai pu voir sur aucun d'entre eux la division des pennes primaires en deux sections qui est le caractère essentiel du .genre Diplotmema ; je n'ai pas hésité cependant à la classer dans ce genre, en raison de Taffinité marquée qu'elle offre avec diverses espèces du groupe des Diplotmé* mées, notamment par la division fréquente de la pinnule inférieure de chaque penne en deux lobes bien marqués et par le prolongement des rachis en une pointe nue au-delà de la portion fouillée ; ces deux caractères sont bien visibles sur les Fio. 3 à 5 de la Pl. IV, particulièrement le premier sur la Fig. 5 A et le second sur la Fig. 4. La différence d'inclinaison des pennes secondaires d'un côté à Fautre du rachis, bien visible sur la Fig. 3, atteste également une dyssymétrie qui s'explique facilement si Ton admet que le rachis qui porte ces pennes ne représente qu'une des branches d'une bifurcation. Enfin, l'analogie que présente à certains égards cette espèce avec celle qui précède, la forme des pinnules, étranglées en pédicelle à la base et par conséquent sphénoptéroîdes, me porte à croire que cette fougère doit appartenir plutôt au genre Diplotmema qu'au ^enre Afariqpteris.
Au point de vue de la différence de taille que Ton constate entre les trois échantillons figurés, Ton peut remarquer que celui de la Fig. 4 est intermédiaire entre les deux autres et sert de lien entre eux. J'ai observé d'ailleurs sur d'autres espèces, notamment sur le Mar. muricata, des différences encore plus marquées sans qu'elles pussent être regardées comme ayant une valeur spécifique ou correspondant même à des variétés distinctes.
Rapports et différences. — Le DipL Ribeyroni se distingue du DipL Busqueti par ses pinnules moins grandes, plus rarement lobées, plus aiguës au sommet, plus fortement contractées à leur base, à limbe plus épais, à nervation moins visible, à nervules plus serrées et moins arquées. Il ne laisse pas non plus de rappeler certaines formes du Mariopteris mûri' catsi, notamment de la variété nei'vosa; mais chez ce dernier les pinnules, moins aiguës au sommet, sont toujours attachées au rachis par toute leur base et même plus ou moins soudées les unes aux autres ; elles sont, en un mot, nettement pécoptéroîdes, par leur forme comme par leur nervation, la nervure médiane se prolongeant presque jusqu'à leur sommet.
Enfin, Ton peut signaler encore, comme ayant quelque analogie avec l'espèce que je viens de décrire, le Nevropteris cordato^ovata Weiss (1), qui présente aussi des pinnules ovales - triangulaires aiguës au sommet et contractées en pédicelle à la base ; mais celles-ci sont plus allongées, très nettement aiguës et non obtusément aiguës, toujours entières, aussi bien la plus basise de chaque penne que les autres, et d'ailleurs leur nervation, nettement névroptéroïde, formée
(l) Foss. FL d.jûngst. Steink., p. 28, pi. I, lîg. 1.
de normles beaucoup plas Gnes et plus nombreuses, plusieurs fois dichotomes, les distingue tout à fait de celles du DipL Ribeyroni.
J'ai donné à ce dernier le nom de l'un des collaborateurs de M. Fayol, M. Ribeyron, ingénieur diTisionnaire des mines de Commentry.
Provenance. — Tranchée de TOuest, au mur de la Grande Couche, et dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"* couche. Tranchée de TEspérance, dans les bancs de poudingues.
Pécoptêridées,
Frondes régulièrement pennées, à pinnules ou segments de dernier ordre attachés au rachis par toute leur baso, tantôt libres, tantôt plus ou moins soudés les uns aux autres, ordinairement contigus, à bords à peu près parallèles et le plus souvent entiers, plus rarement ondulés ou dentés, arrondis ou aigus au sommet, munis d'une nervure médiane nette atteignant presque jusqu'à leur sommet, de laquelle partent à droite et à gauche, en disposition pennée et sous des angles habituellement assez ouverts, des nervures secondaires simples ou une ou deux fois bifurquées.
Genre PECOPTERIS. Brongniart.
1822. niioltes (Sect. Peoopterlii). Brongniart, Class, végét. f08S,, p, 33.
1826. PMoptwia. Sternberg, Ess, FI. monde prim., I, fasc. 4, p. xvn. Brongniart, Prodr,, p. 54 (pars.).
Frondes peut-être quelquefois bipinnées, en tout cas plus ordinairement tripinnées ou quadripinnatifides, ou même quadripinnoes. Rachis de divers ordres re.^^tant nus entre les pennes homologues qui les garniss^.nt.
et ne portant dans l'intervalle qui sépare ces pennes, ni pennes plus petites, ni pinnules. Pinnules attachées par toute leur 6a8e, partant du rachis sous des angles généralement assez ouverts, parfois plus ou moins soudées les unes aux autres, à bords parallèles ou légèrement convergents , le plus souvent entiers , quelquefois lobés ou dentés, à sommet ordinairement arrondi ou obtus, plus rarement aigu. Nervure tnédiane nette, atteignant presque jusqu'au sommet des pinnules ; nervures secondaires habituellement alternes, partant de la nervure médiane et jamais directement du rachis, naissant sous des angles assez ouverts, tantôt simples, tantôt une ou plusieurs fois bifurquées.
Il est fort probable que plusieurs des Pecopteris houillers étaient arborescents et que les tiges de Fougères, ou Caulopteris, qui seront décrites ultérieurement, étaient couronnées à leur sommet par les frondes d'un certain nombre d'entre eux. L'une des espèces recueillies à Commentry, le Pec. Sterzeli, a même, comme on le verra plus loin, été trouvée en relation directe avec le tronc qui portait ses frondes.
Au point de vue du mode de découpure des frondes, le genre Pecopteris peut être partagé en trois groupes principaux: le premier, ou groupe des Pecopteris cyathoîdes, comprend les espèces à pinnules attachées par toute leur base sans trace de contraction du limbe en avant ni en arrière, à nervures secondaires simples ou une seule fois bifurquées ; il comprend essentiellement, parmi les espèces qui vont être décrites, les Pec. arhorescensy Pec. paleacea, Pec. cyathea, Pec. lepidorachis, Pec. Candollei, Pec. euneura^Pec. hemitelioides; on peut lui rattacher également les Pec. Bioti, Pec. Gruneri et Pec. Boutonneti, qui cependant, à d'autres égards, notamment par la soudure de plus en plus prononcée de leurs pinnules à mesure qu'on se
rapproche du sommet des pennes, offrent avec le troisième groupe, celui du Pec. unitày des affinités assez marquées.
Le deuxième groupe, ou groupe des Pecopteris névroptéroîdes, comprend les espèces à pinnules légèrement contractées à la base, soit en avant seulement, soit des deux côtés, et à nervures secondaires d'ordinaire plusieurs fois bifurquées ; vers le sommet des pennes ou des frondes, les pinnules affectent des dimensions de plus en plus petites et, en se soudant graduellement, donnent naissance à de grandes pinnules plus ou moins profondément lobées : le type de ce groupe serait le Pec. polymorpha^ et à côté de lui viendraient se placer, d*une partie Pec, intégra, d'autre part le Pec. densifolia ; quelques espèces, comme les Pec. oreopteridiay Pec. Platoni^ Pec. Daubreei, sont du reste intermédiaires entre ce groupe et le précédent et les relient assez étroitement Tun à l'autre.
Le troisième groupe, qui a pour type le Pec. unitay comprend les espèces à pinnules toujours soudées les unes aux autres sur une hauteur plus ou moins grande, à nervures secondaires inférieures aboutissant à la base du sinus séparatif des pinnules et semblant presque s*unir aux nervures correspondantes des pinnules voisines : les Pec. Launayi, Pec. Monyi, et Pec. eiauerica viennent ainsi se ranger à côté du Pec. unifa, de même que le Pec. feminseformis qui se distingue cependant de tous les autres par les dentelures aiguës de ses pinnules. Enfm le Pec. Sterzeli, avec les lobes toujours étroitement soudés de ses pennes de dernier ordre, se rapprocherait plutôt de ce groupe que de tout autre, sans avoir toutefois de réelles affinités avec aucun d'entre eux.
