‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 82 sur 140 · PHYSIQUE. — ATTRACTION. — MAGNETISME · texte numérisé non relu

PHYSIQUE. — ATTRACTION. — MAGNETISME

propriété attractive de l'aimant a été fort bien décrite, mais assez bizarrement expliquée, par un grand nombre d'auteurs anciens*. Quant à la polarité de l'aimant, elle paraît avoir été complètement inconnue dans l'antiquité 2.

Le succin* comme Pline l'avait aussi observés, acquiert par le frottement la propriété d'attirer les corps légers. Platon et les autres auteurs anciens n'ont pas été plus heureux dans leurs tentatives pour expliquer ce phénomène, dû à l'électricité, dont ils ne soupçonnaient pas l'existence. Quant à l'attraction exercée sur l'or par les os d'un poisson volant nommé c'est là un conte que Simplicius *

pouvait se dispenser de répéter , et Théophraste » aurait dû savoir que le succin n'attire pas le fer.

NOTECLXXIU.

$1. De t attraction universelle.

C'est ici, dit M. Cousin, le passage célèbre d'où M. Stallbaum 6 conjecture que Platon connaissait la loi universelle de l'attraction et de la répulsion.» Cette interprétation du savant éditeur allemand me paraîtrait tout -à-fait digne de la naïve érudition de Dutens 7. Dans cet endroit du Timce, Platon nie que les cfTets de l'aimant et du succin doivent s'expliquer par une puissance spéciale d'attraction inhérente à ces corps. Quant à l'attraction universelle, nous

1 V. note 173 , $ 2.

2 V. Herschell, Discours sur l'étude de la philosophie naturelle, part. III, chap. 5, $ 565, et Gassendi, 1. c.

3 Hist. nat., XXXVII, 12. Cf. Simplicius, I. c; Alexandre d'Aphrodisic, Çuest. nat., liv. 2, chap. 23, et Galieu, De la nat. des facult., t. 1, p. Sûa, 1. 50 el su i v, , Balc

h S«r la Phys. , f. 316, p. Û51 , col. 2, 1. 37-39.

5 Des pierres, $ 29 , p. 69Û. Cf. $ 28, p. 693, Schneider.

6 Dans une note snr le Tintée, p. 79 c.

7 Cependant ce passage du Tintée n'est pas. du nombre des textes anciens où Dutens a cru TOlr le système de Newton. V. Orig. des découv. attr.aux mod., part. H, chap. 6,

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connaissons déjà l'opinion de Platon sur ce point *, rappelée par lui en cet endroit même. Il n'admet, comme Déznocrite et la plupart des anciens *, d'autre attraction que celle des semblables. Suirant Platon , il y a pour chacune des quatre espèces de corps une région particulière , oh se trouve la masse principale de chacune d'elles, et où toutes les particules de même nature , éparses dans l'univers , tendent à se réunir. Dans ce mouvement vers leurs semblables, tous les corpuscules élémentaires se combattent, se divisent et se transforment : les plus petits , surtout les pyramides dont le feu se compose, lorsqu'ils ne réussissent pas à tranformer les plus gros, pénètrent du moins entre eux et les dilatent; et ceux-ci se contractent , quand les plus petits se retirent. Ensuite cette dilatation et cette contraction , ces changements de forme et tous ces mouvements produisent une impulsion circulaire , itepiuatv 3 , parce qu'en vertu de l'impossibilité du vide, des corpuscules doivent nécessairement prendre la place que d'autres abandonnent. Telle est la théorie de Platon sur l'action réciproque des corps : il y a bien, comme on voit, quelque différence entre ce système et celui de Newton.

§ II. De t attraction électrique et magnétique , et de diverses applications du principe de V impossibilité du vide.

Les deux mêmes principes de l'impossibilité du vide et de l'impulsion circulaire , qui ont déjà servi à Platon pour expliquer la respiration * et la sensation produite par les accords musicaux», ont encore d'autres applications, qu'il

1 V. notes 102-108.

2 V. Théophraste, De la sensation et des objets sensibles . § 1 , fin , p. 047, Schneider; le traité Des op. des philos., IV, 19, et surtout Jes deux yen qui y sont cités. Cf. Aristotc , De la ginér. et de la corrupt. , I, 7, p. 323 , col. 2 — p. 324.

3 V. note 78.

A V. note 169.

5 V. note 170.

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