‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 11 sur 126 · Nicolai de Gusa De docta ignorantia lib. I, cap. III · texte numérisé non relu

Nicolai de Gusa De docta ignorantia lib. I, cap. III

Io8 ÉTUDES SUR LÉONARD DE VINCI

nombre est infiniment grand; étant donné un nombre, on peut toujours, par voie d'addition, en former un plus grand. On peut aussi, par soustraction, former un nombre plus petit qu'un nombre donné, et cela jusqu'à ce qu'on arrive à l'unité, qui n'est plus un nombre. Tel est l'enseignement d'Aristote, unanimement répété parla Scolastique1.

Nicolas de Cues s'empare de cet enseignement ; il lui applique son postulat, et voici ce qu'il en tire2 :

Dans le domaine des nombres, l'unité est un minimum absolu; il n'y a pas de nombre plus petit que un. Il existe donc aussi un maximum absolu, identique au minimum absolu; et, en effet, ce maximum absolu est tel qu'il n'existe aucun nombre plus grand que lui ; partant, il n'est pas susceptible de multiplication; il est nécessairement unique.

L'unité, minimum absolu des nombres, n'est pas un nombre, mais elle est le principe de tous les nombres; elle en est aussi la fin, puisqu'elle est identique au maximum absolu.

Ce que nous venons de reconnaître dans le domaine des nombres demeure vrai dans tout autre domaine3.

Par cela même que des choses sont finies, la série selon laquelle elles se rangent doit être comprise entre deux termes, un terme initial et un terme final, un minimum absolu et un maximum absolu.

Ce maximum absolu n'est pas un des objets dont il termine la série, car en parcourant cette série, il pourrait être actuellement atteint; tandis que, dans l'énumération d'objets finis, on ne peut jamais, d'une manière actuelle, atteindre un objet tel qu'il n'en existe pas de plus grand.

Sans être aucun de ces objets, le maximum absolu est leur fin à tous; identique, d'ailleurs, au minimum absolu, il est aussi leur commun principe.

Ce maximum est tout ce qu'il peut être ; il ne peut donc être multiplié, il ne peut devenir nombre; il est nécessairement un.

i. Léonard de Vinci et les deux infinis (Études sur Léonard de Vinci, a* série, IX).

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