VI, K
Ou bien la voix commence à descendre aussitôt après l’accent musical, mais elle le fait par échelons, de telle sorte que dans chaque syllabe la voyelle est plus aiguë que la consonne :
Bois, prés, fontaines, fleurs, qui voyez mon teint blême.
Bwâ pré jô tè nœ flàr U vo yi mô te ble mœ
no O OO
(XII, D i°.)
ou bien enfin la syllabe féminine qui termine le groupe rythmique peut être plus haute que la précédente :
Des flots bénis, des bois sacrés, des arbres prêtres.
De flô br ni de bwa sa kré de %ar brœ pic
De ces formes, la première est la plus fréquente. En outre ces trois exemples montrent que, quand il y a chute de sens, le derniei accent est moins aigu que le pénultième. Le cas contraire se présente il est vrai, quoique rarement. Il suffira de cet échantillon .
Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable.
Lœ vrè pce kel kœ fwa ne trœ pâ vre sa bla blœ
° * ° O O (VIH, O 20.)
l’alexandrin français
Mais les expressions elles-mêmes de « conclusion » ou de « fin de phrase » doivent être expliquées. Il ne s’agit pas seulement des terminaisons qui sont dans la graphie indiquées par des points : il s’agit aussi de celles qui résultent de la signification accordée par les divers sujets aux fractions de la période. Les interprétations peuvent varier, et les divergences sont souvent très sensibles. Elles sont évidentes si l’on se borne a considérer les quatre premiers vers de notre morceau du Cid, auxquels nous maintenons la ponctuation que leur confère 1 édition des Grands Ecrivains :
Ah ! Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie,
Je ne te puis blâmer d’avoir fui l’infamie ;
Et de quelque façon qu’éclatent mes douleurs,
Je ne t’accuse point, je pleure mes malheurs.
Après ce dernier vers, tous les sujets laissent tomber la vois, car il est manifeste qu’un autre développement commence avec l’alexandrin suivant. Mais entre le deuxième et le troisième vers les sujets hésitent : CG J considèrent que le sens est terminé, R pense au contraiie que a p
continue ; il suspend en effet la voix sur la dernière syllabe du mot infamie. ^
Tous les textes que nous avons enregistrés provoqueraient les mêmes constatations. C est cependant au point de vue des énumérations que question acquiert toute son importance, car elles se réduisent souvent à de courts fragments que nulle forte ponctuation écrite n’isole 1 un de autre. On se rendra compte, par les exemples que nous allons citer, que le traitement des différents termes peut varier dans certaines limites, et on n’oubliera pas que ces vers ont été déclamés sans que les sujets eussent connaissance du contexte, de telle sorte que la fin de alexan nn a forcément être envisagée comme une terminaison certaine.
Les tracés prouvent que l’on choisit entre les alternatives suivantes :
i° On peut considérer chacun des membres de l’énumération comme formant un tout complet, indépendant du contexte. La voix alors ne se suspend pas à la fin de chacun de ces groupes, et l’accent musical tombe sur la syllabe pénultième, ou antépénultième, au moins sur antepenu
tième si la finale est féminine.
J’ai tout, le temps, l’esprit, hier, aujourd’hui, demain.
Je
tu
ta
les
pii yèr o jur
dwi dœ mê