‹ Études sur le xixe siècleChapitre 10 sur 32 · II avait été élevé dans la confession anglicane · texte numérisé non relu

II avait été élevé dans la confession anglicane

nément dissoute. Elle ne devait jamais se reconstituer.

La disparition du Germ, des P. R. B. et de la « confrérie «ne suffit pas tout d'abord à faire cesser la mauvaise chance qui poursuivait les jeunes artistes ni à apaiser les colères qu'ils avaient soulevées. Holman Hunt, surtout, se débattait au milieu de difficultés sans nombre. Les « Missionnaires chrétiens » ne se vendaient pas. On lui refusait un tableau commandé, et de la façon la plus désobligeante. Un éditeur, qui l'avait chargé d'illustrer une édition de Longfellow, retirait sa parole en voyant les trois premiers dessins. Le jeune artiste était sur le point de renoncer à cette carrière qu'il avait embrassée avec tant d'enthousiasme et de partir pour le Canada : « Nen pas, dit-il, comme un homme disgracié du sort, mais comme un qui, pareil à bien d'autres meilleurs, n'a pas trouvé le monde prêt à subir son action.» Je n« puis m'empêcher de le laisser raconter lui-même comment la générosité de Millais l'empêclia ^'exécuter sa résolution.

« ... Millais ne voulut pas entendre parler de mon projet; il était sûr que je devais réussir, et me dit qu'il avait500 livres et que j'en pouvais disposer selon mes besoins. « Que penseraient de moi votre « père et votre mère? » lui répondis-jè. Et quand il me rappela que je devais venir chez lui le leade-

main dans la matinée, je lui dis:« Surtout, gardez- « vous de dire un mot de notre conversation à qui € que ce soit »; mais le jour suivant dès que le domestique m'eut ouvert la porte, le bon couple se précipita au-devant de moi ; « Est-ce Hunt?.;. « Entrez donc !... Jack nous a raconté son projet « et il a toute notre approbation ! » Je m'étais promis de ne pas céder, mais c'était impossible devant tant de bonté. »

Le seul appui que les préraphaélites avaient reçu jusqu'à ce moment de la grande presse, était un article de William-Michaël Rossetti que le SpettatGtr avait consenti à publier. Un secours inespéré vint leur rendre courage. En 1851, Holman Hunt avait exposé une scène des Deux gentilshommes de Vérone, et le critique du Times Tavait accusé d'erreurs dans la perspective et de mauvais dessin : M. John Rûskin prit la défense de l'artiste dans une lettre chaleureuse à laquelle lagresseur ne sut ou n'osa rien répondre.

Ce n'est pas la seule fois que M.John Ruskin «oit intervenu en faveur des préraphaélites , dont les théories esthétiques se rapprochent d'ailleurs beaucoup de celles qu'il a développées dans ses divers écrits, dont les œuvres semblent parfois la démonstration de certains passages des Peintres modernes. Toutefois — et c'est là un^ erreur qu'ont commise la plupart des écrivains français

qui se sont occupés des beaux-arts en Angleterre, — il ne faut point considérer M. Ruskin comme rinitiateur du mouvement préraphaélite. La Renaissance du moyen âge en Angleterre a été un fait général, dont les livres de M. Ruskin et les peintures et les poèmes des préraphaélites sont des manifestations parallèles et différentes, qui ont agi sur le goût public dans le même sens, mais non par les mêmes mobiles ni de la même façon.

