VI AVERTISSEMENT
les patriotes voyant l'obstacle dans l'organisation présente de la société ^ la renversent.
Je parle de bien des hommes et de bien des choses; je n'ai pas la prétention de tout Juger^ d'attribuer à chacun sa place durable; je tiens à faire voir celle qu'il a prise , nie proposant surtout de montrer comment a marché ce siècle : les événements passent et donnent leur coup; je le note. L'esprit général de ces volumes ^ les discussions des Etudes particulier es, les jugein^nts, à l'oqc^sion, sur des pointe qui m'ofit préoccupé davantage, marqueront assez la docIriM a ceux qui la chercheront. Je me réfère, pour bien des questions philosophiques, aux grands travaux qui ont été faits sur le xviir siècle par M. Cousin, dans son Cours d^hisioire de la philosophie moderne, par M. Damiron, dans ses Mémoires à TAcadémie des sciences morales et politiques, sur d'Holbach, Helvétius, Diderot, d*Alembert, la Mettrie , souscrivant vcdoatiers d'avance à ses jugements sur hdè autres philosophes qu'il reocontrera. Pouc la critique littéiaire, je a'ai pas l'intenlion de refaire le Tableau de la littéraiure au xvur siècle, de M. Villemain. On a la brillante esquisse de M> Demogeot, dans sou Histoire de la litléraLure française. Pour apprécier les doetf ines politiques, économiques, etc., du temps, VHistaire de France de &L Henri Martin. Puis, pour la connaissance des (personnages liarliculiers, les Portraits
AvnTnsnaon. vu
et les coicéems de M. Sainte-Beuve, les publications de M. de Rémusat sur Chesterfield, Horace Walpde^Holingbroke, si utiles pour faire comprendre Tinfluence anglaise à cetCe époque^ celles de M. Saint-Marc Qirardin sur J.-J. Rousseau et Beaumarchais^ et sur ce dernier encore celles de M. de Loménie. Je rappelle, dans le courant de ces volumes, d'autres travaux distingués dont je me suis servi. 11 y a un homme que je cite très-souvent , on dira peut être trop souvent, mais qui est d'un secours bien précieux, c'est Grimm; j'ai dû lire les autres documents (i) comme si celui-là n'existait pas , mais je ne connais point, dans le xviii* siècle, de témoin et de critique qui conduise plus sûrement à travers la mêlée contemporaine.
J'ai beaucoup cité, parce que je n'invente pas; je demande la permission de ne rapporter nominativement à leurs auteurs que les passages qui ont un cachet ; le reste est matière commune.
Ce travail sera sans doute bien imparfait , mais je me souviens de la profession de Port-Royal qui ne regardait une première édition que comme un essai informe qui se perfectionne par les remarques du public. Je l'entends ainsi, ne demandant pas mieux
(i; h dois ici remercier de sa complaisance infatigable le savant UmtbécÊin de Versailles, M. le Roi.
Ylll AYtRTISSKMENT.
que de me corriger^ et n'ai pas^ enlre autres bonheurs, celui d'èlre content de moi.
Comment sera-t-il accueilli ? Je ne sais pas si la modération est une bonne recommandation auprès de l'opinion publique, des deux paris bien irritée ; mais il y a dans la jouissance de la modération quelque chose qui vaut mieux que le succès. Après tout, il n'y a qu'à attendre. PortrRoyal encore a dit on ne peut mieux : a Tous les états violents ne sont pas d'ordinaire de longue durée, et toutes les extrémités sont violentes. »
ÉTUDES