OO-380-380-34O-34O-30O
CO
CO
ON
Le maximum de force est toujours fourni à l’intérieur de la voyelle, jamais à l’extrême début ou à l’extrême fin. La période d’intensité peut être plus ou moins étendue, se maintenir également sur plusieurs demi-dixièmes de seconde dans une continuité monotone (I, III, V) ou n’être qu’un court accident (II, IV, VI, VII) limité parfois à un petit nombre de vibrations. Le maximum de force peut d’ailleurs apparaître dès la deuxième tranche (II, IV, VI, VII), ou seulement dans celles qui précèdent immédiatement la dernière (I); il peut également occuper le point central (III). L’intensité d’un son isolé articulé normalement parcourt donc une espèce de courbe dont les extrémités sont plus ou moins faibles, mais n’ont pas besoin de l’être également. Des combinaisons autres que celle-ci (faible-forte— fai ble) ne semblent pas impossibles : on suppose qu’elles se révèlent seulement dans une prononciation pathétique.
Il faut noter aussi que pour des acuités voisines, le point de compréhensibilité maxima est indépendant de la hauteur musicale; en d’autres termes l’énergie déployée peut être plus grande sur une tranche de 380 v. s. que sur une tranche contiguë de 400 v. s. Ainsi, jusqu’à une certaine limite, le travail dynamique produit son effet sans subir par trop l’influence des conditions dans lesquelles il se manifeste (IV, VII). De même deux acuités identiques peuvent présenter des intensités différentes (II, III, etc...)
Cependant, si l’on considère les chiffres donnés plus haut, on peut reconnaître des variations nettement caractérisées. Dans I l’attaque du son est faible, dans II elle est plus forte. Si nous cessons de nous en tenir à des mesures précises, et si nous jugeons les phénomènes en gros, nous pourrons distinguer la voyelle forte (I : cinq tranches sur huit d’audibilité considérable), la voyelle faible (V), la forte-faible (II) dont l’existence rend admissible la possibilité d’une faible-forte que nos exemples ne présentent pas. Autant de différences qui peuvent se manifester dans le langage et contribuent à lui enlever toute monotonie. On peut aussi convenir, si l’on fait abstraction de légères nuances, qu’il se rencontre toujours un certain point ou l’intensité reste à peu près constante. Ce point, pour Vu de M. l’abbé Rigal, serait l’espace compris à partir du cinquième chiffre jusqu’à l’avant-dernier. Dans la troisième voyelle analysée plus haut, les tranches particulièrement dynamiques iraient de la seconde à la pénultième exclusivement. Disons enfin que nos calculs permettent d’exclure l’hypothèse d’une voyelle, du moins à l’état isolé, dont la compréhensibilité serait toujours la même dans tous les moments de sa durée. Dans aucun instrument d’ailleurs le son n’est stable, il y a toujours un instant où il naît, un autre où il meurt, et ces deux moments, si courts qu’ils puissent être, n’en ont pas moins chacun une certaine valeur temporelle.
En réalité, pour rendre compte de toutes les modifications de la puissance acoustique d’une voyelle, il faudrait mesurer les amplitudes vibration par vibration. On verrait alors que les variations ne sont pas aussi brusques que nos chiffres le laissent supposer, que les périodes de force, même quand elles sont courtes, subissent une dégradation progressive, et qu’elles ne se juxtaposent pas directement à des périodes faibles. Toutes les articulations vocaliques isolées ont donc un caractère commun, l’affaissement de l’intensité au commencement et à la fin du son émis, mais aucune ne possède une énergie spécifique, et la disposition des tranches, entre les deux extrémités, n’est pas uniforme.
COMBINAISONS FACTICES : INTENSITE DES VOYELLES
Ces constatations une fois faites, nous examinerons maintenant la manière selon laquelle les voyelles se comportent dans les mots. Deux voyelles, placées l’une au commencement, l'autre à la fin d’un mot sont-elles identiques, manifestent-elles des changements qu. ne sont soumts .
aucune loi, ou au contraire peut-on reconnaître un rapport constant entre la première et la seconde? , .
Nous avons eu recours aux groupes factices déjà utilisés pour l’examen de la durée et de la hauteur mus, cale : 0a, a, a ata, «ta, de, de de, de ild ôtô Mb Mb m, élé.été, àtâ. Il nous faut ici répéter l’observation que nous avons faiteà propos de 1 acuité. Ces combinaisons, une diversité nécessaire quand il s’agissait de déterminer si, oui ou non, le timbre exerce une influence sur la valeur temporelle des sons, se trouvent eue pour l’étude qui nous occupe d’une constitution indifférente. Non pas que l’audibilité de chaque voyelle ne soit hee a sa sonorité caracteustique, mais des fermées aux ouvertes l’écart est minime, et pour le moment nous opposons sans difficulté des a a des a, des r a des r etc..., ou nous confrontons des i avec des i, des é avec des à etc... Toutes les formations examinées sont donc équivalentes d une combinaison uniforme et neutre ata. Les analyses ont porté sur 90 graphiques, et les exemples ont été prononcés, lors de l’inscription, comme des mots qui seraient incorpores a
une phrase, mais qui n’en constitueraient pas la fin. , ,.,r-
Le son de la première voyelle et celui de la seconde doivent être considérés séparément. La première revêt les formes ci-apres, e, les chiffres
indiquent, au-dessous de la hauteur musicale, l’audibilité de tranches successives dont chacune a duie 5 s.