Un assez grand nombre de Pecopteris du terrain houiller ont été rencontrés à l'état fructifié, presque
toujours avec des pennes fertiles à limbe bien déve* loppé et semblables aux pennes stériles, et Ton a pu établir parmi eux plusieurs genres distincts fondés sur le mode de fructification. La plupart ont montré des sporanges coriaces, entièrement dépourvus d*anneau, et sont venus, par ce caractère, se classer dans la famille des Marattiacées : tantôt ces sporanges sont isolés et indépendants, tantôt ils constituent par leur réunion des groupes ou synangium dans chacun desquels ils sont plus ou moins étroitement soudés* On a établi, d'après les divers modes de disposition de ces sporanges, un certain nombre de genres, dont les quatre principaux, les seuls, du reste, qui aient été observés à Commentry, sont les suivants :
Genre Dactylotheca. Zeiller.
Sporanges indépendants y ovoides^ aigus au sommet, fixés sur les nervures « secondaires à peu de distance de Torigine de chacune d'elles. Ces sporanges s'ouvraient par une fente longitudinale.
Genre Asterotheca. Presl.
Sporanges ovoïdes j aigus au sommet, assez courts, réunis en groupes au nombre de trois à cing, parfois un peu plus^ et dressés autour d*un réceptacle ou support commun faiblement saillant^ normal au limbe, et plus ou moins étroitement soudés à leur base les uns aux autres en même temps qu'à ce réceptacle commun. Ces sporanges s'ouvraient à maturité par leur face ventrale, c'est-à-dire vers le centre du groupe, et peut être se disjoignaient-ils et se renversaient-ils en arrière de manière à favoriser la dissémination de leurs spores.
Gienre Scolecopteris. Zenker.
Sporanges longuement effilés vers le sommet en pointe aiguë^ réunis en groupes au nombre de quatre^ plus rarement trois ou cinq, et dressés autour d'un réceptacle fortement saillant ^ normal au limbe, auquel ils sont soudés par leur portion inférieure et qui constitue à chaque synangium une sorte de pédicelle. Ces sporanges s'ouvraient également par leur face ventrale.
Genre Ptychocarpvs. Weiss.
Sporanges presque cylindriques, légèrement amincis au sommet, réunis en groupes au nombre de cinq à huit et dressés autour d'un réceptacle très saillant, et soudés sur toute leur hauteur à la fois a ce réceptacle et les uns aux autres. Il est probable que ces sporanges s'ouvraient à leur sommet, ou près de celui-ci, une fois parvenus à maturité.
La plupart des Pecopteris cyathoîdes proprement dits appartiennent, par leur mode de fructification, au genre Asterotheca; le genre Dactylotheca comprend le Pec. dentata du terrain houîUer moyen, le Pec. Gruneri, et quelques autres espèces du même groupe. Quant aux deux autres genres, ils ne sont connus, du moins en empreintes, chacun que par une espèce, à savoir le Pec. polymorpha pour le genre Scolecopteris y et le Pec, unita pour le genre Ptychocarpus.
On a d'ailleurs observé sur d'autres espèces des sporanges annelés, qui prouvent que tous les Pecopteris houillers n'appartenaient pas à la famille des Marattiacées. Chez l'un, en effet, on a reconnu des sporanges groupés par trois à cinq et munis d'un
anneau à un seul rang de cellules (genre Oligocarpist Gœppert), disposé comme celui de certaines Fougères vivantes. Chez un autre, les sporanges, ovoïdes et assez gros, isolés d'ailleurs et par conséquent indépendants, se sont montrés coiffés à leur sommet d'une calotte conique formée de plusieurs rangs de cellules à parois épaissies (genre Seuftenhergia, Corda), que M. Stur ne regarde cependant que comme un accident de conservation affectant des sporanges semblables à ceux des DsLctylothecay mais dont l'existence, d'après les échantillons que j'ai pu voir, me parait au contraire parfaitement réelle.
Enfin, quelques autres types particuliers n'ont été observés que sur des échantillons silicifiés, et bien qu'il paraisse certain que par la forme des pinnules ils appartiennent aux PecopteriSy il ne parait pas utile d'en indiquer ici les caractères.
On voit par là que le genre PecopteriSy sans être aussi hétérogène que le genre Sphenopteris, est cependant loin d'être parfaitement homogène. Parmi les Fougères actuellement vivantes, on trouverait, du reste, dans les genres les plus divers et les plus éloignés, des frondes appartenant à ce genre par leur mode do découpure et de nervation. On peut dire toutefois que la majeure partie des Pecopteris houillers parait appartenir aux Marattiacées, et qu'un bon nombre d'entre eux, rentrant dans le genre Asterothecaiy forment ainsi un groupe vraiment naturel.
PEOOPTERIS BIOTI. Brongniart.
(PL. IX, FiG. 2 à 4.)
1834. Pecoptarlfl BloUi. Brongniart, Hist, végét. foss., I, pi.
117, fig. i; p. 341.
I9B6. Aspidites Biotii. Gœppert^ SysL fil. foss.t p. 364,
1869. CyathattosBioti. Weiss. Foss. FL d.jûngsL Steinkohl,
187?. Swltanbaroift Biotii. Stur, Culm-Flora, p. 293, 298
{non p. 295, fig. 29).
i877. Peoopt«ris (Pr«peoopt«ris) Biotii. Grand'Eury, Flore
carb, du dép. de la Loire, p. 63.
Description de Vespèce. — Frondes tripinnéea, longues de 1",50 à 2 mètres au moins, sur 0",40 à 0",oO de largeur, effilées en pointe aiguë à leur sommet. Rachis primaire large de 5 à 15 millimètres, tout à fait lisse ; rachis secondaires larges de 1 à 2 millimètres, légèrement canaliculés en dessus, également lisses ; rachis de troisième ordre larges de 0'^"^,5, canaliculés en dessus. Pennes primaires alternes, étalées ou étalées-dressées, souvent un peu flexueuses, espacées d*un même côté de 15 à 50 millimètres, empiétant d'ordinaire les unes sur les autres^ larges de 2 à 7 centimètres, longues de 8 à 25 centimètres, à contour linéaire-lancéoléy conservant la même largeur sur les deux tiers ou les trois quarts de leur longueur, puis se rétrécissant en pointe aiguë. A la base de chaque penne primaire le rachis principal porte une foliole anomale CAphlebiaJ à contour ovale, dressée le long du rachis, longue de 15 à 30 millimètres, large de 1 à 2 centimètres, profondément pinnatifîde, partagée en plusieurs lobes décurrentSy arqués^ divisés eux-mêmes presque jusqu'à leur base en lanières arquées^ diver^ genteSy larges de 0'°",5 à 1"'",5.
Pennes secondaires alternes, étalées-dressées ^ souvent légèrement arquées, à contour linéaire-lancéoléy empiétant un peu les unes sur les autres par leurs bords, longues de 1 à 4 centimètres sur 2 à 8 millimètres de largeur, rétrécies au sommet en pointe obtusèment aiguë.
Pinnules alternes, étalées-dressées ^ à contour obtu-
sèment triangulaire, légèrement bombées^ terminées au sommet en pointe obtuse , longues de 1 à 6 millimètres» larges de 1 à 2 millimètres, variant de taille et de forme suivant la position qu^elles occupent ; celles des pennes primaires supérieures petites, légèrement soudées les unes aux autres à leur base, arrondies à leur sommet ; celles des pennes primaires moyennes plus allongées, plus effilées au sommet, attachées par toute leur base et légèrement décurrentes sur le rachis, à bord entier ou à peine ondulé ; celles des pennes primaires inférieures contractées à leur base et munieSy du moins sur leur moitié inférieure, de lobes arrondis ^ faiblement saillants, séparés par des sinus aigus.
Nervation généralement très ne/to, parfois cependant plus difficile à distinguer, mais toujours discer* nable. Nervure médiane se prolongeant jusqu'au sommet des pinnules, faiblement décurrente à la base ; nervures secondaires se détachant sous des angles assez ouverts, simples sur les petites pinnules, bifurquées sur les pinnules plus grandes, du moins vers la base de celles-ci, et enfin émettant, dans les lobes des pinnules les plus développées, de une à trois nervules simples ou quelquefois dichotomes.
Remarques paléontologiques. — Les échantillons représentés sur les Fia. 2 à 3 de la Pl. IX correspondent tous à la région inférieure ou tout au plus à la région moyenne des frondes dont ils proviennent ; la FiG. 2 B montre en effet des pinnules nettement divisées en plusieurs lobes arrondis, tandis que les pinnules partiellement soudées de la Fia. 2 Â sont prises sur les pennes secondaires les plus voisines de l'extrémité des pennes primaires. La Fio. 3 montre la terminaison de ces pennes primaires en pointe très effilée.
