‹ Études sur le vers françaisChapitre 54 sur 214 · LE SENS ET LE RYTHME : VERS COMPOSÉS DE MONOSYLLABES · texte numérisé non relu

LE SENS ET LE RYTHME : VERS COMPOSÉS DE MONOSYLLABES

blêmes dont les théoriciens ont essayé de présenter la solution. Tons les exemples fournis par nous prouvent que le rythme temporel, dansson étaMe5 plus Simple n’est pas indépendant de la structure de la phrase, mais que les temps forts au contra, re tombent sur les are, es du sens. Exception faite pour les phénomènes qui seront discutés ailleurs, les syllabes se suivent et se séparent en ra.son des ex.gences du tex e, afin de lui laisser toute sa clarté et de ne pas fausser l’accord de ses parties. Le rôle essentiel des accents de duree qui marquent un tepos de la voix es justement de maintenir et d'affirmer la cohésion de certains éléments de la période, de les dissoc, er de certams autres. su.t de la, nous av

nlnsienrs mots s’unissent et qu’un seul porte le temps marqué du groupe. , . ..

Certains critiques toutefois n'ont pas admis les conséquences extrêmes de cette constatation qu'ils avaient cependant fane eux-memes, et , s ont soutenu soit à propos des vers monosyllabiques ', soit à propos de la syllabe féminine qui su,t la longue, des theor.es que les fans dem r ,

Nous 'commencerons par les vers composés de monosyllabes t on a voulu les distinguer des autres au po.nt de vue rythmique. La cause >n>tia^ de l’erreur commise paraît résider dans une fausse analyse des conditions de la parole et résulter de la seduct.on mv.nc.ble quexe.ce su,

beST le““r^:e^:t » rtch. en observations neuves, se laisse aller » des contradictions qui surprennent. I. note

très exactement comme anapestiques les combinaisons tu seras , c'est en vain, tout est beau 1 2 *. Mais, d autie paît, il croit que dans

Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur...,

il y a douze accents II a donc reconnu dans certaines locutions la formation de membres métriques composés de plusieurs mots et il se refuse aM’admettre dans ce cas particulier. De même M. Souri*. 4, dans ses études sur la versification du xvn- siècle, dresse soigneusement le tableau des vers monosyllabiques rencontrés par lui dans l’œuvre de chacun des poètes qu’il examine et ,1 cro„ que ces vers sont plut , dur que les autres, à cause, peut-on supposer, du grand nombre d’accents qu’il leur attribue, car il négligé d expliquer sa pensee Or, répétons-le sont les divisions du sens qui sont déterminantes, et le mot, important quand on l’isole, disparaît dans le groupe auquel ,1 appartient de. moment qu’il fait partie d’une agglomération dont il est inséparable.

Si l’on consent en effet que dans un alexandrin comme celui-ci :

Cet empire absolu sur la terre et sur 1 onde,

la première syllabe s'unit au mot empire, pourquoi supposer que la 7', la 8-, la .0% la il* syllabe gardent leur accent ? Pourquoi admettre, dans l’avant-dernier vers cité, que chaque terme conserve son individualité et que le rythme en est rendu p us peu, ter ...

En réalité, les monosyllabes n'ont nulle par, la moindre difficulté à devenir longs ou brefs. On peut comparer entre eux les diveis cléments

de cet alexandrin :

Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable

et confronter cet exemple avec celui cité plus haut. Les réductions et les allongements s’opèrent exactement selon les mêmes règles, et il suffit de transcrire les chiffres obtenus pour que l’évidence de cette assertion éclate .

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