Beyer, Franqôsische phonelïk (1897), 2e édition, p
3. Roudet, Éléments de phonétique générale (19 11), p. 183 et sq. ,
4. Cette observation n’est pas acceptable d’une façon générale. Par exemple en tchèque on possède le verbe Ipiti (être attaché à quelque chose) où on trame a initia e e
groupe liquide -J- occlusive. . T
5. Je ne puis admettre la syllabation adoptée par M. Landry dans son ouvrage sur Le rythme du français déclamé. Il s attaque aux divisions tra îtionne es en ces terr e vérité est que la syllabe vulgaire 11’a pas une existence physiologique et rythmique définie. L existence en est toute psychologique et pratique. Cette syllabe est créee arti
pour pouvoir être prononcée à part, détachée des voisines par une petite pause et comptée » (p. 245). , ,
M. Landry substitue donc aux coupes communes ce qu’il appelle la scansion prévocalique : il fait toujours « commencer la syllabe métrique a\ec a \oye e » (p. 2 3), groupement ainsi déterminé qu’il étudie la durée et c’est d’après les mesures ainsi obtenues qu’il établit sa théorie du rythme. Il aboutit ainsi à constituer des formations comme celles-ci que je lui emprunte (p. 291) :
Au cl/air d/e ta fl/amm/e
J’ajouterai encore l’exemple suivant que je rencontre à une autre page de son ouvrage :
L/asse de son boul/et
Il est facile de répondre et de montrer que, si les divisions traditionnelles sont quelquefois inexactes dans le détail, elles sont du moins vraies dans I ensemble, tandis que la scansion prévocalique ne paraît jamais répondre à une réalité.
LA TRANSCRIPTION ET LA SYLLABATION
conserve dans le groupe quelque chose de son individualité. Il a comparé apte à tout faire avec aptitude; « la première combinaison apte, dit-il se distingue de apt fans aptitude par un p d’une plus grande occlusion et d’une légère explosion, qui manque dans aptitude, c’est-à-dire par plus de force » (fig. 17). Cette remarque, notons-le bien, contredit celle de M. Roudet. Celui-ci, en effet, dans un groupe comme idl veut reconnaître deux syllabes ; or, cette combinaison n’est pas différente d’une formation ibl qui se rencontre dans des phrases comme : horrible à voir ou : cette chose est horrible, lorsque Ye muet final n’est pas prononcé. Dans ce dernier cas, faut-il compter or-ri-bl ou or-ribl ? On voit la difficulté.
Pour nous, cependant, la question de la syllabation était infiniment plus simple, et, à défaut d’expériences particulières sur les points discutés, expériences auxquelles nous ne pouvions procéder sans perdre de vue notre objet principal, nous aurions pu nous en tenir à la tradition. L’alexandrin français, on le sait, est, en effet, constitué par douze ou treize syllabes, et le poète, quand il compose, établit son vers suivant l’usage et les divisions reçues. Nous savons parfaitement que les séparations admises, jusqu’à un certain point, — mais seulement
t — îl f —«—[r]
Fig. 17. — Voici le commentaire de M. Rousselot pour cette figure que je lui emprunte : « On remarquera (inscription du souffle) l’indépendance des
jusqu’à un certain point — sont arbitraires. Mais il nous a suffi de les corriger Jeux consonnes séparées par le pointillé. Dans (1) aptatufHf) (apte à tout , , , , , , -, VI n ,, « , , faire), on notera la présence d’une petite explosion pour le p; dans (2) apt
dans quelques-uns de leurs details. Nous rappellerons il abord qu un vers comme -, , , . , N ,, . r ,
L n rr -1 ituclce (aptitude), celle d un changement de pression indique par un flechis-
celui-ci : sentent de la ligne ».
Tu vas mourir? Don Sanche est-il si redoutable.
Les combinaisons de voyelles et de consonnes constituées par les séparations de M. Landry sont en effet étrangères à la langue française, blessent les habitudes d’oreille les plus universellement répandues et contredisent les impressions acoustiques les plus certaines. D’ailleurs, dans le second exemple, on ne peut vraiment négliger la consonne initiale de l’hémistiche cité, elle appartient au mot tout entier et il est paradoxal de l’en disjoindre.
Ce sont là, peut-on dire, des raisons de sentiment. Mais il y en a d’autres plus objectives. Dans un agrégat comme au clair ou tout simplement comme aka, il est indiscutable que la consonne ne se rattache pas à la première voyelle, mais bien à la seconde. En effet, plus l’accentuation sera forte, plus la consonne ou le groupe de consonnes développeront leur intensité, mais toujours en exerçant une influence sur la voyelle suivante, jamais sur la voyelle antécédente qui pourra rester la même dans deux articulations successives, tandis que la tonique variera. Acoustiquement, dans des formations comme celles que nous signalons, la consonne modifie toujours la voyelle qu’elle précède, et celle-là seulement.
D autre part, la scansion prévocalique n atteint pas le but qu elle poursuit et qui est celui-ci : marquer la place de l’ictus. L’ictus, en effet, n’est point un phénomène temporel, mais un phénomène d acuité et d intensité; il ne faudrait pas confondre. S’il est vrai qu’il intervient parfois au début de la voyelle, il s’en faut de beaucoup qu’il en soit toujours ainsi. Pour une voyelle initiale, le cas ne se présente jamais après un silence, comme on pourra s’en rendre compte par nos chapitres V et VIII. Ailleurs, on trouve un grand nombre d’exemples comme celui-ci ;
for tu
c est-à-dire que dans la seconde syllabe de ce mot, la période de hauteur et de force se rencontre au milieu ou vers la fin de la voyelle. Il a donc manqué à M. Landry de pousser ses analyses assez loin. D ailleurs, 1 ictus proprement dit, le frappé de la voix, le point dynamique si l’on aime mieux, n’occupe qu’une place très réduite dans la syllabe et ne paraît point mériter qu’à cause de lui il soit nécessaire de rejeter les coupes traditionnelles.
Cette courte discussion, à laquelle nous pourrions ajouter d autres arguments, sera confirmée dans ses conclusions au cours de notre ouvrage. Elle le serait d’une façon plus évidente encore si nous a\ions calculé les amplitudes et les acuités vibration par vibration, au lieu de nous en tenir à des mesures plus grossières.