‹ Études sur le xixe siècleChapitre 3 sur 32 · Dialogue de Tristan et d'un ami · texte numérisé non relu

Dialogue de Tristan et d'un ami

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GIAGOMO LEOPARDI 7

et il s'écriait, le pauvre infirme, en enflant la voix de telle façon que son cri aurait semblé ridicule s'il n'eût été touchant d'impuissance et de bonne volonté : « Des armes ! des armes ! Je combattrai moi seul, et moi seul je succomberai *... »

Du reste, cet accès de patriotisme était tout artiGciel et fut de brève durée. C'était ce qu'on pourrait appeler un sentiment littéraire. Leopardi l'avait probablement conçu en lisant Pétrarque, qu'il imite: on le sent déjà dans l'allure de ses vers, dans la qualité des images qu'il évoque, jusque dans le portrait allégorique qu'il trace de Tltalie, «... assise à terre abandonnée et désolée, pleurant et se cachant la face entre les genoux ; » on le sent mieux encore dans une de ses lettres à Giordani, où, comme pour s'excuser de haïr sa ville natale, il écrit naïvement « : Ma patrie est l'Italie, pour laquelle je brûle d'amour, remerciant le ciel de m'avoir fait naître Itahen, parce qu'en fin de compte notre littérature^ quoiqu'elle soit peu cultivée, est la seule fille légitime des deux seules vraies parmi les anciennes. » Bien autrement réelle que ce patriotisme si bizarrement expliqué, qui lui fit écrire ses trois premiers canzones et qui ensuite ne l'inspira plus guère, est son horreur insurmontable pour Recanati. Quitter Recanati lui

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