‹ Études sur le vers françaisChapitre 188 sur 214 · XXIII · texte numérisé non relu

XXIII

Wi

va

ne

ku l(œ)

plu

ma

viva

ki

tye

( [Cin ., I i C.)

Il n’y a pas la moindre difficulté, non plus que pour les fortes neuvième et dixième. Elles se comportent comme les syllabes correspondantes du premier hémistiche.

9° La neuvième syllabe porte un accent :

i. On peut faire observer que pour ce vers, le sens exige logiquement un accent sur le mot genoux. Mais le sujet a opté pour une autre interprétation qui peut à la rigueur se défendre.

l'alexandrin français

Point de pain quelquefois et jamais de repos.

Et, comme un voyageur, sur un fleuve emporté. . .

Pwè

pi

kel

fwa e

ja

mè

rœ. pô

30 IIO

rrx

(XXV, H i°.)

ko

vwa

ya

jàr su

flœv à

por

té

(Hem., 17 R.)

La dixième s

lyllabe porte un

accent

Ou quelque flûte au

; loin !... Car la musique

est douce

Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.

kel

-fiât

Iwe

kar la

mil

sik

du sœ

(Hem., 28 E.)

De

fi

lè

pe

sô ta

kro

eé

mûr

n° La onzième syllabe porte un accent.

Les observations sont les mêmes que pour la coupe cinquième. Nos tableaux généraux ne nous fournissent aucun cas d’un temps marqué coïncidant à cette place avec une suspension de sens. La plupart des théoriciens condamnent cette construction comme inharmonieuse, parce qu’elle peut avoir pour conséquence de dépouiller la rime de son « frappé » normal. On en déduira cependant l’existence de l’exemple fourni à propos de la durée et de la hauteur musicale, et de textes comme ceux-ci :

Je veux le vrai, le beau, la fraternité, l’âme. . .

Indignés, nous avons crié : Taisez-vous, lâches. . .

Ce que vous attendez, vous ne l’avez pas, certe. . .

Quoi donc ! avoir pour but cette lâcheté, plaire !... (Hugo, Toute la lyre, III, La corde d’airain.)

Mais sans parler du déplacement oratoire, d’une réduction d’hiatus intérieur, ou de la non prononciation de Ve muet, qui peuvent amener dans l’alexandrin une syllabe forte à la onzième place, la chute de la phrase coïncidant avec la rime produit fréquemment le même résultat, cela d’une façon toute régulière :

LE SENS ET LE RYTHME : LA PLACE DES ACCENTS

Que la fin d’un amour qu’elle a trop mérité. Que peut-on refuser à ces généreux coups ?

la

na

mûr

ke

la

trô

me

ri

té

(Bér., 37 C.)

pii

tô

fu

ra

se

je

ku

(. Anar ., 32 A.)

12° La douzième

syllabe porte un

accent.

Les exem

pies sont très nombreux,

puisqu’il s’agit de la

rime :

Tout Paris pour Chimène a

les yeux de Rodrigue.

Qui m’a

jadis coûté tant de peine

et de sang. . .

Tu

Pa

rî

pur

mèn

le

Ro

dri

éo

(XXII, G i°.)

Ki

ma

ja

dis

ku

te

ta

pèn

sà

(Cin., II 4 C.)

13° La treizième syllabe porte un accent.

Les tableaux généraux n’en fournissent aucun échantillon, mais il est permis de supposer que le cas peut se présenter. Dans la bouche de certains acteurs on note que l’effort affecte fréquemment l’élément féminin de la rime. De même, par suite d’enjambement, le temps marqué peut apparaître à cette place s’il s’agit d’un membre métrique de conclusion terminé seulement au début de l’alexandrin suivant. On peut enfin déduire la possibilité de ce phénomène par l’analogie d’un exemple comme celui-ci :

Immoler

Troie aux

Grecs, au

fils d’Hector 1

a Grèce.

Ini

mo

Trwa

Gré

kæ

fis

dEk

tôr

Gre

( ’Andr ., 14 A.)

La septième syllabe, en surnombre, est de tout point semblable à la finale d'une rime féminine et achève ici un groupe rythmique qui devrait répondre au type a a* . Or nous voyons apparaître une combinaison métrique a a A où \’e muet soutient l’effort de la voix. L’intensité brute

Lote. — L’alexandrin.

l’alexandrin français

est en effet la suivante : o — 7, è — 7, œ — 1 2. Il n’y a pas d’erreur possible, puisque les amplitudes et les audibilités concordent. 11 est bien évident qu’à la treizième syllabe une telle accentuation peut se rencontrer quand il y a suspension de sens.

Pour résumer ce long catalogue, on fera observer que les coupes d’intensité, comme les coupes temporelles, se manifestent à toutes les places de l’alexandrin, selon les divisions du texte, les intentions du poète ou celles du diseur. Ceci revient à dire, que sauf les déplacements d’accent et les exceptions qui tiennent à la nature des voyelles, tout mot métrique de deux, de trois, de quatre syllabes et ainsi de suite se termine par une forte, éventuellement suivie d’une finale féminine faible, mais que celle-ci dans certains cas se trouve frappée du temps marqué dynamique. Sous ce dernier rapport l’intensité se comporte comme la hauteur musicale, mais se sépare de la durée. Elle s’en sépare encore par ce fait que la position de l’accent n’est pas déterminée uniquement par une suspension de sens, mais peut résulter d’une conclusion il s’ensuit que les syllabes cinquième, septième et onzième sont plus souvent fortes qu’elles ne sont longues, même quand les poètes construisent leurs vers selon les formes les plus étroites de la tradition classique.

Cependant nous devons nous demander si certains sommets dynamiques ne l’emportent pas sur les autres, en raison soit de la place qu’ils occupent dans l’alexandrin, soit de leur importance dans la phrase. Nous nous efforcerons de donner à cet égard quelques brèves indications, réservant pour d’autres chapitres une discussion plus complète. La question n’est pas de celles qui admettent une réponse simple. Nous tirerons surtout nos exemples du premier fragment de Cinna enregistré par nous.

i° Nous avons vu que dans un alexandrin de facture classique fortement construit et dont les deux hémistiches s’opposent ou ne sont pas liés intimement l’un à l’autre, les syllabes aiguës sixième et douzième sont ordinairement plus hautes que les autres temps marqués du vers, pourvu qu’il y ait suspension de sens, mais que, en cas de conclusion, soit à l’hémistiche, soit à la rime, ce rapport se trouve modifié. On constate fréquemment, au point de vue de l’intensité, une répartition analogue des valeurs, mais surtout si l’on se contente de mesurer l’énergie par les amplitudes. 0

Et mon cœur aussitôt percé des mêmes coups. . .

De confondre un amour qui se tait à regret.

mô

kær 0

si

tô per

sé

de

me mǜ )

kù

(Cm.,

ko

fô drœ

na

mûr ki

sœ tè

gré

(Bér., 5 a.)

I oui plus de commodité nous avons transcrit les hauteurs musicales de ces deux alexandrins au-dessus des intensités brutes. Dans le premier les

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