‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 12 sur 126 · Nicolai de Cusa De docta ignorantia lib. 1, cap. VI · texte numérisé non relu

Nicolai de Cusa De docta ignorantia lib. 1, cap. VI

De cette affirmation, il faut comprendre toute la portée1.

En tout ordre de choses, il existe un maximum absolu, identique au minimum ; il existe un maximum de quantité, un de substance, un de qualité, et ainsi de suite. Mais ce ne sont pas des maxima distincts; dans son incompréhensible, mais parfaite unité, le même être est maximum absolu en tout ordre de choses, en nombre, en substance, en quantité, en qualité; il est aussi, en tout ordre de choses, le principe et la fin de tout.

Le nom de cet être est Dieu2.

D. L'éternité de Dieu. La trinité divine^. — L'existence de Dieu est établie; fort de sa docte ignorance, Nicolas de Gués essaye d'en pénétrer la mystérieuse nature.

Ce qui est immuable est nécessairement éternel; l'éternité est donc l'apanage de ce qui précède tout changement.

L'altération (alteritas) est changement; partant, ce qui précède toute altération est éternel.

Or, qui dit altération dit : une chose, puis une autre; l'altération implique la dualité, et la dualité, qui est nombre, est postérieure à l'unité; dès lors, l'unité précède toute altération, en sorte que l'unité est éternelle.

La dualité, qui est la première des altérations, est aussi la première des inégalités ; par nature, l'inégalité et l'altération sont simultanées; il en résulte que l'égalité, qui, par nature, précède toute inégalité, précède aussi toute altération ; l'égalité est éternelle.

Si, de deux causes, l'une est, par nature, antérieure à l'autre, tout effet de la première de ces causes précède naturellement tout effet de la seconde. Or, l'unité est connexion ou cause de connexion; des objets sont dits connexes quand ils sont unis ensemble. La dualité, au contraire, est division ou principe de division, car la dualité est la première des divisions. Mais l'unité, cause de connexion, précède naturellement la dualité,

i. Nicolai de Cusa De docta ignorantia lib. II, cap. III.

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