DESCRIPTION DES VAISSEAUX SANGUINS
Le tronc principal des artères, l'aorte , sortant de l'oreillette gauche du cœur, monte un peu vers la droite en avant, puis fait un petit coude et monte vers la gauche en arrière jusqu'à la hauteur de la première côte supérieure. Là elle fait un grand coude et va descendre tout le long de la colonne vertébrale jusqu'à l'os sacrum, où elle se divise en deux branches principales, qui se rendent dans les deux jambes. Deux ramifications, partant de la courbure supérieure, montent, puis redescendent dans les deux bras. Mais ce sont des ramifications ascendantes qui conduisent le sang dans les épaules, le cou et la téte. Ainsi il n'est pas exact de dite que l'arrosement du corps humain par les artères n'ait lieu que de haut en bas. 11 en est de même des veines , dont les fonctions ne sont pas distinguées par Platon de celles des artères. La veine cave inférieure passe de l'oreillette droite à travers le diaphragme derrière le foie, et va descendre à la droite de l'aorte le long de la colonne vertébrale, puis se divise en deux branches pour les deux jambes. La veine cave supérieure monte de l'oreillette droite vers le cou. Deux de ses ramifications principales descendent le long des deux bras; mais d'autres ramifications montent vers les épaules et le
9 Je n'examine pas s'il est vrai que toute celte théorie , Inventée par Fra Paolo Sarpi , eût élé transmise par lut à Fabrice d'Aquapendcntc, qui en fit part, dit-on , à Harvey, son élevé. V. Datons, Orig, de* décoav., part. III, chap. 1. Gassendi combat la théorie d'Harvey, et prétend , comme Louis Leroy dan» ses notes sur le Timée , que le foie fait lé sang et Penvoic au cœur par la veine porte. V. Gassendi, Phys., sect. S , membr. 2 , liv. 2 , chap. 1 ; llv. 5 , chap. 3.
328 notes sua le timée.
sommet de la tête*. Ainsi la proposition de Platon a be-, soin d'être modifiée, comme elle Test par Galien*, qui compare une partie des vaisseaux sanguins aux branches des plantes, et les autres aux racines. Galien a fort bien compris que Farrosement dont parle Platon est celui du corps humain par le sang contenu dans les deux veines dorsales* et leurs ramifications, et non par la moëlle génitale, comme Ta cru M. Cousin, qui a traduit la phrase dans ce sens. Plus loin , dans le passage relatif à la respiration *, Platon explique comment Us courants des veines coulent à travers le corps, comme à travers une vallée qu'ils arrosent. Cette comparaison, employée aussi par AristoteS, a été répétée par Galien.
NOTE CLXV
DKS VAlSSEâUX SANGUINS. (Suite.)
La vérité est que les artères devant porter le sang dans les parties droites comme dans les parties gauches du corps , et les veines devant le ramener des unes comme des autres , l'aorte et la veine cave , que Platon nomme la veine gauche et la veine droite, doivent envoyer des ramifications chacune dans tous les sens , de sorte que les veines et les artères se croisent dans toutes les parties du corps. Mais Galien 6 a raison de soutenir contre Platon qu'elles ne servent point à lier la tête au reste du corps :
elle y est assez liée par la colonne vertébrale, les muscles
1 Sur Vangiologie d'après Arislote et les physiciens antérieurs, Ar Is tote, Uist. des an au., III, 2-â. Cf. Gassendi, Pays., seet 3, membr.l» Ut. 2, cbap. 1, t, 2, p. 221 , Lyon, 1658 , in -P.
2 Fragment latin sur le Timée, t. 5, p. 278, Chartier; Des op. d'Hip. pocr. et de Plat. , lhr. 0 , 1 1 , p. 500, 1. 1 et suiv. , Baie.
• S V. note 163.
h Timée, p. 79 a.
5 Des part, des antm. , III , 5, p. 668, col. 1 , I. 10-21 , Bekker.
6 Fragment latin sur le Timée, p. 278-279, Chartier.
A1NÀT0M1E, 329
du cou, et les ligaments, les tendons et les aponévroses, qui attachent ces muscles d'une part aux vertèbres supérieures et aux épaules, d'autre part au bas du crâne i. Ce n'est pas non plus afin que les sensations reçues par des parties opposées soient transmises également dans tout le corps par ces veines et ces artères ; car ce ne sont pas elles, mais les nerfs, tubes remplis de moelle, qui servent à transmettre les sensations».
NOTE CLXYI.