Enfin la Fia. 4 représente une portion d^une grande
plaque portant Tempreinte d'un fragment considérable de fronde vu par sa face inférieure : les Aphlebia ou folioles anomales de la base des pennes primaires sont en partie masqués par le rachis et n'apparaissent dans toute leur étendue que là où le rachis lui-même est enlevé ; partout ailleurs ils débordent seulement à droite et à gauche, tout le long de ce rachis, qu'ils devaient recouvrir dans toute son étendue.
C'est d'ailleurs ce qu'on observe sur un autre échantillon, vu en dessus, recueilli à Lavaveix-les-Mines par M. le D' Chaussât et donné par lui à l'Ecole des Mines : cet échantillon, long de 35 centimètres, montre la région supérieure d'une fronde jusqu'à son sommet, et permet de suivre dans toute son étendue la variation graduelle des pinnules : le rachis, large de plus de 12 millimètres, porte de chaque côté 20 pennes primaires bipinnées, auxquelles succèdent une dizaine de pennes simplement pinnées, remplacées elles-mêmes à l'extrême sommet par quelques pinnules : à la base de toutes les pennes primaires bipinnées, sauf peut-être les cinq ou six dernières vers le haut, on distingue les Aphlebia appliqués contre le rachis el le couvrant presque complètement. Les pennes primaires inférieures de ce bel échantillon correspondent à une région un peu plus élevée que celles qu'on voit sur la Fig. 4, mais ne diffèrent pas sensiblement de celles de la Fig. 3 ; leur espacement est cependant un peu moindre, car il ne dépasse pas 35 millimètres, et leurs pinnules sont nettement entières. Vers le haut, l'espacement, d'un même côté du rachis, descend à 20 et même à 15 millimètres, les pinnules sont considérablement réduites, et cette portion de la fronde présente exactement l'aspect de la figure type de Brongniart ; enfin les pennes primaires supérieures ne portent plus elles-mêmes que des pinnules d'abord lobées, puis entières, et finissent
par se réduire à leur tour à des pinnules simples sur les deux ou trois derniers centimètres du rachis.
Je n'ai jamais rencontré le Pec. Bioti à Tétat fertile ; la grande analogie qu'il présente avec le Pec. dent&ta Brongniart du terrain houiller moyen, d'une part, et avec le Pec. Grunein, d'autre part, donne à penser qu'il doit appartenir au même groupe naturel et rentrer, par ses fructifications, dans le genre Dactylothecà. C'est, du reste, ce qui semble résulter d'une observation de M. Orand'Eury, qui a observé, dît-il, sur le Pec. Bioti des capsules sans anneau (1) et qui le place dans son groupe des Prepecopteris , chez lequel les sporanges seraient isolés sur les nervures des pinnules. De son côté, M. Stur avait rangé, dans sa Culm^Flovà, le Pec. Bioti dans le genre Senftenbergiaj qui aurait, suivant lui, et contrairement aux observations de Corda, des sporanges dépourvus d'anneau et avec lequel se confondrait, suivant cette manière de voir, le genre DactylothecsL ] mais il a reconnu depuis lors (2) que Téchantillon fructifié qu'il avait rapporté au Pec. Bioti appartenait en réalité au Pec. ophioderm&ticsL Gœppert (sp.). De nouvelles observations sont donc nécessaires pour établir d'une façon définitive quel est le mode de fructification du Pec. Bioti et à quel genre naturel appartient cette espèce.
Rapports et différences. — Le Pec. Bioti a, comme je l'ai dit tout à l'heure, une analogie marquée avec le Pec. dentata du terrain houiller moyen ; il s'en diâtingue par son rachis lisse, par ses pennes primaires bien plus linéaires, plus éti*oites par rapport à leur longueur, et par ses pinnules moins profondément lobées et plus rarement aiguës au sommet. Il ressemble
(1) Flore carb. du dép. de la Loire^ p. 62.
(2) Carbon-Flora, p. 89-90.
aussi beaucoup au Pec. ophiodermatica, mais il a le rachis lisse et les pennes primaires plus serrées et plus étroites. EnGn, il diffère du Pec. Gruneri parce que chez celui-ci le limbe est plus épais, la nervation à peine discernable, les pinnules plus arrondies encore à leur sommet et moins distinctement lobées ; par contre, chez ce dernier, la pinnule basilaire inférieure de chaque penne a le lobe inférieur plus accentué que chez le Pec. Bioti et la pinnulaire basilaire supérieure est très visiblement plus longue que colles qui la suivent, tandis que chez le Pec. Bioti la différence de taille est à peine sensible.
Provenance, — Tranchée de TOuest, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"** couche, et au mur de la Grande Couche.
PECOPTERIS (DACTYLOTHECA) GRUNERI. n. sp.
(PL. X, FiG. 1, 2.)
Description de l'espèce. — Frondes tripinnées, larges de O^jSO à 0"",50. Rachis primaire large de 4 à 7 millimètres, tout à fait lisse ; rachis secondaires larges de 1 à 2 millimètres, également lisses ; rachis de troisième ordre larges de 0"",5, lisses. Pennes primaires alternes, étalées-dressées, parfois légèrement flexueuses, espacées d*un même côté de 2 à 5 centimètres, empiétant les unes sur les autreSy larges de 3 à 5 centimètres, longues de 10 à 25 ou 30 centimètres, à contour lancéolé, légèrement rétrécies à la base du côté inférieur y et yraduellement rétrécies en pointe aiguë vers le sommet à partir de la moitié ou des deux tiers de leur longueur.
Pennes secondaires alternes, étalées ou étalées^ dressées, se touchant par leurs bords, à contour Hnéaire'lancéolé, effilées vers le sommet en pointe aiguë ou obtusémènf aiguë, longues de 15 à 30 milli-
mètres sur 4 à 8 millimètres de largeur ; penne secondaire la plus basse de chaque penne primaire naissant du côté inférieur, à 4 ou 5 millimètres de Tangle des deux rachis, sensiblement plus courte que les suivantes.
Pinnules alternes, étalées-dressées ^ à bords latéraux faiblement convergents, entiers ou munis de lobes arrondis à peine sensibles, arrondies ou obtusément aiguës au sommet, tantôt tout à fait indépendantes, tantôt légèrement soudées les unes aux autres à la base, à surface un peu bombée ; pinnule la plus basse de chaque penne secondaire naissant du côté inférieur, et munie à sa base d'un lobe arrondi assez saillant^ souvent un peu plus petite que les suivantes ; pinnule basilaire du côté supérieur un peu plus longue au contraire que celles qui lui succèdent.
Nervation à peine distincte, le plus souvent même tout à fait indiscernable. Nervure médiane à peine décurrente à la base, se prolongeant jusqu*au sommet des pinnules ; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, les supérieures simples, les inférieures une ou deux fois bifurquées.
Pinnules fertiles semblables aux pinnules stériles. Sporanges coriaces, sans anneau, ovoîdcs-pyri formes, effilés en pointe à leur sommet, longs de 0""°,50 à O^^jTS sur 0™'°,20 à 0"™,30 de largeur, indépendants les uns des autres, couchés sur les nervules^ et tournant leur pointe vers Textérieur.
Rem^arques paléontologiques. — Les Fig. 1 et 2 de la Pl. X représentent les deux seuls échantillons qui aient été recueillis de cette espèce : celui de la Fi6. 2 est complètement stérile ; celui de la Fia. 1 , qui n'a pu être représenté qu*en partie à cause de ses grandes dimensions, est stérile dans sa région tout à fait supé-
rieure et fertile sur tout le reste de son étendue ; sur la plupart des pennes inférieures, le limbe a été enlevé et une partie des sporanges ont disparu, laissant seulement leur empreinte en creux, comme on le voit sur la Fio. 1 A, tandis que d'autres sont restés adhérents à la roche et sont conservés sous forme de lame charbonneuse (FiG. i B, i B', 1 C, 1 D); souvent on aperçoit, au*delà de la région occupée par les sporanges, le contour du limbe, marqué par une étroite ligne charbonneuse correspondant vraisemblablement à un reploiement des bords de la pinnule vers le dessous. Ces sporanges sont indépendants, couchés le long des nervules, et souvent accolés deux à deux sous chaque lobe, disposition qui correspond k la bifurcation des nervures secondaires ; sous le lobe inférieur, ils sont souvent au nombre de trois, la nervure inférieure se divisant en trois branches ; au contraire, vers le haut des pinnules, les nervures secondaires restant simples, les sporanges sont isolés. A leur surface, on distingue un réseau de cellules toutes semblables, allongées parallèlement à leur axe ; il n'y a aucune trace d'anneau ni de coiffe. Ces caractères sont exactement ceux que j'ai observés sur le Pecopteris dentata Brongnîart, et sur lesquels j'ai établi le genre Dactylothecaj dans lequel rentre par conséquent l'espèce que je viens de décrire.
