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Un nombre considérable de médecins et de naturalistes grecs et romains pensaient qu'il n'y avait de sang que dans les veines proprement dites, et ils donnaient le nom d'artères aux brandies de l'aorte, parce qu'ils les croyaient réservées exclusivement au pneuma. Cette erreur remontait à Praxagorc, qui le premier avait fait des études sur le pouls *.
Aristotc au contraire enseignait que tous ces vaisseaux étaient pleins de sang; que ceux de la première espèce communiquaient avec ceux de la seconde par de petits canaux, et qu'ainsi tous avaient leur origine dans le cœur, bien que l'aorte seule en naquît immédiatement, et que la veine cave ne fit que le traverser; mais il distinguait les branches de l'aorte seulement par la solidité plus grande de leur tissu 2 : il paraît avoir fait peu d'attention au pouls, et même avoir attribué ce battement à tous les vaisseaux sanguins 3. Il pensait que la respiration rafraîchissait le sang 4, en envoyant du pneuma aux deux ventricules du cœur par l'artère et la veine pulmonaire , qu'il nommait simplement ^coi s.
Galien montre fort bien que les artères , outre la solidité de leur tissu , diffèrent encore des veines par la nature du sang qu'elles contiennent et par les pulsations que le cœur leur imprime ti. Suivant lui, la fonction du cœur est de mêler le pneuma au sang qu'il reçoit du foie 7 et qu'il lance dans les artères : le foie, de son côté , est le principe des veines ; le sang qu'il y envoie est plus calme
1 V. note 107, $i.
2 V. note 130.
3 Hist. des anlm. , III, 19 (14) , p. 521 , col. 1 , 1. 0-10, et surtout De la resp. , c. 21 (8) , p. 481 , col. 1 , L 11-22 , liekkcr.
4 V. Aristotc, De ta resp. , surtout c. 10 (0), p. 478, Bekker.
5 V. note 107, S !.
0 Des op. d'ilippocr. et de Plat. , liv. G, t. 1 , p. 307, Baie. Cf. Rufu d'Ephcsc, Des parties du corps humain, p. 32; Des noms des pariiei dar l'homme, liv. 2, p. 45 et 48, Turn. , Paris, 1554, in-8*.
7 V. notes 140 et 157.
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et ne reçoit un peu de pncuma et de chaleur vitale que par les anastomoses qui existent entre les artères et les veines'.
A pulée 2 croit que le sang reçoit du cœur le principe vital, qu'il se rend de cet organe au poumon, et de là, par les veines , dans tout le corps.
Suivant NémésiusS, les veines seules contiennent du sang; l'aorte, en se dilatant, attire par de petits canaux la vapeur du sang contenu dans les veines voisines; cette vapeur , qui constitue le pneuma , est poussée par la contraction de l'aorte dans les artères, et par elles dans toutes les parties du corps.
Au XVI* siècle, Servet * modifie l'opinion de Némésius : il sait que le cœur envoie du sang au poumon par l'artère pulmonaire ; il suppose que ce sang se réduit en vapeur, que cette vapeur se môle avec l'air par l'aspiration, se purifie par l'expiration , retourne au cœur par les veines pulmonaires, et est poussé dans les artères par la systole; que c'est cette vapeur qui constitue Yesprit vital, dont la partie la plus pure monte vers le cerveau, où elle passe, par anastomose, des artères dans les nerfs et se change ainsi en esprits animaux.
Césalpin 5 s'aperçoit que ce qui revient du poumon au ventricule gauche du cœur, ce n'est pas de la vapeur, mais du sang purifié. Enfin Harvey reconnaît en outre que par des vaisseaux imperceptibles ce sang passe des artères dans les veines, qui le ramènent au ventricule droit du cœur,
1 De l'utilité du pouls, c. 2 et 5, t. 3 ; De l'usage des parties du corps, liv. 5, c 2 . 1. 1 , Bâle.
2 Philos. ,11, De dogm. Plat. , p. 51 , Vulc.
3 De natura hominis. V. le fragment cité par Du tens, Orig. des découv., part. III , ebap. 1.
4 De Christ ianismi restitutione , ouvrage brûlé en 1553 et dont les exemplaires sont très-rares. V. le fragment cité parDutens, Orig. des découv., part III, ebap. 1 , d'après Wotton , Réflexions sur les anciens et les modernes.
5 Quœstiones peripateticas , Hv. 5, p. 125, JunL, 1593 , in-A°; Quoss* tWMà medicœ, liv. 2, quœ«U . fffc
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et il décrit le jeu des valvules, qui laissent passer le sang, puis Pempêchent de revenir*.
NOTE CLXIV