DB LA GRANDE ANNÉE PLATONIQUE
Voici le sens de ce passage : de même qu'il y a une année solaire, temps que le soleil met à faire sa révolution suivant récliptique, de même il y a une année lunaire, plus de douze fois plus courte ; une année de Mercure et de Vénus, égale , suivant Platon *, à celle du soleil ; des années de Mars, de Jupiter et de Saturne, beaucoup plus longues. Mais les hommes, en général, ne s'occupent pas 4e ces années des autres astres qui frappent moins leurs yeux que le soleil, et ils ne leur ont pas donné de noms particuliers &. Enfin il y a une grande année, marquée par
1 Sur le Tim. , p. 26S.
3 Ibid. , p. 205 , Meurs.
9 Platon , dans le septième livre des Lois , parle également de cette fausse apparence, h cause de laquelle 1rs plus rapides d'eutre les planètes sont regardées vulgairement comme plus lentes que les autres. V. Lois, VII, p. 821, 822.
à V. note 27.
5 M. Cou&in, dans sa traduction peu claire de ce passage, parait vonloir dire qu'on néglige de donner des noms aux astres eux-mêmes, et de mesurer leurs distances. Lu texte signifie au contraire qu'on néglige de donner des noms aux révolutions des autres astres, c'est-à-dire évidemment des autres planètes ( v. uole 35 ), et d'en comparer les durées eatre elle* et avec celle de la révolu t ion du soleil.
le retour de toutes les planètes ensemble à leur point de départ, et ce retour a lieu lorsque toutes se trouvent achever ensemble leurs révolutions, qu'elles avaient commencées en même temps. Ces années de longueurs diverses sont toutes mesurées par la révolution diurne toujours uni* forme, c'est-à-dire que, pour les comparer entre elles , on compte de combien de jours chacune d'elles se compose *.
Platon dit que la grande année est accomplie , lorsque toutes les planètes ensemble se trouvent revenues à leur point de départ, ny^ xe?«Xiiv, ad idem caput (principium) se retulerint , comme traduit fort bien M. Stallbaum. C'est ce qui a lieu, suivant Alcinoùs lorsque toutes se retrouvent ensemble en un même signe du zodiaque , ou , ce qui revient au même , sont rapportées à un même point du ciel, ffïj!A£fov , et qu'ainsi tous leurs centres se trouvent, à diverses distances de la terre , sur un même rayon de la sphère des étoiles fixes , aux mêmes places où elles étaient toutes aussi au commencement de la grande année 5.
On a émis bien des' opinions sur la longueur de cette grande année platonique. Suivant un passage de V Hortensias de Cicéron , conservé par Servius 4 et par l'auteur du traité De cousis corruptœ eloquentiœ 5, elle serait de 12954 années
1 V. Plutarquc , Du destin , c. 3.
2 Introd. à doctr. plat. , c. 14.
3 M. Lindau , dans les notes de son édition du Timée (Leipzig, 1828) , appendix II, p. 1AI-143, dit que les cercles des planètes, suivant Platon, sont excentriques pat* rapport à la terre, ne sout point concentriques les uns par rapport aux autres, et sout au contraire tous tangents intérieurement en un même point commun à toutes les sept circonférences : il prétend que c'est ce point qui est nommé x&p<xX^ par Platon, <rr)|£etov par AlciuoQs, et qu'ainsi les sept planètes se trou veut simultanément eu un môme point matbéuwi tique au commencement et à ta fin de chaque grande année. L'absurdité de cette interprétation sautait suffisamment aux yeux : 11. Lindau pouvait se dispenser de la reudre plus sensible, en présentant à ses lecteurs un beau dessin , intitulé Compages mundi platonica , et où la lettre S indique le point précis ou deux ou plusieurs planètes doivent se rencontrer fréquemment ensemble sans briser.
h Sur l'Enéide , III , 284.
5 Ou De onUoribus, attribué à Tacite; c 10.
solaires. Ailleurs * , au contraire, Cicéron semble dire que la longueur en est inconnue. Macrobe 2 dit que la grande année du mande est'de 15000 ans. Sur les diverses longueur! qu'on lui a attribuées, on peut consulter, entre autres, les auteurs indiqués au bas de cette page 3.