‹ Études sur le xixe siècleChapitre 27 sur 32 · LES · texte numérisé non relu

LES

Voici un livre qui aurait fourni un beau chapitre à cette « Histoire de l^énergie en Italie » que Stendhal rêvait d'écrire et qui reste à faire. On l'attendait depuis longtemps : il ne décevra personne. La figure de Garibaldi en ressort bien telle qu'on aime h se la représenter, avec son relief presque légendaire ; et Touvrage, en lui-même, a cette saveur fruste des récits de batailles contés par les grands capitaines. Ce n'est pas un journal écrit au jour le jour, ce ne sont pas non plus des mémoires composés avec le parti pris de raconter sa vie comme on désire qu'elle soit fixée dans l'histoire, en se jugeant comme on voudrait être jugé. L'auteur passe sous silence, entièrement, celles de ses années où il n'a pas combattu, qui furent, selon ses expressions, « inertes et inutiles ». Il dit peu

1. Memoricautobiogra/ichef 1 vol. Iti-lB, à Florence, chez Barbera*

de chose de sa famille, peu de chose de son enfance, peu de chose même de cette Anita qui partagea ses fatigues. Le récit de ses expéditions, avec leurs détails à la fois circonstanciés et précis, pourrait peut-être paraître sec, s'il n'était interrompu de place en place par des élans lyriques coupés de points d'exclamation, qui font éclater à la fois la sincérité et la naïveté du héros. Et qu'on ne leur reproche pas leur éloquence parfois un peu déclamatoire : elle est propre à la langue et au génie italiens, on la retrouve dans tous les livres vraiment italiens, depuis les Scènes de la vie militaire, de M. Edmondo de Amicis, qui ne ressemblent guère aux Memorie autobiografiche, jusqu'aux mémoires de Benvenuto Cellini, qui, à travers trois siècles de distance, s'en rapprochent beaucoup.

Cette indifférence à tout ce qui n'est pas action est le trait saillant du livre de Garibaldi : elle frappe jusquedans les divisions des chapitres,dontchacun presque porte pour titre un nom de bataille. Sans doute, Garibaldi a joué un rôle dans l'élaboration des idées qui entraînent ce siècle; mais sa véritable pensée, ce fut sa vie. Au fond, quoiqu'il se donnât pour disciple de Beccaria, ennemi de la peine de mort et de la guerre, H méprisait profondément les théoriciens: il n'aimait pas Mazzini, qu'il traite de « conspirateur en chambre », et auquel il attri*

bue le désastre de Mentana ; il ne comprit jamais Cavour ni sa diplomatie : la diplomatie est à ses yeux une sornette qu'il accable de ses dédains. U n'admet pas un instant que Tltalie doive quelque reconnaissance aux diplomates qui ont faitson unité ; on l'aurait faite plus vite, et mieux, si le gouvernement, au lieu de rechercher Tappui de Napoléon, avait aidé sérieusement les volontaires. Il faut l'entendre s'écrier, en 1866, au début de la campagne du Tyrol : « Sur les côtes dalmates, avec trente mille hommes, il y avait vraiment de quoi renverser la monarchie autrichienne. » Les hommes du Risorgimento pour lesquels il a de la sympathie, ce sont Montanelli, Filopanti et Massimo d'Azeglio, parce qu'ils ne sont pas restés enfermés dans les bureaux d'un ministère : « En eux, je vénère l'idéal du grand citoyen. Deux d'entre eux ont pu être doctrinaires un moment, mais ils ont payé de leur personne au jour du danger. A Curtatone et à Vicence, ces deux illustres chefs de gouvernement ont été blessés en combattant comme de simples soldats aux côtés des patriotes italiens! Filopanti, le grand astronome, le courageux député à la Constituante romaine, je l'ai vu combattant seul avec un mousquet à la défense de Rome... » Garibaldi est si reconnaissant à Massimo d'Azeglio de s'être fait blesser à Vicence, qu'il s'oublie, je crois, jusqu'à admirer Niccolô de' Lapi. Victor-Emmanuel ne lui

déplaît pas non plus : il regrette seulement que le roi galant homme soit « si mal entouré ».