L'intervention de Téminent critique ne rallia pas du coup la sympathie du public aux préraphaélites, et Holman Hunt raconte une anecdote qui montre bien à quel point ils étaient encore un objet de raillerie pour les badauds. Séjournant aux environs de Hastings, il faisait des études de marine. Un jour, les brouillards Tempêchant de travailler, il s'était mis à lire, quand il fut dérangé par un visiteur qui arrivait avec un grand chevalet et Tinterpella par un : « Quelle belle matinée ! » — Mais laissons-lui la parole : Tépisodeest caractéristique, et le ton du conteur aussi :

« Je répondis un peu sèchement qu'elle n'était pas de mon goût. Mais le visiteur ne s'éloigna pas, et me demanda si je travaillais à l'huile ou à l'aquarelle. Je répondis que, quand le temps le permettait, je m'exerçais la main avec des couleurs à l'huile. 11 continua à me parler, tellement que je commençai à trouver que ma réserve devenait

impolie. Il me raconta que plusieurs artistes distingués avaient récemment travaillé dans le voisinage; Clint était parti la semaine dernière. Est-ce que je le connaissais? « Oui, je le connais de nom, » répondis-je. — Tom Danby avait aussi dessiné ici : « Le connaissez-vous? — Oui,j'ailebonlieurdepos- « séder une de ses toiles dans ma petite collection de « choix. » L'opinion qu'il avait de moi sembla croître à cette réponse, et il continua à me parler d'autres artistes célèbres, sans se laisser décourager par le désir que je montrais de continuer ma lecture. A la fin, pour ne pas avoir Tair d'un ours, je fis observer que les peintres actuels semblaient attacher une grande importance à l'élude d'après nature. « Oui, répliqua-t-il, à l'exception des préraphaélites. — Je me suis laissé dire au contraire qu'ils avaient pour principe de ne travailler que d'après nature. — C'est une farce! Ils essayent de faire croire cela aux ignorants; mais en réalité, ils ne sortent pas de leurs ateliers. » A ces mots, je levai les yeux de mon livre : « Sans doute, fls-je, je ne sais pas ce qui en est : comment le saurais-je? Pourtant, j'ai entendu affirmer si positivement que, malgré leurs défauts et leur impéritie, ils s'efforcent d'arriver à la vérité en remontant à la source, que votre affirmation m'étonne. Puis-je vous demander si vous parlez par ouï-dire ou de votre propre expérience? Et j'ajoutai encore : « Je croyais réellement que

MillaisetHunt, ainsi que Collins, étaientrété dernier dans le Surrey, et que c'est là qu'ils ont peint les Huguenots, Ophélie et le Hireling Shepherdy qui étaient cette année à TAcadémie. — Il n'y a pas là un mot de vrai ! s'écria-t-il. On vous a trompé ! Je les connais comme moi même! — Personnellement? demandai-je en le regardant bien en face. — Oui... Et ce sont tous de vrais charlatans. Vous ne savez pas comment ils font leurs paysages? levais vous le dire, je les ai vus faire. Quand ils veulent peindre un arbre, ils se procurent une feuille et un morceau d'écorce, et ils copient ces deux objets jusqu'à ce que leur arbre soit achevé. Ilspeignent un champ de la même manière, en répétant un unique brin d'herbe jusqu'à ce que tout l'espace soit couvert ; c'est ce qu'ils appellent la nature. — Par Jupiter! m'écriai-je, je suis bien étonné d'apprendre qu'ils sont de si effrontés imposteurs ! /> Mon visiteur me souhaita de nouveau le bonjour, en me disant qu'il était heureux d'avoir eu l'occasion de me détromper ; et se dirigeant vers un cottage sur une hauteur, où il peignait, il me cria encore : « Je vous en donne ma parole d'honneur!»... Je ne le revis jamais plus, sinon je serais devenu plus sage. »

Pourtant, au moment où HolmanHunt s'entendait traiter de la sorte, les Huguenots de Millais, dont parlait si étourdiment l'inconnu, avaient gagnô la

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bataille et forcé enfin l'approbation de la presse. Mais, avec la lutte, finit aussi la vie commune des préraphaélites, qui désormais se développeront chacun dans son sens particulier.

Millais, auquel revient, en somme, l'honneur d'avoir remporté la victoire décisive devant le public, ne devait pas tarder à abandonner les principes qu'il avait professés avec ses amis. Cette évolution a peut-être contribué à lui assurer la première place qu'il occupe aujourd'hui parmi les peintres de son pays ; et pourtant, je l'avoue, les dernières œuvres que j'ai vues de lui m'ont fait regretter ses premières, même cette Veillée de sainte Agnès que M. Taine maltraite si fort et qui laisse pourtant un tel sentiment d'angoisse et de mystère.

