Abbé Rousselot, Principes, p
|0 L ALEXANDfeÎN FRANÇAIS?
transposer, et l’on en tirera des évaluations approchantes pour les autres voix. Quand des expériences de ce genre auront été faites sur un grand nombre de sujets, on pourra établir une règle plus précise. Pour ma part, je me propose de m’y appliquer. Je livre cette esquisse, dont je sens toute l’imperfection, en attendant mieux. » C’est, en somme, ce que pense M. Roudet 1 : « Ces graphiques, dit-il, ne sont valables que pour la voix du sujet qui a servi à les établir. » Toutefois, cette dernière formule, présentée en ces termes, risque d’induire en erreur si on ne lui ajoute pas les observations de M. l’abbé Rousselot.
La base est en effet sûre, et il est désormais acquis que l'intensité auditive dépend de la hauteur musicale et du timbre, que u articulé avec la même force que a, à la même acuité, sera entendu, sauf entre 20 et 60 mètres, à une distance moindre, cela dans toutes les langues et pour tous les individus, par le seul fait que l’orifice buccal est plus ouvert dans la seconde voyelle que dans la première. Le grand honneur de M. l’abbé Rousselot est de l’avoir montré. D’ailleurs, ne concéderait-on aux tables de réduction qu’une valeur particulière et toute individuelle, il y a du moins dans mes analyses une centaine de vers prononcés par moi-même auxquels elles sont applicables, sans contestation. Or, les résultats obtenus pour ma voix ne sont pas dans l’ensemble différents de ceux que l’on rencontre si l’on étudie les autres déclamations : les mêmes lois partout apparaissent. En réalité, dans la parole, seule la limite de perceptibilité change avec les personnes, car l’organe est plus ou moins sonore, l’instrument plus ou moins souple, mais les relations établies subsistent : ce sont elles qui importent.
Il est de même certain que l’audibilité décroît si l’on descend dans les tons graves ou si l’on élève jusqu’aux notes aiguës, le maximum de rendement utile étant fourni par le médium. Pour toutes ces raisons, il me semble qu’on peut faire crédit à la partie de mon travail qui concerne l’intensité. On le fera d’autant plus volontiers si l’on considère, comme j aurai le loisir de le montrer, que les durées, les acuités, les compréhensibilités se répartissent dans le vers de façon semblable et sont soumises aux memes variations.
Enfin, un dernier point doit être examiné : jusqu’à quel point l’intensité potentielle ou psychologique est-elle une intensité vraie ou réelle, comment se combine-t-elle avec les accents de durée et de hauteur musicale de façon à agir efficacement sur l’oreille, comment aussi elle participe à la formation du rythme et quel rôle elle y joue. Cette question sera traitée à deux places différentes de notre ouvrage, d’abord au chapitre onzième, puis à propos des expériences où nous contrôlerons les résultats obtenus 2.
Je rappelle, au terme de ce développement, les abréviations et les signes en usage :