LE RYTHME MUSICAL
On a pu noter à propos de la durée, que les divergences d'opinion sont nombreuses entre les différents critiques qu. se sont occupes u vers français. L'accord par contre est bien près d'être réalisé au sujet du rythme musical, puisque les théoriciens sont unanimes, ou peu s en faut à n’attribuer aucune importance à l’acuité. Certains procèdent par pure omission, comme s. la quest, on ne va ait meme pas la peine dette examinée- d'autres ont recours à des dénégations expresses. M. Guilhaume • par exemple attaque la dénomination de « tonique « fréquemment concédée ’à l’accent rythmique, parce quelle pourrait faire croire à une modification dans le degré d élévation de la voix. Il re,o,nt ainsi Becq de Fouquières • dont la déclaration n’est pas moins nette : ,< I.’accent tonique n’a aucun rapport avec la hauteur musicale d un son. Ce qui distingue une syllabe tonique de syllabes atones, c’est une augmentation de l’intensité du son. Or l’intensité du son est indépendante de son
acuité ou de sa gravité. » , . r • t
Il y a néanmoins quelques exceptions. Mais les auteurs ne considèrent généralement l’élévation de la voix que comme un facteur accessoire u
rythme auquel l’intensité seule suffit à conférer l’existence; Sully Prudhomme * parle vaguement de variations mélodiques, comme par simple précaution et pour prévenir des objections éventuelles ; mais il est visible qu’il s’attache assez peu à cette idée. Guyau 4 de son cote admet que l’accent rend la syllabe qui en est frappée plus aigue et M. de la Grasserie * pense de même, sans qu’ils cherchent ni 1 un ni 1 autre a s’expliquer plus amplement, puisqu’ils accordent toute leur attention à l’intensité. Un seul critique considéré que le rythme est, essentie emcnt et à l’exclusion de tout autre élément, constitué par des phénomènes d’acuité. C’est Brunetière, qui paraît avoir ete doue d une oreille assez fine, quoiqu’il ait exprimé son opinion en termes ambigus. « L’accentuation, écrit-il 6, est l’élévation ou l’abaissement de la voix sur une syllabe
Cependant nulle part on ne rencontre de discussion détaillée et personne n’a songé à motiver son jugement par des raisons décisives. Les démonstrations et les analyses partout font défaut, ce qui prouve à n’en pas douter le peu d’importance que l’on attribue au ,eu des hauteurs musicales dans le vers. Les théoriciens les plus autorisés, Tabler, Clair Tisseur et Th. de Banville sont muets sur la question. Quant a ceux qu,
1. J. Guilliaume, Le vers français et les prosodies modernes, p. 203-204.
2. Becq de Fouquières, Traité général de versification, p. 50-51. Cette opinion cependant n’a pas été sans varier puisque qu’il y a une différence de hauteur entre la syllabe accentuée et les autres.