Holman Hunt inclinait de plus en plus vers la peinture mystique : les deux sujets qu'il traita pour l'Exposition de 1854, la Lumière du monde et le Réveil de la conscience, traduisent d'une façon particulièremenk caractéristique cette préoccupation; le /?^m/ surtout, qui eut le double honneur d'être placé à la cimaise et de provoquer une nouvelle lettre de Ruskin. — Il n'avait pas de plus haute ambition que d'illustrer le drame par excellence de la foi : la vie de Jésus ; et, comme la signification morale qu'il entendait donner à ses tableaux ne détruisait paa en lui le goût de la

recherche exacte, il résolut de partir pour la Palestine. A son retour, au bout de deux ans, il était célèbre et avait trouvé sa voie :

L'existence de D.-G. Rossetti présente des particularités plus singulières. A partir de son Annonciation^ il renonça à exposer ses œuvres, sauf, en 1852, trois aquarelles à Liverpool, parmi lesquelles la première esquisse de sa Vision de Dante, le plus grand de ses tableaux à Thuile. Et dès cette époque, autant du moins que j'en puis juger par ses biographies, il paraît s'être retiré de parti pris dans un cercle de choix, sans chercher à s'imposer directement au public, sans demander à l'opinion la sanction de ses œuvres qu'un petit nombre d'amis connaissaient et qu'achetaient quelques admirateurs. Je ne crois pas qu'on trouverait dans l'histoire des arts un cas plus curieux que cette retraite d'un artiste tout jeune, célèbre avant l'âge, doué des facultés les plus exceptionnelles, et qui, pendant plus de trente ans, inconnu de la foule, exerça sur une partie considérable^ de l'élite intellectuelle de son pays une sorte d'occulte royauté. Autant ses débuts avaient été bruyants, autant sa carrière devint silencieuse, et sa vie s'écoula dans une intimité que la curiosité des critiques n'a presque aucune raison de troubler. C'est la réalisation du rêve de Pétrarque : la gloire presque assurée après la mort, et l'existence libre des far-

deaux qu'elle impose ; la célébrité discrète, c'està-dire auprès des frères d'élection dont on éprouve directement la sympathie intellectuelle, la caresse douce de ces admirations délicates et qui vous sont chères, loin du bruit fastidieux des applaudissements vulgaires. Une douleur brutale vint pourtant troubler cette existence : après deux ans de mariage, Rossetti perdit la femme qu'il adorait, cette gracieuse ÉUsabeth Siddal, peintre elle-même, dont il a célébré l'amour dans son beau recueil de la Maison de vie^ dont on retrouve les traits dans plusieurs de ses œuvres, et qu'il a décrite dans ce beau poème vague comme un souvenir, le Portrait,

« Voici son portrait, telle qu'elle fut : — Il semble chose aussi émerveillante à voir — que si mon image restait dans la glace — après que je me suis éloigné. — Je regarde jusqu'à ce qu'elle paraisse remuer, — jusqu'à ce que mes yeux affirment presque — que maintenant, oui, maintenant, les douces lèvres s'entr'ouvrent pour exhaler les mots qui viennent de son cœur si doux. — Et à présent la terre la recouvre. »

C'est de cette époque que datent quelques-unes de ses plus belles œuvres : la Beata Beatrix, la Sibylla Palmifera, Monna Vanna, Venus Verticordia, Lady Lilith, The Beloved, exécutées à l'abri de toute préoccupation de succès ou de lucre, sans que l'artiste songeât à autre chose qu'à laisser mûrir