Il n'est pas sans intérêt de noter que, sur aucun de ces sporanges, je n'ai pu découvrir la moindre apparence d'anneau ni de coiffe apicale ; au contraire, le réseau cellulaire, loin d'être plus distinct vers le sommet, s'efface peu à peu au voisinage de la pointe des sporanges, tandis qu'il est très net à leur base. Si, comme Ta pensé M. Stur, la coiffe observée par Corda et que nous avons également constatée, M. Renault et
moi, sur les sporanges du SenftenbergiSL elegans (1), résultait, non pas d'une différenciation réelle du tissu, mais d*une simple apparence due à certaines circonstances accidentelles de conservation, on devrait, parmi les sporanges si nombreux que présente l'échantillon de la Fia. 1 , en trouver au moins quelques-uns paraissant de même munis d'une calotte apicale plus ou moins nettement délimitée. Or il n'en est pas ainsi, comme je viens de le dire, et ce fait négatif s'ajoute aux observations positives que j'ai pu faire sur le Senf'^ tenbergia elegans pour me confirmer dans la conviction que les sporanges de celui-ci sont réellement munis d'une calotte véritable, constituée par des cellules à parois épaissies, et que le genre Dactylotheca, avec ses sporanges à paroi dépourvue de toute différenciation, ne saurait être réuni au genre Seuftenhergia^ chez lequel les sporanges sont, en outre, beaucoup plus gros.
Bien que le rachis primaire de l'échantillon Fia. 1 soit visible sur une grande longueur, on n'aperçoit à la base d'aucune des pennes primaires la moindre trace de pennes anomales (Aphlebia), telles qu'en présentent souvent les Pec. dentata et Pec. Bioti; mais on ne saurait conclure de laque le Pec. Gruneri fût réellement dépourvu do ces folioles bizarrement découpées, car il est fort possible qu'elles soient restées engagées dans la roche de la contre-empreinte, ou encore qu'elles aient été caduques, comme on le constate surtout chez le Pec. dentata^ où elles manquent assez fréquemment.
Rapports et différences. — L'espèce que je viens de décrire ressemble beaucoup au Pec. Biotiy au point
(1) Zeiller, Flore foss. du bas8. houill. de Valencienveà, p. 5!,
même que je me suis demandé si Téchantillon de la FiG. 1 ne devait pas être regardé simplement comme une fronde fertile de Pec. Bioti ; toutefois, Texamen des portions stériles de cet échantillon et celui de Téchantillon Fig. 2 m ont fait reconnaître un certain nombre de différences qui ne me paraissent pas permettre l'identification : outre que les pennes primaires du Pec. Bioti conservent la même largeur sur une plus grande partie de leur longueur totale et sont ainsi plus linéaires, elles ne présentent pas à leur base, du côté inférieur, ce rétrécissement marqué qui résulte, chez le Pec, Grunerij du raccourcissement très notable de la penne secondaire la plus basse. D*autre part, à la base des pennes secondaires, on ne remarque pas chez le Pec. Bioti cette différence si accentuée que présentent les pinnulos basilaires inférieure et supérieure du Pec. Gruneri, Tune plus petite que les suivantes et presque auriculée à la base par suite du développement de son lobe inférieur (Fig. 1 E, Pl. X), l'autre plus grande au contraire que celles qui lui succèdent ; enfin, les pinnu les lobées du Pec. Gruneri ont les lobes bien moins accentués encore que celles du Pec. Bioti. J'ajouterai, comme différence secondaire, que chez le Pec. Gruneri le limbe est bien plus épais et la nervation bien moins distincte que chez T espèce précédente.
Comparé au Pec. dentefa, le Pec. Gruneri se distingue également par Tépaisseur de son limbe, par ses pinnules moins nettement lobées, plus arrondies à leur sommet, enfin par ses pennes primaires plus rapprochées et plus étroites par rapport à leur longueur, et par ses rachis tout à fait lisses.
J'ai donné à cette espèce le nom du regretté M. (îruner, inspecteur général des mines, à qui Ton doit de si belles études géologiques et techniques sur plusieurs des bassins houillers du centre de la France.
Provenance, — • Tranchée de TEspéfance, dans le banc de8 Roseaux. Tranchée de Foret, dans un banc de grès au mur de la Grande Couche.
PECOPTERIS BOUTONNETI. n. sp.
(PL. IX, Fiô. 5).
Description de l'espèce. — Frondes probablement tripi%nées. Pennes primaires à contour lancéolé ou linéaire-lancéolé, larges de 4 à 5 centimètres, à rachis marqué de stries longitudinales très fines et peu régulières. Pennes secondaires alternes, étaléesdressées, se touchant par leurs bords ou empiétant faiblement les unes sur les autres, à contour étroite" ment triangulaire^ larges à la base de 4 à 7 millimètres, longues de 15 à 25 millimètres, effilées au sommet en pointe aiguë.
Pinnules alternes, étalées ou étalées-dressées, à contour triangulaire, aiguës ou obtusément aiguës au sommet, légèrement décurrentes à la base le long du rachis et séparées par des sinus aigus, souvent un peu arquées en fauxj à bords latéraux entiers ou à peine onduléSi longues de 2 à 5 millimètres sur 1 millimètre à l'°°',5 de largeur; pinnule la plus basse de chaque penne secondaire naissant du côté inférieur et munie à sa base d*un lobe arrondi très saillant.
Nervation très nette; nervure médiane légèrement flexueuse, décurrente à la base ; nei^vures secondai' res naissant sous des angles assez ouverts, presque toutes simples y les plus basses elles-mêmes rarement bifurquées.
Pinnules fertiles semblables aux pinnules stériles, mais marquées en dessus, à égale distance entre la nervure médiane et le bord du limbe, d'une série de petites dépressions ponctiformesy auxquelles s^arrètent les
no
nervures secondaires. Sporanges non encore observés.
Remarques pstléontologiques. — Les petites dépressions qu'on observe sur l'échantillon de la Fia. 5, Pl. IX, à l'extrémité des nervures secondaires, correspondent évidemment à l'insertion de sporanges attachés en dessous des pinnules et peut-être réunis par groupes ; l'échantillon étant vu en dessus, il est malheureusement impossible de reconnaître comment ces sporanges étaient disposés et organisés, et l'on reste dans Tincertitude sur le mode de fructification de cette espèce.
Rapports et différences. — Elle ressemble tellement au Pec. dentata que je n'aurais sans doute pas songé à l'en séparer si les petites dépressions qu'on observe à la surface des pinnules ne m'avaient paru indiquer un mode de fructification différent de celui du Pec. dentata ; je n'ai, en effet, rien observé de semblable ni chez ce dernier, ni chez les autres espèces du genre Dacty^ lothecà que j'ai eu Toccasion d'examiner; les pinnules fructifiées des Dàctylotheca^ lorsqu'elles sont vues par leur face supérieure, présentent, non des dépressions, mais de petites saillies allongées, correspondant aux sporanges indépendants qui sont couchés sur les nervures. Il ne me paraît donc guère possible que l'espèce que je viens de décrire puisse appartenir à ce genre.
Elle présente d'ailleurs, en dehors de ce caractère, quelques différences de forme qui, examinées attentivement, pourraient suffire à la distinguer du Pec. dentatsL : elle a, en effet, les pinnules plus décurrentes,plus arquées en faux, du moins celles du bord inférieur des pennes secondaires ; les pennes secondaires sont moins exactement linéaires^ et surtout la pointe simple, à bords entiers ou à peine lobés, qui termine chacune d'elles, est sensiblement plus courte, par rapport à la longueur totale de la penne, que chez le Pec. dentata; la nervure médiane est plus tlcxueuso, et les nervures secondaires
Ht
inférieures sont plus rarement bifurquées ; enfin, ce qui est plus important, le rachis ne présente pas les fines ponctuations qu'on observe d'une façon si constante sur ceux du Pec, dentata.
