‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 50 sur 140 · DU PLAISIR ET DE LA DOULEUR PHYSIQUE · texte numérisé non relu

DU PLAISIR ET DE LA DOULEUR PHYSIQUE

§ l'- Ai. Cousin dit que, suivant Platon, les sensations de la vue ne produisent ni plaisir, ni douleur, parce qu'elle» sont instantanées , et c'est là en effet ce qu'on lit dans sa traduction. Mais le texte me paraît signifier que l'organe de la vue, c'est-à-dire le feu visuel, ctytç*, reçoit des impressions qui sont très sensibles, et qui pourtant ne causent ni douleur, ni plaisir, parce qu'elles arrivent avec une extrême facilité à cause de la ténuité et de la mobilité extrême des parties dont ce feu se compose. Ainsi, quand ce feu uni intimement à nous, comme dit Platon , rencontre un corps ardent , ou bien est traversé par un corps quelconque, ou bien rencontre la lumière qui part d'un corps brillant, il nous avertit de la présence de ces corps, mais sans que nous éprouvions ni plaisir, ni douleur physique s.

On lit dans la phrase suivante de la traduction de M. Cousin, que les organes composés de parties moins déliées , quoique cédant à peine à l'impulsion , reçoivent des impressions agréables ou douloureuses. Au contraire, c'est précisément parce que ces organes codent avec peine que les impressions sont accompagnées de plaisir ou de douleur.

§ IL Conditions de la sensation , de la douleur et du plaistr physique, suivant Platon.

En résumé, d'après le texte de Platon, pour que Timpression physique soit suivie de sensation , il faut qu'elle

1 V. note 51.

2 Voyez cependant la note J2S.

soit reçue par un organe dont les parties aient assez de mobilité pour la transmettre et la faire arriver jusqu'à l'àme.

Pour que la sensation soit douloureuse ou agréable, il faut en outre , 1 que l'impression transmise à l'àme agisse de manière à contrarier la nature de l'organe, ou à le rétablir au contraire dans son état naturel; 2° que les parties de l'organe ne soient pas assez mobiles pour céder sans nul effort à toute impulsion, et revenir de même sans effort à leur premier état; 3% du moins pour que la sensation de plaisir ou de douleur soit vive, il faut que l'impression agisse violemment, instantanément, et non par une progression lente J.

note cxni.

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