Cavour. Letteret IV
mieux que nous l'état moral et matériel des populations que nous avions eu le bonheur de commander et de guider à la victoire. Que les monarchies, comme les prêtres, prouvent chaque jour que rien de bon n'en peut sortir, c'est un fait patent ; mais qu'il fallait proclamer la république de Palerme à Naples en 1860, c'est faux ! Et ceux qui prétendent le contraire, le font par cette haine de parti qu'ils ont manifestée à partir de 48, à chaque occasion, non parce qu'ils sont convaincus de ce qu'ils avancent. . . » Il n'abandonna pas ses convictions, il céda aux circonstances , simplement, recommanda ses compagnons au roi, et se retira. Cavour de son côté l'avait recommandé à Victor-Emmanuel : « Aucune tipansaction avec les mazziniens, lui écrivait-il le 6 octobre, peu de jours avant la solution définitive de l'affaire ; pas de faiblesse avec les garibaldiens, mais des égards infinis pour leur chef. Garibaldi est devenu mon plus cruel ennemi, et pourtant je désire ardemment, pour le bien de Tltalie et pour Thonneur de Votre Majesté, qu'il se retire pleinement satisfaite »
Tels furent, indiqués dans leurs grandes lignes, les rapports de Cavour et de Garibaldi. Si Garibaldi avait connu les sentiments exacts de Cavour à son égard, s'il s'était rendu compte de ses embarras