Comparée au Pec. Bioti et au Pec. Grunerij cette espèce se distingue du premier notamment par la forme de la pinnule basilaire de chaque penne secondaire, qui est presque auriculée, et du second par ses pinnules bien plus aiguës, plus décurrentes, à limbe moins épais ot à nervation bien plus nette ; de plus, elle semble, comme je Tai fait remarquer, ne pas avoir le même mode de fructification que le Pec. Chnxneri.
Le nom appliqué à cette espèce est celui de M. Boutonnet, ingénieur divisionnaire des houillères de Montvicq.
Provenance. — Tranchée de l'Espérance, dans les bancs de poudingues.
PECOPTERIS (ASTEROTHECA) ARBORESCENS.
SCHLOTHEIM (sp.).
(PL. XI, FiG. 1. 2.)
1804. Sohlotheim, Fiora der Vorwelt, pi. VIII, fig. 13.
1820. Filicites arborescens. Schlotheim, Petrefactenkundey
1826. Peoopteris arborea. Sternberg, Ess. FI, monde prim.,
ï, fasc. 4, p. XVIII.
1828. Pecopteris arboreBcena. Brongniart, Prodr.y p. 56;
Hist. végét. foss., I, p. 310, pi. 102, fig. 1, 2; pi. 103, fig.
2, 3. Sternberg, Ess, FI. monde prim.y II, fasc. 7-8,
p. 147 (pars). Gutbier, Verst. d. Rothlieg. in Sachs., p. 16,
pi. II, fig. 9. Germar, Verst. d. Sleinh. v. Wettin u.
Lobejûn, p. 97, pi. XXXIV, fig. 1-3; pi. XXXV, fig. 5-7
(an fig. 4?). Heer, Urw.d. Sc/iweiz, p. 13, pi. I, fig. 8.
Rœmer, Leth. geogn.y I, p. 176, pi. LVIII, fig. 3.
Grand*Eury. Flore carb. du dép. de la Loire, p. 68,
pi. VIII, fig. 6. ZeUler,ExpI. Carte géol Fr.. IV, p. W, pl.CLXIX, fig. 4. 8ohimper,5and6.dcrPalaanf.,p.l27. fig. 103. Renault, Court boL foss., III, p. 108, pi. 17. fig. 1-3.
1836. Cyatlieit— arboresecim Gœppert, Syst. fil foss., p. 321. O. Feistmantal, ZeiUch. d. deuisdi. geoL Gesellsch., XXV, p. 600, pi. XVIII, fig. 15, 15 a ; Palœontogr., XXIIL p. 292, pi. LXVn, fig. 6, 6 a. Heer, FL foss. HelveU p. 27, pi. VIII, fig. 1-4. Schenk, m Riohtliofen, C/iina, IV, p. 212, pi. XLV, fig. 14-16.
1869. Gjathooarpns arboresoens. Weiss, Foss. FI. d. jûngst. SteinkoM., p. 84.
1883. Soolaooptttils arboroaoans. Stur, Zur Morph, u. Syst. d. Culm. u. Car6. Farne, p. 122; Carbon-FlorA, I, p. 196, fig. 24 ; p. 204.
1864. QsrathAites Sohlotheimii. Qœppert, Fos$. FI. d. perm. Form., p. 120 {pars), pi. XV, fig, 1.
Description de Vespèce. — Frondes de grande taille, tripinnées. Rachis primaire large de 15 à 30 millimètres, presque lisse oumarqué de ponctuations un peu allongées dans le sens longitudinal ; rachis secondaires larges de 3 à 8 millimètres, lisses ou finement ponctués. Pennes primaires alternes, étalées ou étalées^ressées, espacées d*un même côté de 10 à 15 centimètres, empiétant les unes sur les autres par leurs bords, à contour étroitement ovale-lancéoléy légèrement rétrécies à leur base et assez brusquement contractées en pointe vers leur sommet, larges de 5 à 20 centimètres, longues do 15 à 50 centimètres. Pennes secondaires alternes, étaléeS'dressées ou tout à fait étalées, parfois même un peu réfléchies ou arquées en arrière, ne se touchant pas ou se touchant à peine par leurs bords, à contour linéaire-lancéolé, effilées en pointe vers le sommet, larges de 3 à 8 millimètres, longues de 2 à 11 centimètres.
Pinnules alternes, étalées, très courtes, à contour
rectangulaire arrondi au sommet , attachées au rachis par toute leur base, non décurrentes, exactement con^ tiguës^ larges de 1 à 2 millimètres sur 1""",5 à 4 millimètres de hauteur, à surface supérieure légèrem,ent bombée, Â Textrémité des pennes primaires^ et vers le sommet de la fronde, les pennes secondaires simplement pinnées sont remplacées par des pinnules simples plus grandes que les autres, atteignant 5 à 8 millimètres do longueur et 2"",5 à 3 millimètres de largeur.
Nervure médiane très nette, droite, se prolongeant jusqu*au sommet de la pinnule ; nei*vures secondaires naissant sous des angles très ouverts, droites^ et toujours sim.pleSj sauf sur les grandes pinnules qui, vers l'extrémité des pennes primaires^ remplacent les pennes secondaires et qui ont des nervules bifurquées.
Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes et pinnules stériles; sporanges ovoïdes, réunis en groupes ou synangium. par 4, ou plus rarement par 3 ou par 5, légèrement soudés entre eux à la base, dressés et convergeant les uns vers les autres par leurs sommets. Synangium. à contour carré, mesurant environ 0""°,75 de diamètre, disposés en deux séries parallèles, Tune à droite, l'autre à gauche de la nervure médiane de chaque pinnule, exactement contigus, et couvrant toute la face inférieure des pinnules, à Texception de leur sommet.
Remarques paléontologiques. — Cette espèce, très abondamment répandue surtout dans la région inférieure de l'étage houiller supérieur, est connue en fragments de très grande taille, qui prouvent que ses frondes atteignaient des dimensions considérables. Gormar en a figuré plusieurs échantillons, provenant des différentes parties de la fronde, et dont l'un, celui de la fig. 1, pi. XXXIV, do la Flore de Wettin et de Lôbejttn, montre un rachis de 3 centimètres de largeur portant
les bases de plusieurs pennes primaires; les autres figures font voir la forme presque linéaire des pennes primaires, leur terminaison en pointe avec quelques pinnules simples succédant aux pennes secondaires simplement pinnées, enfin leur remplacement au aom« met de la fronde (pL XXXV, fig. 7) par des pennes simplement pinnées. Il a été recueilli aussi à la Grand'- Combe (Gard), surtout dans le système de Tresool, de iVGfi grands échantillons de Pec. arborescenSt dont l'un, donné à l'Ecole nationale des mines, porte Tempreintc d'un gros rachis auquel sont attachées d'un côté six et de Vautre cinq pennes primaires, les unes incomplètas, les autres conservées presque jusqu'à leur sommet. D'autres plaques de la même provenance montrent des pennes fructifiées entièrement couvertes en dessous de groupes do sporanges présentant, comme l'a constaté M, Grand'Eury, les caractères du genre Asterotheca..
A Commentry, le Pec. arboreacena semble assez rare ; tout au moins n'en a-t-on recueilli qu'un petit nombre d'exemplaires ; celui de la Fig, 1, Pl. XI, montre un fragment d'une penne primaire assez étroite, appartenant déjà par conséquent à la région supérieure de la fronde. Celle de la Fie. 2, beaucoup plus large et provenant do la région inférieure ou du bas de la région moyenne, est conservée jusqu'à son sommet, et laisse voir les grandes pinnules simples qui font suite aux pennes secondaires normales.
Rapports et différences. — Le Pec. arborescens ressemble surtout, dans le groupe des Pecopteris cyathoîdcs auquel il appartient, aux deux espèces qui vont être décrites après lui, c'est-à-dire au Pec. paleacea et au Pec. cyathea ; mais il se distingue de l'un et de l'autre par ses pinnules beaucoup plus courtes par rapport à leur largeur, souvent à peine plus hautes que larges, à nervures secondaires toujours simples, si
on laisse de côté les grandes pinnules terminales. Comparé au Pec. pateacca, auquel il ressemble plus encore qu'au Pec. cyathea^ chez qui les pinnules sont bien plus longues par rapport à leur largeur et souvent inégales, il a les pennes primaires beaucoup plus étroites, à contour plus linéaire, les pinnules plus petites, et enfin le rachis incomparablement moins chargé d*écailles : les ponctuations qu*on observe sou* vent sur ses rachis prouvent en effet que les écailles qu*il8 étaient susceptibles de porter étaient infiniment moins abondantes et assez rapidement caduques.
