‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 102 sur 126 · Jean <!<> Bassols, loc. cit., fol. ccxiv, col. d · texte numérisé non relu

Jean <!<> Bassols, loc. cit., fol. ccxiv, col. d

NOTES 4l7

tendance naturelle d'une terre vers le centre ne dépasserait pas, en efTet, les bornes de son propre monde; il va sans dire, toutefois, que la vertu divine la pourrait mouvoir. Si vous me dites qu'en ce cas, la terre de l'autre monde ne serait pas de même espèce que cette terre-ci, je réponds qu'il n'est pas nécessaire qu'elle boit de même espèce. Mais, en admettant que cette seconde terre fût de même espèce que la nôtre, la terre de chacun des deux mondes ne se mouvrait pas vers le centre de l'autre monde, mais seulement vers le centre du monde dont elle fait partie, en sorte que l'appétit naturel de cette terre ne s'étendrait pas au delà du tout auquel elle appartient. »

« Ce qui est formé de la totalité de la matière qui lui est propre, » objectera-t-on encore1, « ne saurait être multiplié, car c'est par la matière seule qu'il y a multiplicité. Or, on voit au premier livre Du Ciel que le Monde est ainsi formé.

» Je prétends, » répond Bassols 2, « que Dieu peut produire une autre matière distincte numériquement ou même spécifiquement de celle qui existe, et que le Monde ne contient pas toute la matière possible. » C'est précisément ce que déclarera Guillaume d'Ockam.

VIL Robert Holkot.

Si l'influence de Jean de Bassols se montre clairement en l'écrit où Guillaume d'Ockam traite de la pluralité des mondes, l'influence de Guillaume d'Ockam, à son tour, transparaît non moins nettement en ce que Robert Holkot dit du même problème.

L'opinion de Robert Holkot, au sujet de cette question, ne nous est point présentée sous une forme qui exclue toute ambiguïté. En une même question 3 sur le second livre des Sentances, le Docteur Dominicain traite, à deux reprises, de la possibilité de mondes multiples, et ce qu'il en dit en l'une de ces circonstances se soude malaisément à ce qu'il en dit en l'autre.

La première difficulté que Robert examine est formulée en ces termes : « Dieu a-t-il su de toute éternité qu'il créerait le Monde ? » Au nombre des raisons qui concluraient à la négative, se place celle-ci 4 : « Si Dieu a su de toute éternité qu'il créerait le Monde, il a su aussi,

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