J.-J. ROUSSEAU
Rousseau est l'aspiratiim iiidomplable vers l'itléal. H rêve, dans le menscmge des paroles et des actes, la vérilé des sentiment; dans la'divergité des dogmes religieux, la peligion uni-verselle; dans le combat des volontés jftarticultëres et des privilèges des castes, l'unité de la volonté générale, la liberté et l'égSJilé répablicaines; dam le monde, Dieu; dans la vie présente, la vie futare; dam les pauvretés d'une édocati<m artiScieUe, l'éducatton qui apprend aux enfants le ditScile métier dliomme. Il a tait le Discours sur l'inégaHté , la îfouveUe HHoist, le Contrat loctai, VÉmite, la Profession dt fm du vicaire savofjard, les Rêveriei. Tant que l'âme humaine se souviendra do sa dignité, de sa naissance, de sa desfmée, tanttiu'elle s'estimera au-dessus du corps, tant qu'elle gardera le goût de la perfection, le sentiment de l'idéal, Rousseau vivra. Il aura pour disciples, non point le peUl nombre qui Jurera sur sa parole et embrassera ses paradoxes, mais tous ceux que la terre et la réalité De
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cootenleroDt point, tons ceux qu'agitttra jamais, jus^ qu'au sein du bontieur présent, l'inquiète espérstnce.
Les astronomes, )>our connaître la terre, l^bandonnent; ils s^lèvent en idée au-dessus d'elle, et de là ils la voient telle qu'elle est, roulant sur elle-même et emportée avec la foule des astres dans l'espace; de là, sans nul souci que de la science, ils confondent' les illusions des sens et de l'amour-propre des hommes, qui veuleul leur globe immobile par pri\ilége, et centre du monde, pour l'honneur de les porter. Les philosophes aussi jusqu'à Rousseau (j'excepte toujours Platon), pour mieux se connaître, commencent par s'élever au-deswis d'eux-mêmes, en garde contre les mensonges de la conscience et de la vanité. Selon eux, la raison dit vrai f t le sentiment nous trompe, I/bomme se largue de liberté : il lui est doux de pen- $èrl|ue "seûTïï vainc la I^talilé universelle, et qu'il est plus fort que toute la nature. Sur ce fondement, i) croit qu'il est libre. Qu'il le oroie à son aise, mais il {aut au philosophe des preuves moins légères : l'or-^ gueil lui est suspect. L'idée d'une origine divine nous sourit. Comment ne serions-nous pas flattés de descendre d'un Dieu et de porter ses triwt|S? Juste motif de l'affirmer, dites-vous. Au contraire, reprend le philosophe, juste nioUt dç douter ; car dç décider si le