Synonymie. — La synonymie du Pec. arboreacens ne donne lieu à aucune observation, Tespèce ayant été toujours figurée sous son véritable nom ; je crois soulement ne devoir citer qu'avec doute Tune des figures publiées par Gtermar, la grande dimension des pinnules et la bifurcation des nervures secondaires me faisant hésiter sur Tattribution de cet échantillon au Pec. arboreacens ; il est possible toutefois qu'il lui appartienne réellement et qu'il représente le sommet d'une fronde, à pennes primaires simplement pinnées et garnies de grandes pinnules.
Quant au nom de Cyatheites Schlotheimii^ Gœppert, qui ne Tavait appliqué primitivement qu'au Pec. et/at/iea, l'a étendu, dans sa Flore permienne, au Pec. arborescens^ réunissant, à tort suivant moi, ces deux espèces en une seule, et y comprenant en outre le Pec. lepidarachis^ qui me parait bien différent de l'un et do l'autre.
Protfenance. — Tranchée de Forêt, au mur de la Grande Couche. Tranchée de l'Ouest, au mur de la Grande Couche, et dans les bancs de schistes intercalés dans la S^'^^îouche.
PEGOPTERIS (ASTERUTHEGA?) PALEACEA. n. sp. (PL. XI, FiG. 5 ; PL. Xn, FiG. 1, 2.)
Description de Vespèce. — Frondes de grande taille, tripinnées. Hachis primaire large de 15 à 30 millimètres; rachis secondaires larges de 4 à 10 millimètres ; rachis de divers ordres entièrement couverts d'écaillés ou poils écailleux étroitement lancéolés^ atteignant jusqu'à 1 centimètre de longueur sur le rachis primahre et 5 millimètres sur les rachis secondaires. Pennes primaires alternes, étalées-dressées, espacées d'un même côté de 6 à 15 centimètres, empiétant les unes sur les autres par leurs bords, à contour ovale^lancéoléy légèrement contractées à leur base, graduellement rétrédes vers le sommet en pointe obtuse ou obtusément aiguë, longues de 10 à 30 centimètres et probablement davantage, sur 5 à 15 centimètres de largeur en leur milieu. Pennes secondaires alternes, étalées-dressées ou tout à fait étalées, parfois même un peu réfléchies en arrière, non contiguës ou se touchant à peine par leurs bords, à con-* tour linéaire-lancéolé, effilées à leur sommet en pointe obtuse, longues de 2 à 7 centimètres sur 6 à 10 millimètres de largeur. Pinnules alternes, tout à fait étalées, à contour rectangulaire arrondi au sommet, attachées par toute leur base, non décurrentes, exactement ou presque exactement contiguës, se soudant on partie les unes aux autres sur les pennes supérieures, d'ordinaire deux fois plv^ longues que larges, hautes de 2 à 5 millimètres sur i™™,5 à Z^'^yb de largeur, planes ou faiblement bombées sur les bords. A Textrémité des pennes primaires, les pennes secondaires simplement pinnées sont remplacées par quelques grandes pinnules simples, d'abord ondulées, puis
entières, longues de 5 à 10 millimètres sur 2°^°^^b à 4 millimètres de largeur.
Nervation nette : nervure médiane droite, se prolongeant jusqu'au sommet dos pinnules ; nervures secon^ daires naissant sous des angles assez ouverts, les unes simples^ les autres bifurquées dès leur base ; celles des grandes pinnules terminales toutes bifurquées.
Remarques paléontologiques. — La Fie. 1 de la Pl. XII montre un fragment de fronde de cette espèce dont les pennes primaires supérieures ne sont pas encore tout à fait développées ; les pennes primaires inférieures ont été brisées, mais on voit encore leur base, qui fait saillie sur les bords du rachis principal. Celui-ci est entièrement couvert, ainsi que les rachis secondaires, de longues écailles, aiguës au sommet, qui lui donnent un aspect quelque peu analogue au Selaginites Erdmanni Germar (i), lequel ne représente d'ailleurs, suivant toute apparence, que le rachis, avec ses diverses ramifications, d'une fronde de Fougère non encore entièrement développée, appartenant sans doute à quelque espèce voisine de celle qui vient d'être décrite. A la base de la penne primaire de la Fie. 2, qui n'a pu être représentée tout entière, les pennes secondaires les plus inférieures sont légèrement réfléchies en arrière et très sensiblement réduites comme longueur, ce qui donne à l'ensemble de la penne un contour nettement ovale ou ovale-lancéolé. La penne primaire de la Fie. 5, Pl. XI, qui avait évidemment des dimensions plus grandes, devait appartenir à une région plus inférieure de la fronde.
Il n'a été rencontré de cette espèce aucun échantillon fructifié, de sorte que je ne la rapporte qu'avec quelque doute au genre Asterotheca, bien que ses affî-
(1) Verst. d. Steinh^ r. Weitin u. Làbejûv, p. 60, pl. XXVI,
nités très étroites avec le Pec, cyathea, et le Pec. arborescens donnent lieu de croire, avec beaucoup de probabilité, qu'elle avait le même mode de fructification que ceux-ci.
Rapports et différences. — Le Pec. paleacea reasemble beaucoup» comme je viens de le dire, aux Pec. cyathea et Pec, arhorescens^ mais surtout à ce dernier. Il se distingue de Tun et de l'autre par la forme de ses pennes primaires plus larges par rapport à leur longueur, à contour presque ovale et non linéaire, par la largeur plus grande de ses pinnules, enfin par les longues écailles qui couvrent ses rachis. Sa nervation, formée de nervures secondaires tantôt simples, tantôt bifurquées, le rapproche du Pec, cyathea et l'écarté au contraire du Pec. arborescens^ chez lequel les nervures secondaires restent simples ; comparé à ce dernier, il a en outre les pennes secondaires plus obtuses à leur sommet, et les pinnules plus longues par rapport à leur largeur.
Les grandes écailles dont ses rachis sont munis sont presque exactement semblables, comme forme et comme abondance, à celles du Pec. squamosa Lesquereux (1) ; mais il ne peut être confondu avec celui-ci, dont les pinnules, bien plus étroites, sont beaucoup plus longues par rapport à leur longueur, et sont aussi plus effilées à leur sommet.
Provenance. ~ Tranchée de l'Ouest, à 1», 50 au toit de la 4™« couche. Tranchée Saint-Edmond, à 20 mètres au toit de la Grande Couche.
(i; Geol. Surv. of IllinoU, IV, p. 400, pi. XII, fig, 1-4 ; pi XIII, fig, 10, 11 ; Coal'Flora, p. 235, pi. XXXIX, fig. 12, 13.
PKCOPTERIS (ASTEROTHBCA) OYATHBA.
SCHLOTHBIM (sp.).
(PL. XIII, FIG. 1 à 4.)
1804. Sohlotheim, Flora der Vorwelt, pi. VII, flg. il.
1820. FUioitM ùymthwom. Sohlotheim» Petrefactenhunde, p.
1826. Pecoptaris Sohlotheimii. Sternberg, Ess. FI, monde prim., I, fesc. 4, p. xviii.
1828. Peoopteria cyathea. Brongniart, Prodr. p. 56 ; Hist. végét. foss., I, p. 307, pi. 101, fîg. 1-4. Sternberg. Ess. FI. monde prim,^ II, fasc. 7-8, p. 149. Heer, Urw. d. Sch'weiz, p. 13, pi. I, fig. 7. Grand'Bury, Flore carb. du dép. de la Loire, p. 68, pi. VIII, fig. 7. ZelUer, ExpL Carte géol Fr., IV, p. 82, pi. CLXIX, fîg. 5, 6. Renault, Cours bot. fosa., III, p. 109, pi. 17, fîg. 4, 5.
1836. Gyatheltes Sohlotheimii. Gœppert, Syst. fll foss., p. 820.
1898. Staffensia cyatheoides. Presl, in Sternberg, Ees. FI.
monde prim., II, faso. 7-8, p. 122.
1879. Astarothaoa oyathea. Schimperj Handb. der Pal&oni,
p. 90, fîg. 65 (3-5).