et tomber les fruits de sa pensée et de son cœur. Une fois encore, pourtant, il devait descendre dans l'arène : en 1870, cédant aux sollicitations de ses amis, il se décida à publier ses Poèmes. Ce fut comme un recommencement des anciennes batailles toutes les discussions qu'avaient provoquées les premiers tableaux des préraphaélites se trouvaient rouvertes et transportées dans le domaine de la poésie. Un article de M. Robert Buchanan, publié sous le pseudonyme de Thomas Maillard dans la Contemporary Review^ puis développé en pamphlet, déchaîna une longue polémique. Le titre même de Tarticle, The fleshly School of Poetry {['Ecole sertsualiste de poésie), en indiquelatendance: Rossetti était accusé d'immoralité, et d'avoir imité Baudelaire et... le marquis de Sade : « C'est là votre double faute, lui disait son censeur, d'avoir une influence nuisible et de l'avoir de seconde main. Nous aurions été plus indulgents pour « une chose malpropre » {sic), si elle avait été en certain sens un produit du sol. » L'article était d'autant plus inexplicable que, si l'on trouve quelque hardiesse de sujets dans les poèmes de Rossetti, il est impossible d'en méconnaître le caractère essentiellement spiritualiste ; mais il y a dans tous les pays une critique étroite et bornée, qui, incapable de rien comprendre au jeu des idées, se venge de son inintelligence en invoquant ses « principes ». Quoi

qu'il en soit, Rossetti releva le gant, et répondit à cette attaque, qui l'avait profondément blessé, par une lettre qui parut dans VAthe?iœum; en même temps ses amis, M. William Morris et surtout M. Swinburne, entraient en campagne avec moins de modération.

Au moment de cette polémique, Rossetti était déjà depuis longtemps fort souffrant, la santé minée et le système nerveux affaibli par un usage immodéré du chloral. « Cette attaque, dit M. W.-M. Rossetti, produisit sur lui un effet disproportionné à son importance, et développa en lui un excès de sensibilité et d'hypocondrie que ses amis les plus proches n'avaient pas soupçonné jusqu'alors. » Pourtant, en 1881, il devait publier son second volume. Ballades et So7inets, qui, cette fois, fut accepté sans protestation. Sa mort, qui survint Tannée suivante, produisit en Angleterre une profonde sensation, même dans le monde officiel des arts qu'il n'avait jamais fréquenté :

« ... C'était, dit sir Frédéric Leigthon, président de la Royal Academy, dans son « banquet-speech » annuel, c'était un homme étrangement intéressant qui, vivant dans une retraite presque jalouse, a cependant exercé à une période de sa vie une considérable influence sur le monde de TArt et de la Poésie. Mystique par tempérament et par droit de naissance et pénétré de la littérature italienne

de répoque mystique, ses œuvres dans les deux arts sont remplies d'une fascination et d'une ferveur particulière, qui lui ont valu, de la part de ceux qui ont joui de son intimité, une dévotion admirative poussée à un rare degré. »

L'exposition de ses œuvres, qui suivit de quelques mois sa mort, ne déçut aucune attente ; cependant, les musées royaux les laissèrent se disperser au gré des enchères ; un grand nombre sont maintenant en province et la seule collection nombreuse qui subsiste est celle de M. Leighland, Tami intime et fidèle de l'artiste.

En terminant le récit de ses souvenirs, Holman Hunt dit que souvent, pendant qu*il travaille, il pense qu'il pourrait encore mettre au bas de ses tableaux les P. R. d'autrefois, mais plus le B, puisqu'il est le seul maintenant K Pourtant , la voie ouverte par la « confrérie » est aujourd'hui suivie et illustrée par plusieurs artistes un peu plus

1. Après la publication de celle élude dans la Gazelle des DeauX' ArlSy mon ami M. Paul Mariélon me communiqua une lellre de Rosselli, dont l'autographe figure dans sa collection. Comme ce document achève de faire la lumière sur les relations des P. R. B. entre eux et avec M. John Ruskin, j'en vais donner les principaux passages, sans rien changer, cela va sans dire, à ses incorrections de langue :

« ...Kn ce qui concerne la qualification de « chef de l'école Préraphaélite » que vous m'attribuez d'après vos renseignements, je dois vous assurer le plus chaudement possible qu'elle ne m'est nullement due. La renommée vêtit toujours l'inconnu de quelques qualités mystérieuses; et c'est seulement à ce phénomène que je dois le bruit sur mon compte que j'ai trouvé dans votre ouvrage et ailleurs. Loin

jeunes dont les œuvres sont d'un haut intérêt, mais qui n'ont pas joué un rôle comparable à celui de Hunt ou de Rossetti dans le développement du préraphaélitisme.

