‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 3 sur 140 · V. Pausanias , X , Phoc. , c · texte numérisé non relu

V. Pausanias , X , Phoc. , c

S V. Homère, Mad., X,13; XVUI, Û9û-a95 , 526. Cf. Athénée, I, sect. 28, p. 16, Casaub., Lyon, 1612.

4 V. l'hymne homdrlque A Mercure , v. 450-453 , 515; Hésiode , Bouclier d'Hercule; y. 272-284; Athénée, XIV, 22, p. 626 a , Cas.

5 V. Platarque, De la mui,, c. 4.

6 V. I • al. , c. 3-10, et 28.

7 V. ibitL, c. 28. CL Arislote, Proùl., XIX, 6; Burette, Mém. de l'Acad, de» In$cr. . 1. 10 , p. 244-245, et 253.

8 V. Piutarque, De la mus., c. 3-10. Cf. Aristote, Polit, VIII, 5, p. 1339, col. 2 , 1. 20-21 , Iickkcr. t

de la voix ; celui de la flûte , izpoaavXnatç , se mariait mieux avec ellei. Cependant les Grecs conservaient toujours une certaine prévention contre cet instrument barbare 2, qui défigurait les traits S, et qui ne pouvait servir au chanteur pour s* accompagner lui-même *. En 586 , Vaulodie cessa de recevoir des prix aux Jeux Pythiques, sans cesser pour cela d'être en usage. Mais en même temps on* fonda un prix pour le jeu isolé de la flûte , u : Ar)ciç , ceùAoc, et ce prix fut obtenu la première fois par un poète -musicien , par SacadasS. Malgré un si rude coup, la prédominance de la musique vocale se maintint encore. Le poète, auteur d'une mélodie ou d'une chorodie, payait l'accompagnateur, qui ne faisait que suivre sa direction 6. Mais vers 520, les flûtes surtout, fières de leur rôle indépendant et séparé , ne voulurent plus subir docilement le joug de la poésie chorique, et prétendirent à leur tour dominer et diriger les voix 7 . Irrité de cette révolte, le poète Mélanippide voudrait proscrire la flûte 8. Téleste et Pratinas continuent de protester contre le pouvoir qu'elle s'arroge 9. Platon io fVprouve toute musique instrumentale qui veut être autre chose qu'un simple accompagnement. Aristote regarde le jeu des instruments, et surtout delà flûte, comme indigne des hommes libres t*.

Nous avous dit qu'autrefois l'accompagnement avait toujours lieu à l'unisson, npàs / t opSûç 1 nphc/pp^a. Il en fut

1 V. Aristote, Probl. XIX, 43. Cf. ibid., 9, 18 et 39.

2 V. Athénée , XIV, sect. 18, p. 624 b, Casaab., et Platarque, D§ la mus. , c. 21.

3 V. Athénée, XIV, 7, p. 616 f, Casaub.; Plutarqoe, Alcib., c. 2; Aristote, Polit., VIII, 6, p. 1341, col. 2, I. 3-7, Bekker.

à V. Aristote, Polit., VIII, 6, p. 1341 , col. 1, 1. 25.

5 V. Pausanias , X , Phoc. , c, 7 , S 2.

6 V. Plutarque, De la mus., c. 30.

7 V. Plutarque, ibid.

8 V. Athénée, XIV, 7, p. 616 f, Casaub. , Lyon , 1612.

9 V. ibid. , p. 617 b , c.

10 Lois , II, p. 660 d, c.

11 Polit. , VIII, 6-7.

12 V. Aristote, Probl. , XIX, 9, 18 ; Platarque , De la mus., c. 28.

26 NOTES STTR LE TIMEE.

ainsi jusque vers le commencement de la guerre du Péloponnèse. Ce fut, dit-on, Crcxus, contemporain de Timothée et de Philoxènet, qui le premier introduisit l'accompagnement sur un ton différent de celui de la voix, xpoûtrtç n à™ njv wotjvS. C'est ici le lieu de parler d'un passage de Platon 3, très-diversement interprété. Il défend d'enseigner aux enfants cette manière nouvelle d'accompagner. Il veut que le maître appelle seulement la cithare au secours de la musique vocale, TzpoaxptiaQKt, parce que cet instrument rend plus facile la distinction des sons, tTOKfvveiaç êvexa twv ^ooto. Il veut que le maître et l'élève gardent toujours l'unisson , -npôtr/^pBa. r« yOsyparx rotç ytféyuccai. Il interdit aux enfants qui apprennent à jouer de la lyre les variations de rhythme, nmùûe» rtjç Ivpuç , ironiftpara4. Il leur interdit également le jeu de la lyre sur un ton différent de celui dans lequel l'air a été composé par