ètè. . . .
(faible-forte)
(faible-forte-faible)
àtô. . . .
(constante)
Nous avons eu soin, pour établir ces distances de compréhensibilité, de ne pas prendre l’amplitude des vibrations les plus rapprochées de l’occlusion. Ces trois types ne se reproduisent pas avec la même fréquence. Le premier se rencontre le plus souvent : la tranche de début supporte une énergie beaucoup moins forte que les suivantes, et celles-ci croissent ensuite d’une façon continue jusqu’à la consonne. Le second présente comme le précédent une attaque faible et dont la faiblesse serait encore plus manifeste si j’avais pris soin de mesurer l’arc de la vibration initiale; la différence est constituée par un affaissement de l’audibilité avant le t : cette succession est déjà beaucoup plus rare. Le troisième type, où l’intensité est constante ’, est unique sur un ensemble de 90 lectures; il paraît dû à l’extrême modération de la voix.
Nous constatons aussi que la force déployée peut être variable. Elle est relativement grande dans les cas I et II; elle est très réduite dans le cas III. Notons enfin que l’affaiblissement de la puissance acoustique au contact de la consonne, quand il se produit, n’est jamais aussi considérable
qu’à la fin des voyelles isolées.
A son tour le second élément vocalique se comporte de la façon suivante :
1. Naturellement l’audibilité de la vibration initiale de la première tranche est inférieure à 20m.
Lote. — L’alexandrin.
l’alexandrin français
I ôtà 560-660-800-800
IP âtk 420-/120-420-420-480
IIb été 640-620-520-360
Il n’y a que deux successions possibles, de fréquence sensiblement égale. Dans la première (I), la période d’énergie ne se rencontre pas au début de la voyelle. Dans la seconde (IIab) elle intervient dès que la consonne a pris fin. Partout il y a affaiblissement considérable de l’amplitude et par conséquent de la portée acoustique au moment où le son se termine. J’ai donné deux variétés de la seconde succession afin de montrer que le point de force peut coïncider, et c’est ce qui se passe le plus souvent, avec la hauteur musicale maxima de la voyelle, mais que ce n’est nullement un fait constant.
Si l’on passe enfin à la question du rapport dans lequel se trouvent la première et la seconde voyelle des groupes examinés, on constate, pour le plus grand nombre des exemples analysés, que la seconde possède une audibilité plus grande que la première. Le mot, dans les conditions de
déclamations signalées, revêt cette forme :
vo
no
ou pour prendre un autre exemple :
Le sommet d’intensité, comme celui de hauteur musicale, se détermine par comparaison. Mais les relations entre les syllabes peuvent être variables. Dans le premier exemple la seconde voyelle dépasse seulement de 5m la portée acoustique de la première. Dans le second exemple elle la dépasse de 40™. Il n’y a eu, sur 90 lectures, que deux exceptions dans lesquelles l’effort maximum a été produit au début du groupe, selon ce type :
Nous donnons ailleurs l’explication de ce fait. Retenons que dans les groupes semblables à ceux qui précèdent, de même que dans les voyelles isolées, le point de plus forte compréhensibilité n’est pas lié indissolublement à la hauteur musicale.
Poursuivons cependant notre enquête. Nous venons de constater que la voyelle finale d’une formation artificielle dissyllabique possède une puissance auditive plus grande que celle dont elle est précédée. Il nous faut maintenant rechercher si, pour les voyelles composantes de grou-
COMBINAISONS FACTICES : INTENSITÉ DES VOYELLES 26
pements plus étendus, trisyllabes et quadrisyllabiques, il y » également progression dynamique. Ou si bon ’ elt s'prés^tem- eUes supporte-t-elle un effort plus considérable que la première, la troisième que la seconde, et atns. de su, te ? Certaines d entre elles p.esentent
ré°ulièrement un accent d’intensité selon la place quelles occupent ? , > u t
Nous avons analysé les combinaisons ma, mata, alaima, dont nous nous sommes déjà servi à propos de 1 acuité, et nous rappelons qu es été tX n ononciation comme si elles ne constituaient pas une fin de phrase. Voici les chiffres obtenus pour une seule sene d es^
22 Tes autres séries lui étant identiques, sauf que l’énergie maxima peut affecter indifféremment, dans chaque « l’une ou 1 autre des tram déterminées, sauf aux deux points extrêmes du groupe. Nous ne donnons plus les hauteurs musicales qu’on trouvera dans le chapttre cor resp . .