1883. Soolacopteris oyathea. Stur, Zur Morph. u. Syst. d. Çulm u. Carb. Famé, p. 118, fig. 25 ; p. 122 j Carbon- Flora, l, p. 202, fig. 29; p. 204.
1855. CSyatheltaa arborescens. Geinitz, Verst. d. Steink. in Sachs., p. 24 (pars), pi. XXVIII, fig. 7-11.
Description de V espèce* -^ Frondes de grande taille, tripinnées. R&chis lisses ou marqués seulement de quelques stries longitudinales peu régulières et assez peu visibles ; raohis primaire atteignant 4 centimètres de largeur et sans doute davantage ; raohis secondaires larges de 5 à 15 millimètres. Pennes primaires alternes, étaléeS'-dressées ou étaléeSy espacées d'un même côté de 10 à 15 centimètres, empiétant les unes sur
les autres par leurs bords, à co7Uour étroitement ovale-lancéolé, très faiblement rétrécies à leur base, conservant la même largeur sur les trois quarts ou les quatre cinquièmes de leur étendue, puis rapidement rétrécies et terminées en pointe obtusément aiguë, longues de 30 à 60 centimètres et peut-être davantage, larges de 8 à 20 centimètres. Pennes secondaires alternes, étulées^dressées ou tout à fait étalées^ se touchant et empiétant même le plus souvent les unes sur les autres par leurs bords, A contour linéaire-lancéolé, contractées vers leur sommet en pointe obtu^se ou obttisément aiguë^ longues de 4 à 10 centimètres sur 8 à 1 5 millimètres de largeur.
Pinnules alternes, tout à fait étalées et presque exactement normales au rachis, à contour rectangulaire arrondi au sommet, attachées par toute leur base, non décurrentes, exactement contiguës, souvent un peu inégales, d'ordinaire deux fois et de^nie à trois fois ou trois fois et demie plus longues que larges, hautes de 4 à 8 millimètres sur l^'^jS à 2'°",5 de largeur, planes ou très légèrement bombées sur les bords. A Textrémité des pennes primaires, et sans doute aussi vers le sommet de la fronde, les pennes secondaires simplement pinnées sont remplacées par des pinnules simples, longues de 8 à 12 millimètres sur 2 à 3 millimètres de largeur.
Nervation assez nette : nervure médiane droite se prolongeant jusqu'au sommet de la pinnule ; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, droites ou faiblement arquées, les unes simples, les autres bifurquées soit dès la base, soit à peu de distance de la base.
Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes et pinnules stériles, les pennes secondaires parfois cependant un peu plus espacées; sporanges ovoïdes,
ai^» au sommet, longs d'environ 1 millimètre sur 1/4 à 1/3 de millimètre de diamètre, réunis en groupes ou syn&ngium par 4, ou plus rarement par 3 ou par 5, légèrement soudés à leur base, dressés les uns contre les autres et convergeant par leur sommet. Synan-' gium à contour carré mesurant 0"*"*,75 de côté, assez saillants, dressés, ou plus rarement rabattus en travers, le sommet tourné vers la nervure médiane, disposés en deux séries parallèles, une de chaque côté de la nervure, exactement contigus et couvrant toute la face inférieure des pinnules jusqu'à leur sommet.
Remarques paléontologiques. — A en juger par les dimensions du rachis primaire de quelques échantillons que j'ai eus sous les yeux, comme par la longueur des portions de pennes primaires qu'on rencontre assez fréquemment sans cependant pouvoir les suivre d'un bout à l'autre, les frondes du Pec. cyathea devaient atteindre des dimensions très considérables, supérieures probablement à celles des deux espèces précédentes. Il en a été recueilli à Commentry plusieurs empreintes, les unes stériles, les autres fructiiiées, dont un certain nombre montrent trois ou quatre pennes primaires parallèles, mais sans qu'on puisse les suivre jusqu'à leur insertion sur le rachis primaire qui les portait. La largeur de ces pennes varie dans des limites assez étendues, suivant la place qu'elles occupaient sur la fronde : vers le haut, elles devaient aller en se rétrécissant, et faire place sans doute près du sommet à quelques pennes simplement pinnées, comme on l'a observé chez le Pec. arborescens. Les Fio. 2 et 3 de la Pl. XIII montrent des pennes primaires assez étroites, tandis que celle de la Fia. 1 peut compter parmi les plus larges qu'on puisse rencontrer ; à gauche de cette penne, on aperçoit le bout des pennes secondaires d'une autre penne parallèle, que le manque
d*68paee n'a pts permin de repréamter et qui eet elle* même same d'une troisième, tootes trois entièrement couvertes de fructifioations. On voit sur l'empreinte ds la Fie. 4 le sommet d'une penne {nrimaire svec aai quelques grandes pinnulee simples soeoédant aux pennes secondaires normales.
J*ai indiqué, dans la description qui précède, les synangium comme exactement oontigus et couvrant en* tièremênt les pinnules fertiles : il ne semble pas, sur la Pio. 1, qu'il en soit réellement ainsi, ces S3niiangiuin étant un peu écrasés à leur base, et ne faisant pas sur toute leur étendue saillie à la surface de la plaque, de telle sorte qu'à première vue ils paraissent un peu séparés. Beaucoup d'entre eux sont rabattus sur le côté et couchés en travers des pinnules, le sommet tourné vers la nervure médiane, comme le montre la Fio* grossie 1 A : il est assez probable qu'à l'état vivant, les pinnules étant peut-être un peu bombées, les réceptacles ou supports des deux séries de synangtum devaient être légèrement convergents, ce qui explique cette tendance à un rabattement en travers du côté de la nervure médiane. Sur d'autres échantillons, au contraire, les synangium sont tous exactement dressés, notamment sur une grande portion de fronde fertile recueillie à Decazeville et qui offre dix pennes primaires, dont quelques-unes complètes, attachées de part et d'autre d'un rachis large de plus de 35 millimètres : sur cet échantillon, les pennes secondaires, étalées presque à angle droit sur les rachis, cessent d'empiéter les unes sur les autres et sont même un peu séparées ; les plus basses de chaque penne primaire sont un peu plus courtes que les suivantes et très légèrement réfléchies en arrière.
Rapports et différences. •— Le Pec. cy&thesL se distingue des deux espèces précédentes par ses pinnules
plus longues par rapport à leur largeur et souvent Ben* siblement inégales ; il a en outre le rachis tout à fait lisse. Comparé au Pec. lepidorachiSy il s'en distingue également par Tabsenoe de ponctuations sur ses raohis, et en outre par ses pinnules moins grandes, surtout beaucoup moins larges, à nenrures secondaires souvent tout à fait simples.
Synonymie. •— Quelques auteurs ont réuni le Pec. cyathea au Pec. arboreacens ; mais, comme je Tai dit^ les deux espèces me paraissent bien distinctes, les différences de longueur qu*on observe entre les pinnules de l'un et de l'autre ne pouvant être attribuées à des différences de taille des pennes qui les portent, puisqu'on trouve les petites pinnules du Pec. arboroscens sur des pennes primaires aussi larges que celles du Pec. oyat/iea, et même bien plus larges que beaucoup de ces dernières.
Provenance. — Tranchée de TEspérance, dans le banc des Roseaux et dans les bancs de poudingues. Tranchée de l'Ouest, au mur de la Grande Couche, au toit de cette même Grande Couche, dans les bancs de schistes intercalés dans la 2"^^ couche, et au toit de la 4«* couche.
PECOPTERIS (ASTEROTHECA) LEPIDORACHÏS,
Brononiart (sp.),
(PL. XIII, FiCr. 5; PL. XIV, FiG. 1 h 3.)
1833 ou 1834. Pecopteris lepidoraohis. Brongniart, Hist, végét. fo$s., I, pi. 103, fig. 1 ; p. 313. Renault, Cours bot. /bss., III, p. 111, pi. 18, fig. 9, 10.
1836. Gyatheites lepidorrhachia. Gœppert, Syat. fil. foss., p. 323.
1877. Peooptwia GandoUeaiui. Grand'Eury. Flore carb. du dép. de U Loire, p. 69 (pars), pi. VIII, fig. 8. Renault, Cours bot. foss., III, p. 109 (pars), pi. 17, fig. 8, 8 bis.
