IV, N
Des flots bénis, des bois sacrés, des arbres
prêtres.
De
flô
be
ni
de bwa sa hé
de 7ar
brœ
prè
trœ
Et dès le premier mot ma langue embarrassée...
dè
prœ
mye mô ma làg
à ba
ra
sé (je)
(Bér., 30
Dans le premier vers la septième syllabe ne l’emporte que de 5CS sur la suivante et reste subordonnée à l’accent du groupe : c’est à peine une indication. Dans le second la dixième syllabe, toujours subordonnée à la longue delà mesure, dépasse cependant de 13“ la onzième syllabe. Un cas plus intéressant nous est présenté par le troisième exemple : la seconde syllabe a duré plus que la quatrième, et cependant il n’y a encore là qu’un accident secondaire, puisque leur valeur significative rend inséparables les différents éléments du membre métrique. Dans le quatrième alexandrin enfin, au lieu du pied de six syllabes qui semblerait nécessaire, on constate la présence d’un iambe et d’un péon, lui-même légèrement modifié : la décomposition est accomplie et le tracé montre qu’ici le sujet a réellement voulu, de propos délibéré, quoique peut-être artificiellement, réaliser le sectionnement d’un groupe rythmique qui lui causait quelque embarras.
On peut objecter à nos notations qu’elles sont parfois arbitraires. Il est difficile, peut-on croire, de décider quelle durée fait 1 accent principal, quelle l’accent secondaire. Il est vrai, et nous reconnaissons volontiers que l'interprétation des chifires par le signe est assez souvent discutable. Aussi bien 11’y tenons-nous pas absolument et reconnaissons-nous que l’on pourrait marquer longues ( ) certaines syllabes qui sont pour nous demi-longues (— ), ou réciproquement. On s’est cependant basé, pour traduire les mensurations obtenues, d’abord sur le sens, puis sur la présence ou l’absence concomitante d’un temps marqué musical ", puisque les variations de hauteur sont infiniment plus délicates et plus subtiles que
1 . Sur le rapport dans lequel les valeurs musicales se trouvent avec les valeurs temporelles. Cf. ch. XII.
COMMENT S’ALTÈRENT LES GROUPES RYTHMIQUES
les variations temporelles, enfin sur les déclamations des autres sujets : elles offrent en effet un excellent moyen de comparaison et permettent de lever bien des doutes. Nous tâcherons d’ailleurs de n’apporter que des exemples qui ne donnent lieu à aucune contestation.
Ces observations une fois faites, il est maintenant possible de noter les diverses manifestations des accidents secondaires dans les membres
rythmiques qui dépassent deux syllabes. . , ,
' L’anapeste est comme l’iambe un pied relativement stable et doit être considéré, lui aussi, comme un des éléments fondamentaux du vers fiançais. L’accent secondaire, en possession des caractères que nous lui avons reconnus, n’y peut tomber que sur la première syllabe et se rencontre très rarement. Pour qu’il soit possible, il faut que cette syllabe possède une certaine force de sens. On en trouvera un exemple dans le premier es
quatre alexandrins immédiatement précités.
Le péon est plus facilement impur. L’allongement affecte assez peu souvent la première syllabe du groupe, et seulement si elle possédé une certaine force de sens ; il tombe le plus ordinairement sur la seconde ; dans ce dernier cas, il n’a fréquemment pour raison d’être que de fournir a a voix un faible point d’appui dans un membre déjà trop étendu pour qu’une déclamation lente l’articule facilement :
Le vrai peut quelquefois n’ètre pas vraisemblable.
h! kœ fwa ne trœ pâ vre sâ bla blœ
vrè
sibi 1
rt, que
dans un