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M. Darimon, les craintes de Cavour n'étaient pas sans fondement : le 9 mai, le prince Napoléon prédisait que Texpédition de Sicile serait unesourcede complications de toutes sortes : « Que feront les italiens, disait-il , si TAutriche appelée par Naples intervient en Sicile? De quoi auront-ils à se plaindre? Que pourra pour eux la France ? L'expédition de Sicile, soufferte et encouragée par-dessous main par un gouvernement régulier, constitue une véritable violation du droit des gens. Le Piémont, après avoir été l'objet de toutes les sympathies, va être placé au ban de TEurope. » Le jour suivant, Tinquiétude de Cavour augmentait : « Une série de circonstances, écrivait-il dans une lettre confidentielle au vice-amiral Serm; ont réduit le gouvernement à ne pas opposer d'obstacles efficaces à l'expédition organisée et dirigée par le générai Garibaldi. A présent qu'elle peut avoir de graves conséquences pour nous, c'est la ferme intention du ministère d'empêcher que de tels actes se renouvellent* ! » Et six jours après, il explique les tergiversations de sa conduite , le doute où il se trouve, l'impossibilité de prendre un parti décisif pour ou contre lexpédition garibaldienfte : « Garibaldi est débarqué en Sicile, écrit-il au baron Ricasoli -. C'est un grand bonheur qu'il n'ait pas
1, Cavour. Lellere, VI, 560.