Abbé Rousselot, Principes, p
LA TRANSCRIPTION ET LA SYLLABATION
mot, même quand elle ne doit pas son existence à des nécessités de liaison, se rattache toujours à la voyelle initiale du mot suivant et qu’un groupe comme dœvâtèlœ (devant elle) se sépare comme suit : dœ-và-ti-lœ. Enfin, quand deux voyelles sont en contact, il est généralement facile de les distinguer d’après la forme de la vibration, le régime de l’expiration ou les variations de la hauteur musicale. Dans les cas difficiles, on peut en juger par analogie, d’après les exemples où la division est certaine.
2° Syllabes toniques. — Pour la consonne initiale, les observations précédentes subsistent. La difficulté est ailleurs. Nous avons profité de la remarque de M. l’abbé Rousselot, selon laquelle le mot conserve dans le groupe quelque chose de son individualité, en notant que les exemples fournis par lui portent sur des formations affectées d’un léger accent. Cependant, nous avons distingué : ou bien le mot se termine par une seule consonne, ou bien il se termine par deux consonnes.
Dans le premier cas, nous n’acceptons pas la syllabation traditionnelle et dans le texte cité plus haut ( don Sanche est-il si redoutable'), nous coupons : dô-Sàe-e-til-si-rœ-du-ta-blœ ; la syllabe Sàe porte en effet l’accent rythmique. D’ailleurs, le silence qui peut éventuellement se manifester après chaque temps marqué justifie cette coupe, car il se produit après la consonne finale et non avant elle. On peut comparer ces deux dictions 1 :
Mô
tru
blœ
di
sip
ma
re
vyé
lé
yj
yj
yj
yj
yj
yj
yj
Cf
CO
OO
yj
yj
(Cin., I, 2.)
On voit que la pause, indiquée dans la seconde déclamation par le signe 7, intervient seulement après le p. Il y a d’ailleurs en français nombre de mots terminés de façon analogue : coq, mer, sol, album, Joad, etc. Par contre, si l’on avait prononcé Sàeæ ou disipœ, nous aurions divisé : Sà-cœ et di-si-pœ.
Mais deux consonnes peuvent se rencontrer à la finale. Si elles précèdent immédiatement un silence, il n’y a pas de difficulté et elles se rattachent à la voyelle précédente : Fëliks (Félix) et trâbl (tremble, lorsque Ve muet n’a pas été prononcé) ne peuvent admettre que la coupe F^-liks et trâbl. Quand au contraire le mot se relie au suivant sans arrêt de l’émission, il est beaucoup plus difficile de se décider. S’il s’agit d’un groupe composé d une occlusive et d une liquide, nous nous en remettons au jugement de notre oreille : qui tremble dans ta voix est entendu par nous : ki-trà-b\œ-dâ-ta-vwa, et qui tremble avec ta voix nous semble être : ki-trà-bldi-vek-ta-viva. Mais nous ne savons si cette dernière division est toujours légitime. Ce qui nous en fait douter, c’est la répartition des hauteurs musicales telles qu’on la rencontre quelquefois. Pour ce vers :
Ma générosité doit répondre à la tienne,
nous trouvons, en effet, à la dixième syllabe, dans la déclamation du sujet C, les durées et les acuités suivantes :
Ma
Ie
ne
lé
ro
71 té
dwa
re
pô
dra
la
tyè