Deficription de Vespèce^ — Frondes de grande taille,
tripinnées. R&chis de divers ordres marqués de ponctuations assez fortes, irrégulièrement réparties, indiquant la présence d*écailles le plus souvent disparues» quelquefois pourtant encore visibles; rachis primaire large de 25 à 50 millimètres ; rachis secondaires larges de 8 à 20 millimètres. Pennes primaires alternes, étalées^ dressées ou tout à fait étalées^ espacées d'un même côté de 8 à 20 centimètres, se touchant à peine par leurs bords, empiétant cependant quelquefois les unes sur les autres, à contour étroitement ovale^Utncéolé^ très faiblement rétrécies à leur base, conservant la même largeur jusqu'à peu de distance de leur sommet, puis effilées en pointe obtusément aiguë, longues de 15 à 70 centimètres sur 6 à 20 centimètres de largeur. Pennes secondaires alternes, très étalées y se touchant par leurs bords, à contour linéaire, longues de 4 à 12 centimètres, larges de 1 à 3 centimètres, conaen^ant la même largeur jusque très près de leur sommet^ puis arrondies ou contractées en pointe obtuse,
Pinnules alternes, étalées, à bords parallèles, arrondies au sommet, attachées par toute leur base, parfois un peu déourrentes du côté inférieur et très légèrement soudées entre elles, contiguës, d'ordinaire trois fois à trois fois et demie plus longues que larges, hautes de 6 & 15 millimètres sur 2 à 5 millimètres de largeur, planes ou légèrement bombées sur les bords. À l'extrémité des pennes primaires et vers le sommet de la fronde, les pennes secondaires simplement pinnées font place à des pinnules simples, d'abord pinnatifides, puis tout à fait entières.
Nervation souvent peu nette ; nervure médiane droite, se prolongeant jusqu'au sommet des pinnules, parfois un peu décurrente à la base ; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, légèrement arquées, hifurquées presque dès leur basç en
deux branches, Tinférieure toujours simple, la supérieure quelquefois bifurquée à son tour.
Pennes et pinnules fertiles semblables aux pennes et pinnules stériles, tantôt couvertes de fructifications sur toute leur étendue, tantôt stériles à leur extrémité. Sporanges ovoïdes, aigus au sommet, réunis généralement par 4 en groupes ou synangium à contour rectangulaire ou carré mesurant 0^°^^lb à 1 millimètre de côté, contigus et disposés en deux séries parallèles, une de chaque côté de la nervure médiane ; sporanges voisins du bord de la pinnule d'ordinaire un peu plus grands et plus inclinés que ceux qui sont contigus à la nervure médiane.
Remarques paléontologiquea. — L'examen que j'ai fait au Muséum de l'échantillon type du Pec. lepidora," chi8 m'a prouvé sa parfaite identité avec les échantillons représentés Pl. XIII, Fig. 5, et Pl. XIV. Cette belle espèce, dont les frondes atteignaient évidemment une taille considérable, probablement plus grande encore que celles du Pec. cyat/iea, a été recueillie en abondance à Commentry, et souvent en spécimens de très grandes dimensions : la Fig. 1 de la Pl. XIV notamment reproduit seulement une petite fraction d'une plaque de 0",75 de longueur sur 0",60 de largeur, sur laquelle on voit onze pennes primaires, six d'un côté et cinq de l'autre, attachées sur le même rachis et en partie fructifiées ; quelques-unes d'entre elles sont fertiles sur toute leur étendue, d'autres sont en partie stériles, comme le montre la Fig. 1 ; en général, dans chaque synangium, les sporanges du bord externe paraissent plus développés que ceux qui touchent la nervure médiane, ainsi qu'on le voit sur la Fig. 1 B. Le Muséum d'histoire naturelle possède, de son côté, un échantillon stérile de la même espèce, plus grand encore que celui dont je viens de parler et qui montre
un rachis primaire de 5 centùnèCres de lai^ur ; jai vu également au Musée de Moulina une immense plaque, provenant également de Ck>mmentry, et qui porta Tempreinte d'une importante portion de fronde de Pec. (apid<n*BChis k rachis excessivement large.
On peut juger, du reste, du développement que pouvaient atteindre les frondes de cette fougère, par les dimensions que présente le rachis du fragment de penne primaire représenté sur la Fig. 5 de la Pl. XIII : l'aspect singulier de cette penne, qui semble terminée | à son sommet par une penne secondaire semblable à toutes les autres, vient manifestement de ce que le rachis a été infléchi vers la gauche et brisé : cette inflexion a nécessairement fait dévier une partie des pennes secondaires, dont l'une s'est trouvée inclinée à 45* sur celles qui la précédaient, tandis que la suivante, faisant avec celle-ci un nouvel angle d'environ 45*, venait se placer dans le prolongement de l'axe du rachis commun. Le fragment de penne de la Fio. 3, Pl. XIV, appartient à une région plus élevée de la fronde, comme le prouvent les dimensions moindres de son rachis. Enfin Téchantillon de la Fig. 2 montre évidemment une région voisine du sommet de la fronde, peut-être non encore complètement développée, à rachis couverts d'écaillés et à pinnules relativement courtes; sur les pennes les plus basses, non représentées sur le dessin, plusieurs pinnules laissent voir leur nervation, semblable à colle des Fig. 1 A et 3 A.
Rapports et différences. — Le Pec. (epîdorac/iis se distingue au premier coup d'ceil des Pec. arborescens et Pec. paleacea par la forme de ses pinnules. beaucoup plus longues par rapport à leur largeur, et par ses nervures secondaires presque toutes bifurquées. 11 se rapproche davantage du Pec. cyathea^ mais il en diffère par ce dernier caractèie^ de la nervation, par ses rachis
fortement ponctués ou écailleux, par ses pinnules plus grandes, moins exactement normales au rachis, et moins inégales. Comparé aux Pec. Candollei et Pec. euneuray il se distingue facilement par ses pinnules exactement contiguës et un peu plus larges par rapport à leur hauteur; de plus il n*a jamais, comme le premier» ses pinnules contractées à leur base du côté antérieur ; ses nervures secondaires se bifurquent sous des angles bien moins ouverts que celles du Pec. euneura, et ses sporanges ne sont pas aussi gros ni aussi saillants que ceux de ce dernier.
Synonymie. — Brongniart a cité, à la page 313 de l'Histoire des végétaux fossilesy comme appartenant au Pec. lepidorachiSy non seulement la fig. 1 de sa pi. 103, mais la flg. 5, qui, à la page 312 et sur la pi. 103 elle-même, est attribuée au Pec. platyrachis ; celui-ci étant indiqué comme ayant un rachis lisse, et la (ig. 5 présentant un rachis fortement ponctué, il semble qu'il y ait incompatibilité entre ce caractère et l'attribution à cette dernière espèce, et qu'en conséquence il faille bien considérer la fig. 5 comme Vun des types du Pec. lepidorachis ; j'ai cru toutefois devoir m'abstenir de la citer, à cause des nervules absolument simples qu'indique la fig. grossie 5 A, le Pec. lepidorachis m'ayant paru avoir les nervures secondaires bifurquées même avec des pennes et pinnules moins développées que celles de cet échantillon fig. 5, par exemple sur celui que j'ai représenté à la Fio. 2 de la Pl. XIV.
Quelques auteurs ont réuni ensemble le Pec. lepidorachis et le Pec, Candollei : les différences que je crois avoir constatées entre eux et que j'ai signalées tout à l'heure ne me semblent pas permettre cette réunion ; mais il me parait à peu près certain qu'il faut rapporter au Pec. lepidorachis réchantillon fertile qui a été figuré par M. Grand'Eury et qui montre des pinnules
exactement contîguSs et non déeuirentes à |leiir base« Provenance. — Tnnchée de TEspénnce, aa toit de la Grande Couche, et dans le banc des Roseaux. Tranchée Saint-Edmond, à 1* et à 20" au toit de la Grande Couche. Tranchée de Forêt, à 20^ au toit de la Grande Couche.
PECOPTERIS lASTEROTHECA CANDOLLEI.
Brongniart (sp.i.
(PL. XI, FiG. 3.)
1833 ou 1834. Peoopiarla CandnlHana Brongniart, Hisi.
végét. foss.^l, p. 305, pi. 100, fig. 1. Germar, Verst. d.
Steink. v. Wettin u. Làbejùn^ p. 108, pi. XXXVIII.
Renault, Cours bot. foss., lll, p. 109 (pars), pi. 17, fig. 7. 1836. Cyatheites Gandolleanus. Gœppert, Syst. fil /oss., p.