‹ Études sur le vers françaisChapitre 57 sur 214 · XXIV G · texte numérisé non relu

XXIV G

( Andr ., i J.)

Dans le premier, la finale l’emporte sur toutes les brèves du vers ; dans le second, elle dépasse en durée non seulement toutes les brèves, mais encore une syllabe longue.

Revenons cependant, après cette courte digression, au rôle que joue le sens du texte déclamé dans la position des temps marqués rythmiques. C’est lui, nous l’avons dit, qui décide, et dans les exemples cités jusqu’ici, exception faite d’un petit nombre de cas particuliers que nous aurons à examiner plus loin, les accents de durée terminent toujours une division nette de la phrase. La formation même des mots métriques est d’ailleurs un indice suffisant que notre théorie est juste.

Il s’ensuit que le mouvement ondulatoire dont nous avions découvert l’existence dans les formations artificielles du type apapapa se maintient peu ou point dans le vers. Il se peut qu’il soit primitif et naturel au langage, mais il ne se manifeste que sous une seule condition : c’est que le même groupe se répète indéfiniment sans nécessité d’expression particulière. Alors la voix a besoin de légers points d’appui intérieurs quelle crée selon un schéma très simple, sans qu’il y ait toutefois constance absolue du phénomène.

Au contraire, dès que les groupes d’articulations consécutives ont un sens, dans le conflit qui s’élève entre le mouvement binaire et les divisions logiques de la pensée, ce sont ces dernières qui l’emportent et l’accent tombe régulièrement, exception faite pour les accidents secondaires et emphatiques, sur la dernière syllabe du mot métrique quand elle n’est pas muette, et sur l’avant-dernière s’il y a un e féminin à la finale.

En conséquence, et si les temps marqués temporels sont uniquement conditionnés par le sens, ils peuvent affecter n’importe quelle syllabe de l’alexandrin, sitôt qu’elle présente une coupe ou suspension suffisante. On rencontre donc les cas suivants : i° La première syllabe porte un accent :

Mœr si li

Meurs, s’il faut mourir, en citoyen romain.

fo mu

rtr à

si

twa

yè

ro me

A ki

71 lé

Ah ! qui n’oublierait tout à cette voix céleste ?

nu bli re tu ta se tœ vwa

se

lès

(. Hem ., A 1 5.)

LE SENS ET LE RYTHME : LA PLACE DES ACCENTS

Cette éventualité a été très souvent méconnue par certains critiques à qui leurs théories sur le mimétisme 1 du vers interdisaient d’admettre

l’existence de pieds monosyllabiques.

2° La seconde syllabe porte un accent :

si

Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.

la ver tû lœ kritn a

sc

da’

gre

(XXIII G i°.)

Md

tru

blœ

Mon trouble se dissipe, et ma raison revient.

sce di si p e ma re 7$

vyè

( Cin ., I 2 R.)

Tous les théoriciens avec B. de Fouquières ont reconnu l’existence de cette coupe ainsi que des deux suivantes. 30 La troisième svllabe porte un accent :

Ta

fu

por

Porte, porte chez lui cette mâle assurance... lœ te Ivj'i se lœ mâl

râ s(œ)

nés

Ta funeste valeur m’instruit par ta victoire...

lœ va Jœr mes trï'v'i par

ta vïk

tivà

40 La quatrième syllabe porte un accent

Jœ sü’i

ro

Je suis romaine, hélas, puisque Horace est romain. m'en e las pivis ko ras e

ro

me

(III G i°.)

lé

mo

ne

De mon aimable erreur je fus désabusé.

hier rœr jœ fû de

ma

bu

(Ber., 16 C.)

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