‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 76 sur 140 · DU SANG · texte numérisé non relu

DU SANG

De ces deux canaux sanguins, parallèles à la colonne vertébrale , et que Platon nomme les deux veines dorsales , le plus petit , situé plus à gauche et en arrière , est une artère , savoir le prolongement de Yaorte, portant le sang artériel du cœur vers les extrémités du corps; et le plus gros, situé plus à droite et en avant , est une veine, c'està-dire un canal ramenant le sang veineux des extrémités au cœur par la veine cave. Le sang, poussé par la systole,

1 V. Fragment latin sur le Timée, t 5, p. 277, 1. 25 et ni*, Chartler: motu extra se ipsam facto.

2 V. la note 22, $ 7 , et les notes 28 , 36 , 47, 188 et 202.

3 V. le faux Arlstote , Des plantes, 1, 1 , p. 815 , col. 1.— p. 816, col. 2. Cf. I, 2, p. 816-817, Bekker; Sextus Empiricu», Contre tes iog., llv. 8, c. 286, et le traité Des op. des philos., V, 26. Cf.Gassendi, Phys.> sect. S, membr. 2, Ht. 2, chap. 1 , t. 2 , p. 221, Lyon, 1658 , 6 vol. in-f.

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sort du ventricule gauche du coeur dans l'aorte, et par les artères, qui en sont des ramifications, il se distribue jusqu'aux extrémités du corps ; puis , par des vaisseaux imperceptibles , il passe dans le système des veines , et il est ramené par la veine cave inférieure et supérieure au ventricule droit du cœur , où il rentre à la faveur de la diastole. En outre , par la systole, le sang veineux est poussé dans Y artère pulmonaire, qui le conduit du ventricule droit au poumon , où il se purifie par le contact de l'air; et à la faveur de la diastole, il revient par les veines pulmonaires dans le ventricule gauche, d'où il retourne parcourir les artères. Telle est la vraie théorie de la circulation du sang, entièrement inconnue des anciens * ; car aucun d'eux n'a défini convenablement les fonctions opposées des artères et des veines. Voici quelles ont été à ce sujet leurs opinions les pins raisonnables.

Commençons par Platon 2. Galicn 3 a raison de lui reprocher, ainsi qu'aux médecins les plus anciens , de n'avoir pas remarqué la différence des deux canaux qu'il nomme reines dorsales. En effet, ce que Platon appelle artères, ce sont les conduits spéciaux de la respiration , tels que la trachée- artère et les bronches; mais il confond sous le nom commun de veines les vaisseaux nommés mainte- . nant artères et les veines proprement dites; et de même qu'Empédocle et Diogène d'Apollonic 4, dans tous ces vaisseaux indistinctement il fait circuler à la fois le sang, dont il place la source dans le cœur 5, et l'air vital nommé pneuma. Hippocratc, à en juger par les ouvrages de ses disciples , avait à peu près les mêmes doctrines f.

1 Dutens trouve la théorie de la circulation du sang partout, dans Salomon, dans Hippocratc, Platon, Arislote, Julius Pollux, Apulée, Némésius , Scrvet, etc. V. Orig. des découv. , part. III, chap. 1.

2 Cr. notes 179 et 186.

3 Fragm. lat. sur le Tlmée*, t. 5 , p. 278, Chartler; Des op. d'Hippocr. et de PlaU, liv. 6, t. 1, p. 507, Baie.

h V. note 167 , § 1.

5 V. note 140.

6 V. note 167 , $ 1.

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