De môme qu'il mesure les hommes à leur action directe, Garibaldi ne juge les théories qu'à leurs effets immédiats. A chaque instant, de la meilleure foi du monde, il se met en contradiction avec celles qu'il professe. 11 condamne la guerre, et pourtant c'est une si belle chose! « Amant de la paix, du droit, de la justice, dit-il en terminant sa préface, nous ne pouvons nous empêcher de conclure avec Taxiome d'un général américain : La guerre est la véritable vie de F homme! » Républicain, il sait pourtant, parce que les circonstances l'exigent, renoncer à son rêve et abdiquer sa dictature entre les mains du roi : cela, au mépris des '.< mazziniens », qui devaient le lui reprocher sans cesse. Défenseur de la liberté pour laquelle il a livré toutes ses batailles, il ne la voyait cependant qu'à travers une dictature : la dictature dabord, pour assurer la liberté ensuite. Dans sa superbe honnêteté, il sépare inconsciemment l'idée du dictateur et celle de la dictature; il parle avec confiance d'un dictateur honnête homme, auquel l'exercice du pouvoir n'insufflerait aucune ambition personnelle, quand bien même cet exercice devrait se prolonger jusqu'au moment indéterminé où le peuple serait mûr pour la liberté. Lui qui ne croit pas qu'on puisse accomplir de grandes choses par de petits moyens, lui qui

LES MEMOIRES DE GARIBALDI loi

par loyauté déteste la diplomatie, il croit fermement qu'on peut arriver à la liberté par la dictature ! Au fond, ce n'est pas, je crois, une conviction raisonnée, c'est une affaire de tempérament : tout ce qui nuit à l'action et à la rapidité de l'action est funeste : une fois décidé, il faut agir, tout est là.

Je ne sais si, en aucune période de sa vie, Garibaldi put se déployer et s'épanouir plus librement que pendant ses premières années passées dans l'Amérique du Sud. Il les a racontées longuement, il leur a consacré plus d'un tiers de son volume, et avec quel enthousiasme il évoque ce temps lointain ! « Aujourd'hui, 20 décembre 1871, recroquevillé devant le foyer et les membres raidis, je me rappelle avec émotion les scènes d'une vie passée où tout souriait, au plus magnifique spectacle que j'ai jamais vu ! » Il était marin : « Que tu étais belle, ô Constance, vaisseau sur lequel je devais pour la première fois parcourir la Méditerranée et la mer Noire ! » Il était corsaire au service du Rio-Janeiro révolté contre le Brésil : « Corsaire ! lancé sur l'Océan avec douze compagnons à bord d'un garopera, on défiait un empire, et l'on faisait flotter au vent, pour la première fois sur ces côtes méridionales, une bannière d'émancipation, la bannière républicaine du Rio-Grande! » Il était soldat, presque un boucanier, presque un « frère de la côte », et toujours avec le même enthousiasme il passait au service du Montevideo.

Tout le ravissait, dans ce pays où la nature est libre, dans cette vie qui n'est pas encore ployée et domestiquée par les usages de la civilisation. Il a des accents lyriques de vrai poète pour célébrer la gazelle ou l'étalon des pampas, et il éprouve une sympathie admirative pour « Thomme des champs », le matrero, qui est indépendant, sans gouvernement, qui parcourt en maître les immenses étendues ouvertes devant lui : « Pourquoi devrait-il vivre dans une société corrompue, entre la dépendance d'un prêtre qui le trompe et d'un tyran qui nage dans le luxe et les ripailles, lorsqu'il peut vivre dans les champs libres et infinis d'un monde nouveau, libre comme l'aigle et le lion ?... » Jamais, même lorsqu'il combattait pour l'indépendance de sa patrie, Garibaldi n'a éprouvé des impressions aussi fraîches et aussi puissantes. Sa robuste jeunesse s'épanouissait, son amour presque sauvage de la liberté se satisfaisait à l'aise : « Parmi les nombreuses péripéties de ma vie agitée, dit-il, je n'ai pas manqué d'avoir de beaux moments : et tels ont été ceux où, à la tête de quelques hommes, débris de nombreux combats qui avaient justement mérité le titre de vaillants, je marchais à cheval à côté de la femme demoncœur, me lançant dans une carrière qui, plus encore que celle de mer, avait pour moi un immense attrait. Et que m'importait de n'avoir d'autres vêtements que ceux qui me couvraient, et de servir une pauvre république qui ne

