DU MOUVEMENT DES CORPS ÉLÉMENTAIRES
Ce passage vient confirmer et éclaircir les explications données plus haut l. On doit en effet comprendre maintenant, sans aucun doute, que suivant le Timée, antérieurement à la formation du monde , les quatre genres de corps ne cessaient de se produire et de se tranformer éternellement dans celle qui les reçoit , c'est-à-dire dans la matière première, dans le lieu, dont l'agitation nécessaire produit d'une part leur choc, par lequel ils se divisent et se recomposent sous une forme nouvelle; de l'autre leur séparation, qui ne peut jamais s'achever , parce que sans cesse tous les genres se reformant les uns au milieu des autres, la confusion se reproduit toujours. C'est ce que Platon expliquera bientôt* : il montrera que ce mouvement continue depuis l'organisation du monde, et continuera toujours, sans que la séparation puisse jamais être complète. Seulement la raison divine met maintenant de l'ordre dans ce mélange qui varie sans cesse : avant la formation du monde , l'aveugle nécessité y présidait seule. Aussi Platon, après avoir dit expressément plus haut que les quatre espèces de corps s'agitaient déjà dans le lieu avant toute action . divine, dira plus loin qu'avant cette action de la Providence, il n'y avait rien qui méritât vraiment de porter les noms de ces quatre espèces de corps. C'est qu'ils étaient tellement confondus , qu'il eût été impossible de les discerner pour leur appliquer ces noms. Mais Platon dira dans le
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même passage que Dieu n'eut qu'à mettre toutes ces choses eu ordre pour en former, d'abord les quatre genres de corps distincts, ensuite le corps de l'univers I,