COSMOGRAPHIE PLATONIQUE
plique le nom de droite à l'occident , et celui de gauche à l'orient ; que dans les Lois au contraire, c'est Forient qu'il nomme droite , mais en ayant soin de définir le mot. Je doute fort que Platon, qui, comme on vient de le voir, jugeait ces dénominations purement arbitraires, s'en soit beaucoup inquiété. Mais il serait aisé de se rendre compte de l'expression employée dans le Timée, même en prenant les choses à la rigueur. En effet , supposez que Platon adopte l'usage assez naturel de nommer pôle supérieur le pôle septentrional situé au-dessus de notre horizon, et se représente ainsi le monde debout devant lui; alors l'orient, étant à la droite du spectateur grec, qui, tourné vers le pôle septentrional, regarde le monde en face , doit être considéré par lui comme la gauche du monde lui-même, d'après une loi de symétrie bien connue de Platon, comme ce qu'il dit des miroirs t en offre la preuve. En résumé , il fallait que le monde fût gaucher, ou que, par rapport à nous, il eût Ja tête en bas. Aristote a discuté gravement la question , et s'est prononcé pour le second parti. Platon , dans le Timéc, a trouvé le premier point de vue plus commode, et l'a adopté, sans y attacher la moindre importance. En nommant l'occident côté droit, il a suivi les Pythagoriciens, auxquels Aristote 2 attribue expressément cette manière de voir. Seulement, pour prévenir les objections, Platon a eu soin de nous faire remarquer plus haut 5 que le monde est un grand animal tout rond , qui n'a ni pieds, ni tête, ni bras ni jambes, ni main droite, ni main gauche : il eût pu se dispenser de pousser plus loin rémunération de tout ce que le monde n'a pas.
Quant au mouvement suivant le côté et au mouvement suivant la diagonale, Proclus 4 en donne un explication
1 V. note 52.
2 Du ciel, II, 2, p. 285, col. 2, I. 23-27, Dckker. Cependant il parait qu'un certain nombre de Pythagoriciens soutenaient l'opinion contraire. V. Lobeek, Aglaophamus , t. 1 , p. 918 et suiv.
S Tim. , p. 33 b-34 a.
k Sur le Tinu, p. 220.
juste, mais un peu obscure. La voici exposée plus clairement. V. la figuré (1) de la planche 1 , à la fin de ce volume.
Soit C G Taxe du monde , soit A C E G le méridien qui passe par les points D et H où l'écliplique touche les tropiques; soit A E le diamètre de l'équateur, soient B D et H F les diamètres des deux tropiques. Si Ton considère le parallélogramme BDFH , il est évident que le diamètre de l'écliptique, cercle de la nature de Vautre , est la diagonale H D, tandis que le diamètre de l'équateur, cercle de la nature du même, est la ligne A E, parallèle aux deux grands côtés BD et H F du parallélogramme. Aux équinoxes le soleil décrit l'équateur, et aux solstices il décrit les tropiques, en vertu du mouvement diurne, qui est celui de la nature du même , et dans lequel toute la sphère du monde est emportée autour de son axe, dont la terre occupe le milieu. En vertu du mouvement de la nature deVautre, c'està-dire de son mouvement planétaire, le soleil décrit récliptique. Il est donc vrai de dire que le mouvement de la nature du même a lieu suivant le côté, et celui de la nature de Vautre suivant la diagonale t. Ce qui rend ce passage obscur dans le texte grec , c'est que l'auteur , sans parler d'un parallélogramme, dit simplement que ces deux mouvements ont lieu, l'un xorrà TrXsupâv, l'autre xcrrà] 5tâftsr/>ov.