pouvait donner un sou à personne? J'avais un sabre et une carabine que je portais en travers sur le devant de ma selle. Mon Anita était mon trésor, non moins passionnée que moi pour la sainte cause des peuples et pour une vie aventureuse. Elle s'était figurée les batailles comme un jeu, les peines de la vie de camp comme un passe-temps : aussi quoi qu'il pût arriver, l'avenir nous souriait, et plus sauvages se présentaient les vastes déserts américains, plus séduisants et plus beaux ils nous apparaissaient... »

Rien de plus charmant et de plus noble à la fois que ce roman d'amour dans les pampas, parmi les hasards de la vie de partisan.

Garibaldi avait une haute idée de la femme, et dans ses souvenirs de jeunesse, il n'y en a que trois dont il évoque le souvenir.

La première est une apparition presque fantastique, rencontrée pendant la vie de corsaire, dans une estancia au bord de la mer où l'on cherchait des vivres : une belle jeune femme, poétesse, qui, tout en offrant à l'Italien l'habituel maté, lui pariait de Dante et de Pétrarque et qui, au dessert, lui récita des vers de sa composition. 11 ne savait pas l'espagnol, mais il les trouva superbes. « On me dira: Comment avez-vous pu les admirer, ne sachant que* peu d'espagnol et ne vous connaissant guère en poésie? — C'est vrai que je me connais peu ou

pas en poésie, mais le beau de la poésie me semble propre à émouvoir même des sourds... »

Une autre était une nièce du président du Rio- Grande, le général Bento Gonçales. Elle se nommait Manuela, et « gouvernait absolument mon âme »... « Je n*ai jamais cessé de Taimer, quoique sans espérance, puisqu'elle était fiancée à un fils du président. J'adorais la beauté idéale de cette angélique créature, et mon amour n'avait rien de profane. A l'occasion d'un combat où Ton m'avait cru mort, je reconnus que je ne lui étais pas indifférent, et cela suffit à me consoler de ne pouvoir la posséder... »

La troisième fut Anita. Tous les Italiens, compagnons de Garibaldi, avaient péri dans un combat sur mer. Il se trouvait seul, sans intimité avec ses nouveaux compagnons qu'il connaissait à peine, il avait besoin « d'un être humain qui l'aimât », qui restât près de lui, sans la compagnie duquel l'existence lui devenait intolérable. Et, quoique le mariage lui eût toujours paru incompatible avec son existence, il rêvait pourtant de trouver une femme. Et lorsqu'il vit Anita, il fut frappé du coup de foudre : « Nous demeurâmes tous deux en extase et silencieux, nous regardant l'un l'autre comme deux personnes qui ne se voient pas pour la première fois, et qui cherchent dans leurs traits comme une réminiscence. Je la saluai enfin en lui

disant: « Tu dois être à moi! » Je parlais peu le portugais, et je prononçai ces téméraires paroles en italien. Quoi qu'il en soit, je fus magnétique dans mon insolence. J'avais lié un nœud que seule la mort pouvait défaire ! J'avais trouvé un trésor défendu, mais un trésor de grand prix ! »