le poète et est chanté par les exécutants s , «repoywvtav

nk Mpaç, oûla jxèv ptifoj twv yj>p<îûv tgeerwv , uXkoc Sè toû ttjv

p«>«ô\'av ÇuvOi'vtoç noinrov. Les mots grecs semblent même indiquer que quelquefois les joueurs de lyre, non contents de transposer la mélodie, l'altéraient par des variations, de sorte que c'était en quelque façon un autre air , SXka f«Xï}. En effet, Aristote nous dit que les accompagnateurs

1 V. Plutarque, De la mus. , c. 12.

2 V. ibid. , c. 28. Cf. Aristote , Probl. , XIX, 39 , p. 921 , col. 1,1. 26 , lîckkcr, et Lucien, Ilarmonlde, Mt.

S Lois, VU, p. 812-813.

Û Cf. l'iutarque, De la mus., c. 18 , 21, 29, 31.

5 Burette ( Mém. de l'Acad, des Inscr. , t. 8 , p. 9 et suiv. ) , et M. Cousin, dans ses notes sur les Lois, prouvent fort bien contre Fraguier que le poète ne figure ici que comme compositeur , et nou comme exécutant. Mais, d'un autre côté, je ne puis admettre avec eux que ce passage se rapporte au jeu isolé de la lyre. Platon s'y occupe au contraire de la seule musique instrumentale qu'il approuve , c'est-àdire, comme nous l'avons vru plus haut, de l'accompagnement. Il parle d'une mélodie, c'est-à-dire d'une poésie chantée au son des instruments. Ce qu'il permet d'enseigner aux enfants, c'est l'accompagnement à l'unisson. Ce qu'il constate , en le leur iulerdisant , c'est l'accompagnement qui transpose et altère la mélodie composée par le poète.

passaient souvent d'un ton à un autre; qu'après avoir joué sur un ton différent de celui des voix, ils finissaient habituellement à l'unisson. Dès le temps d'Aristote , et sans doute de Platon , les consonnances permises pour l'accompagnement ne se bornaient pas à l'octave; car Aristote déclare que l'octave se confond presque avec l'unisson et est plus agréable l, et il dit au contraire que les instruments qui reviennent à l'unisson des voix flattent l'oreille, après l'avoir chagrinée 2. Ils avaient donc employé pour le moins la quarte et la quinte , et peut-être même quelques dissonnances introduites par des variations rapides et fugitives.

Nous avons dit que la flûte , cultivée pour elle-même , continua d'être en même temps d'un grand usage dans les chœurs, malgré les plaintes qui s'élevèrent contre elle. Nous avons rencontré plus haut 3, dans des textes de Sénèque et de Macrobe , la description d'un concert où la flûte accompagnait des voix d'hommes et de femmes, en jouant sur un ton intermédiaire. Evidemment les femmes chantaient le même air à l'octave au-dessus de la voix des hommes, et la flûte à la quarte ou à la quinte au-dessous de la voix des femmes. Il en résultait un même accord continué depuis le commencement de l'air jusqu'à la fin, sauf les variations que le joueur de flûte pouvait se permettre : cet accord était celui de nos trois notes ut sol ut , ou bien de nos trois notes ut fa ut. C'étaient là les deux accords les moins imparfaits des anciens, qui n'y employaient ni les tierces ni les sixtes &.

Enfin nous avons vu que du temps de Plutarque les voix prenaient quelquefois deux tons distants d'une quarte ou d'une quinte : alors , sans doute , l'accompagnement se faisait à l'unisson de l'une des voix , ou de toutes deux,

1 V. pltishaul , § 0.

1! V. ArUlole , Prubl., XIX , 39 , p. 921 , col. 1 , 1. 25 2<f.

