‹ Études sur le vers françaisChapitre 128 sur 214 · OO O OO · texte numérisé non relu

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40 Beaucoup plus rarement on constate le mélange des suspensions et des chutes de sens, sans que la voix s’élève sur le membre qui précède la conclusion. Mais ce ne sont là que des cas aberrants, dus à un texte difficile ou à une surprise des sujets 1 . Seuls les trois premiers types déterminés, qui peuvent logiquement se défendre, sont d’un emploi courant.

S’il faut enfin prendre un exemple dans un texte assez long, nous citerons ces deux vers des Pauvres Gens :

Or la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,

Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant. . . (34-3 5 -)

On peut traduire la phrase de plusieurs manières différentes, rattacher or pour le sens au début du second vers, de telle sorte que les mots ou groupes intermédiaires, traités comme des parenthèses, puissent assez facilement s’isoler du contexte : décembre sera alors accentué sur la première syllabe. Mais il est également loisible de relier de premier vers au second : décembre est alors accentué sur la syllabe qui précède la finale féminine. Il est enfin possible de diviser l’énumération en trois ou quatre termes. Les déclamations caractéristiques sont celles de B G R, toutes les trois conformes à l’un des types que nous avons définis plus haut.

Or

la

nüi’i

dâ

là

dé

la

bru

wO)

de

sa

br(œ)

OO

ers

Ces observations permettront l’interprétation facile de toutes les énumérations qui figurent dans nos tableaux généraux.

Les fins de phrases rendent enfin nécessaire une dernière remarque : il nous faut justifier la position de l’accent dans certains groupes rythmiques et défendre nos notations.

Un alexandrin comme celui que nous allons citer n’offre pas la moindre difficulté :

L’éternel est son nom, le monde est son ouvrage.

1 . Ces cas aberrants seraient représentés dans nos tableaux généraux par les vers suivants : XIX, G 2° — XX, P 2° ; S 2° — P, G , 28 E. On fait abstraction des vers dans lesquels la position pénultième ou antépénultième de l’accent semble due à l’effort oratoire.

Le

l’alexandrin français

ter

nèl

so

no

môd

so

nu

vra

La conclusion en es. indiquée par le groupe rythmique terminal qui répond au schéma «O—, Ce groupe es. nettement distinct de celui qui le précède et les deux syllabes aigues sont séparées l’une de l'autre par une grave. Mais le phénomène est loin d etre auss. clan s. le dernier memb métrique est O * ou O • • , en un mot si les deux accents d’acuité sont en contact, comme dans le cas suivant .

Après des feux, des deux, des cieux, des cieux, des cieux.

pre

de

syœ

de

syœ

de

syœ

de syœ

On pourrait nous objecter que les quatre syllabes finales ne forment musicalement qu’un seul groupe rythmique, dont l’antépénultième serait le

sommet. Telle n’est cependant pas notre opinion, et les raisons que nous invoquons sont nombreuses. . ,

Nous pouvons faire observer en effet que la onzième et la douzième syllabe ont dans le vers une valeur pareille à celle des trots ïambes dont elles sont précédées et que l’on ne songerait nullement à nier la division proposée s’il y avait suspension et non chute dé sens; il suffirait, meme ici, d’une inadvertance du sujet pour rendre à la rime son acuité normale preuve évidente que le groupe qui nous occupe n est point par nature incapable de supporter l’accent. Mais, toutes choses restant égales par ailleurs, la distinction des groupes rythmiques telle que nous 1 adoptons trouve confirmée par la position éventuelle des silences. Dans cet alexandrin de Hugo .

je vous trouve jolis et vous fuyez ! Pourquoi ? ( Torquemada .)

la séparation des membres métriques est si peu douteuse que l’oreille la plus rebelle ne peut nier le trochée musical formé par la fin du vers. On comparera également avec les chiffres précédemment transcrits la déclamation du sujet D :

A pre 340 400 400

de

syœ

de

syœ

de

syœ

syœ

de

(XVIII, D i°.)

G et D, sauf la pause (i7“)> ont accentué de la même façon, et par analogie on peut légitimement attribuer à la diction du premier ce qui ressort

avec plus de netteté de celle du second. . ,

D’ailleurs cette juxtaposition des temps marqués n’est point particulière aux fins de phrase et on la constate encore quand deux monosyllabes succèdent immédiatement, selon une formation rythmique que nous avons déjà commentée au point de vue de la duree et qui nous retien ra au cours de ce chapitre ; or les principes de notation que nous avons exposés sont d’une application universelle, et les accents en contact sont indépendants l’un de l’autre toutes les fois que le second est de moindre valeur que le premier. Enfin l’ultime raison, a elle seule suffisante, sera a

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