‹ Études sur le vers françaisChapitre 20 sur 214 · Les chiffres indiquent des durées · texte numérisé non relu

Les chiffres indiquent des durées

Lote. — L’alexandrin.

l’alexandrin français

Ici le rapport normal des consonnes et de la voyelle, tel que nous le déterminerons ailleurs, est détruit, et peut-etre pourrait-on couper r^-pôdr-Æ... en laissant au mot son individualité, comme le veut M. Rousselot. Si Ion était de cet avis, on pourrait apporter cette correction à notie lecture; la syllabe pô, au lieu d’avoir comme durée 36 centièmes de seconde, une fois augmentée de dr, en aurait 9 de plus (45) et la suivante serait diminuée d’autant Longue et brève conserveraient d’ailleurs leur caractère.

Enfin, s’il s’agit d’un groupe de deux consonnes autre que le groupe occlusive -fi liquide, nous le traitons comme dans la syllabe atone et dans un vers comme celui-ci :

Me force à travailler moi-même à ta ruine,

nous coupons : mœ-ioT-sa... Il n’y a eu d’exception que dans un tout petit nombre de cas où notre oreille entendait d’une façon différente dans une déclamation particulièrement pathétique. Nous citerons cet exemple :

Pluie ou bourrasque, il laut qu’il sorte, il faut qu’il aille

où nous avons divisé comme suit : bu-rask-il... et kil-&ort-il. Si l’on se reporte à nos tableaux d’ensemble (PG, 18), il semble que nous n’ayons pas tort ; en tout cas, il serait facile de faire la correction si l’on y tenait absolument.

Les rencontres de trois consonnes sont rares; elles se divisent alors naturellement, la première d’un côté, les deux dernières de 1 autre : celles-ci reproduisent le plus souvent la combinaison occlusive ou spirante + liquide : boT-§\is (dans : le long du bord glissent ).

Mais, nous le répétons encore, ces divisions exactes dans leurs grandes lignes sont plus ou moins arbitraires dans le détail, comme l’observe M. Roudet. De longues et difficiles expériences seraient nécessaires si l’on voulait arriver à des résultats certains, et 1 on aboutirait sans doute à constater que les solutions souvent sont purement individuelles. Qu importe, après tout ? Le sujet que nous traitons nous mettait en piésence de conventions séculaires adoptées par les poètes : nous devions les respecter, et nous 1 avons fait autant qu il nous 1 a été possible.

Page 1