Cette soudaineté de la sensation, immédiatement suivie d'une résolution qui s'exécute aussitôt, n'est pas un trait de notre âge. On en trouve de pareils chez Benvenuto Ceilini, et chez les hommes de la Renaissance, si spontanés, si irréfléchis, toujours prêts à réaliser le désir qui les a frappés. Seulement, Garibaldi était un honnête homme, et ce qui est de lui, de son temps aussi, c'est le cri dé la conscience qui proteste et se trouble :

« S'il y a eu faute, qu'elle retombe sur moi tout entière! Et... il y a eu faute!..; Oui, deux cœurs s'unissaient dans un amour immense, mais l'existence d'un innocent était brisée !... Elle est morte, je suis maheureux, il est vengé !... J'ai connu le mal que j'ai fait le jour où, espérant encore la rappeler à la vie, j'ai serré la main d'un cadavre et pleuré de désespoir... J'ai péché grandement, et j'ai péché seul!... »

Cet amour, né subitement dans une rencontre de hasard, devait être une sorte de roman héroïque dont Garibaldi ne parle qu'avec une extrême

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discrétion. Anila raccompagne dans toutes les marches aventureuses de son expédition de Montevideo. Elle le précède en Italie; de nouveau elle le suit pendant la campagne de Rome (1849), aux fatigues de laquelle elle ne devait pas résister. Et le roman se dénoue tragiquement par une nuit de la fatale retraite, dont le récit est d'une entraînante éloquence :

0... Je vous laisse à penser quelle était ma position dans ces moments désespérés. Ma malheureuse femme moribonde ! L'ennemi qui nous poursuivait sur la mer, avec la rapidité que donne une facile victoire, et la perspective d'aborder sur une côte où seraient sans doute d'autres et nombreux ennemis, non seulement des Autrichiens, mais des papistes alors en violente réaction.

« Quoi qu'il pût en être, nous abordâmes. Je pris ma chère compagne dans mes bras, je débarquai et la débarquai sur la grève. Je dis à mes compagnons, qui me demandaient du regard ce qu'il fallait faire, de se mettre en chemin séparément et de chercher un refuge où ils pourraient; en tout cas, de s'éloigner de l'endroit où nous étions, l'arrivée des bâtiments ennemis étant imminente. Quant à moi, il m'était impossible de continuer, je ne pouvais pas abandonner une femme mourante.

« Les hommes auxquels je m'adressais m'étaient aussi chers : Ugo Bassi et Ciceruacchio avec ses

deux fils ! Bassi me dit : « Je vais chercher quelque « chaumière où je puisse trouver un pantalon ; cece lui-ci est trop suspect. » Il portait un pantalon rouge, enlevé, je crois, par un des nôtres au cadavre d'un soldat français à Rome, et qu'on lui avait donné quelques jours auparavant. Ciceruacchio me dit un adieu affectueux et s'éloigna avec ses fils. Nous nous séparâmes de ces courageux Italiens pour ne plus nous revoir. La cruauté autrichienne et papale rassasiait sa soif de sang en fusillant ces braves, et se vengeait ainsi de ses frayeurs passées.

« ... Je restai proche de la mer dans un champ de blé noir, avec mon Anita et le lieutenant Leggiero, mon compagnon inséparable, qui était aussi resté avec moi en Suisse, l'année précédente, après Taffaire de Morazzone. Les dernières paroles de la femme de mon cœur avaient été pour ses enfants qu'elle pressentait de ne plus revoir !

« Nous restâmes un moment dans ce champ de blé noir, un peu indécis sur ce qu'il fallait faire. Enfin, je dis à Leggiero de s'avancer un peu dans l'intérieur pour découvrir quelque maison dans le voisinage. Lui, en audacieux qu'il avait toujours été, partit tout de suite. Je restai un instant" en attente. Mais bientôt j'entendis des gens qui s*approcbaient. Je sortis de mon refuge et je vis Leggiero accompagné d'un individu que je re-

