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Ce caractère au contraire lui est commun avec l’acuité

LE SENS ET LE RYTHME : LA SUBORDINATION DES ACCENTS

accents dynamiques suivent exactement les accents d’acuité, et la force est plus grande à la césure et à la rime. Dans le second le temps marqué final, étant donné que le sens s’achève, remonte sur la syllabe pénultième et l’affaiblissement des articulations est manifeste

Mais si l’on opère, par le moyen des tables d’audibilité, les réductions nécessaires, ces deux alexandrins changent totalement d’aspect.

mô

si té

per

me m(cè) kü

kô

fi

drœ

na mur

a rœ grc

premier voit

disparaître

l’accent dominant de la douzième syllabe, à cause

de la portée

limitée de 1 ’u,

et c’est

le premier membre métrique 1

émerge, mais en se modifiant lui-même, car la deuxième syllabe, à amplitude égale, est entendue .à une distance plus grande que la troisième. Le second vers donne lieu à des observations analogues. L ’u de la césure est moins compréhensible que d’autres voyelles dont l’arc de vibration est moindre; un ô très nasalisé ressort plus faiblement qu’un ô pour lequel le souffle a passé davantage parla bouche ( confondre ).

2° Toujours au point de vue de la hauteur musicale, nous avons constaté que les aiguës sixième et douzième perdent fréquemment leur valeur éminente au profit d’un sommet placé à l’intérieur de l’hémistiche, soit qu’il y ait en réalité nécessité d’accorder à tel élément un relief particulier, soit qu au contraire la voix, loin d’obéir à une obligation, agisse ainsi par simple désir de variété.

Si, par les seules amplitudes, on se contente de mesurer le travail fourni par l’organe, on trouve que les intensités, d’une manière générale, se comportent comme les acuités.

Mon trouble se dissipe et ma raison revient.

Porte, porte chez lui cette mâle assurance. . .

Mô

tru

blœ sa’

di

sip e

ma

re

vye

Pôr

pôr tœ

■ce

lü)i se l(œ )

mal

su

là

sa’

(Civ., I 2 et 7 C.)

Le premier vers contient deux syllabes privilégiées, dans les groupes rythmiques premier et troisième, où les mots trouble et raison s’opposent. Le second alexandrin laisse apercevoir que l’effort a été considérable à la troisième place, où se répète l’adjuration pathétique. Cependant si Ton tient compte des timbres et des hauteurs musicales pour réduire les chiffres obtenus, on voit que les syllabes en saillie perdent quelquefois leur relief en raison de la qualité de leur voyelle. L ’u étant entendu seulement à de faibles distances, le mot trouble s’efface; mais au contraire porte conservera

sa valeur éminente, parce que l’o est particulièrement favorable. Les distances d’audibilité sont donc :

1. Tous les exemples ne sont point aptes à cette démonstration; il faut choisir ceux où la voix ne descend pas jusqu’aux notes graves du registre, car dans celles-ci les ampli-

tudes, selon ce que nous avons dit des intensités brutes dans notre premier chapitre, rendent les comparaisons difficiles.

3j6 l’alexandrin français

tru

blœ

sæ

di

sip

ma

re

vye

Pàr

par

■et

liai

se t(œ')

mal

su

râ

3° Si dans le même vers ou le même hémistiche deux membres métriques ont la même importance au point de vue du sens, l’un ou l’autre, ad libitum, peut être affecté de l’accent le plus fort. L’intensité, sous ce rapport, peut être comparée à la durée et à l’acuité; elle subit la même indétei mination. Nous donnons, pour 1 alexandrin suivant, 1 intensité brute et au-dessous l’intensité potentielle. On comparera la déclamation des deux sujets C et J :

Quelle honte pour moi, quel présage pour elle. . .

Ke

pur

mwa

bel

pu

ri l(œ )

On reconnaît que le rapport des accents dans les membres métriques premier et troisième n’est pas constant, qu’il l’est au contraire dans les pieds second et quatrième sans qu il y ait là la moindre nécessité. Un autre sujet aurait pu articuler autrement. Les mêmes variations se rencontrent dans toutes les énumérations quand elles ne comportent pas de gradation nécessaire. Quant à l’identité des temps marqués dynamiques dans une série de combinaisons rythmiques successives, elle ne peut se rencontrer qu’exceptionnellement et par un pur hasard. Les amplitudes sont en effet naturellement dissemblables, et la dépense d’air, différente selon la nature de la voyelle, suffit à établir un désaccord, si léger qu’il soit. L’égalité de force mécanique serait-elle d’ailleurs réalisée que le calcul des audibilités détruirait la concordance trouvée.

Les précédentes observations montrent que dans le vers français il n y a pas de syllabe qui soit destinée, par la place qu’elle occupe, à supporter 1 effort le plus considérable de la voix. Il n y a point de privilège d’énergie qui soit attaché à tel élément du vers, et par conséquent tous peuvent, le cas échéant, selon la qualité de leurs éléments, les indications du texte, ou la volonté de celui qui déclame, recevoir un accent d’intensité supérieur aux autres accents du vers. D ailleurs les fins de phrase ou les pieds métriques traités comme une conclusion provoquent non seulement un changement dans la position de 1 accent, mais déterminent encore un affaiblissement de la voix. Enfin, il faut toujours compter avec lLS déplacements oiatoiies, qui éventuellement modifient la composition des groupes rythmiques. C’en est assez pour qu’il ne puisse s’agir d’une prérogative quelconque dont jouiraient certains temps marques. Le fragment d Hernaui inscrit et analysé par nous permet de dresser les deux tableaux suivants. Dans le premier il s agit des intensités brutes (à gauche), dans le second des intensités potentielles (à droite). Dans l’un et

LE SENS ET LE RYTHME : LA SUBORDINATION DES ACCENTS

l’autre nous indiquons, pour chaque sujet et pour chaque vers, sans tenir compte des accidents secondaires, les deux syllabes accentuées 1 qui sont affectées du relief le plus considérable :

Nos

Nos

Nos

Nos

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