Roudet, Eléments de phonétique générale, p
3. Il est même certain que les deux articulations se pénètrent et que dans un groupe la, par exemple, le t entre en quelque sorte dans l’a.
Lote. — L’alexandrin.
l’alexandrin français
diapason : alors le phénomène ne présente aucune complication. Il n’en est pas de même si les timbres et les hauteurs ne sont plus semblables. Je rappelle les principaux faits.
Les premières enquêtes de M. l’abbé Rousselot *, entreprises d’abord au Bois de Boulogne, ensuite à la Croix-de-Berny, cette fois avec le concours de M. l’abbé Rigal et le mien, avaient fait apparaître qu’au delà d’une certaine distance, variable pour chaque voyelle, le timbre exact n’était plus correctement entendu, a étant perçu comme ce, u comme o, etc. Il était donc nécessaire, non pas de rechercher jusqu’à quel point l’oreille peut reconnaître qu'un son est émis, mais jusqu’à quel point elle est capable de lui attribuer le timbre qu’il possède en réalité. Il fallait donc déterminer la limite extrême de compréhensibilité pour toute une série de voyelles articulées avec la même force et la même acuité. Deux groupes immédiatement se formèrent, d’une part â, ô, é, œ, de l’autre i, u, ü, le premier perceptible à une plus grande distance que le second, avec des différences entre chaque voyelle. Il fut donc possible de formuler cette première loi : l’intensité auditive dépend du degré de fermeture de la voyelle.
Mais il fallait aussi étudier le rôle de la hauteur musicale dans la compréhensibilité. M. l’abbé Rousselot reconnut que la sensibilité de l’oreille augmente dans une proportion croissante depuis les sons graves jusque vers uts, et décroissante de ut6 à ut-, ; à partir de ut-, elle diminue jusqu’à ut„ borne de l’audition. Cependant la voix humaine n’est pas comme un jeu de diapasons et ne connaît pas d’intervalles aussi étendus. Des expériences successives montrèrent que le meilleur rendement correspond au medium . c est là que 1 effort se dépense le plus utilement, tandis qu aux limites extrêmes, pour une énergie identique, l’audibilité est moins grande.
Ces constatations permirent à M. l’abbé Rousselot de combiner les expériences définitives et d’établir la méthode selon laquelle on pouvait mesurer l’intensité auditive des voyelles. Il fut procède de la maniéré suivante, dans le parc du collège de Juilly, en juin 190/ • je prononçais les voyelles âéi œùô ù à voix très faible, moyenne et très forte, en ayant soin de fournir le minimum et le maximum d’énergie que peut produire mon organe, le point intermédiaire restant forcément un peu variable. M. l'abbé Rigal reconnaissait la limite de compréhensibilité, et aussitôt la voyelle était inscrite sur un cylindre enregistreur. L’expérience fut faite successivement sur les notes soi,, si,, ré,, soi,, si 2, rd3, soh. Alors, nous mesurâmes l’amplitude obtenue pour chaque son, en nous servant d’un microscope muni d’un micromètre dont chaque division vaut un quart de dixième de millimètre.
Nous pouvions donc dire qu’une amplitude déterminée, à une hauteur musicale connue, pour un timbre donné, représente telle limite de compréhensibilité, et l’arc de la vibration, de la base au sommet extrême, permettait de tenir compte des variations de la dépense d’air. M. l’abbé Rousselot, possédant pour chaque son trois points d’audition établis par expérience, put alors construire une série de courbes qui constituent des tables de réduction. Je les reproduis telles qu’il les a données dans ses Principes 1 2 (fîg. 20). J’ai travaillé sur une première édition de ces tables 3 où lu de 240 v. s. et l’Z de 300 v. s. étaient manifestement faux et ont dû être retouchés selon les constructions définitives. Les résultats obtenus d’après la première édition ont été contrôlés au moyen de la seconde table pour un certain nombre de vers. Il y a eu concordance absolue, non pas des chiffres, mais des relations existant d’une syllabe à l’autre.
On remarque que les voyelles prononcées sur une note très basse, aux limites inférieures de ma voix (je ne puis tenir un son plus grave), sont perceptibles avec leur timbre exact à une très faible distance; cette distance s’accroît dès qu’il s’agit d’un si,; elle augmente encore pour le re, et atteint son maximum pour le sol.,, puis elle décroît à la hauteur de si, et re.,, demeurant à peu près semblable pour ces deux notes, et s abaisse encore si je parle sur un sok (voix de tête). C’est la confirmation des premières expériences. De même, le tableau indique que â ô é œ sont com-