‹ Études sur le vers françaisChapitre 18 sur 214 · Abbé Rousselot, Principes, p · texte numérisé non relu

Abbé Rousselot, Principes, p

nœ (fortune, Cin., II, 5 C.)

l'alexandrin français

se coupe communément de la sorte :

Tu-va-mu-rir-Dô-Sà-ee-til-si-rœ-du-ta-blœ i 2 î 4 5 6 7 8 9 io n 12 13

Nous avons conservé en gros ces divisions, en leur apportant toutefois certaines modifications nécessaires et nous avons distingué entre les syllabes atones et les syllabes toniques.

i° Syllabes atones. — Plusieurs cas peuvent se présenter. Nous supposons pour le moment qu’il s’agit seulement de groupes simples comme apapapa ou papapa Dans le premier, nous considérons Va initial comme formant à lui tout seul une syllabe limitée d’un côté parle début de la première vibration, de l’autre par la fin de la dernière. La première consonne p se rattache à la voyelle suivante, et ainsi de suite. Dans la seconde combinaison, la première consonne et la première voyelle forment syllabe, et ainsi de suite, comme 1 indique M. Roudet. La division est donc a-pa-pa-pa et pa-pa-pa.

Cependant, des discussions se sont élevées. Dans des occlusives comme p t k, on distingue trois mouvements distincts : l’implosion, c’est-à-dire le moment où la bouche se ferme avec bruit ; l’occlusion, c’est-à-dire le moment pendant lequel la bouche demeure fermée ; l’explosion, c’est-àdire le moment où la bouche s’ouvre à nouveau. M. Grégoire 2 croit que pour l’oreille le mot ne débute véritablement qu’avec l’explosion et attribue la tenue à la syllabe précédente. Il ne nous semble pas que cette coupe soit admissible et pour nous, dans un groupe comme apa, le p va de la dernière vibration du premier a à la première du second.

M. l’abbé Rousselot 3 fait en effet observer que si l’on prononce pap, pat, pale, sans accorder une explosion à la consonne finale, l’ouïe n’en a pas moins le sentiment que cette consonne existe et elle en perçoit parfaitement le timbre, du seul fait de 1 implosion. En plus de cette raison, il en indique d’autres : <( Ne faudrait-il pas, dit-il, chercher la source du rythme dans le sens organique qu’on en a ? Le poète articule son vers et le parle à l’oreille qui juge le rythme, mais ne le crée pas. Et si le poète était pris d’aphonie, chaque son serait représenté par un effort expiratoire correspondant au mouvement organique destiné à le produire. Je conclurais de la que chaque syllabe doit etre mesurée, meme a 1 initiale, d après le temps quelle a coûté. Le lecteur jugerait suivant la même règle, et aussi l’auditeur actif qui se redit à lui-même ce qu’il entend. » Donc, selon M. Rousselot, il n’y aurait qu’une seule règle : toutes les consonnes sourdes seraient mesurées d’après leurs sonores. C’est ainsi que nous avons fait nous-même, considérant qu’elles remplissent les unes et les autres la même durée et que, si pendant l’occlusion des sourdes on n’entend rien, il y a du moins une position articulatoire tenue dont l’auditeur possède l’exacte notion, puisqu’il procède de la sorte quand il parle lui-même.

Supposons maintenant que les groupes soient complexes comme ajbajbajba. Alors nous séparons selon cette division : aj-baj-baj-ba. En d’autres termes, sauf le cas qu’on examinera ci-après, lorsque deux consonnes sont juxtaposées, la première se rattache à la voyelle précédente et la seconde à la voyelle subséquente. Il n’en est pas de même lorsque la seconde consonne est / ou r. Dans une combinaison comme akrakrahra, nous coupons: a-kra-kra-kra. C’est en somme l’opinion de M. Roudet. Nous n’avons guère admis qu’une seule exception : c’est quand deux consonnes se trouvent en présence par suite de la disparition d un e muet et qu elles appartiennent a deux mots difteients dont le premiei est monosyllabique. Alors si la succession nouvelle ne présente pas une occlusive suivie d / ou r, nous avons pus des decisions variables selon le cas, d après notre sentiment personnel, sans nous dissimuler qu’on pourrait être d’un avis différent. Par exemple, dans ce vers :

Qui m’ont jamais coûté tant d(e) peine et d(e) sang

nous avons coupé : tàd-pèn-e-Asâ, en admettant deux divisions non identiques. De plus, nous avons toujours considéré que la consonne finale d’un

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