‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 107 sur 126 · I. Jean Scot Ériugène · texte numérisé non relu

I. Jean Scot Ériugène

Nous avons eu occasion de montrer T comment les idées chimiques de Nicolas de Gués se reliaient à sa Philosophie générale. Cette Chimie, en admettant que tous les corps réellement existants sont des mixtes formés par des combinaisons de quatre éléments principaux, s'accorde avec l'enseignement à peu près unanime de la Physique péripatéticienne ; mais, en même temps, elle présente certains caractères qui la distinguent de la Chimie du Stagirite et de ses commentateurs.

Celle-là. tout d'abord, insiste beaucoup plus que celle-ci sur l'impossibilité de rencontrer, dans le Monde, les éléments à l'état de pureté.

En second lieu, la Chimie de l'Évêque de Brixen voit, dans les quatre éléments principaux, les résultats d'une première différenciation (alteritas) d'un élément universel unique.

En troisième lieu, enfin (et c'est là une distinction essentielle entre l'enseignement de l'École et celui de Nicolas de Cues) la Physique péripatéticienne regarde les corps célestes comme formés d'une cinquième essence absolument hétérogène aux quatre éléments ; le Cardinal Allemand, au contraire, admet que les astres sont, eux aussi, formés par les quatre éléments sublunaires.

Cette Chimie, nous l'avons dit, Nicolas de Cues ne l'a pas formée de toutes pièces ; il n'a guère fait qu'incorporer à son système général de Philosophie ce que divers penseurs avaient dit de la composition des corps. Il n'est donc pas malaisé de lui découvrir des précurseurs, et nous lui en avons trouvé.

Nous avons montré comment Raymond Lullea faisait dériver d'une même « matière fine et claire » quatre éléments purs qui se mélangent entre eux pour former nos éléments ou éléments minéraux, identiques aux mixtes généraux de Nicolas de Cues ; ces éléments minéraux se combinent entre eux pour donner les mixtes plus ou moins complexes qui nous entourent.

Nous avons montré également 3 comment les chrétiens occidentaux qui philosophaient avant que le Péripatétisme n'eût établi son empire sur l'École, regardaient, presque tous, les astres et les cieux connut1

i. Voir p. 119.

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