ONTOLOGIE
TÔrroç, la matière, {5Lj, l'indéterminé, ùôptçov, désignent une seule même chose. Il en est de même de ces expressions, îî pjT>fy>, rb navSexsç, rb i*p.ocy£Ïovl, qui se rencontrent en divers endroits du Timée , et de l'expression àvoiç «6pt?oç, qui appartient aux doctrines non écrites*. Quant à la manière dont le lieu est perçu par nous, il est dit dans le traité attribué à Timée de LocresS, comme dans le Timée même, que c'est par une sorte de raison bâtarde, Xoyt<x/xw vôÔ&>, et le faux Timée ajoute que c*est indirectement et par analogie : cette explication est empruntée à Aristote*. Dans ce même traité du prétendu Timée, le lieu est nommé stance , vnoxeipBvov , lieu, rônoç , X^P K 9 et matière, v\ot&. Ce dernier mot n'est jamais employé en ce sens dans le Timée de Platon6. Lorsqu'Aristote cite les opinions de Platon sur le lieu, il se sert indifféremment de toutes ces expressions. Le mot \>\n est employé de même par Plutarque7. Quant au modèle , dans l'ouvrage du faux Timée», il est nommé idée, sîSoç, et raison de la forme, Xôyoç po/syâç ; les choses produites y sont appelées rb ùnoysvvocuoc, le produit. De même Platon, dans le Phillbe* , dit qu'on doit distinguer trois choses : tô âmipov, V indéterminé, qui n'est autre chose que le lieu, c'est-à-dire la matière; tô vépctç, la limite qui détermine ,
1 Cf. le TMétète, p. 19J c-195 b.
3 V. Simplicius, Sur la Phys., f. 32, p. 334, col. 1 ; f. 49, p. 342. col. 1, ). 14, 28; f. 53, p. 343, col. 2, 1. 13-p. 344, col. 1, 1. 14; f. 54, p. 344, col. 1, L 24-48 ; f. 117. p. 368, col. 1, L 28-39; f. 122, p. 370, col. 1, 1. 3-12; f. 125, p. 371, col. 1 , L 42-col. 2, 1. 7, Brandis. V. aussi TW. mistius, Sur la Phys., f. 22, p. 344, col. 1, 1. 15-22; f. 37, p. 371, col. 2; 1. 8-22 ; Philoponus, Sur ta phys. , e p. 10, p. 344, col. 2, 1. 1-3; n p. lo[ p. 371, col. 2, 1. 23-26, et quelques scholles, p. 335, col. 1, 1. 1-17, p. 371, col. 1, 1. 32-40, Brandis.
4 Ptrys.,1, 7, p. 191, col. 1, I. 8-12, Bekker. Cf. Simplicios, Sur la Phys., f. 50, p. 342, col. 1 , 1. 18-20; f. 121 , p. 369, col. 2 , 1. 30-34 , et uuc scholic, p. 371 , col. 1 , 1. 33-40 , Brandis.
5 P. 93 , 94 , 97 e. Cf. Ocellus Lucanus, chap. 2, $ 3, 4, 6, 12.
6 V. note 134.
7 De la naiss. de l'âme, c. 6, 7.
c'est-à-dire la forme, l'essence, qui constitue la ressemblance avec le modèle * ; et le produit, tô ùnoyiv^K. Philolaûs2 disait également que toutes choses sont le résultat de la réunion de V indéterminé, «mtpov, et de la limite, mpetç, et que cette réunion s'opère sous la direction de la cause, atriov ; il donnait au produit le nom de résultat du mélange, roppfpUTpivov. Quant à l'expression « ÛXa xerrà Ta <r«p«T« j*pi<rci, » employée par le faux Timée de Locresî, ^Ue signifie la matière divisée dans les corps, c'est-à-dire une matière seconde corporelle, bien distincte de la matière première, qui est complètement in déterminée 4.