RÉSUMÉS ANCIENS DES DOCTRINES DU TIMÉE
Aristote avait écrit un résumé du Timée*; mais cet ouvrage est perdu. Parlons de ceux qui y existent encore.
1 Part. I , gect. 5 , $ 2 , n* 6. «
2 V. Simplicius, Sur le traité Du ciel, f. 01 , p. 401 f col. 2, 1. 37.
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1 # Tintée d§ Locfts , de l'âme du monde et de la nature, tcf est le titre d'un traité écrit en dialecte dorien, que Froclus nous a conservé comme l'œuvre du Pythagoricien Timée, et dont Platon se serait servi pour composer son dialogue. Mais examinons cet opuscule. Ce qu'on y trouve, ce sont 1° les doctrines du Timée, exposées avec plus de concision, entre autres la théorie platonique des idées sans aucune des différences de fond et de forme signalées par Àristotel entre elle et celle des Pythagoriciens, et l'opinion d'un commencement du temps, c'est-à-dire une doctrine qu'Aristote 2 affirme ne pas remonter au-delà de Platon ;2°un petit nombre de développements*sur quelques points 3; 3* quelques divergences d'opinion, nées évidemment d'une interprétation fausse de quelques passages du Timée à; 4° la négation formelle etsystématique de l'immortalité de l'âme et de la métempsycose, c'est-à-dire de deux dogmes communs aux Pythagoriciens et à Platon &. Ce qu'on n'y trouve pas , ce sont les doctrines des Pythagoriciens sur les nombres, telles qu'Aristote et d autres auteurs dignes de foi nous les font connaître 6. Supposons cependant que ce traité pût être d'un vrai Pythagoricien. Est-il probable que Platon ait eu l'impudence de publier comme son œuvre la paraphrase d'un ouvrage d'un de ses contemporains, couservé jusqu'à nos jours, et qu'il ait donné pour titre au fruit de son larcin précisément le nom du philosophe qui en était la victime ? Supposons encore que Platon eût pu agir ainsi. Comment est-il possible qu'Aristote, qui s'est attaché à indiquer les emprunts faits par Platon aux systèmes antérieurs et notamment à celui des Pythagoriciens, qu'Aristote, qui avait écrit
1 Métaph. , I, 5-7 ; VI (Vil) , 2; XII (xm) ,5,6.
2 Phys. , VIII, 1.
S V. noie» 22 (SI, p. 384), 31, 61 ( $ 2 ), 66 ( $ A, p. 239 ], 17S {$2, p. .343] 176, (p. 346).
A V. note» 22 ( $ A et 11 ), 164 ( p. 27A, n» 1 J.
5 V. note 267.
6 V Meiners, Bist. de» sciences dans la Grèee, Ht. S, ebap. A; Hist. docir. de vero Deo, p. 300-365.
Un ouvrage spécial sur te Pjrthagorisme i et un résumé du Timée, cite toujours les doctrines de ce dialogue comme appartenant à Platon, signale plusieurs d'entre elles comme différentes de celles des Pythagoriciens, et ne fasse pas la plus légère allusion à l'ouvrage de Timée de Locres 8 ? Comment se fait-il que cet ouvrage ait été de même ignoré de Cicéron, qui avait traduit le Timée , de Plutarque et de Galien, qui l'ont commenté, de Diogène de Laërte, qui en a donné un résumé et qui a cherché à constater tous les rapports de Platon avec les Pythagoriciens ; et que les seuls témoignages qui nous restent sur cet opuscule prétendu de Timée de Locres soient ceux de quelques Néoplatoniciens et de deux Pères de l'Eglise 3? Timon de Philonte, philosophe sceptique et poète satirique qui vivait vers l'an 275 av. J.-C, s'exprime en ces termes dans deux vers de ses Siltes , cités avec diverses variantes par Àulu-Gelle *, Iambliquc*, Proclus et le Scholiaste 6. c Platon acheta bien cher un petit livre, et ce fut de là qu'il partit pour entreprendre la composition de son Timee.*
Êv0«v ùfoppvQùç Ttf&mOTpCCftftt intyjipet.
Quel est le petit livre auquel Timon a voulu faire allusion? C'est Diogène de Laërte qui va nous l'apprendre. Dans un endroit7, ce biographe dit simplement que Plai
1 V. Siinpllclus, Sur le traité Du ciel, T. 94, p. Û92, col. 1. 1» 7| f. 124, p. 505, col. 1, h 23-24 et 1. 36, Brandis. Cf.Bardill, Epochen der vortuglichsten philosophischen Begriffc , p. 168.
2 Aristotc ( De l'âme, 1,4) cite, il est vrai , Thnée ; mais c'est pour lui une manière abrogée de citer le discours de Timée dans le dialogue de Platon. C'est ainsi que dans sa Politique, [ 1, 1-6 ) , après avoir cité une fois Socrate dans la République de Platon, il se contente à plusieurs reprises de dire Socrate tout court.
3 V. les Testlmonia veterum mis en tète du traité de Timèe de Locres, dans l'édition de Gale.
4 Nuits ùttiques, il!. 17.
5 Smr l'arithmétique de Nlcomaqae , p. 148; Vie de Pythagore c. 31. d V. Proclus , Sur le Timée, p. 1 et 3, et tes scholies sur le Timée. 7Liv. 8, chap.7, eect. 1, $ 84.