‹ Etudes sur le Timée de PlatonChapitre 83 sur 140 · PHYSIQUE. — ATTRACTION · texte numérisé non relu

PHYSIQUE. — ATTRACTION

se contente d'indiquer, mais qui toutes ont élé développées avec soin par Plu turque et dont deux l'ont été aussi par le faux Timée de Locres*, savoir celles qui concernent les ventouses et la puissance attractive du succin frotté.

1° Quand une ventouse est appliquée sur la chair, l'air échauffé qui sort du corps comprime l'air ambiant, qui comprime à son tour la surface du corps et pousse ainsi les humeurs sous la ventouse.

2° Dans la déglutition , l'air contenu dans l'œsophage monte en glissant autour du bole alimentaire, et le pousse en venant remplir derrière lui la place qu'il laisse vide.

3° De même un corps lancé fend l'air, qui, se repliant autour de lui , le pousse par derrière. Àristote adopte cette théorie , en ajoutant seulement que si l'air agit ainsi, c'est à cause de la puissance que le premier moteur lui a communiquée par l'intermédiaire de l'objet lancé et qui se transmet de proche en proehe au sein de l'air lui-même. Du reste , Aristote suppose que c'est cette réaction continue du milieu qui seule entretient le mouvement'; de sorte que dans le vide, si le vide était possible, dès que le corps aurait quitté la main qui le pousse, il tomberait verticalement, abandonné à l'action de la pesanteur seule C'est par suite de cette erreur qu'Àristote et tous les auteurs anciens ont été obligés de chercher des causes imaginaires à l'accélération du mouvement d*ùn corps soumis à l'action d'une force constante 5.

1 Quest. plat. , VII.

3 Phys. , VIII, 10. p. 260, col. 2, 1. 27-p. 267, col. 2, 1. 7, et ibid. , 1. 15-19, Bekkcr. Cf. Simplicius, Sur ut Phys., f. 516, et Themistius , Sur ta Phys. , f. 63, p. 451, col. 1, 1. 46-col. 2, 1. 18; ibid.> I. 39-p. Û52, col. 2, I. 39, Brandi*. Il ne parait pas qu'aucun des commentateur* d'Ans! oie lui ait contesté la nécessité d'une impulsion sans cesse renaissante, pour expliquer la continuation du mouvement : c'est sur la naturc ctla causc.de cette impulsion qu'ils se sont permis quelques doutes.

b Phys., IV, 8, p. 215, col. 1 , 1. 14-19, Bekker. Cf. Simplicius, Sur ta Phys., t. 157, p. 383, col. 2, 1. 1-22 , Brandis. 5 V. la note 10Û.

tkà KOTES SUB LE TIMEE.

U° La chute de ta foudre i a lieu, parce que le feu dont elle se compose, poussé violemment de haut en bas par le choc des nuages, fend l'air, comme tous les corps lancés, et par conséquent est poussé dans la même direction par la réaction incessante de l'air, qui l'empêche ainsi de remonter ▼ers sa région naturelle.

6* Plutarque donne de longues explications sur le rôle de l'impulsion circulaire dans l'écoulement des eaux. Disons seulement, d'après lui, que l'air, allant sans cesse occuper dans la terre la place de l'eau qui sort de la source , force l'écoulement de continuer; que l'air remplit tous les rides de la surface de l'eau, soit stagnante, soit courante, et que si le vent creuse un sillon dans l'eau, le flot s'élève pour ne pas laisser de vide dans l'air.

6° Arrivons au succin. Suivant Plutarque et le faux Timée, une sorte d'air très-subtil, ou de feu, existe dans ce corps, et s'en échappe, lorsque par le frottement on a débouché les pores de sa surface : de chaque côté du corps, ces émanations forment un courant par lequel l'air environnant se trouve repoussé; mais cet air force à son tour le courant à tourner autour du corps et à y rentrer par le côté opposé, de telle sorte qu'il n'y ait jamais de vide : or le courant qui rentre dans le succin entraîne avec lui les corps légers. Telle était l'opinion d'Empédocleî. Platon, qui, ainsi que nous l'avons vu 5, devait quelque chose à ce philosophe pour la théorie de la respiration, peut bien en effet avoir eu l'intention de s'en référer à lui pour celle de l'action du succin. Malheureusement cette dernière théorie est sujette à une objection insoluble : pourquoi le courant qui sort du succin n'entrai ne-t-il pas les corps légers, tout aussi bien que le courant contraire?

