Abbé Rousselot, Principes, p
3. Nous expliquerons plus loin à quoi correspondent ces chiffres d’amplitude.
l’expression NUMERIQUE DÈS TRACES
du subjectif parce que ces sujets se servent de moyens naturels auxquels ils attribuent une valeur efficace et certaine. Autre chose sera de savoir si le but poursuivi est toujours atteint, et la question se posera de même pour la durée et la hauteur musicale.
Dans l’analyse des vers inscrits, nous avons complètement laissé de côté les consonnes, faute de recherches préliminaires et d’un procédé commode qui nous permît de les examiner. Nous avions de sérieuses raisons d’agir ainsi, et cette élimination n’a rien d’inquiétant pour les conclusions de notre travail. Nous avons déjà indiqué, et nous le montrerons abondamment ailleurs, que la consonne, au point de vue de la durée et de la hauteur musicale, joue dans la syllabe un rôle purement accessoire, quelle n’en est pas l’élément principal. Il en est de même en ce qui concerne l’intensité auditive.
De plusieurs séries d’expériences faites par M. l’abbé Rousselot ‘, en 1906 et 1907, il ressort, d’une part, que toutes les consonnes n’ont pas la même compréhensibilité ; d’autre part, qu’elles sont influencées sous ce rapport par la voyelle dont elles sont accompagnées ; enfin, point très important, que la voyelle s’entend beaucoup plus clairement que la consonne. Ainsi pour une liste de mots écoutés à une distance de 150 mètres, le résidu perceptible est celui-ci :
brochant m touchant à chanteau 6 chanceux œ
bandé é transi i chanson ô bourdon 5
A 65 mètres, toujours d’après les mêmes expériences, dans les mots suivants il subsiste :
château â couteau é appas à
chapeau ô rustaud ô colas â
Ainsi se trouve confirmé par l’intensité ce que l’examen des tracés, sous le rapport de la durée et de l’acuité, nous apprend au sujet de la nature de la syllabe.
Cependant la consonne ne nous échappera pas tout à fait. « Ce que les linguistes ont besoin de connaître, dit M. Roudet 1 2 3, c’est l’intensité relative des syllabes. Or, l’intensité de la syllabe résulte de l’intensité de la voyelle, sans doute, mais aussi de l’intensité des consonnes qui lui sont unies. Malheureusement, nous savons très peu de chose sur l’intensité auditive des consonnes et nous ignorons comment elle se compose avec l’intensité des voyelles pour produire l’intensité de la syllabe. » Sur la question de la compréhensibilité des consonnes nous venons de donner les indications nécessaires. Il faut ajouter que la consonne exerce une influence indéniable sur l’audibilité de la voyelle L Nous signalerons plus loin que dans une articulation forte, l’amplitude des vibrations de la voyelle est d’autant plus considérable que l’énergie déployée sur la consonne est plus importante. Par conséquent, sinon directement, du moins indirectement, la consonne ne sera pas soustraite à notre enquête.
Reste donc la voyelle. Toutes les observations faites à propos de l’intensité mécanique subsistent, et l’audibilité trouve sa définition dans l’amplitude corrigée par la hauteur musicale, par la dépense d’air propre à chaque son, enfin par le timbre. En d’autres termes, l’intensité auditive potentielle n’est pas un phénomène simple, mais une résultante.
J’ai procédé d’après des bases et une méthode qui m’ont été fournies par M. l’abbé Rousselot. L’amplitude seule mesurerait l’intensité auditive s’il s’agissait d’un son de timbre et de hauteur identiques produit à plusieurs reprises, avec une force variable. On peut en faire l’expérience avec un