4 V. $ 6 cl 8.

28 TfOTES SUR LE TIMEB.

quand il y avait plusieurs instruments , ou bien aussi à l'octave.

§ XII. En quoi consistait, chez les anciens, la musique purement instrumentale i?

Dès la plus haute antiquité , au milieu même des mélodies chantées avec accompagnement , il y avait pour les voix certains repos, pendant lesquels les instruments continuaient déjouer. On nommait ces petits morceaux de musique instrumentale xfoûo-t;, pour la lyre, dcaûXetov, pour la flûte. On y employait des rhythmes plus libres et une variété de sons plus grande que dans l'accompagnement 3.

En outre , dès les temps homériques , il y avait des airs sans paroles. En effet , dès lors, les peuples d'Asie avaient des danses accompagnées par les instruments seuls 3 ; savoir, par la flûte de Pan, avptyÇ, la flûte, «ùXôf, diverses espèces de lyres, toutes extrêmement simples, vôpiuyÇ , xi'fl*ptç , %éXuç, Xv/sa*, et une sorte de castagnettes, x^spgccXa, xpôroAa, et de tambours, rÛ7rav«. Les Grecs d'Europe, au contraire, unissaient presque toujours le chant aux sons de la lyre 5, soit pour accompagner la danse 6, soit autrement 7.

1 Cf. M. Magniu, Origines du Mâtre moderne, t. 1, Introd., chap. i, S 3-7.

2 V. Plutarque, De la mus., c. 19. Cf. Burette, Mém. de l'Acad. des Inscrit. 13, p. 268-269.

3 V. Homère, Iliad. , XVIII, 494-495 et 526. Cf. Xénophon , Anab., V, 7, ( vuJg. vi, 1 J, et Athénée, I , sect 27, p. 15-16. Casaub., Lyon,

4 V. Homère, Iliad., III, 54; X, 13 ; XVIII, 494-495 et 526. Cf. Hymne à Mercure , v. 25, 39-54, 423 ; Plutarque , De la mus. , c. 14 , et Athénée , XIV, sect 9, p. 618 c.

5 V. l'hymne homérique A la mère dès Dieux, v. 3; A Apollon, v. J62; Aristophane, Grenouilles, v. 1339-1343 et lesscholies; Athénée, XIV, 39, p. 636 d. Cf. Juveoal , Sat. XI, t. 110.

6 V. Homère, Iliad., XVUI, 493-496 , 590-606; Odyss., 1, 150.155 ; IV, 17-19; VIII, 254-266; Hésiode , Bouclier d'Hercule, v, 200-200 , 272- 284. Cf. Lucien , De la danse , chap. 30.

7 V. Homère, Iliad., I, 603, Hymne à Mercure, v. 425-426, 500-502.

Cependant il paraît qu'ils imitèrent de bonne heure Tusage des Barbares. Beaucoup d'auteurs nous apprennent que, d'après un antique usage, les Lacédémoniens allaient au combat au son des flûtes , les Crétois au son de la cithare p la plupart des peuples grecs au son des trompettes, oû\itiyysç , de même que les Lydiens au son des flûtes ordinaires et des flûtes de Pan , et les Gètes au son de la cithare i. Si ces instruments n'avaient fait qu'accompagner les voix , ces auteurs n'auraient pas manqué de le dire. C'étaient de même quelquefois les instruments seuls qui accompagnaient chez les Grecs divers exercices du corps *; mais il est vrai de dire que plus habituellement les voix humaines venaient se joindre à ces airs de danse, de gymnastique ou de guerre ; les chorodies étaient plus fréquentes que les danses muettes; les Lacédémoniens avaient les chants militaires, les è^arriptoi de Tyrtée , et les divers peuples de la Grèce avaient des chansons pour toutes les occupations de la vie 3.

