Voir pp. 6V72 et pp
2. Magistri Johannis Buridam Qucstiones totius libri Phisicorum ;lib. Vil, quœst. I\ : Utrum necesse est in omni motu movens esse simul cum moto. Bibl. nat., fonds latin, ms. 1/4733 ; fol. 92, col. d.
3. Magistri Johannis Buridam Questiones tolius libri Phisicorum ; lib. VIII, quasst. IV: Utrum actu grave existons sursum moveatur per se post remotionem prohibent is vol a quo rnovoatur. Ms. cit., fol. 100, col. 1».
qualité serait plus puissante auprès du lieu dont elle émane, que loin de ce lieu ; le même grave se mouvrait donc vers son lieu avec une plus grande vitesse s'il venait de près que s'il venait de loin, ainsi que cela a lieu pour le fer qui se meut vers l'aimant ; mais on observe que cela est faux en la chute des graves.
« Vous allez dire que ce raisonnement doit être rétorqué en sens contraire; il est manifeste, en effet, qu'un grave, en sa chute, se meut d'autant plus vite qu'il approche davantage de son lieu ; il ne semble pas que cela puisse s'expliquer, sinon parce que le lieu exerce auprès une vertu d'attraction plus grande qu'au loin. »
Cette riposte, Buridan ne l'a pas imaginée pour le plaisir de la réfuter; Simplicius et saint Thomas d'Aquin avaient soutenu « l'opinion qu'elle expose.
Or cette opinion implique une idée entièrement fausse sur la chute accélérée des graves; la vitesse avec laquelle tombe un corps pesant ne dépend nullement de la distance qui sépare ce corps du lieu naturel auquel il tend; cette distance ayant, en des circonstances différentes, la même valeur, la vitesse est cependant plus ou moins grande selon que le poids a commencé à se mouvoir depuis plus ou moins longtemps.
Cette réponse est celle que Buridan va faire à l'objection qu'il a rapportée ; mais un autre l'a donnée avant lui, et cet autre est Richard de Middleton ; seulement, Richard de Middleton y a joint une supposition erronée touchant la chute accélérée des graves ; à la suite du géomètre hellène inconnu auquel nous devons les derniers livres du Jordanl opusculum de ponderositate *, il attribue à une impulsion du milieu ébranlé l'accroissement de la vitesse avec laquelle se meut le poids; cette hypothèse fut ensuite, nous l'avons vu3, reprise par Walter Burley et par Jean de Jandun ; nous avons entendu 4 Léonard de Vinci la professer; nous avons dit5 quelle vogue elle avait eue à l'époque de la Renaissance et au xvne siècle.
Voici les propres paroles de Richard de Middleton 6 :
« Certains prétendent que les corps sont mus par une vertu émanée du lieu opposé à leur lieu naturel, vertu qui les repousse.
» Mais on ne peut dire que ce soit là la cause propre du mouvement des corps pesants; plus, en effet, ces corps seraient éloignés du centre,
i. Voir p. 71 .