‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 51 sur 140 · DR L'ODORAT S · texte numérisé non relu

DR L'ODORAT S

Platon veut dire que les pertes éprouvées par la membrane olfactrice, ayant lieu peu à peu, ne sont pas douloureuses, tandis que les particules aromatiques, entrant tout à coup en abondance dans les narines pour réparer ces pertes, causent un vif sentiment de plaisir 5. Il est à remarquer que Platon considère les bonnes odeurs comme un aliment pour l'organe de l'odorat. Il suit en cela les Pythagoriciens, qui considéraient même les odeurs comme contribuant à la nourriture du corps entier 4. Platon, comme nous le verrons bientôt 5, pensait que les odeurs étaient des vapeurs, qui par leurs propriétés tenaient le milieu entre l'eau et l'air6, et Galicn 7 dit que, suivant Platon, l'organe

2 Cf. les notes 121 et 122, et les passages du Timée qu'elles concernent.

3 Cf. Platon, République, IX, p. 584 c.

0 v. Arislotc, Des sens, c. 5, p. «5, col. 1 , 1. 16-17, Bekker.

5 V. note 121.

6 V. Galien , Des op. d'Bippocr. et de Plat. , liv. 7, t. 1 , p, 315, Baie. Cf. Apulée, Philos., II , De dogm. Plat. , p. A9, Vulc.

7 Ibld.

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véritable de l'odorat était de la même nature que l'objet sensible qui lui servait d'aliment , c'est-à dire vaporeux. Nous avons vu* que de même, suivant Platon, l'organe véritable de la vue n'était pas l'œil, mais le feu visuel s'échappantpar la prunelle, et que l'organe de l'ouïe était surtout composé d'air >. Suivant les Stoïciens, qui ont tant -emprunté à Platon , l'organe commun de l'odorat , de la vue et de toutes les sensations, était le pneuma, qu'ils confondaient avec l'âme 3 : ce pneuma , arrivant du cœur aux yeux, constituait la vue ; au nez , l'odorat ; aux oreilles , l'ouïe; à la langue, le goût; à toute la surface du corps, le toucher ; ce même pneuma sortant par le larynx , c'était la voix*. Ce n'est pas là l'opinion de Platon; mais c'en est une altération évidente.

NOTE CXIV

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