Il parait même que, vers le septième siècle avant notre ère, le jeu de la cithare sans paroles, TuQdptaiç , était presque tombé en désuétude, du moins dans la Grèce proprement dite ; car Aristonicus d'Argos, contemporain d'Archiloque, en est nommé l'inventeur*. Peu de temps après, comme nous l'avons dit 5, le jeu de la flûte sans paroles , qui s'était maintenu mieux que celui de la lyre, fut admis au concours dans les Jeux Pythiques, et, grâce au développement rapide de la musique purement instrumentale, les instruments à cordes et à vent acquirent une richesse de sons beaucoup plus grande 6, et reçurent une multitude de

IV. Homère, //«irf.,'XVIIl, 219; PI ut arque, Dr In mus., c. 20; Athénée. XII, p. 517 a, 518 b; XIV, p. 626 a, 627 d, Cas. Cf. Hérodote, I, 17.

2 V. l»l ul arque , De ta mus., c. 26 ; Athénée , XIV , p. 626 ci , 629 c, f, Casa ub. Cf. XII , p. 518 b.

S V. Athénée, XIV, sect. 10-11, p. 618-620, Gasanb.

4 V. Athénée, XIV, sect Û2, p. 637 f , Cas.

6 V. Athénée , VIII , sect. 06, p. 352 c, d ; XIV, sect. W, p. 637-638. Cf. Plutarqne , De la mus. , c. 29-30.

formes nouvelles Alors , l'art du Joueur de lyre , et surtout celui du joueur de flûte, subsistèrent séparés de celui du chanteur et du poète. Autrefois, chez les Grecs , les personnes libres chantaient dans les chœurs; mais presque tous les joueurs de flûtes étaient des Phrygiens ou des esclaves 2. Depuis les guerres médiques, on vit des hommes libres, des poètes, jouer de la flûte sur le théâtre; et cet instrument fut admis pendant quelque temps , aussi bien que la lyre , dans l'éducation libérale ; puis il fut abandonné aux artistes de profession 3. Rejetés en vain par Platon d'une manière absolue A, acceptés par Aristote 5 , qui interdit seulement aux hommes libres d'y prendre une part active 6, Yaulétique, la citharistique^ et même le jeu des flûtes de Pan 7 , eurent une existence indépendante et assurée. Les concerts de cithares, et surtout ceux de flûtes, les sjnaulies 8, jouirent d'une grande faveur. Plus souvent encore, ces deux instruments s'associèrent soit entre eux 9, soit même avec les flûtes dcPan*0; et le mot xooôparra, qui primitivement, opposé au mot aOXïijxara, désignait les sons des instruments à cordes , devint le nom commun de la musique instrumentale H.

Elle ne pouvait être moins libre dans ses procédés que le simple accompagnement. Les instrumentistes, de même que les chanteurs, concertèrent entre eux sur plusieurs tons distincts *2, de manière à former un même accord continu ;

1 V. Athénée, IV , sect. 79-82, p. 176-177 , 182-184 , XIV, sect. 34-43, p. 034-639, Casaub. ; Aristole, Polit. , Mil, 6, p. 1341, col. 1 ,1. 39-40; col. 2, 1.1.

2 V. Athénée, XIV , sect, 18, p. 024 b.

3 V. Aristole, Polit. , VIII, 0, p. 1341 , col. 1 , I. 28-41 , Bekker.

4 Lois , II , p. 609 d , c.

5 Polit. , VIII , 5 , p. 1339 , col. 2 , 1. 20-24.

6Mrf. , VIII, 0,p. 1341, col. 1 , 1. 17-18, col. 2, L 8-18, Bekker.

7 V. Aristole , Poét. , 1 , 1 , p. 1447 , col. 1 , 1. 23-20 . Bekker.

8 V. Athénée, XIV, sect. 19, p. 617-618, Cas. Cf. Aristole, Probl. y XIX, 10 , p. 918 , col. 1 , 1. 29-34 , Bekker.

0 V. Horace, Epode IX , v. 5-6.

10 V. Horace, Odes, IV, 1 , v. 22-24. Cf. III ,19, v. 18-20.

11 V. t i (arque , Symposiaques , 11, 4.

12 V. Cicéron , fragm. de la Mpubl. , II, 42 , Xobbc.

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