connus tout de suite et dont la vue me réconforta. C'était le colonel Nino Bonnet, un de mes officiers les plus distingués, blessé à Rome pendant le siège, où il avait aussi perdu son vaillant frère. Il s'était retiré chez lui pour se soigner. Rien de plus heureux ne pouvait m'arriver que la rencontre de ce frère d'armes. Habitant les environs où il avait une propriété, il avait entendu la canonnade, et pressentant notre débarquement, il s'était rendu sur la plage pour nous venir en aide. Courageux et intelligent. Bonnet, avec grand péril pour luimême, nous chercha et nous trouva. Ayant trouvé un tel auxiliaire, je me remis entièrement à sa volonté, ce qui fui naturellement notre salut. Il proposa lout de suite de nous rendre dans une cahute qui se trouvait dans le voisinage, pour y procurer quelque soulagement à ma malheureuse compagne. Nous nous mîmes en chemin, en soutenant Anita à nous deux, et nous atteignîmes avec peine cette pauvre demeure, où nous trouvâmes de Teau, dont la malade avait surtout besoin, et je ne sais quoi d'autre. De cette chaumière, nous passâmes dans la maison de la sœur de Bonnet, qui fut très aimable. De là nous traversâmes une partie des vallées de Comacchio, nous dirigeant vers la Mandriola, où il devait y avoir un médecin. Nous y arrivâmes. Anita était couchée sur un matelas dans la charrette qui l'avait conduite. Je di

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alors au docteur Zanzini qui venait aussi d'arriver: (( Tâchez de sauver celte femme ! » Le docteur me répondit : « Tâchons de la transporter dans un « lit. » Nous primes tous les quatre chacun un coin du matelas, et nous le transportâmes dans le lit d'une chambre de la maison, qui se trouvait au haut d'un petit escalier. En la déposant sur le lit, il me sembla voir sur son visage l'expression de la mort. Je sentis son pouls... il ne battait plus! J'avais devant moi la mère de mes fils, que j'aimais tant, un cadavre !... Ils me demandèrent des nouvelles de leur mère à notre première rencontre.

« Je pleurai amèrement la perte de mon Anita ! de celle qui fut ma compagne inséparable dans les circonstances les plus aventureuses de ma vie ! Je recommandai aux jeunes gens qui m'entouraient de donner la sépulture à ce cadavre, et je m'éloignai, sollicité par les gens de la maison que je compromettais en restant plus longtemps. »

Ce n'est certes pas de la littérature, et il n'y a là aucun effet calculé : mais de tels faits ont leur éloquence, et quels horizons ne nous ouvrent-ils pas sur ces deux vies si intimement unies, sur cette douleur qui s'exprime en phrases gauches, en termes maladroits, et qui communique pourtant au lecteur ce qu'elle eut de poignant et de tragique!...

Après ses batailles de Rio-Grande et de Monte-

video, la période de sa vie dont Garibaldi parle avec le plus d'enthousiasme est celle de Texpédition des Mille, de sa campagne de Sicile (1860). Il avait passé quelque temps dans Tinaction, suivant avec dégoût les intrigues d'une diplomatie qui ne refaisait pas d'un coup la grande Italie, et qui, doutant des forces italiennes, doutant surtout des forces populaires qu'elle refusait d'utiliser, laissait dans la servitude certaines contrées et certaines populations. C'était, de nouveau, « la joie du danger, des aventures et de la conscience de servir la cause sainte de la patrie, » qui recommençait. Et pendant que Garibaldi s'y abandonnait avec ses chasseurs des Alpes revenus avec enthousiasme se ranger sous ses ordres, Cavour voyait l'expédition sous un tout autre jour : « Les circonstances sont graves, écrivail-ilà L.-C. Farini, le 6 mai, le lendemain du départ des Mille. Le départ de Garibaldi avec une véritable expédition, les enrôlements qu'il fait partout, les excitations de la presse vont attirer sur nous une véritable tempête diplomatique ^ » Le jour suivant, il se disposait à empêcher l'expédition et télégraphiait au gouverneur de Cagliari d'arrêter l'expédition si elle mouillait dans un port de la Sardaigne-. Si nous en croyons le journal 9e

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