LA LONGUE ET LA BREVE
est de 17“ (CH, 19 R) et la plus forte de 82- (XIX D 1*). De plus eLle est toujours la dernière du groupe auquel elle appartient, s’il s’agit de la
première série, ou l’avant-dernière, s’il s’agit de la seconde.
Si l’on compare enfin l’accent temporel avec les syllabes brèves, les proportions n’ont pas la régularité que les prosodistes de 1 antiquité leu, attribuaient. La relation peut être d’un à deux, mais voici un cas où la longue vaut environ huit fois la brève :
Je
sun
ro
Je suis romaine, hélas, puisque Horace est romain.
e las pü’is ko
nien
ras
ro
en voici un autre où elle la dépasse seulement de 7e5 :
Grands mots que Pradon croit des termes de chimie.
Grà mô kœ Pra do knuâ de 1èr mœ dœ
trie
(III, G i°.)
mi (ce)
c iv n a
Comme l’écrit Guyau ', « la quantité, telle que nous la concevons aujourd’hui, est variable, subordonnée à l’importance du mot et au sens de la phrase », et Fr. Wulff reconnaît à la longueur des gradations infinies.
Comment se détermine cette longueur ? Uniquement par différence, c’est-à-dire que toute syllabe qui marquera une forte division du sens et qui l’emportera en durée sur celles dont elle est encadrée sera marquée du signe Mais ici une remarque est necessaire. D après la position de l’accent tonique en français, seule la syllabe finale du mot métrique constitué est longue, sauf quand ce mot se termine par une consonne et un e muet, de telle sorte que le rythme du vers est toujours ascendant, exception faite pour les accidents oratoires qui transforment les conditions générales de la déclamation et que nous décrirons ailleurs. Comme les divers éléments du vers n’ont pas de durée spécifique, telle valeur temporelle qui, dans un groupe rythmique, est notée du signe w recevra dans un autre groupe le signe : tout dépend des valeurs voisines, c est-à-dire que la longueur est toujours seulement relative, puisqu’elle ne peut être établie que par comparaison.
Soient en effet deux vers :
Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir...
Et j’aurais bien voulu mourir en ce moment !
Mô
nâm 0
re
tra
vé
dà
læ
byê
tœ vw'ar
(Cid, 1 S, a.)
jo re
byê
vu
lu
mu
rir
s(œ) ino mcL
(Hem., 14 R.)
Dans le premier des syllabes sont longues qui seraient brèves dans le second, et celui-ci à son tour a des brèves qui dépassent en durée toutes