7° Quant à l'action de l'aimant, suivant Plutarque, elle s'explique de même, à cela près que les pores de l'aimant

1 V. noie fifl, 5».

2 V. Alexandre d'Apfarodisle, Que st. nat. , Ht. S , ebap. % , et Galien , De ta nat. des facuU, , 1. 1 , p. MA, 1. 50 et ralf. , Baie.

S V. la note 109.

PHYSIQUE. — àTTÏUCTIOTr.

sont toujours ouverts, et que l'espèce d'air qui en sort et qui y rentre a assez de densité pour agir sur le fer. Cette explication est sujette à la môme objection que celle qui 'concerne le succin, et en outre à une seconde objection, que Plut arque a voulu prévenir : pourquoi le courant d'air produit par l'aimant n'a -t -il d'action que sur le fer ? C'est, répond Plu t arque, parce que le fer n'est ni trop peu dense, comme le bois , ni trop dense , comme l'or ou les pierres ; mais qu'il a des pores et des aspérités qui ne permettent aux corpuscules d'air ni de le traverser, ni de glisser sur sa surface. Pour se contenter de pareilles raisons, il faul être peu difficile; d'ailleurs, la première objection reste . Lucrèce » admet que les émanations de l'aimant chassent l'air et font le vide entre lui et le fer; que l'air situé de l'autre côté du fer le pénètre , le soulève , le pousse et l'aide à se précipiter dans le vide jusqu'à l'aimant. Telle était aussi à peu près l'opinion de Démocrite*. Au contraire, Straton de Lampsaque soutenait que l'action de l'aimant pouvait fort bien s'expliquer sans l'hypothèse du vide : il semble avoir hésité entre la théorie de Platon et une autre qui consisterait à admettre qu'un aimant, placé à une petite distance d'un morceau de fer, en aspire les émanations, soit à travers l'air, soit à travers les pores d'un ou de plusieurs morceaux de fer continus, et entraîne ainsi vers lui le morceau de fer lui-même 3.

En réalité, l'aimant et le succin frotté ont la puissance spéciale d'attraction que Straton et la plupart des anciens leur contestaient : ces corps la doivent, l'un au fluide magnétique, l'autre à l'électricité développée par le frottement. Il y a deux natures d'électricité et de magnétisme : elles ne deviennent sensibles que par leur séparation. Les électricités de même nature se repoussent, les électricités de nature contraire s'attirent, et il en est de même pour le

1 De rer, nat. , VI , 1000-1039. Ci. les vers suivants Jusqu'à 1003.

2 V. Alexandre d'Aphrodisie et Gallen , déjà cité*.

3 V. Simplicius , Sar la Pftys. , f. 153 , p. 381 , col. 1 , 1. 15-33 ; f. 155 , p. 382, col. 2, 1. 15-20.

magnétisme. Les corps sur lesquels l'aimant agit de la manière la plus énergique sont ceux sur lesquels il opère, par influence, la séparation la moins incomplète des deux magnétismes, savoir le fer, le nickel et le cobalt. Platon aurait été bien étonné de ces faits, si contraires à son principe exclusif de l'attraction des semblables.

NOTE CLHIV.

Ainsi, Platon semble croire que les couleurs diverses de la bile et des autres humeurs tiennent à la couleur des aliments qui les ont produites.

NOTE CLXXV-

DE LA RESPIRATION» (Suite.)

En revenant ici pour la seconde fois sur sa théorie de la respiration , Platon nous montre quel en est, suivant lui, le résultat principal : c'est la formation du sang.

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