DE LA VUE
Ce que Platon nomme les ouvertures des yeux, ce sont les prunelles. Quant aux larmes, Platon dit qu'elles sont un mélange d'eau et de feu. En effet, nous savons que d'après lui il y a du feu dans toute eau liquide , et surtout dans toute eau chaude *. Il semble même vouloir dire que c'est le feu lumineux qui échauffe les larmes en se combinant avec elles. Ce feu lumineux, simple variété du calorique, serait donc capable, suivant lui, de reprendre la - propriété d'échauffer 2.
Le mot éclat me paraît être celui qui approche le plus de traduire en notre langue le mot grec pop/xa/juyâç, qui signifie àlafois la lumière vive et vacillante, et l'impression qu'elle produit.
NOTE CXXX
Je me suis permis de couper et de renverser la phrase grecque relative à la formation de la couleur rouge. C'est une de ces phrases irrégulières qu'on peut à peine traduire à cause de leur excessive obscurité. Le datif «Oyrj, quoique rejeté bien loin avec tout ce qui s'y rapporte, sert à motiver le premier membre de phrase. Les commentateurs proposent de changer le texte., chacun à leur façon, malgré l'accord des manuscrits.
1 V. note 84.
2 V. notes 51 et 80 ( $ 1 ).
NOTE CXXXI
DES COULEURS. (Suite.)
Je rends par couleur d'azur sombre, le mot xuavoOv exprimant ce bleu foncé qui se confond presque avec le noir luisant : c'est la couleur du lapis-lazuli , xvavôç. Je rends par bleu pâle le mot yiocûxov, qui signifie soit le bleu pâle, soit un mélange de bleu pâle et de vert. Je rends par verttendre le mot npùaiov, qui signifie la couleur du vert- degris , Trpdatov, ou des feuilles du poireau, izp&aovi. Platon prétend que cette couleur résulte du mélange du roux et du noir : est-ce bien vraisemblable ? Àristote * déclare , au contraire, que cette même couleur, qui est le vert de l'arcen-ciel, est une couleur simple. Dans toute cette théorie des couleurs, Platon parait suivre en partie Empédocle, les Pythagoriciens et DémocriteS.