En 1856, Rossetti fit la connaissance de trois étudiants d'Oxford : deux d'entre eux devaient devenir les poètes William Morris et Swinburne, le troisième était M. Edward Rurne Jones. M. Rurne

d'élre.« chef de Técole » par priorité ou par mérile, je puis à peine me rer.onnaîlro comme y apparlenaut, si le style du peu que j'ai fait en peinture venait à être comparé avec les ouvrages des autres peintres nommés préraphaélites. Ainsi quand je trouve un )tointre si absolument original que Test llolman Hunt décrit comme étant mou « disciple », il m'est impossible de ne pas me sentir humilié en face de la vérité, et de ne pas vous assurer du contraire avec le plus grand empressement. Les qualités de réalisme émotionnel mais extrêmement minutieux qui donnent le cachet au style nommé préraphaélite se trouvent principalement dans tous les tableaux de Holman Hunt, dans la plupart de ceux de Madox Brown, dans quelques morceaux de Hughes, et dans l'œuvre admirable de la jeunesse de Millais. C'est la camaraderie plutôt que la collaboration réelle du style qui a uni mon nom aux leurs dans des jours d'enthousiasme d'il y a vingt ans ^,,^

« ...L'idée que Ruskin a fondé par ses écrits l'école préraphaélite est une méprise que j'ai trouvée être presque universelle, mais qui n'en est pas moins pour cela une méprise absolue. Je crois en vérité que, parmi les peintres producteurs de l'école, pas un n'avait jusque-là iu un seul des admirables livres de M, Ruskin, et certainement pas un parmi eux ne lui était personnellement connu. Ce n'est qu'après deux ou trois expositions annuelles de ces tableaux que ce grand écrivain s'est généreusement constitué leur défenseur contre les attaques acharnées de la presse. »

La lettre à laquelle j'emprunte ces fragments porte la date du 7 novembre 1868. Elle était adressée à M. Ernest Chesneau, à l'occasion do son livre Les nations rivales dans Varl. Les phrases les plus caractéristiques ont été déjà reproduites dans le catalogue de la collection d'autographes de M. A. Bovot, dont elle faisait partie.

Jones se destinait à la théologie, mais Rossetti, à qui il avait communiqué quelques esquisses, ne résista pas au plaisir de l'engager parmi ses prosélytes et le décida à changer ses projets d'avenir. Les difficultés qu'avaient rencontrées ses aînés ne furent pas épargnées au nouvel adepte ; on rit beaucoup de lui pendant ses premières années, et, comme Rossetti, il renonça à exposer, après que sa Daphné eut été mal placée à cause du sujet, /l'est, je crois, en 1876, qu'il fit sa rentrée à la Grosvenor Gallery, avec les Sept jours de la Création. L'an dernier, il rentrait également en triomphateur à la Royal Academy.

Enfin, de nombreux artistes, sans se rattacher positivement à l'école préraphaélite, en ont fortement subi l'influence : tels sont entre autres sir Noël Paton, M. Crâne, M. Richmond, etc. Une visite toute superficielle aux expositions de Londres, et presque aussi bien à la Royal Academy qu'à la Grosvenor Gallery, suffit à montrer quelle a été l'action des préraphaélites sur l'art de leur pays.

A présent que nous avons indiqué les diverses phases du mouvement, nous chercherons les traits généraux qui ressortent des œuvres. Nous nous en tiendrons à celles de D.-G. Rossetti, de Holman Hunt et de Rurne Jones, les plus remarquables qu'ait produites l'Ecole, et celles qui nous en livrent le mieux les caractères.

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