à celui-ci :
ata a t a
atata « * a 1
atatata a 1 a 1 a
La dernière voyelle est d’audibilité variable, mais partout elle l’emporte sur toutes les autres. On remarque que les accidents d'intensité, à l’intérieur des formations qui dépassent trois syllabes, ne sont pas absolument nécessaires, et que, dans les conditions de déclamation sign. ce dernière voyelle est la seule qui ai, été affectée de l’accent dynamique. Dans la série donnée il y a progression de force e la première syllabe a la finale, et cette progression n’est pas troublée par la consonne sourde qui sépare les éléments vocahques. En outre, plus le groupe s al moins lis voyelles” médianes, à cause de leur faible durée, présentent de variations importantes. Une fois même la puissance acoustique es r ste constante, e, l'intensité s’es, maintenue sur le second a de atata sans fléchissement sensible du commencement jusqu r 1 la fin. On notent en dernier lieu que les points de faible intensité, au lieu de se rencontrer dans chaque voyelle, se trouvent lepoites au e ut et a a groupes inscrits. Il y a donc chaque fois une unité démission, constituée pai la combinaison tout ent’è ... , . ,• 1 1
Mais un point spécial doit attirer notre attention. Si, au lieu d’une formation comme ata, l’on inscrivait les serres otu atu, * alors les choses pourraient changer, les timbres, dans certaines conditions, ne produisant pas tous les mêmes effets. Nous extrayons de ,ms analyses deux enregistrements différents du groupe ata. La hauteur musicale de l’a oscille autour de 400 v. s., ce e e a monte jusque > >
laquelle la force déployée a été en même temps la plus considérable. Pour ces deux acuités, dans le premier grap nqut, on trouve es amp 1 suivantes : . = 6 a L ,, soit, en dixiémes de millimètres . = i+> » = 3<- L’audibilité es, de ,4” pour u, de 80™ pour * La seconde fors l’articulation a été plus énergique. Pour des hauteurs musicales voisines également de 400 e, 500 v. s. on trouve les amplitudes suivantes. a — 12, u = 15, soit en dixièmes de millimètres a = 48, u - = éo. L’audibilité, d après les tables de le uction, est r e 1 50 pour a ,
pour ü. On obtient de la sorte la succession ci-après :
II fl t u
l’alexandrin français
Dans les conditions d’acuité signalées, un a dont l’amplitude sera égale à 13 sera toujours entendu plus loin qu’un u, quel que soit l’arc de la vibration de cette dernière voyelle. Pour otu et eti les résultats seraient analogues. De même, mais à un degré moindre et dès que la voix cesse d’être modérée, il faut un effort plus grand si l’on veut produire avec un æ le même effet qu’avec un 0. Les courbes de M. l’abbé Rousselot, comme nous l’avons indiqué, rendent compte de toutes ces différences. A considérer la seconde syllabe de alu dans la deuxième inscription, on voit que l’intensité dite psychologique n’y coïncide pas avec l’intensité brute.
Ces observations une fois faites, nous pouvons revenir aux combinaisons polysyllabiques. Au moyen des groupes artificiels: apa, apapa, apapapa, afa, afafa, etc.., nous essaierons de montrer que les diverses consonnes n’ont aucune influence sur le rapport des voyelles entre elles et que la règle formulée plus haut reste valable. Nous nous efforcerons de dégager en même temps les lois qui régissent les relations des consonnes, de rechercher si elles aussi se trouvent en progression dynamique. Nous rappelons que l’enregistrement de la série qui va suivre a été fait dans une séance unique, sans emphase', et dans les mêmes conditions de déclamation que précédemment. Chacun des phénomènes que nous rencontrerons est représentatif de bien d’autres, et ce qui s’est passé pour une combinaison comme alala peut se constater à nouveau dans a%a%a par exemple, ou dans toute formation analogue qu’on peut imaginer.
Nous désignons la première voyelle par V. I, la seconde par V. II etc... Voici les résultats obtenus (cf. tableau ci-dessous, p. 268-271) :
Ces chiffres, en ce qui concerne les voyelles, confirment les remarques déjà faites :
variations dans la force déployée au cours d’un même son, surtout quand celui-ci est prolongé ; relativité de l’énergie maxima qui, loin d’être absolue et quantitative, est qualitative et se détermine seulement par comparaison, de telle sorte que le rapport de l’atone à la tonique n’est pas comme 1 est à 2 ou comme 1 est à 3 : il n’y a à cet égard aucune régularité.
Ajoutons encore que la dernière voyelle de la combinaison inscrite est toujours dynamique ; que l’unité d’émission est toujours indiquée par deux périodes faibles, l'une au début, l’autre à la fin du groupe enregistré; enfin qu’il y a généralement progression